Matrices gamma

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Modèle:Sources à lier Modèle:À wikifier Les matrices gamma forment des ensembles de matrices conventionnelles respectant des relations de commutations spécifiques.

Matrices de Pauli

Matrices de Pauli au sens strict

En deux dimensions et avec la métrique euclidienne, cet ensemble de matrices s'identifie aux matrices de Pauli. Elles sont définies comme l'ensemble des matrices complexes de dimensions 2 × 2 suivantes :

σ1=(0110)
σ2=(0ii0)
σ3=(1001)

(où Modèle:Math est l’unité imaginaire des nombres complexes). Les matrices de Pauli sont les génératrices du groupe SU(2).

Extension à la matrice sigma 0

Au sens large, il existe une Modèle:4e matrice gamma si on leur adjoint la matrice identité :

σ0=(1001).

Matrices de Dirac

L'origine de ces matrices remonte aux tentatives de linéarisation par Dirac de l'équation de Klein-Gordon. Les matrices gamma sont en fait partie intégrante de l'équation de Dirac.

Matrices gamma au sens strict

En notations contravariantes (voir Vecteur contravariant, covariant et covecteur), les matrices de Dirac, de dimension 4, sont constituées par l'ensemble {γ0,γ1,γ2,γ3}. Lorsqu'on parle de matrices gamma sans autre précision, on fait référence à ces matrices de Dirac.

D'une manière condensée on écrit cet ensemble comme suit : {γμ} avec μ=0,1,2,3.

Extension à la matrice gamma 5

En notations contravariantes, on définit par commodité une matrice γ5 en prenant le produit imaginaire des quatre matrices de Dirac comme suit :

γ5:=iγ0γ1γ2γ3=i4!εμνρσγμγνγργσ.

Bien que γ5 utilise la lettre gamma, ce n'est pas l'une des matrices gamma au sens strict. Le numéro 5 lui a été attribué du temps où l'ancienne notation de γ0 était "γ4".

Modèle:Boîte déroulante

Intérêt de travailler avec des matrices gamma

En principe, une matrice complexe 4x4 contient 16 éléments ayant chacun une partie réelle et une partie imaginaire, donc 32 paramètres au total. On pourrait donc penser que toute matrice complexe 4x4 est une combinaison linéaire de 32 matrices indépendantes. Toutefois la propriété d'herméticité exigée de ces matrices réduisent ces 32 paramètres à 16 combinaisons bilinéaires Γ indépendantes permettant de former des scalaires de Lorentz de la forme ψΓψ et de construire des lagrangiens mettant en jeu des fermions. Voici deux manières équivalentes de présenter ces 16 éléments :

  • première schématisation (dite de Pauli)

Iγ1γ2γ3γ0iγ2γ3iγ3γ1iγ1γ2iγ1γ0iγ2γ0iγ3γ0iγ1γ2γ3iγ1γ2γ0iγ3γ1γ0iγ2γ3γ0γ1γ2γ3γ0

Les différentes lignes de ce tableau peuvent être désignées comme suit : I, γμ,γ[μν],γ[μνρ]etγ5.
(voir le point "utilisation du symbole de Levi-Civita" pour plus de détails sur les crochets d'antisymétrisation)

Modèle:Boîte déroulante


  • Deuxième schématisation

Iγ1γ2γ3γ0S01S02S03S12S13S23γ0γ5γ1γ5γ2γ5γ3γ5γ0γ1γ2γ3

On peut démontrer l'indépendance des éléments I, γμ,Sμν,γμγ5etγ5[1].

Les matrices Sij sont définies supra.

Technologie des matrices gamma

Représentations des matrices gamma

Les matrices gamma font l'objet de plusieurs représentations. La plus immédiate est la représentation de Paul Dirac (appelée aussi la « représentation standard »). Par la suite d'autres représentations ont été élaborées à partir de celle de Dirac.

Ainsi celle de Hermann Weyl s'obtient en effectuant une transformation unitaire à partir de celle de Dirac.

γWeylμ=UγDiracμU1 avec U=12(1111), U1=U=12(1111), où 1 et 1 sont des matrices identité (2x2).

Quant à la représentation de Ettore Majorana, elle est obtenue à partir de la « représentation standard » à l'aide de la matrice unitaire U suivante :

U=12(γD0γD2+γD0).

Modèle:Boîte déroulante

Cette représentation de Majorana a la propriété intéressante que toutes les matrices γμ sont imaginaires pures, ce qui rend les calculs commodes quand on considère les opérateurs de conjugaison de charge et de parité.

Représentation de
Dirac (D) Weyl (W) Majorana (M)
γD0=(1000010000100001) γW0=(0010000110000100) γM0=(000i00i00i00i000)
γD1=(0001001001001000) γW1=(0001001001001000) γM1=(i0000i0000i0000i)
γD2=(000i00i00i00i000) γW2=(000i00i00i00i000) γM2=(000i00i00i00i000)
γD3=(0010000110000100) γW3=(0010000110000100) γM3=(0i00i000000i00i0)
γD5=(0010000110000100) γW5=(1000010000100001) γM5=(0i00i000000i00i0)

On peut facilement voir à l'examen du tableau comparatif ci-dessus que la représentation de Weyl n'est autre que celle de Dirac où l'on a permuté (anticommuté) les matrices γ0 et γ5.

Antisymétrie du produit de deux matrices gamma

On constate aisément que quand μ et ν sont distincts on a

γμγν=γνγμ


Exemple (en représentation de Dirac)

Montrons que γ1γ2=γ2γ1

Ainsi
γ1γ2=(0001001001001000)(000i00i00i00i000)=(i0000i0000i0000i)

Alors que
γ2γ1=(000i00i00i00i000)(0001001001001000)=(i0000i0000i0000i)

Relations d'anticommutation

On va maintenant généraliser l'exemple ci-dessus et le couler dans la relation d'anticommutation standard, relation vraiment fondamentale car c'est sur elle que l'algèbre de Clifford a été développée.

  • {γμ,γν}=γμγν+γνγμ=2gμνI4
{,} est le symbole de l'anticommutateur
gμν=gμν est le tenseur fondamental ici défini au moyen de la métrique de Minkowski par
g00=1
g11=g22=g33=1
gμν=0 pour μν
et  I4 est la matrice identité 4x4. (le plus souvent omise)

Remarques
  1. Par la suite quand nous parlerons de la relation standard d'anticommutation nous l'appellerons simplement relation d'anticommutation.
  2. Comme ν est un indice muet on peut le remplacer dans l'expression ci-dessus par σ.

Il vient :

 γμγσ+γσγμ=2gμσI4

Si on multiplie les Modèle:Nobr de cette égalité par le tenseur gνσ on obtient

 gνσ(γμγσ+γσγμ)=2gνσgμσI4

Comme gνσ est un nombre on peut le permuter avec une matrice de sorte que l'expression peut être développée comme suit:

 gνσ(γμγσ+γσγμ)=γμgνσγσ+gνσγσγμ=2gνσgμσI4

Si on observe que gμσ=gσμ et qu'on modifie dans ce sens le membre de droite

 gνσ(γμγσ+γσγμ)=γμgνσγσ+gνσγσγμ=2gνσgσμI4

On est alors prêts pour appliquer la règle de contraction des indices de sorte d'obtenir

 γμγν+γνγμ=2gνμI4


Modèle:Boîte déroulante

{γμ,γ5}=γμγ5+γ5γμ=0
ou encore γμγ5=γ5γμ

Sur cette égalité, dont en guise de démonstration et pour reprendre les termes de W. Pauli nous ne montrerons ci-dessous qu'une spécialisation numérique, on peut voir que la propriété d'antisymétrie des produits de matrices γμ est aussi de mise avec une matrice γ5.

Spécialisation numérique

Montrons dans la représentation de Dirac que γ0γ5+γ5γ0=0.
Ainsi

γ0γ5= (1000010000100001)(0010000110000100)= (0010000110000100)

et

γ5γ0= (0010000110000100) (1000010000100001)= (0010000110000100)

La somme donne bien la matrice nulle.

Relations de commutation

Modèle:Loupe En notant le commutateur par le symbole [,], on définit couramment deux matrices d'usage pratique :

σμν=i2[γμ,γν]=i2(γμγνγνγμ)
Sμν=i4[γμ,γν]=i4(γμγνγνγμ)

où les matrices Sμν sont appelées les matrices de spin.

À noter les quatre relations de commutation :

[Sνμ,Sλρ]=i(gλμSνρgλνSμρ+gρμSλνgρνSλμ)

Modèle:Démonstration

  • [σμν,σαβ]=2i(gμβσνα+gνασμβgμασνβgνβσμα)

Modèle:Démonstration

  • [γ5,σμν]=0

Modèle:Démonstration

  • [γ5,Sμν]=0

Modèle:Démonstration

Identités

Identités propres

Les matrices gamma font l'objet de propriétés d'hermiticité telles que les relations d'anticommutation soient respectées.

Num Identité propre
1 γ0=γ0
2 (γ0)2=I4
3 γi=γipouri=1,2,3
4 (γi)2=I4pouri=1,2,3
5 γ5=γ5=iγ0γ1γ2γ3
6 (γ5)2=I4
7 (γ0)=γ0
8 (γi)=γipouri=1,2,3
9 (γμ)=γ0γμγ0pourμ=0,1,2,3
10 σμν=σνμ

Modèle:Démonstration

Identités utiles

Les identités qui suivent découlent des relations fondamentales d'anticommutation ainsi que des identités propres, de sorte qu'elles sont valables dans n'importe quelle base ou représentation.

Identités de contractions
Num Identité de contraction
1 γμγμ=4I4
2 γμγνγμ=2γν
3 γμγνγργμ=4gνρI4
4 γμγνγργσγμ=2γσγργν

Modèle:Démonstration

Identités de produits de matrices différentes
Num Identité de produit
1 γμγν=gμνiσμν
2 γμγνγρ=gμνγρ+gνργμgμργνiϵσμνργσγ5
3 γμγνγρ=2γμgνρ+2γρgμν2γνgμργνγμγρ

Modèle:Démonstration

Identités d'antisymétrisation

Les trois premières identités ci-dessous sont en fait des définitions indépendantes les unes des autres, aucune d'entre elles ne se déduisant des deux autres.

Num Identité d'antisymétrisation
1 γ[μγν]=12(γμγνγνγμ)
2 γ[μγνγρ]=16(γμγνγρ+γργμγν+γνγργμγμγργνγνγμγργργνγμ)
3 γ[μ|γνγ|ρ]=12(γμγνγργργνγμ)
Remarques
  • L'identité Modèle:Numéro définit tout simplement la notion de crochets d'antisymétrisation complète.
  • L'identité Modèle:Numéro recèle en positif les permutations paires et en négatif les permutations impaires.
  • L'identité Modèle:Numéro illustre la notion de crochets d'antisymétrisation partielle.
Identités de traces

Les identités de trace sont particulièrement utiles lors de la résolution des diagrammes de Feynman en physique des particules.

Pour prouver ces identités on fera appel à trois propriétés de l'opérateur trace :

  • Additivité : tr(A + B) = tr(A) + tr(B)
  • Linéarité : tr(rA) = r tr(A)
  • Cyclicité : tr(ABC) = tr(CAB) = tr(BCA)

ainsi qu'à celles du symbole de Levi-Civita (voir le point "extension à la matrice γ5" ).

Num Identité de trace
1 tr(γμ)=0
2 La trace de tout produit d'un nombre impair de γμ est nulle.
3 La trace du produit de γ5 par un nombre impair de γμ est aussi nulle.
4 tr(γμγν)=4gμν
5 tr(γμγνγργσ)=4(gμνgρσgμρgνσ+gμσgνρ)
6 tr(γμγνγργσγδγλ)=4gμν(gρσgδλgρδgσλ+gρλgσδ)4gμρ(gνσgδλgνδgσλ+gνλgσδ)+4gμσ(gνρgδλgνδgρλ+gνλgρδ)4gμδ(gνρgσλgνσgρλ+gνλgρσ)4gμλ(gνρgσδgνσgρδ+gνδgρσ)
7 tr(γ5)=0
8 tr(γμγνγ5)=tr(γ5γμγν)=0
9 tr(γμγνγργσγ5)=4iϵμνρσ
10 tr(γμ1γμn)=tr(γμnγμ1)

Modèle:Démonstration

Identités de Chisholm

Ces remarquables identités ont permis la mise au point d'algorithmes très puissants visant à simplifier les calculs de produits ou de traces impliquant un grand nombre de matrices gamma[2].

On note ici

  • S(impair)=γνλ1γνλ2k+1, un produit d'un nombre impair de matrices gamma
  • S(pair)=γνλ1γνλ2k, un produit d'un nombre pair de matrices gamma
  • L'indice R signifie que l'on prend le produit de matrices gamma dans l'ordre inverse.

Ainsi :

  • SR(impair)=γνλ2k+1γνλ2kγνλ1
  • SR(pair)=γνλ2kγνλ1
  • Le prime dans SR'(impair) est là pour attirer l'attention sur le fait que le nombre pair de matrices gamma est obtenu en multipliant un nombre de matrices impair par une seule matrice gamma de sorte que SR(pair)=γλSR'(impair).
Num Identité de Chisholm
1 γμS(impair)γμ=2SR(impair)
2 γμS(pair)γμ=γμγλSR'(impair)γμ=2γλ(SR'(impair))+2(SR'(impair))γλ
3 γμtr(γμS(impair))=2(S(impair)+SR(impair))

Modèle:Démonstration

Voir aussi

Références

Modèle:Références

Modèle:Portail