Matrice de Dirac

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Les matrices de Dirac sont des matrices qui furent introduites par Paul Dirac, lors de la recherche d'une équation d'onde relativiste de l'électron.

Intérêt

Le pendant relativiste de l'équation de Schrödinger est l'équation de Klein-Gordon. Celle-ci décrit des particules de spin 0 et ne convient pas pour les électrons qui sont de spin 1/2. Dirac essaya alors de trouver une équation linéaire comme celle de Schrödinger sous la forme :

iψt=(1iα+βm)ψHψ

ψ est une fonction d'onde vectorielle, m la masse de la particule, H l'hamiltonien, α,β sont respectivement un vecteur de matrices hermitiques et une matrice hermitique, et Modèle:Math désigne l'unité imaginaire. L'équation de Dirac doit respecter les trois contraintes suivantes :

  1. Les composantes de ψ doivent satisfaire l'équation de Klein-Gordon, une onde plane dont une solution est :
    E2=𝐩2+m2 ;
  2. Il existe un quadrivecteur densité de courant qui est conservé et dont la composante temporelle est une densité positive (identifiée avec la charge électrique) ;
  3. Les composantes de ψ ne doivent satisfaire aucune condition auxiliaire, c’est-à-dire qu'à un instant donné elles sont des fonctions indépendantes de x.

Matrices de Dirac

Dirac proposa que les matrices hermitiques soient anticommutantes et de carré égal à un. C’est-à-dire qu'elles obéissent à l'algèbre suivante :

{αi,αk}=0,ik
{αi,β}=0
αi2=β2=I

où les crochets sont l'anticommutateur {A,B}=AB+BA et I la matrice identité.

En élevant l'équation de Dirac au carré, on vérifie immédiatement que la première condition est satisfaite. On introduit ensuite les matrices de Dirac γμ proprement dites :

γ0=β
γi=βαi,i=1,2,3
{γμ,γν}=2gμνI,μ,ν=0,1,2,3

gμν=diag(1,1,1,1) est la métrique de Minkowski.

Le slash de Feynman

On introduit aussi le « slash » de Feynman :

a=γμaμ

L'équation de Dirac prend alors la forme :

(iγμμm)ψ(im)ψ=0

Une représentation explicite, dite « représentation standard », est donnée par :

γ0=(I𝟎𝟎I)
γi=(𝟎σiσi𝟎)
β=(I𝟎𝟎I)
αi=(𝟎σiσi𝟎)

I est la matrice unité 2×2 et σi sont les matrices de Pauli[1].

Cette représentation est particulièrement pratique car elle met en évidence le caractère spinoriel (dû au spin demi-entier) de la fonction d'onde de l'électron et elle sépare les composantes d'énergie positive et négative. Ainsi, en écrivant la fonction d'onde comme un bispineur :

ψ=(ϕχ)

ϕ et χ sont deux spineurs, l'équation de Dirac devient :

iϕt=mϕ+1iσχ
iχt=mχ+1iσϕ

En introduisant la fonction d'onde conjuguée comme :

ψ¯=ψγ0

On trouve :

ψ¯(i+m)=0

Et avec l'équation de Dirac, cela donne :

ψ¯(+)ψμ(ψ¯γμψ)=0

Ce qui donne un courant conservé :

jμ=ψ¯γμψ

Dont la composante temporelle j0=ρ=ψ¯γ0ψ=ψψ est positive.

On définit aussi la matrice[2] :

 γ5=iγ0γ1γ2γ3

L'utilisation de γ5 permet ainsi de construire différents types de combinaisons tels que :

On vérifie aisément la covariance relativiste de tout ce formalisme.

Les traces

Pour le calcul des sections efficaces en physique des particules, il est souvent utile d'avoir ces quelques résultats sur les traces de ces matrices :

  • Tr[γαγβ]=4gαβ ;
  • Tr[γαγβγμγν]=4(gαβgμνgαμgβν+gανgβμ) ;
  • Tr[γ5]=0 ;
  • Tr[γ5γαγβ]=0 ;
  • Tr[d'un nombre impair de γ]=0.

Représentations

Les matrices de Dirac sont totalement déterminées par la relation :

γμγν+γνγμ=2ημν.I4

ημν est le tenseur de Minkowski. On a aussi γμγμ=4.

Il existe une infinité de solutions possibles à la relation précédente. Pour des matrices 4×4, l'ensemble des solutions est une algèbre de dimension 4, une algèbre de Clifford notée Cl1,3, et les quatre matrices de Dirac en forment une base. Suivant la base choisie les matrices de Dirac ont des coefficients différents, et ce choix s'appelle une représentation des matrices de Dirac.

Représentation de Dirac

C'est la « représentation standard ». On l'obtient à partir de la représentation de Weyl grâce à l'opérateur unitaire U :

U=12(1111)

Les matrices γDμ=UγWμU s'écrivent alors :

γD0=(I𝟎𝟎I)
γDi=(𝟎σiσi𝟎)
γD5=(𝟎II𝟎)

Représentation de Weyl

Représentation qui apparaît « naturellement » quand on cherche à dériver l'équation de Dirac à l'aide des représentations irréductibles du groupe de Lorentz. Dans cette base, les matrices γμ ont la forme suivante :

γW0=(𝟎II𝟎)
γWi=(𝟎σiσi𝟎)
γW5=(I𝟎𝟎I)

Représentation de Majorana

La représentation de Majorana est obtenue à partir de la « représentation standard » à l'aide de la matrice unitaire U suivante :

U=12(γD0γD2+γD0)

Cette représentation a la propriété intéressante que toutes les matrices γμ sont imaginaires pures, ce qui rend les calculs commodes quand on considère l'opérateur conjugaison de charge.

Représentation chirale

γ0=β=(𝟎II𝟎)
α=(σ𝟎𝟎σ)
γ=(𝟎σσ𝟎)

Son avantage est que les deux spineurs se transforment indépendamment sous les rotations et les translations. Elle est particulièrement utile pour des particules sans masse, les équations se simplifiant considérablement. Elle a été utilisée pour le neutrino bien que les oscillations de neutrinos montrent que leur masse est non nulle.

Notes et références

Modèle:Références

Voir aussi

Articles connexes

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Lien externe

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Bibliographie

Modèle:Portail

  1. Modèle:Article.
  2. Cette définition correspond à celle que l'on trouve, par exemple, dans le livre d'Edgard Elbaz Quantique (ellipses, 1995), une autre définition, qui ne diffère que par l'ajout d'un signe –, est présente dans Modèle:Landau, § 22.