Produit de Cauchy

De testwiki
Version datée du 26 décembre 2024 à 12:50 par imported>OrlodrimBot (Remplacement de {{Lien}} par un lien interne, suite à la création de l'article correspondant ; changements cosmétiques)
(diff) ← Version précédente | Version actuelle (diff) | Version suivante → (diff)
Aller à la navigation Aller à la recherche

Modèle:Voir homonymes

En analyse, le produit de Cauchy est une opération portant sur certaines séries. Il permet de généraliser la propriété de distributivité. Son nom est un hommage à l'analyste français Augustin Louis Cauchy. Il s'agit d'un produit de convolution discret.

Préliminaire : une écriture du produit de polynômes

Une écriture particulière des coefficients du produit de polynômes permet de comprendre l'introduction de la formule du produit de Cauchy. Soient deux polynômes à coefficients complexes Modèle:Mvar et Modèle:Mvar donnés par leur décomposition dans la base canonique

P=i=0+aiXi,Q=j=0+bjXj

où les coefficients de Modèle:Mvar et de Modèle:Mvar sont nuls à partir d'un certain rang. Alors leur produit se décompose comme

PQ=i,jaibjXi+j=s=0+(k=0sakbsk)Xs.

La réindexation nécessaire ne pose pas de difficulté puisque la somme est finie.

Produit de Cauchy de séries complexes

Le produit de Cauchy de deux séries an et bn de nombres complexes est la série de terme général

cn=k=0nakbnk.

Sous des hypothèses convenables sur les deux séries an et bn Modèle:Infra, leur produit de Cauchy converge, et l'on peut écrire la formule de distributivité généralisée

n=0cn=(i=0ai)(j=0bj).

Un cas particulier trivial est celui où les séries sont toutes les deux à termes nuls à partir d'un certain rang : dans ce cas, les sommes sont finies et il suffit d'utiliser le résultat du paragraphe précédent en évaluant les polynômes en 1.

En revanche, le produit de Cauchy de deux séries convergentes n'est pas toujours convergent. Par exemple, le produit de Cauchy par elle-même de la série (1)nn a pour terme général

cn=(1)nk=1n11k(nk).

Or Modèle:Math, si bien que Modèle:Math ; la série est donc grossièrement divergente[1].

Il peut aussi arriver que an et bn divergent et que cn soit absolument convergente. Par exemple[2], le produit de Cauchy des séries 1 + 2 + 2 + 2 + 2 + … et 1 – 2 + 2 – 2 + 2 – … est la série nulle (pour d'autres exemples, voir le § ci-dessous sur les séries entières).

Cas de deux séries absolument convergentes

Lorsque les séries an et bn sont toutes deux absolument convergentes, leur produit de Cauchy converge et la formule de distributivité généralisée est vérifiée. Il suffit en effet d'utiliser les propriétés de commutativité et d'associativité des familles sommables.

Notamment, pour deux complexes a et b, on peut faire le produit de Cauchy des séries définissant l'exponentielle

eaeb=n=0(k=0nakbnkk!(nk)!)=n=01n!(a+b)n=ea+b.

À partir de cette propriété, il est possible également de définir le produit de Cauchy de deux séries entières Modèle:Infra.

Théorème de Mertens

Le mathématicien allemand Franz Mertens a prouvé une propriété de convergence plus forte : Modèle:Énoncé

Le théorème de Mertens admet une réciproque[3] : si la série des Modèle:Math est telle que son produit de Cauchy par toute série convergente est convergente, alors |an|<.

Théorèmes de convergence

Si deux séries convergent il y a pourtant des résultats de convergence positifs pour leur produit de Cauchy. En reprenant les notations Modèle:Math pour les termes généraux des deux séries et de la série produit de Cauchy, et en notant Modèle:Math et Modèle:Math les sommes des deux premières séries :

Produit de Cauchy de séries entières

Deux séries entières anxn et bnxn étant données, leur produit de Cauchy est également une série entière, puisque le terme général vaut Modèle:Math avec

cn=k=0nakbnk.

Les rayons de convergence Modèle:Math des trois séries entières vérifient l'inégalité

Rcmin(Ra,Rb).

En effet, si l'on considère un complexe de module strictement inférieur à ce minimum, les deux séries entières convergent absolument, la série produit aussi, et sa fonction somme est le produit des fonctions sommes des deux séries. On en déduit que le produit de deux fonctions développables en série entière sur un ouvert est lui aussi développable en série entière.

L'inégalité précédente peut être stricte. C'est le cas par exemple si l'on prend pour les deux séries Modèle:Math (rayon 1) d'une part et Modèle:Math d'autre part (polynôme, donc de rayon infini). La série produit est réduite à Modèle:Math (rayon infini). Ou encore, si l'on considère le développement de Modèle:Racine en série entière, le rayon de convergence est 1. Mais quand on fait le produit de Cauchy de cette série avec elle-même, on obtient la série Modèle:Math (rayon infini).

Généralisation aux algèbres de Banach

On suppose que A est une algèbre de Banach. Alors il est possible de définir la notion de produit de Cauchy de deux séries à valeurs dans A. En outre, le produit de Cauchy de deux séries absolument convergentes converge, et la formule de distributivité généralisée tient toujours.

Par exemple, il est possible de reprendre le calcul du produit de deux exponentielles effectué dans le cas complexe Modèle:Supra. La seule propriété qui manque pour pouvoir écrire la formule est la possibilité d'appliquer la formule du binôme de Newton, ce qui demande de supposer par exemple que a et b commutent. Sous cette hypothèse,

ea+b=ea×eb.

Par exemple, si t et u sont des scalaires, on a toujours

e(t+u)a=eta×eua,

en particulier

ea×ea=e0=1.

Notes et références

Modèle:Références

Modèle:Palette

Modèle:Portail

  1. Modèle:Ouvrage ; Modèle:Ouvrage.
  2. Modèle:Harvsp.
  3. Voir Modèle:Ouvrage ou Modèle:Note autre projet comme application immédiate du théorème de Banach-Steinhaus, ou Modèle:Ouvrage, remarque p. 228 et Theorem I p. 43-46, pour une démonstration (plus longue mais plus élémentaire) d'une propriété générale des méthodes de sommations linéaires régulières (cf. Théorème de Silverman-Toeplitz).
  4. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte : aucun texte n’a été fourni pour les références nommées Wikiversité
  5. Modèle:Harvsp, donne une preuve du cas où α et β sont de plus entiers. Modèle:Ouvrage, démontre le cas général, en signalant que le cas particulier est dû à Cesàro et le cas général à Knopp, suivi d'une preuve plus simple par Modèle:Article (p. 378).
  6. Modèle:Ouvrage.