Théorème de Cohen-Seidenberg

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En mathématiques, en théorie des anneaux, le théorème de Cohen-Seidenberg est un outil important permettant de manipuler des idéaux ou des chaînes d'idéaux[1] dans les extensions d'anneaux. Il s'agit en fait de deux résultats, appelés théorèmes de montée et de descente (souvent en anglais : going-up et going-down), dus aux mathématiciens américains Irvin Cohen et Modèle:Lien qui les ont initialement établis en 1946 dans le cas commutatif[2], bien que leur application soit plus générale[3]. En géométrie algébrique, ces résultats prennent une interprétation nouvelle et facilitent notamment l'étude de la topologie des schémas. C'est enfin un élément essentiel pour développer la théorie de la dimension algébrique.

Contexte

On considère un anneau commutatif Modèle:Mvar et une extension d'anneau Modèle:Math. Le théorème porte sur les idéaux premiers de Modèle:Mvar et Modèle:Mvar. On considère quatre situations[4] :

  1. On dit que Modèle:Math est « au-dessus » si pour tout idéal premier 𝔭 de Modèle:Mvar, il existe un idéal premier 𝔮 de Modèle:Mvar tel que 𝔮A=𝔭. On peut représenter cette situation de la manière suivante :𝔮SpecB𝔭SpecA
  2. On dit que Modèle:Math est « incomparable » si pour tous idéaux premiers 𝔮𝔮 de Modèle:Mvar, satisfaisant 𝔮A=𝔮A=𝔭 pour un certain idéal premier 𝔭 de Modèle:Mvar, on a 𝔮𝔮 et 𝔮𝔮. Schématiquement,𝔮𝔮𝔭
  3. On dit que Modèle:Math possède la « propriété de montée » si, pour toutes chaînes croissantes d'idéaux 𝔭i de Modèle:Mvar et 𝔮i de Modèle:Mvar telles que 𝔮iA=𝔭i, on peut compléter la chaîne d'idéaux de Modèle:Mvar pour qu'elle soit aussi longue que celle de Modèle:Mvar, tout en maintenant que 𝔮iA=𝔭i dans la chaîne étendue. Schématiquement,𝔮1𝔮2𝔮m𝔭1𝔭2𝔭m𝔭n𝔮1𝔮2𝔮m𝔮n𝔭1𝔭2𝔭m𝔭n
  4. On dit que Modèle:Math possède la « propriété de descente » si, pour toutes chaînes décroissantes d'idéaux, on peut également compléter une chaîne d'idéaux de Modèle:Mvar pour qu'elle ait la même longueur que celle de Modèle:Mvar et qu'elle satisfasse 𝔮iA=𝔭i. Schématiquement,𝔮1𝔮2𝔮m𝔭1𝔭2𝔭m𝔭n𝔮1𝔮2𝔮m𝔮n𝔭1𝔭2𝔭m𝔭n

La propriété de montée implique notamment la propriété d'être au-dessus[5]. Ces propriétés peuvent également être définies dans le cas non commutatif, mais il faut alors distinguer les idéaux à gauche des idéaux à droite[3].

Théorèmes de montée et de descente

Le théorème de Cohen-Seidenberg montre alors les faits suivants :

Dans le cas d'une extension entière, on a aussi la propriété de descente (en plus de la montée et de l'incomparabilité) si de plus Modèle:Mvar ne possède pas de diviseur de zéro et Modèle:Mvar est intégralement clos.

En termes schématiques, dire que Modèle:Mvar est une extension entière de Modèle:Mvar revient à dire que Spec(B)Spec(A) est fermée, de sorte que le théorème de montée revient à dire que l'application Spec(B/𝔮)Spec(A/𝔭) est surjective. De même, si Modèle:Math a la propriété de descente et est de type fini, Spec(B)Spec(A) est ouverte. Ainsi ce théorème possède également une interprétation géométrique[7].

Conséquences sur la dimension

Du théorème de Cohen-Seidenberg on tire beaucoup de conséquences utiles sur les extensions entières, en particulier sur leur dimension. Si Modèle:Mvar est une extension entière de Modèle:Mvar, on a notamment les corollaires suivants[8] :

Une autre conséquence classique de ce théorème est que la dimension de k[x1,,xn] est Modèle:Mvar.

Enfin, le théorème de descente permet, lorsqu'il s'applique, de montrer que pour tout idéal 𝔮 de Modèle:Mvar, la restriction préserve la hauteur : ht(𝔮)=ht(𝔮A).

Notes et références

Modèle:Références

Modèle:Palette Modèle:Portail

  1. 1,0 et 1,1 Modèle:Ouvrage.
  2. Modèle:Article.
  3. 3,0 et 3,1 Modèle:Chapitre.
  4. Modèle:Ouvrage.
  5. Modèle:Ouvrage.
  6. Modèle:Ouvrage.
  7. Olivier Debarre, Cours d'algèbre 2, École normale supérieure, 2012-2013 (lire en ligne), p. 101-110.
  8. Modèle:En Florian Enescu, Lectures on Commutative Algebra, chap. 12 (lire en ligne).