Division en galère

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La division en galère avec sa décoration en bateau dans Opus Arithmetica D. Honorati veneti monachj coenobij S. Lauretij (Modèle:S-)

La division en galère ou division batello est un algorithme utilisé jusqu'au Modèle:S- pour effectuer les divisions de nombres écrits dans le système décimal. Elle doit son nom à la jolie disposition des chiffres qui apparaît lorsque les calculs sont terminés, visible sur un document de référence datant de la fin du Modèle:S- (voir figure).

Histoire

La division en galère est parfois improprement dite "de Galley"[1], galley n'étant pas une personne, mais la traduction en anglais de l'italien galea. Niccolo Tartaglia décrit son processus dans La prima parte del general trattato di numeri, et misure.. en 1556 où il le nomme per Batello ou per Galea en référence à la figure obtenue lorsque le travail est terminé. En anglais on trouve aussi la dénomination "scratch division" parce que les chiffres sont rayés au fur et à mesure de leur utilisation.
Elle fait son apparition en Europe en même temps que les chiffres arabes et Leonardo Fibonacci la pratiquait dès 1202[référence souhaitée]. Elle est également mentionnée dans l'arithmétique de Trévise en 1478. Dans le Moyen-Orient, Al-Kwarizmi utilisait en 825 une version antérieure de cette méthode [référence souhaitée] et selon Lam Lay Yong, son origine remonte au Modèle:S- de notre ère dans la Chine ancienne[2].

La division en galère était encore utilisée en France au Modèle:S-[3] jusqu'à la Révolution quand l'algorithme de la potence en usage actuellement l'a supplantée petit à petit.

La figure de référence est extraite d'un manuscrit vénitien datant de la fin du Modèle:S-[4]. Elle présente la division de 965347653446 par 6543218 : on lit le quotient 147534 et le reste 529074. La preuve par 9 présentée sous le drapeau n'est pas équilibrée. Elle met en évidence une faute de calcul, le reste juste étant 529034.

L'algorithme

Voici la description de l'algorithme appliqué à la division de 117 121 par 563 :

Les étapes de la division en galère de 117121 par 563
a) On écrit l'un sous l'autre le dividende et le diviseur. 117<563 donc on écrit 563 sous 1171 avec un alignement à droite. On ménage une place à droite pour écrire le quotient. Les chiffres seront rayés au fur et à mesure de leur utilisation et on veillera à bien les placer en colonnes.
b) 1171 contient 2 fois 563 : le premier chiffre du quotient est 2. On remultiplie de gauche à droite pour déterminer les restes :
112×5=1 : on raye 5 et 11 et on écrit le reste 1.
c) 172×6=5 : on raye 6 et 17 et on écrit le reste 5.
d) 512×3=45 : on raye 3 et 51 et on écrit le reste 45.
e) On décale le diviseur d'un cran vers la droite puis on passe au chiffre suivant du quotient : 452<563 donc ce chiffre est 0.
f) On raye 563 pour le décaler d'un cran vers la droite. On passe au chiffre suivant du quotient : 4521 contient 8 fois 563 : le chiffre suivant est 8.
g) 458×5=5 : on raye 5 et 45 et on écrit le reste 5.
h) 528×6=4 : on raye 6 et 52 et on écrit le reste 4.
i) 418×3=17 : on raye 3 et 41 et on écrit le reste 17.

La division euclidienne est terminée, le quotient entier est 208 et le reste est 17.
On pourrait continuer en plaçant une virgule au quotient et en ajoutant des zéros au dividende.

Extraction de racine carrée

Les ouvrages d'arithmétique du Modèle:S-[5] présentent une méthode d'extraction de racine carrée semblable à la division en galère moyennant quelques aménagements. Il s'agit d'un algorithme qui fournit l'un après l'autre les chiffres de la racine carrée d'un entier donné en écriture décimale :
On commence par regrouper les chiffres du radicande deux par deux, quitte à ajouter un zéro à gauche s'ils sont en nombre impair. On calcule ensuite successivement les chiffres de la racine carrée en reconstituant le radicande par concaténation de la gauche vers la droite par groupes de deux chiffres (voir l'exemple qui suit).

Étapes du calcul de la racine carrée de 74 602.

Si a est la partie entière de la racine carrée de A avec un reste R, on cherche à l'étape suivante le plus grand chiffre b tel que : (10a+b)2100A+BB est le nombre formé des deux chiffres suivants.
Cette inégalité peut s'écrire : (10a+b)2100(a2+R)+B
ou encore : 100a2+2×10a×b+b2100a2+100R+B
c'est-à-dire : (2×10a+b)×b100R+B
Le problème se ramène à la division de 100R+B par 2×10a+b.

Exemple : Calcul de la racine carrée de 74602.
Le regroupement des chiffres deux par deux donne 07|46|02|

a) La racine carrée de 7 est 2 et il reste 72×2=3.
b) On cherche le plus grand chiffre b tel que (2×20+b)×b346 : c'est b=7, puis on calcule le reste : 3467×47=17.
c) On cherche le plus grand chiffre b tel que (2×270+b)×b1702 : c'est b=3, puis on calcule le reste : 17023×543=73.

La partie entière de la racine carrée de 74602 est 273 et il reste 73.

On pourrait alors continuer par le calcul des décimales en plaçant une virgule et en rajoutant des paires de zéros au radicande.

Galerie d'images

Bibliographie et liens

  • Niccolo Tartaglia, La prima parte del general trattato di numeri, et misure, Venise 1556. Accessible en ligne
  • Jeanne Guillet, Une petite histoire de la division : de la méthode de Galley à la méthode actuelle, IREM de Grenoble 1994. Accessible en ligne.

Notes et références

Modèle:Traduction/Référence

Modèle:Références Modèle:Portail

  1. Modèle:Ouvrage.
  2. Modèle:Article
  3. Jeanne Guillet, Une petite histoire de la division : de la méthode de Galley à la méthode actuelle, IREM de Grenoble 1994. Accessible en ligne.
  4. Opus Arithmetica D. Honorati veneti monachj coenobij S. Lauretij. Source : Mathematical Association of America.
  5. Voir Tartaglia ou Jost Bürgi, Fundamentum Astronomiae