Réactivité d'un assemblage de combustible nucléaire

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Modèle:À sourcer

Dans une réaction en chaîne, la réactivité d'un système nucléaire ou la réactivité d'un assemblage de combustible nucléaire[Note 1] (tel que le cœur d'un réacteur nucléaire) dépend à la fois de la nature des matériaux présents (densité de matières fissiles, présence de modérateur…) et de sa géométrie (taille de l'assemblage, présence de réflecteurs neutroniques…) ; un assemblage est en règle générale d'autant moins réactif qu'il est petit, car les neutrons produits dans sa partie réactive se perdent au-delà de sa frontière dans un milieu moins réactif. On calcule donc souvent d'abord le facteur de multiplication d'un milieu supposé infini, qui est le maximum qui puisse être atteint par un milieu de nature donnée, puis on calcule la taille effective qu'il faut lui donner pour avoir une réactivité positive, compte tenu des conditions aux limites de l'assemblage (fuites et présence d'éventuels réflecteurs).

Réactivité d'un milieu infini

On parle de facteur de multiplication infini (noté k) lorsque le facteur de multiplication des neutrons est évalué en ne tenant compte que de la composition moyenne du milieu, mais pas de la géométrie de sa frontière (et donc, en particulier, en négligeant les fuites de neutrons) car ceci revient à décrire le processus dans un milieu réactif d’extension infinie. Ce k est défini comme le rapport du nombre de neutrons d'une génération au nombre de neutrons de la génération précédente dans un milieu infini :

k=Nt+1Nt

La formule des quatre facteurs donne un tour plus concret à k en faisant apparaître les termes principaux qui le composent. k=ε×p×f×η

Évaluation estimative de k dans le cas d'un réseau combustible type

On se propose de retrouver par un calcul estimatif la valeur typique de k dans le cas d'un réseau de réacteur à eau sous pression[Note 2].

Une formulation simplifiée de chacun des quatre facteurs est donnée en fonction des deux caractéristiques primordiales du réacteur à eau pressurisée qui influent sur la réactivité à savoir :

  • l'enrichissement en uranium 235 noté : en pour l'enrichissement en noyaux et em pour l'enrichissement massique ;
  • le rapport de modération molaire (ou atomique) : noté Rm=NhNu = Rapport des concentrations volumiques des atomes d'hydrogène et d'uranium = Rapport des nombres d'atomes d'hydrogène et d'uranium[Note 3].

Les évaluations numériques sont celles du réseau combustible d'un réacteur proche du REP Modèle:Unité à l'état neuf, supposé exempt de poison neutronique.

  • kREPchaud=ε×η×p×f1,038×1,777×0,757×0,922=1,287[Note 4]
  • valeur à chaud Modèle:Unité,
  • puissance nulle, avec :
de l'uranium enrichi en masse à 2,28 % et en noyaux à 2,31 %
un rapport de modération molaire type de 4,34

Les grandeurs numériques précisant la composition du cœur et plus généralement l'ensemble des éléments nécessaires au calcul sont rassemblées dans le tableau Notations - données - résultats en fin d'article.

On appelle combustible au sens de l'application de la formule des quatre facteurs : l'oxyde d'uranium (+ le cas échéant d'autres atomes lourds), l'oxygène du combustible en fait partie mais non pas le zirconium des gaines considéré comme matériau de structure[Note 5].

Évaluation simplifiée du facteur η

η=Nombre de neutrons issus de fissions thermiquesNombre de neutrons capturés par un atome du combustible η = Nombre de neutrons de fission produits par capture de 1 neutron dans le combustible = ν×Σf5Σu5+Σu8+Σocomb On exprime tous les termes en fonction de Nu5 et en :

  • ν = Nombre de neutrons émis par fission ≈ 2,425 dans le cas de 235U :
  • Σf5 = Section efficace macroscopique de fission de l'uranium 235 = σf5×Nu5
σf5 = Section efficace microscopique de fission des atomes fissiles
Nu5 = Concentration volumique des atomes fissiles dans le cœur
  • Σu5 = Section efficace macroscopique de capture par les atomes fissiles = σu5×Nu5 :
σu5 = Section efficace microscopique de capture par les atomes fissiles du combustible
Nu5 = Concentration volumique des atomes fissiles dans le cœur
  • Σu8 = Section efficace macroscopique de capture par les atomes lourds non fissiles = σu8×Nu8 :
σu8 = Section efficace microscopique de capture par les atomes lourds non fissiles
Nu8 = Concentration volumique des atomes lourds non fissiles dans le cœur
Nu8=Nu5×1enen
  • Σocomb = Section efficace macroscopique de capture par les atomes d'oxygène du combustible = σo×Nocomb :
Nocomb=2×(Nu5+Nu8)=2×Nu5en

η=ν×σf5×Nu5σu5×Nu5+σu8×Nu8+σocomb×Nocomb

En remplaçant Nu8 et Nocomb par leur valeur et en divisant numérateur et dénominateur par Nu5, il vient :

η=ν×σf5σu5+σu8×1enen+σo×2en=ν×σf5σu5σu8×11+σu8+2σoσu5σu8en

Mis à part l'enrichissement, tous les termes de la relation donnant η sont des constantes physiques. Les grandeurs interviennent en termes relatifs via des rapports et non point en valeur absolue ce qui confère une robustesse très relative au résultat vis-à-vis des variations de températures, spectre en énergie des neutrons et autres. Les valeurs trouvées pour η sont indépendantes de la concentration en matière fissile du milieu considéré ; elles ne dépendent que des concentrations relatives des corps présents dans le milieu exprimées par l'enrichissement en uranium 235. On pose :

u5=ν×σf5σu5σu8
𝒮u8/u5=σu8+2σoσu5σu8
termes qui ne dépendent que des caractéristiques physiques des corps présents et non de l'enrichissement en ou de la modération Rm.

Formule simple :

η=u51+𝒮u8/u5en
  • avec :
u5=ν×σf5σu5σu8
𝒮u8/u5=σu8+2σoσu5σu8
  • Applicable pour
0,7%<en<7%

Le facteur η dépend prioritairement de l'enrichissement et marginalement de la modération.

Numériquement : (cf. tableau en fin d'article)

  • Termes de la formule simplifiée donnant η :
u52,082
𝒮u8/u53,957×103
  • Résultat :
Pour, un enrichissement massique moyen typique de 2,283 % soit 2,312 % en noyaux
η ≈ 1,777[Note 4]
Commentaire

Pour ce qui concerne la capture des neutrons (donc intervenant dans les facteurs η, f et p) du fait de sa très faible section efficace, l'oxygène peut être largement négligé devant les autres corps. En revanche l'oxygène contribue à la diffusion et au ralentissement des neutrons ; c'est même un excellent modérateur.

Évaluation simplifiée du facteur f

f=Nombre moyen de neutrons capturés par les atomes du combustibleNombre de neutrons capturés au total

f=Σu5+Σu8+ΣocombΣu5+Σu8+Σocomb+Σm+Σz;

  • on exprime tous les termes en fonction de NuRm, et en
  • Σu5=σu5×en×Nu
  • Σu8=σu8×(1en)×Nu
  • Σocomb=σo×2×Nu
  • Σm = Section efficace macroscopique de capture dans le modérateur = σh×Nh+σo×Nomod
Nh=Rm×Nu
Nomod=Nh/2=Rm×Nu/2=
  • Σz = Section efficace macroscopique de capture dans le zirconium et les structures = σz×Nz[Note 6]
Dans le réacteur à eau sous-pression électrogène le rapport entre le volume de zirconium et le volume d'UOModèle:Ind ne varie que faiblement d'un modèle à l'autre. Il est égal au Modèle:1er au rapport de la section du tube de zirconium à la section de la pastille d'UOModèle:Ind qui ne change que très peu d'un réseau combustible crayon à l'autre, il en découle que le rapport Nz/Nu est constant au Modèle:1er d'un type de réacteur à l'autre. Il dépend toutefois de la température de fonctionnement du fait de la dilatation assez sensiblement différente de l'oxyde d'uranium et du zirconium [Note 7]. Avec les dimensions typiques des crayons combustibles, tubes guides, grilles de maintien des assemblages 17 × 17 en usage en France ce rapport est proche de 0,66. Si on dispose de la géométrie détaillée du combustible on peut aisément recalculer le facteur, à défaut la valeur de 0,66 donne un ordre de grandeur correct.
Nz=Nu×0,66

En remplaçant tous les termes par leur valeur et en divisant numérateur et dénominateur par Nu, il vient :

f=en×σu5+σu8×(1en)+2×σoen×σu5+σu8×(1en)+2×σo+Rm×(σh+σo/2)+σz×0,66

On peut observer que f varie en fonction de l'enrichissement et de la modération.

Simplifications

Après division haut et bas par en×σu5+σu8×(1en)+2×σo, il vient :

f=11+ϕ avec
ϕ=Rm×(σh+σo/2)+σz×0,66en×σu5+σu8×(1en)+2σo

On pose, comme dans le cas du facteur η :

𝒮h/u=σh+σo/2σu5σu8
𝒮z/h=σz×0,66σh+σo/2
termes sans dimension qui ne dépendent que des caractéristiques physiques des corps présents et non de l'enrichissement en ou de la modération Rm.
ϕ=σh+σo/2σu5σu8×Rm+(σz×0,66σh+σo/2)en+(σu8+2σoσu5σu8)=𝒮h/u×Rm+𝒮z/hen+𝒮u8/u5
Formule simple
f=11+ϕ

ϕ=𝒮h/u×Rm+𝒮z/hen+𝒮u8/u5
  • avec :
𝒮u8/u5=σu8+2σoσu5σu8
𝒮h/u=σh+σo/2σu5σu8
𝒮z/h=σz×0,661σh+σo/2
  • Applicable pour
2<Rm<10
0,7%<en<7%

Numériquement : (cf. tableau en fin d'article)

  • Termes de la formule simplifiée donnant f :
𝒮h/u4,901×104
𝒮z/h0,3624
𝒮u8/u53,957×103
ϕ4,901×104×Rm+0,3624en+3,957×103
  • Résultat :
Pour un enrichissement moyen typique de 2,283 % en masse soit 2,312 % en noyaux
un rapport de modération atomique moyen Rm typique de 4,338,
f ≈ 0,9216[Note 4]

Évaluation simplifiée du facteur p

p=Nombre total de neutrons parvenant au domaine (thermique)Nombre de neutrons candidats au ralentissement

pe(i=1NNiIr,C,i(ξσp)mod)

Liminaires

La relation générale se simplifie un peu en considérant qu'un seul groupe de noyaux capturant : l'uranium 238 de concentration Nu8, ce qui est le cas dans un cœur neuf ne contenant pas de plutonium.

Ieff,u8 = Intégrale effective de capture résonnante en ralentissement de l'uranium 238
Ieff,u8=EthE0σc,u81+Nu8Σd×σc,u8×dEE
  • ln(p)=Nu8×Ieff,u8ξ×Σd exprime la balance entre deux termes :
Le numérateur, uniquement dépendant de Nu8 est une fonction croissante de Nu8 ; plus il y a d'atomes d'uranium 238 plus il y a de captures en ralentissement des neutrons.
Le dénominateur, uniquement dépendant de Rm, est une fonction croissante de Rm ; plus il y a d'atomes d'hydrogène moins il y a de chances pour qu'un neutron soit capturé avant qu'il soit thermalisé.

La modélisation de la modération via le terme Rm=NhNu préférentiellement à Rm5=NhNu5 rend indépendantes les variables Rm et en. Ainsi dans le cas typique d'une variation d'enrichissement à rapport volumique de modération constant, façon pratique de réaliser les choses en réacteur à eau, le nombre d'atomes d'uranium total n'est pas changé et le terme Rm reste constant.

Corrélations

On peut alors appliquer les deux relations empiriques suivantes[Référence 1]Modèle:,[Référence 2] :

  • Ieff,u8=4,66×1011×Nu80,478[Note 4], avec :
Nu8 en at/cmModèle:3, et,
Ieff,u8 en barn
Cette relation rend compte au mieux des corrélations disponibles dans la littérature technique (cf. documents référencés ci-après) dans une large gamme de concentrations en uranium 238.
Rm sans dimension et
ξ×Σd en cmModèle:-1
Cette corrélation rend compte de l'évolution de ln(p) en fonction de Rm, elle est cohérente avec l'ordre de grandeur des coefficients de température modérateur observés en fonctionnement et la valeur relative de l'optimum de modération par rapport aux conditions nominales de fonctionnement. (Ces valeurs sont fortement dépendantes de l'enrichissement du combustible)

Simplifications ; on pose :

𝒵=Z×Nu8y×(Rm+0,01)x,
avec Z=5,104×1012=4,66×1011××10240,0913x=1,0 et y=0,522
Formule simple
  • ln(p)=𝒵p=e𝒵
  • 𝒵=Z×Nu8y×(Rm+0,01)x,
avec Z=5,104×1012, x=1,0 et y=0,522
  • avec :
Nu8 en at/cmModèle:3
𝒵, Rm et p sans dim
  • Applicable pour
2<Rm<10
0,7%<en<7%
1021<Nu8<1022at/cm3

Numériquement : (cf. tableau en fin d'article)

Pour un enrichissement moyen typique de 2,362 % en noyaux, un rapport de modération atomique moyen typique de 4,352
p ≈ 0,75[Note 4]
Remarque
Le facteur p est celui qui présente l'incertitude maximale dans ce modèle simplifié.

Évaluation simplifiée du facteur ε

ε=Nombre total de neutrons issus des fissions (candidats au ralentissement)Nombre de neutrons issus des fissions induites par des neutrons thermiques

Le facteur ε s'estime à partir de la formule générale :

ε=1+1pp×1f×uR×νR×PRCFνT×PTCF×PT

avec :

  • PTCF = Probabilité qu'un neutron thermique capturé dans le combustible fissile en neutrons thermiques génère une fission ;
  • PTCF=σTFu5σTCu5 (U 235 est seul fissile en neutrons thermiques) ;
  • PRCF = Probabilité qu'un neutron rapide capturé dans le combustible fissile en neutrons rapides génère une fission ;
  • PRCF=σRF(u5+u8)σRC(u5+u8)(U 235 et 238 sont fissiles en neutrons rapides) ;
  • uR = Facteur d'utilisation rapide = Probabilité qu'un neutron rapide soit capturé dans le combustible fissile en neutrons rapides plutôt que dans un autre atome ;
  • ΣRC(u5+u8)σRC(u5+u8+z+o+h) ;
  • PT = Probabilité de non-fuite au niveau thermique.
Remarques liminaires

Dans le cas d'un réacteur à neutrons thermiques, le facteur ε est un terme correctif exprimant la part de fissions rapides. ε est donc une fonction décroissante de la modération (à l'équilibre de remplacement des générations de neutrons (k effectif = 1), plus le cœur est modéré moins la contribution des fissions rapides est importante pour réaliser l'équilibre).

L'uranium 235, certes préférentiellement fissile en neutrons thermiques, l'est également en neutrons rapides et même il l'est davantage que l'uranium 238 (section efficace en gros 1,5 à 2 fois plus élevée). À priori une augmentation de l'enrichissement doit conduire à une augmentation de ε, ce qui est cohérent avec la proposition ci-dessus puisqu'une augmentation de l'enrichissement implique une diminution de la modération. Cet effet doit cependant rester modéré.

Le terme 1pp×1f qui doit rester de l'ordre de 0,3 à 0,5 constitue une preuve par neuf de cohérence de l'évaluation des facteurs p, f, ε.

f et p sont déterminés par les relations données ci-dessus.

On note α le terme α=uR×νR×PRCFνT×PTCF×PT

La relation empirique suivante donne α en fonction de la modération ce qui permet d'estimer ε connaissant les deux autres facteurs p et f.

Formule simple
  • α=0,137×e0,0546×Rm
  • ε=1+1pp×1f×α
    • Rm, p et f sans dim
    • Applicable pour :
2<Rm<10.
0,7%<en<7%
1021<Nu8<1022at/cm3
Remarques

La formule simple ci-dessus est potentiellement améliorable aux faibles et très fortes valeurs de Rm.

La prise en compte dans le modèle simplifié du rapport νfissionrapideνfissionthermique qui vaut grossièrement 2,472,42=1,021 est bien sûr aisément possible. De facto, ce rapport qui n'est qu'une proportionnalité se trouve inclus dans le terme α.

Il pourra être recherché un éventuel terme correctif de la valeur de α en fonction de l'enrichissement du cœur.

Numériquement : (cf. tableau en fin d'article)

Pour un rapport de modération atomique moyen typique de 4,338
α ≈ 0,1081
Connaissant f ≈ 0,9216 et p ≈ 0,7572
1pp×1f0,3479
ε ≈ 1,038

Évolution de k et keff en fonction des paramètres principaux du cœur

L'appréciation d'une modification de la constitution du réacteur sur la réactivité du cœur s'effectue en appréciant son impact sur chacun des 4 facteurs. Ceci peut être fait en utilisant les formules simplifiées.

Effet d'une variation de l'enrichissement sur les valeurs de k et keff

Évolution de k en fonction de l'enrichissement du cœur

k varie fortement avec l'enrichissement du cœur, tous les facteurs sont concernés, toutefois les facteurs f et η sont principalement impactés.

Évolution qualitative des quatre facteurs avec l'enrichissement

La courbe jointe donne par application des formules simplifiées ci-dessus l'évolution de k en fonction de l'enrichissement du cœur entre une teneur entre l'enrichissement naturel (0,7202 % en noyaux) et la valeur maximale pratique des usines d'enrichissement.

  • η augmente fortement avec l'enrichissement et rejoint une valeur maximale asymptotique pour 100 % d'enrichissement égale à η=u51+𝒮u8/u5 de l'ordre de 2,07 . (cf. tableau en fin d'article).
η est le facteur prépondérant vis-à-vis de l'enrichissement
  • f augmente avec l'enrichissement et rejoint une valeur maximale asymptotique très proche de 1 (comprise entre 0,98 et 1) pour 100 % d'enrichissement.

Modèle:Boîte déroulante/début

La valeur asymptotique de f à 100 % d'enrichissement (théorique) dépend de Rm suivant une fonction décroissante, mais on peut voir que même pour une valeur très élevée de Rm, cette valeur est proche de 1 :

fmax=11+ϕmax
ϕmax=𝒮h/u×Rm+𝒮z/h1+𝒮u8/u5=𝒮h/u1+𝒮u8/u5×(Rm+𝒮z/h)
𝒮h/u1+𝒮u8/u5<6×104
𝒮z/h<0,5
dans les configurations ordinaires on a certainement Rm<20
ϕmax<0,0123
fmax>0,988

Modèle:Boîte déroulante/fin

  • p augmente faiblement avec l'enrichissement
  • ε diminue faiblement avec l'enrichissement

En résumé :

  • le produit f×η varie et augmente avec l'enrichissement
  • le produit p×ε ne varie que très faiblement avec l'enrichissement

Aux fortes valeurs d'enrichissement (hors plage d'applicabilité des formules simplifiées) on observe:

  • un plafonnement de l'augmentation différentielle de réactivité vers 20 % d'enrichissement (valeur limite des réacteurs expérimentaux)
  • une augmentation linéaire de k jusqu'à atteindre la valeur asymptotique à 100 % d'enrichissement.
Valeur en pcm (pour cent mille) de 1 % d'enrichissement

Une augmentation (resp. diminution) d'enrichissement massique de 1 % en valeur absolue géométriquement centrée autour de la teneur de 2,433 % massique (soit de 1,984 % à 2,984 % en masse et de 2,009 % à 3,021 % en noyaux) se traduit par une augmentation (resp. diminution) relative de 8,143 (%/%) de la valeur de k. L'augmentation (resp. diminution) de réactivité correspondante est égale à :

Δρ=100000×ln(1+8,143%×(2,984%2,464%)18,143%×(2,464%1,984%))8212pcm/%

Cette valeur est un ordre de grandeur car outre les incertitudes propres au modèle simplifié la valeur « du % d'enrichissement » varie très fortement avec la valeur de l'enrichissement nominal autour duquel se trouve le % en question.

Dérivée de k avec l'enrichissement

L'expression plus complète de la variation de k détaillée dans la boîte déroulante en fonction de l'enrichissement est la relation suivante assez lourde:

ken=k×(f×𝒮h/u×Rm+𝒮z/h(en+𝒮u8/u5)2+η×𝒮u8/u5u5×h×1en2)

Applicable pour

0,3%<en<7%

Le terme 𝒮u8/u5<5×104 étant petit devant la valeur des enrichissements usuels on voit apparaitre au dénominateur de la dérivée de k l'enrichissement du cœur au carré. Plus l'enrichissement augmente moins le gain relatif en réactivité est important, en revanche la masse de matière fissile est augmentée ce qui reste favorable du point de vue de l'énergie extractible du cœur.

Modèle:Boîte déroulante/début

Liminaires

Expression générale de ken=(ε×η×p×f)enε×η×p×f

On simplifie la formule générale donnant la dérivée en la divisant par ε×η×p×f. Il vient :
ken×1k=pen×1p+fen+εen×1ε+ηen×1η

On évalue chacun des quatre termes ci-dessus ce qui fait apparaître deux groupes :

le premier groupe ε×p varie faiblement avec l'enrichissement
le second groupe η×f varie fortement

Dans l'exemple typique décrit on montre qu'il est loisible pour décrire qualitativement la variation de k en fonction de l'enrichissement de faire l'hypothèse que le premier groupe ε×p est invariant.

Évaluation de la dérivée de chacun des facteurs
  • Facteur p
ln(p)=Z×Nu8y×(Rm+0,01)x=Z×(Nu×(1en))y×(Rm+0,01)x=Z×Nuy×(Rm+0,01)x×(1en)y
Z×Nuy×(Rm+0,01)x est constant dans la variation d'enrichissement
pen=p×(Z×Nuy×(Rm+0,01)x)×y×(1en)y1×(1)=p×(ln(p))×y×(1en)1
pen×1p=(ln(p))×y×(1en)1
  • Numériquement:
Cf. tableau de résultats en fin d'article
Le facteur p est constant au Modèle:1er, faiblement croissant avec l'enrichissement, au voisinage de en=2,464% et Rm=4,120
Une augmentation (resp. diminution) d'enrichissement massique de 1 % en valeur absolue géométriquement centrée autour de la teneur de 2,433 % (soit de 1,984 % à 2,984 % en masse et de 2,009 % à 3,021 % en noyaux) se traduit par une augmentation (resp. diminution) relative de 0,1539 % de p.
En généralisant à un grand nombre de cas potentiels, p>0,5 et en<7% donc : pen×1p<0,4(%/%)
  • Facteur f
f=11+ϕ ϕ=𝒮h/u×Rm+𝒮z/hen+𝒮u8/u5
fen=(11+ϕ)2×ϕen=f2×ϕen
ϕen=𝒮h/u×Rm+𝒮z/h(en+𝒮u8/u5)2
fen=f2×𝒮h/u×Rm+𝒮z/h(en+𝒮u8/u5)2
fen×1f=f×𝒮h/u×(Rm+𝒮z/h)(en+𝒮u8/u5)2
pour Rm=4,120 et en=2,464%
fen=0,9292×3,949×103×4,120+0,3641(0,02464+4,314×103)2=2,320
fen×1f=2,498(%/%)
  • Numériquement :
Cf. tableau de résultats en fin d'article
Le facteur f est fortement croissant au voisinage au voisinage de en=2,464% et Rm=4,120
Une augmentation (resp. diminution) d'enrichissement massique de 1 % en valeur absolue géométriquement centrée autour de la teneur de 2,433 % (soit de 1,984 % à 2,984 % en masse et de 2,009 % à 3,021 % en noyaux) se traduit par une augmentation (resp. diminution) relative de 2,528 % de f.
  • Facteur ε
ε=1+1pp×1f×α=1+α×(1p×f1f)
α=0,135×e0,0535×Rm=0,108
εen=α×(1f2×fen1p2×f2×(p×fen+f×pen))
εen=α×(1f2×(11p)×fen1p2×f×pen)
εen×1ε=1ε×α×(1f2×(11p)×fen1p2×f×pen)
  • Numériquement :
Cf. tableau de résultats en fin d'article
Le facteur &epilon; est constant au Modèle:1er, faiblement décroissant avec l'enrichissement, au voisinage de en=2,464% et Rm=4,120 .
Une augmentation (resp. diminution) d'enrichissement massique de 1 % en valeur absolue géométriquement centrée autour de la teneur de 2,433 % (soit de 1,984 % à 2,984 % en masse et de 2,009 % à 3,021 % en noyaux) se traduit par une diminution (resp. augmentation)relative de 0,1165 % de ε.
  • Facteur η
η=u51+𝒮u8/u5en×h ; avec h = correctif fonction de R
ηen=u5×(11+𝒮u8/u5en)2×𝒮u8/u5×1en2×c=η2×𝒮u8/u5u5×1en2×1h
ηen×1η=η×𝒮u8/u5u5×1en2×1h
  • Numériquement :
Cf. tableau de résultats
Le facteur η est fortement croissant avec l'enrichissement au voisinage de en=2,464% et Rm=4,120 .
η est le facteur prépondérant vis à vis d'une variation d'enrichissement.
Une augmentation (resp. diminution) d'enrichissement massique de 1 % en valeur absolue géométriquement centrée autour de la teneur de 2,433 % (soit de 1,984 % à 2,984 % en masse et de 2,009 % à 3,021 % en noyaux) se traduit par une augmentation (resp. diminution) relative de 5,68 % de η.
Bilan en réactivité de chacun des deux groupes
  • Produit p×ε
pour Rm=4,120 et en=2,464%
ε×pen×1ε×p=pen×1p+εen
Une augmentation (resp. diminution) d'enrichissement massique de 1 % en valeur absolue géométriquement centrée autour de la teneur de 2,433 % (soit de 1,984 % à 2,984 % en masse et de 2,009 % à 3,021 % en noyaux) se traduit par une augmentation (resp. diminution) relative de 0,0374 % du produit p \times ε
L'augmentation (resp. diminution) de réactivité correspondante s'écrit:
Δρ=100000×ln(1+(0,030210,02464)×0,037441(0,030210,02464)×0,03744)=37,8pcm ce qui est très faible
  • Produit f × η
pour Rm=4,120 et en=2,464%
η×fen×1η×f=fen×1f+ηen×1η

ηen×1η=6,048(%/%)

Une augmentation (resp. diminution) d'enrichissement massique de 1 % en valeur absolue géométriquement centrée autour de la teneur de 2,433 % (soit de 1,984 % à 2,984 % en masse et de 2,009 % à 3,021 % en noyaux) se traduit par une augmentation (resp. diminution) relative de 8,203 % du produit f \times η
L'augmentation (resp. diminution) de réactivité correspondante s'écrit:
Δρ=100000×ln(1+4,519%13,685%)=8175pcm
L'essentiel de la variation de réactivité provient du produit f × η , la variation de p × ε pouvant être négligée.
Formule générale de la dérivée de k en fonction de en
  • k=(ε×p)×(η×f); on retient l'hypothèse d'une invariance de k=ε×p
  • ken=(ε×p)×(η×fen+f×ηen)
  • ηen=η2×𝒮u8/u5u5×1en2×1h
  • fen=f2×𝒮h/u×(Rm+𝒮z/h)(en+𝒮u8/u5)2
  • (η×fen+f×ηen)=(η×f2×𝒮h/u×(Rm+𝒮z/h)(en+𝒮u8/u5)2+f×η2×𝒮u8/u5u5×1en2×1h)
  • (η×fen+f×ηen)=η×f×(f×𝒮h/u×(Rm+𝒮z/h)(en+𝒮u8/u5)2+η×𝒮u8/u5u5×h×1en2)
  • ken=(ε×p)×(η×f×(f×𝒮h/u×(Rm+𝒮z/h)(en+𝒮u8/u5)2+η×𝒮u8/u5u5×h×1en2))
  • ken=k×(f×𝒮h/u×(Rm+𝒮z/h)(en+𝒮u8/u5)2+η×𝒮u8/u5u5×h×1en2)

Modèle:Boîte déroulante/fin

Grandeurs invariantes avec l'enrichissement

Les grandeurs suivantes sont invariantes avec l'enrichissement du cœur (valeurs numériques données dans le tableau en fin d'article).

  • Volume du cœur
  • Volume d'oxyde d'uranium
  • Nombre de moles d'uranium dans le cœur
  • Concentration volumique des atomes d'uranium
  • Volume d'eau primaire dans le cœur
  • Température moyenne de l'eau primaire dans le cœur
  • Masse volumique de l'eau aux conditions nominales
  • Masse d'eau primaire
  • Concentration des atomes d'hydrogène
  • Rapport molaire de modération

Dans la variation d'enrichissement le nombre total d'atomes d'uranium reste constant, en revanche la masse d'uranium change. Dans le réseau cristallin de l'oxyde d'uranium les atomes d'uranium 238 sont remplacés par des atomes d'uranium 235 en cas d'augmentation de l'enrichissement (et inversement en cas de diminution de l'enrichissement).

L'invariance du nombre d'atomes d'uranium dans la variation d'enrichissement assure complètement l'indépendance des deux variables Rm et en

Modèle:Boîte déroulante/début

Exemple de calcul dans le cas d'une augmentation de 1 % d'enrichissement massique qui passe de 2,433 % à 3,433 %

Données et notations
  • Enrichissement massique en uranium 235 = em = 2,433 %
  • Enrichissement atomique (en noyaux ou molaire) en uranium 235 = en
  • Muo2 = Masse d'oxyde d'uranium
  • ρuo2 = Masse volumique de l'oxyde d'uranium
  • Vuo2= Volume d'oxyde d'uranium
  • Nu5,Nu8,Nu,Nuo2= Nombre de moles d'U5, d'U8, d'oxyde d'uranium
  • On note « prime » avec une apostrophe les grandeurs relatives au cas où l'uranium est enrichi à 3,333 %
Calcul préliminaire
Enrichissement massique et molaire

L'enrichissement en noyaux et l'enrichissement massique sont liés par les relations :

  • en=emem+U8U5(1em) et em=enen+U5U8(1en)
    en=2,3332,333+235,04393238,05078(1002,333)=2,464%
    en=3,476%
  • Dans l'augmentation de l'enrichissement du cœur le volume d'oxyde d'uranium est invariant (à même température de fonctionnement, les pastilles d'oxyde d'uranium conservent un diamètre constant et la hauteur combustible est la même) :

La masse atomique de l'uranium varie :

  • U=U5en+U8(1en)
    U=235,04393×2,464%+238,05078(12,464%)=237,9767g/mol
    U=237,9463g/mol
  • La masse molaire de l'oxyde d'uranium change :
    UO2=U+2O=237,9767+2×15,9994=269,9755g/mol
    UO2=269,9451g/mol

La masse volumique de l'oxyde d'uranium change :

  • ρuo2÷UO2
ρuo2ρuo2=UO2UO2=269,9451269,9755=0,999887

La masse d'oxyde d'uranium change :

  • Muo2÷ρuo2
Muo2Muo2=0,999887
  • En revanche, le nombre de moles d'uranium (i.e. le nombre d'atomes) ne change pas ; en effet :
    Nuo2Nuo2=Muo2UO2Muo2UO2=Muo2Muo2UO2UO2=Vuo2×ρuo2Vuo2×ρuo2UO2UO2
    Nuo2Nuo2=ρuo2ρuo2UO2UO2=UO2UO2UO2UO2=1
  • Les nombres de moles d'uranium 235 et 238 varient :
    Nu5=Nuen
Nu5Nu5=enen=3,476%2,464%=1,4108
  • Nu8=Nu(1en)
Nu8Nu8=1enen=100%3,476%100%2,464%=0,9896

Modèle:Boîte déroulante/fin

Évolution de k avec la modération - Optimum de modération - Coefficient de température modérateur - Condition de stabilité - Reprise froid chaud

Les relations simplificatrices données ci-dessus permettent de fournir une description qualitative de la variation de k=ε×p×f×η avec la modération à enrichissement donné du cœur, et notamment les points suivant qui sont déterminant de la conception du cœur :

  • Optimum de modération et condition de stabilité;
  • Coefficient de température du modérateur et reprise froid-chaud.
Optimum de modération et condition de stabilité du cœur
Évolution des facteurs en fonction de la modération du cœur. Le facteur η qui varie peu avec la modération n'est pas figuré.
Remarque liminaire - Éléments qualitatifs

L'expression générale de kRm est lourde elle se simplifie toutefois légèrement :

k=ε×p×f×η .On remplace ε par sa valeur
k=(1+1pp×1f×α)×p×f×η
k=(p×f+(1p)×α)×η
η est indépendant au Modèle:1er de la modération (cf. ci-dessus facteur η)
α est petit ( α = 0,125 pour Rm = 1,5 et 0,0605 pour Rm = 15 )
(1p) ne dépasse pas ≈ 0,5 pour NU8 = Modèle:Nb et Rm = 1,5 ; donc le produit α×(1p) est petit devant f×p , on le néglige dans la recherche du maximum de k
Ces hypothèses reviennent de facto à considérer que ε et η sont invariants avec la modération, ce qui est correctement vérifié avec toutefois une incertitude 0,2 unité de Rm

Ainsi donc au Modèle:1er :

p est croissant avec Rm
f est décroissant avec Rm,
k présente un maximum en fonction de Rm, pour le couple p,f tel que :
kRmη×(f×pRm+p×fRm)=0
Recherche graphique de l'optimum de modération

Le produit p×f présente un maximum pour Rmax voisin de 8 ce qui rend compte de l'effet de maximum.Q

Recherche analytique de l'optimum de modération

Il est possible de trouver une formulation analytique de l'optimum de modération en fonction des différents paramètres ce qui peut permettre une étude paramétrique simple. Rmax est donné par la relation [Note 8]

Rmax[Z×x×Nu8y×(Rm0+(en+𝒮u8/u5+𝒮h/u×𝒮z/h𝒮h/u))]1/(1+x)0,01

avec Rm0; valeur estimée du maximum de modération proche de 2×Rm

Ceci permet de retrouver quelques éléments de tendance importants :

L'optimum de modération augmente avec l'enrichissement :

Une augmentation (resp. diminution) de 1 % de l'enrichissement autour du point moyen de 2,433 % en masse, augmente (resp. diminue) le rapport RmaxRm d'environ 10 %. Plus le cœur est enrichi plus il est « naturellement » stable, plus il est facile de le rendre auto-stable.

Dans la plage des enrichissements équivalents en usage sur les REP électrogènes donc entre 1,5 et 3,5 % d'enrichissement les ordres de grandeurs usuels sont restitués par le modèle simple.

La plage des faibles enrichissements conduit comme cela est normale à des configurations instables :

Un cœur enrichi à moins de 1,27 % en noyaux est stable à chaud mais ne vérifie pas la condition de stabilité à froid.
1,12 % apparaît comme la limite inférieure d'enrichissement autorisant la divergence à chaud avec une marge d'exploitation suffisante (k > 1,05). Mais ceci n'est réalisé que pour un rapport de modération proche de l'optimum, donc dans une configuration non stable.

La plage des forts enrichissements apparait correctement modélisée ; la marge en réactivité importante est utilisable pour décrire le contrôle à l'acide borique.

Ces constats recoupent les dispositions prises sur les RBMK après l'accident de Tchernobyl où une augmentation de l'enrichissement utilisé a permis de rendre stable le cœur qui ne l'était pas antérieurement

Modèle:Boîte déroulante/début

  • Données - notations : (cf. tableau en fin d'article)
p=e𝒵
𝒵=Z×(Rm+0,01)x×Nu8y,
𝒮h/u=σh+σo/2σu5σu8
𝒮z/h=σz×0,661σh+σo/2
𝒮u8/u5=σu8+2σoσu5σu8
pRm=p×Z×Nu8y×x×(Rm+0,01)(1+x)
ln(p)=Z×Nu8y×(Rm+0,01)x
pRm=p×ln(p)×x×(Rm+0,01)1
  • f=11+ϕ
ϕ=𝒮h/u×(Rm+𝒮z/hen+𝒮u8/u5)
fRm=(11+ϕ)2×ϕRm=f2×ϕRm
ϕRm=𝒮h/uen+𝒮u8/u5
fRm=f2×𝒮h/uen+𝒮u8/u5
  • f×pRm+p×fRm=0
f(p)ln(p)×x×(Rm+0,01)1+p×(f2)×(𝒮h/uen+𝒮u8/u5)=0
ln(p)×x×(Rm+0,01)1=f×(𝒮h/uen+𝒮u8/u5)
(Rm+0,01)ln(p)×x=(1+ϕ)×(en+𝒮u8/u5𝒮h/u)
  • (Rm+0,01)ln(p)×x=(Rm+1)1+xZ×x×Nu8y
  • (1+ϕ)×(en+𝒮u8/u5𝒮h/u)=(en+𝒮u8/u5𝒮h/u)×[1+𝒮h/u×(Rm+𝒮z/hen+𝒮u8/u5)]
[1+𝒮h/u×(Rm+𝒮z/hen+𝒮u8/u5)]×(en+𝒮u8/u5𝒮h/u)=Rm+(en+𝒮u8/u5+𝒮h/u×𝒮z/h𝒮h/u)
  • soit à résoudre :
(Rm+0,01)1+xZ×x×Nu8y=Rm+(en+𝒮u8/u5+𝒮h/u×𝒮z/h𝒮h/u)
1Z×x×Nu8y2
(en+𝒮u8/u5+𝒮h/u×𝒮z/h𝒮h/u)58,7
  • Le terme : Rm8 est petit devant 2×(Rm+0,01)1,667 et devant 58,7 ; on le suppose en un premier temps constant et égal à la valeur estimée grossièrement du résultat notée Rm0=7 .
(Rm+0,01)1+x=Z×x×Nu8y×[Rm0+(en+𝒮u8/u5+𝒮h/u×𝒮z/h𝒮h/u)]
Rmax[Z×x×Nu8y×(Rm0+(en+𝒮u8/u5+𝒮h/u×𝒮z/h𝒮h/u))]1/(1+x)0,01

avec Rm0; valeur estimée du maximum de modération proche de 2×Rm

Numériquement :

Modèle:1re : Rm1=8,06
une itération donne : Rm=8,13
valeur au Modèle:1er compte tenu des incertitudes existantes sur les équations simplifiées du modèle donnant p et f.
Suivant les valeurs des différents termes et la précision recherchée, un peu illusoire de toute façon, le calcul itératif ci-dessus est ou non nécessaire.

Modèle:Boîte déroulante/fin

Condition de stabilité du cœur

Le cœur est stable si kRm>0. En effet toute augmentation de température du cœur provoque une diminution de Rm par dilatation de l'eau contenue dans le cœur.

Ceci conduit à la relation :

x>(Rm+0,01)1+xZ×Nu8y×(𝒮h/uen+𝒮u8/u5+𝒮h/u×(Rm+𝒮z/h))

Cette inégalité doit être vérifiée sur toute la plage de fonctionnement du réacteur :

  • à chaud conditions nominales
Rm4,14
x>0,229
  • à froid
Rm5,63
x>0,373
  • durant toute l'exploitation donc avec une consommation de matière fissile équivalent au Modèle:1er à une réduction de l'enrichissement.

Plus l'enrichissement du cœur est élevé, plus la condition de stabilité est aisée à satisfaire. Parmi les modifications apportées aux RBMK pour les rendre stables en toutes circonstances, une a consisté à augmenter l'enrichissement du cœur.

Modèle:Boîte déroulante/début

  • ε et η sont invariants avec Rm
  • kRmη×ε×(f×pRm+p×fRm)>0
pRm=p×ln(p)×x×(Rm+0,01)1
fRm=f2×(𝒮h/uen+𝒮u8/u5)
  • Condition de stabilité du cœur : f×pRm+p×fRm>0
f×(p)×ln(p)×x×(Rm+0,01)1+p×(f2)×(𝒮h/uen+𝒮u8/u5)>0
ln(p)×x×(Rm+0,01)1+f×(𝒮h/uen+𝒮u8/u5)<0
ln(p)×x×(Rm+0,01)1<f×(𝒮h/uen+𝒮u8/u5)
ln(p)×x<f×(Rm+0,01)×(𝒮h/uen+𝒮u8/u5) ( ln(p)<0 )
x>f×(Rm+0,01)(ln(p))×(𝒮h/uen+𝒮u8/u5)
  • Condition de stabilité première formulation :
x>f×(Rm+0,01)(ln(p))×(𝒮h/uen+𝒮u8/u5)
  • En remplaçant : ln(p) et : f par leur valeur on obtient la relation importante:
x>11+ϕ×(Rm+0,01)Z×(Rm+0,01)x×Nu8y×(𝒮h/uen+𝒮u8/u5)
x>(Rm+0,01)1+xZ×Nu8y×11+ϕ×(𝒮h/uen+𝒮u8/u5)
1+ϕ=1+𝒮h/u×(Rm+𝒮z/hen+𝒮u8/u5)=en+𝒮u8/u5+𝒮h/u×(Rm+𝒮z/h)en+𝒮u8/u5
x>(Rm+0,01)1+xZ×Nu8y×en+𝒮u8/u5en+𝒮u8/u5++𝒮h/u×(Rm+𝒮z/h)×(𝒮h/uen+𝒮u8/u5)
x>(Rm+0,01)1+xZ×Nu8y×(𝒮h/uen+𝒮u8/u5+𝒮h/u×(Rm+𝒮z/h))

Condition de stabilité deuxième formulation :

x>(Rm+0,01)1+xZ×Nu8y×(𝒮h/uen+𝒮u8/u5+𝒮h/u×(Rm+𝒮z/h))
Numériquement

x>(4,142+0,01)1+0,4252,148×1012×(6,59×1021)0,522×(5,482×1042,464%+4,314×103+5,482×104×(4,142+0,3244))

x>0,252

La condition dot également être vérifiée réacteur froid donc avec une valeur de Rm plus élevée du fait de la plus grande masse volumique de l'eau Rm5,63 et une concentration en atomes d'uranium 238 légèrement plus élevée du fait de la réduction de volume du cœur, ce qui conduit à x>0,376

Modèle:Boîte déroulante/fin

Coefficient de température modérateur - Reprise de réactivité "froid-chaud"
Coefficient modérateur

La modélisation de la variation de k en fonction de Rm permet d'apprécier le coefficient de réactivité de température du modérateur dont l'importance est déterminante pour le fonctionnement puisqu'il autorise l'auto-stabilité du réacteur à eau pressurisée.

La valeur trouvée avec le modèle simplifié est de - 37,8 pcm/°C.

Modèle:Boîte déroulante/début

  • Évaluation de kRm
kRmη×ε×(f×pRm+p×fRm)>0

on a vu ci-avant que:
pRm=p×ln(p)×x×(Rm+0,01)1
fRm=f2×(𝒮h/uen+𝒮u8/u5)
kRmη×ε×(f×(p)×ln(p)×x×(Rm+0,01)1p×f2×(𝒮h/uen+𝒮u8/u5)
kRm1,753×1,039×(0,922×(0,75)×ln(0,75)×0,425×(4,142+0,01)10,75×0,9222×(5,482×1040,02464+4,3141×103)
kRm1,753×1,039×(0,922×(0,75)×ln(0,75)×0,425×(4,142+0,01)10,75×0,9222×(5,482×1040,02464+4,314×103)=0,01511
kRm=0,01511(uk/uRm)
  • Évaluation de RmTm :
Tm = Température moyenne du modérateur dans le cœur
ρH2O = Masse volumique de l'eau (L'article Molécule d'eau fourni une corrélation donnant la masse volumique de l'eau qui peut être utilisée)
VH2O = Volume d'eau dans le cœur
Rm=VH2O×ρH2OMH2O×𝒩ANu
RmTm=2×𝒩ANu×MH2O×(𝒱2𝒪×ρH2O)Tm
On néglige en un premier temps 𝒱2𝒪Tm
ρH2OTm2,2kg/m3/K=2,2×103g/cm3
MUO2=235,0439×0,02464+238,0508×(10,02464)+2×15,9994=269,976g/mol
MH2O=2×1,00794+15,9994=18,0153g/mol
RmTm=2×𝒩A×𝒱2𝒪Nu×MUO2×ρH2OTm
RmTm=2×6,022×1023×15,831×1061,83133×1029×18,0153×2,2×103=0,01271(uRm/K)
RmTm=0,01271(uRm/K)

Appréciation du coefficient de température modérateur

kTm=kRm×RmTm
kTm=0,01511×0,01271=0,000192(uk/K)
ρ=100000×ln(k)
ρTm=100000k×kTm
ρTm=1000001,260×0,000192=15,2(pcm/K)

Modèle:Boîte déroulante/fin

Reprise froid/chaud

Le réchauffage du réacteur à puissance nulle à partir des conditions d'arrêt froid est consommateur de réactivité. On peut en donner une appréciation à l'aide des formules simples.

  • Valeurs influant sur la réactivité à chaud :
Rm=4,140
ln(k)=1,288
  • Valeurs influant sur la réactivité à froid :
Rm=5,631
k=1,317Rm
ΔρF/C=100000×ln(k)=100000×ln(1,3171,288)2256pcmNu8
Modération - Aspect pratique
Courbe donnant l'allure de l'évolution du rapport de modération atomique.

À la conception du cœur il est possible de choisir le rapport de modération c'est-à-dire le rapport entre la concentration volumique des atomes modérateurs et la concentration volumique des atomes fissiles. Par exemple de façon pratique dans le cas des réacteurs à eau pressurisée en faisant varier le pas régulier de disposition des crayons combustibles :

  • Si les crayons sont très rapprochés les uns des autres la quantité de modérateur offerte aux neutrons pour être ralentis est insuffisante et le rapport de multiplication en réseau infini kinfty diminue.
  • Si les crayons sont très éloignés les uns des autres la probabilité qu'un neutron émis dans le combustible et thermalisé dans le modérateur rencontre un autre atome fissile diminue et le rapport de multiplication en réseau infini kinfty diminue.
  • Entre les deux situations ci-dessus, il s'en trouve une ou le rapport : nombre d'atomes modérateurs / nombre d'atomes fissiles conduit au maximum de kinfty ; c'est l'optimum de modération.

Le dessin du réseau combustible détermine au Modèle:1er le rapport atomique (ou molaire de modération). La généralisation des assemblages 17 × 17 ou 15 × 15 pour raison industrielle en usage sur les REP électrogènes encadre ainsi la plage de modération accessible dans la plage où les conditions générales de stabilité du cœur sont satisfaites avec de bonnes marges permettant l'optimisation du cycle du combustible.

Comparaison avec les réacteurs d'Oklo

Il pourra être tiré du résultat ci-dessus quelques conclusions simples sur les réacteurs de la mine d'Oklo et de Bangombé au Gabon qui présentent un certain nombre de points communs avec les REP électrogènes de puissance. En effet, si on compare le réseau combustible d'un REP Modèle:Unité à celui des réacteurs de la mine d'Oklo :

  • le combustible est de l'oxyde d'uranium dans les deux cas
  • le modérateur est de l'eau légère dans les deux cas
  • le réacteur REP tel que calculé ci-dessus est chaud, il est sous modéré dans ces conditions
  • le réacteur REP est à l'optimum de modération à froid (Modèle:Unité)[Note 9]
  • le rapport atomique (ou molaire) optimal de modération à froid du REP Modèle:Unité (= rapport des concentrations en hydrogène et uranium 235) vaut sensiblement = 228,6 ; les conditions de criticité dans le cas de Oklo sont évaluées avec la même valeur.
  • la valeur de kREPfroid est égale à kREPfroid=kREPchaud×e5000/100000=kREPchaud×1,05127 en retenant une reprise froid chaud de Modèle:Nb
  • le facteur supplémentaire d'optimum de modération (reprise froid/chaud = 1,051 27) est supposé influer sur le facteur f en ce qui concerne la capture dans l'uranium 238 dont la section efficace microscopique de capture est prise moins élevée qu'à chaud jusqu'à obtenir la valeur de f souhaitée (environ 1,1353 contre 2,72 barn)[Note 10]
  • le réacteur d'Oklo diverge à minima à froid kOklo=1 à l'optimum de modération [Note 11]
  • la gangue du minerai d'Oklo se compare au zirconium du REP 900 [Note 12], en tous les cas on peut admettre que la section efficace macroscopique correspondante ne peut être inférieure à celle du zirconium du REP 900 soit Modèle:Nb
  • la valeur du facteur antitrappe est inchangée
  • la valeur du facteur ε est inchangée ; il pourrait toutefois être tenu compte de ce que le facteur ε est grossièrement proportionnel à la proportion d'uranium 238 laquelle est un peu plus élevée dans le REP Modèle:Unité qu'à Oklo
  • l'enrichissement moyen du REP Modèle:Unité vaut 2,433 % (en noyaux = 2,464 %) ; l'enrichissement du Modèle:1er d'Oklo qui a fonctionné il y a près de 1,95 milliard d'années est pris égal à 3,61 % en masse (en noyaux = 3,66 %)
  • en effectuant le calcul des 4 facteurs par la méthode simple donnée dans la boite déroulante, la concentration en uranium 235 qui rend critique à froid (kOklo=1) à l'optimum de modération le réacteur d'Oklo est trouvée égale à Modèle:Nb (soit une concentration environ 100 fois moindre que celle du REP Modèle:Unité)
  • la teneur en uranium du minerai de densité égale à 2,5 correspondante est proche de Modèle:Unité d'uranium par tonne de minerai ce qui est élevé mais rencontré dans les gisements en exploitation dans le monde
  • la concentration en atomes d'hydrogène est prise égale à celle de l'optimum de modération = Modèle:Nb ; elle correspond à une teneur massique en eau du minerai de Modèle:Unité/tonne ce qui semble réaliste
  • à simplement remarquer que les évaluations faites du fonctionnement des réacteurs d'Oklo conduisent bien entendu à une contribution du plutonium 239 formé mais la période est très faible devant la durée totale du fonctionnement des réacteurs
Grandeur physique REP 900 à Modèle:Unité REP 900 à Modèle:Unité Oklo Unité Commentaire
Coefficient k 1,356 1,425 1 sans dim Valeur minimale à Oklo
Rapport de modération atomique 164,1 228,6 228,6 sans dim Valeur minimale à Oklo
Enrichissement en noyau en U5 2,464 % 2,464 % 3,6584 % at/cmModèle:3 Valeur estimée à Oklo il y a 1,95 milliard d'années
Concentration des atomes d'U5 Modèle:Nb Modèle:Nb Modèle:Nb at/cmModèle:3 Valeur minimale à Oklo
Concentration des atomes d'H Modèle:Nb Modèle:Nb Modèle:Nb at/cmModèle:3 Valeur pouvant varier quelque peu à Oklo
Section efficace de capture dans l'U8 2,72 1,1353 1,1353 barn Moins élevé à froid
Coefficient ε = facteur correctif de fissions rapides 1,07 1,07 1,0565 sans dim Moins élevé à Oklo du fait de l'enrichissement plus élevé
Coefficient η = neutrons de fission 2,105 2,105 2,105 sans dim Ne dépend que du seul atome fissile = uranium 235
Coefficient p = facteur antitrappe 0,75 0,75 0,75 sans dim Modérateur identique
Coefficient f = utilisation thermique 0,8025 0,8437 0,5992 sans dim
Section efficace macroscopique des gaines ou gangue Modèle:Nb Modèle:Nb Modèle:Nb cmModèle:-1 Valeur minimale à Oklo
Densité moyenne du minerai 2,5 sans dim Valeur classique
Teneur massique en uranium du minerai 10,69 kg/t Valeur minimale à Oklo pour diverger [Note 13]
Teneur massique en eau du minerai 3,38 kg/t Valeur ayant fluctué à Oklo
Puissance thermique Modèle:Nb 100 W/mModèle:3 Valeur ayant largement fluctué à Oklo
Durée de fonctionnement 1 Modèle:Nb ans En moyenne

Réactivité d'un milieu limité

Le facteur de multiplication effectif (noté keff) est évalué en prenant en compte le fait que la zone réactive est d'extension finie, et qu'une partie des neutrons sont perdus par effet de fuite. La proportion de neutrons qui fuient dépend de la taille et de la forme du milieu considéré.

Le rapport entre k et keff vaut keff=k1+M2×Bg2

où :

  • k est le coefficient de multiplication en milieu infini des neutrons
  • M2 est l’aire de migration des neutrons
  • Bg2 est le laplacien géométrique des neutrons.

À titre d'exemple, pour un cœur de géométrie cylindrique, Bg2 est donné par la relation suivante :

Bg2=(πH+2×λz)2+(2,40483R+λr)2

où :

En pratique, λr=λz pour un grand cœur proche de l'ortho-cylindre.

Forme du cœur minimisant les fuites

Pour un volume donné du cœur (un volume V donné de combustible), le dessin minimisant les fuites est bien entendu celui d'une sphère. Cependant le réacteur sphérique est malcommode de construction et d'exploitation. En pratique la majorité des réacteurs sont de forme cylindrique à axe vertical (ce qui permet d'avoir des éléments unitaires - sûrement sous-critiques - identiques, une manutention commode de ces éléments pour la constitution du cœur et le rechargement du combustible et qui rend possible la manœuvre gravitaire des absorbants de contrôle de la réactivité)[Note 14]. On peut alors s'intéresser à la forme du cylindre qui minime les fuites à volume donné de combustible.

La probabilité de non-fuite s'écrit : 11+M2×Bg2 avec :

  • M2 = aire de migration ;
  • Bg2=(πH+2×λz)2+(JoR+λr)2 ;
  • λr=λz=λ = Économie de réflecteur = Constante qui dépend du réflecteur.

À volume V de cœur donné, la probabilité de non-fuite est maximale lorsque Bg2 est minimal.

La recherche analytique du minimum de Bg2 est malaisée du fait de la lourdeur de la fonction dérivée (polynôme du Modèle:6e). En revanche, si on néglige les effets de bords (par exemple s'il n'y a pas de réflecteur), ce qui revient à prendre λ=0, on peut aisément donner une solution analytique à la recherche du minimum de Bg2

DH=Jo×2π=1,0826
D=2(Jo2×π2)1/3×V1/3=1,1129×V1/3
H=π1/3×(2Jo)2/3×V1/3=1,0280×V1/3

Dans le cas général où λ ne peut être négligé, on effectue la recherche du rapport optimal DH en deux temps :

  • Une première estimation consiste à appliquer les relations ci-dessus au cœur non extrapolé qui donnent d et h (valeurs intermédiaires) :
d=1,1129×V1/3
h=1,0280×V1/3
on en déduit le volume extrapolé du cœur[Note 15]. Ve=π×(d+2λ)2×(h+2λ).
  • Une bonne approximation du dessin à fuites minimales est alors obtenue en appliquant les relations ci-dessus au volume et dimensions extrapolés du cœur, soit donc pour finir :
D=1,1129×Ve1/32λ
H=1,0280×Ve1/32λ
avec :
  • Ve = volume extrapolé du cœur
  • λ = distance d'extrapolation
  • Numériquement : (cf. Tableau en fin d'article)
V=26,671×m3 = Valeur proche du cas d'un REP Modèle:Unité
d=1,1129×V1/3=332,1cm
h=1,0280×V1/3=306,8cm
λ=8,3cm
Ve=π4×(d+2λ)2×(h+2×λ)=30860500cm3
D=1,1129×Ve1/32λ=332,5cm
H=1,0280×Ve1/32λ=305,9cm

En étudiant pas à pas le signe de la fonction dérivée au voisinage des valeurs ci-dessus on montre que le cas d'un cœur de volume proche de celui d'un REP Modèle:Unité, la valeur minimale de Bg2 est obtenue pour R = Modèle:Unité, soit D = Modèle:Unité et H = Modèle:Unité et un rapport diamètre / hauteur égal à 1,0895, donc un cylindre de forme légèrement plus aplatie que l'orthocylindre dans lequel D = H = Modèle:Unité et de hauteur moindre que la hauteur réelle du cœur égale à Modèle:Unité. Ce résultat ne dépend pas de la valeur de l'aire de migration.

Démonstration
Cas général avec une économie de réflecteur non négligeable
  • Probabilité de non-fuite =11+M2×Bg2
  • Bg2=(πH+2λz)2+(JoR+λr)2
  • λr=λz=λ = Constante qui dépend du réflecteur = Modèle:Unité environ dans le cas de l'eau à la température de fonctionnement d'un REP
  • Volume du cœur = V = Modèle:Unité = Constante = Valeur proche du cas d'un REP Modèle:Unité
V=π×R2×H
H=Vπ×R2
  • La probabilité de non-fuite est maximale lorsque Bg2 est minimal
  • Bg2=(πH+2λz)2+(JoR+λr)2=(π(Vπ×R2)+2λ)2+(JoR+λ)2
  • Il n'est pas aisé de donner une solution analytique à la recherche du minimum de Bg2. La dérivation par rapport à R débouche en effet sur la résolution -aléatoire- d'un polynôme du Modèle:6e. Pour simplifier le problème on s’intéresse en un premier temps au cas où λ=0
Cas simplifié où l'économie de réflecteur est égale à zéro
Bg2=(πH)2+(JoR)2
H=Vπ×R2V = volume du cœur = constante
Bg2=π4×R4V2+Jo2R2
dBg2dR=4×π4V2×R32×Jo2R3=0
R6=Jo2×V22×π4
V2=π2×R4×H2
R6=Jo2×π2×R4×H22×π4=Jo22×π2×R4×H2
(RH)2=Jo22×π2
RH=Jo2×π=Jo×2 2×π=Jo×2 2×π

Par ailleurs :

R6=Jo2×V22×π4

R3=Jo×V2×π2, d'où D=2(Jo2×π2)1/3×V1/3

H=πJo×2×D=πJo×2×2(Jo2×π2)1/3×V1/3=π1/3×(2Jo)2/3×V1/3

En résumé :

DH=Jo×2π=1,0826
D=2(Jo2×π2)1/3×V1/3=1,1129×V1/3
H=π1/3×(2Jo)2/3×V1/3=1,0280×V1/3

La forme qui minimise les fuites est donc celle d'un orthocylindre légèrement aplati.

Toutefois, dans l'exemple ci-dessus les fuites calculées avec une aire de migration MModèle:2 = Modèle:Unité valent Modèle:Nb avec la hauteur combustible réelle du cœur du REP Modèle:Unité égale à Modèle:Unité et Modèle:Nb avec la hauteur de Modèle:Unité. L'écart est donc faible (Il représente cependant sensiblement Modèle:Tmp de température de fonctionnement).

Ces résultats sont surtout intéressants dans le cas des petits cœurs où les fuites sont importantes. Par exemple, si le volume du cœur vaut Modèle:Unité (donc pour une puissance de l'ordre de Modèle:Unité) et en tenant compte de l'économie de réflecteur :

Fuites dans un cœur de Modèle:Unité
Cœur à fuites minimales Cœur orthocylindrique Cœur élancé Cœur aplati Unité
Hauteur 102,0 108,4 127,3 80,0 cm
Diamètre 111,7 108,4 100,0 126,2 cm
Fuites -9508 -9534 -9822 -9899 pcm
Température
de fonctionnement
Nominale -1 -10 -12 °C

Dans le cas des réacteurs à eau sous-pression on doit également tenir compte de ce que le diamètre du cœur détermine aussi celui de la cuve ce qui peut inciter à avoir un cœur plus élancé que celui qui minimise les fuites.

En dépit de cela, le cœur de l'EPR augmente sensiblement le nombre d'assemblages par rapport au cœur N4 sans accroitre la hauteur combustible pour de multiples raisons industrielles ce qui ne nuit pas aux fuites totales hors du cœur comme démontré ci-dessus et la cuve est de diamètre augmenté. Comme souvent les choix d’ingénierie sont à compromis multiples et les optimums sont plats.

Autres paramètres du réseau influant sur la réactivité

Échantillonnage du combustible

Suivant la forme géométrique suivant laquelle le combustible est disposé pour une même puissance spécifique, la température à cœur du combustible peut varier de façon importante. On montre que pour une même densité de puissance, l'écart de température entre les températures moyennes et maximales à cœur du combustible et la température du réfrigérant varie au Modèle:1er comme le carré du diamètre des pastilles combustibles et partant, l'anti-réactivité d'effet Döppler se trouve augmentée en rapport dans le cours du fonctionnement et les sollicitations thermomécaniques du combustible accrues.

Notations, données et résultats

Le présent article utilise un assez grand nombre de données numériques qui pour raison de commodité sont regroupées les tableaux déroulants ci-dessous.

Sont données dans l'ordre :

  • les caractéristiques géométriques typiques d'un cœur de réacteur à eau sous pression électrogène proches de celles d'un réacteur du palier Modèle:P./P'4
  • les données fonctionnelles principales
  • les sections efficaces intervenant dans la modélisation simplifiée
  • les autres données.

Avertissement : les valeurs sont données en général avec 4 chiffres significatifs pour éliminer les erreurs d'arrondis de calcul, toutefois la précision de l'estimation n'est pas meilleure que +/- 5 % ; soit donc l'inégalité :

0,95 × Valeur estimée par le calcul < Valeur exacte < 1,05 × Valeur estimée par le calcul
Caractéristiques typiques d'un réacteur à eau sous-pression
Grandeur physique État
réacteur
Notation Valeur Unité Source Commentaire
Puissance thermique
du cœur
W 3 797 MWth Réacteurs
nucléaires
en France
Puissance chaudière = Puissance cœur + puissance thermique des pompes primaires
Température moyenne de
l'eau primaire dans le cœur
Tm 292,8 °C REP Conditions d'arrêt chaud critique
Masse volumique moyenne de
l'eau primaire dans le cœur
C ρ 740,84 kg/mModèle:3 Molécule
d'eau
Corrélation donnée à l'article molécule d'eau
F ρ 998,3 kg/mModèle:3
Dilatabilité de l'eau~. C -1,980 kg/mModèle:3/K Molécule
d'eau
Grandeur utile pour évaluer le coefficient de température modérateur
Modèle:Tmp
30 bar
-0,7177 kg/mModèle:3/K Corrélation donnée à l'article molécule d'eau - La valeur donnée est cependant issue directement des tables
Modèle:Tmp
6 bar
-0,1992 kg/mModèle:3/K La corrélation (dérivable) permet d'évaluer la dilatabilité de l'eau - La valeur donnée est cependant issue directement des tables
Volume du cœur C 38,703 Modèle:M3 Centrales
en France
La situation C (à chaud) s'entend réacteur à l'arrêt chaud critique à puissance nulle
F 38,107 mModèle:3
Hauteur combustible C 4,270 m
F 4,229 m
Diamètre équivalent C 3,387 m
F 3,371 m
Flux neutronique
thermique
ϕ Modèle:Nb
Flux neutronique
thermique à l'équilibre
ϕo Modèle:Nb Modèle:Nb [Note 16]
Masse d’uranium MU Modèle:Nb kg Centrales
en France
La masse d'uranium varie légèrement avec l'enrichissement du cœur
Enrichissement moyen
en uranium 235
M em 2,283 % sans dim REP Valeur cohérente avec la référence[Référence 2]
A en 2,312 % sans dim
Masse d’uranium 235 MU5 2 370 REP
Masse de zirconium
dans le cœur
C Modèle:Nb kg
F Modèle:Nb kg La dilatation plus importante de l'oxyde d'uranium fait qu'une quantité plus importante de zirconium se trouve dans le réseau combustible à chaud qu'à froid
Masse d'eau primaire
dans le cœur
C Modèle:Nb kg REP
F Modèle:Nb kg [Note 17]
Masse molaire de l'hydrogène H 1,007 94 g/mol CODATA [Note 18]La composition isotopique protium / deutérium est la composition naturelle
Masse molaire de l'oxygène O 15,9994 g/mol CODATA [Note 18]
Masse molaire de l'uranium 235 U5 235,0439 g/mol CODATA [Note 18]
Masse molaire de l'uranium 238 U5 238,0508 g/mol CODATA [Note 18]
Masse molaire de l'uranium enrichi à 2,283 % massique U 237,977 g/mol Calcul
Masse molaire de l'oxyde d'uranium enrichi à 2,283 % massique UO2 269,980 g/mol Calcul
Nombre de moles
d'uranium
dans le cœur
NU Modèle:Nb sans dim Calcul
Nombre de moles
d'uranium 235
dans le cœur
NU5 Modèle:Nb sans dim Calcul L'uranium 234 est bien sûr négligé et inclus, ipso facto, dans l'uranium 238
Nombre de moles
d'uranium 238
dans le cœur
Modèle:Nb sans dim Calcul
Concentration des atomes d'uranium C Nu 11,270
Modèle:Nb
mol/L
at/cmModèle:3
Calcul [Note 19]
F Nu 11,446
Modèle:Nb
mol/L
at/cmModèle:3
Calcul
Nombre de moles
d'hydrogène dans le cœur
C Modèle:Nb sans dim
F Modèle:Nb sans dim
Concentration des atomes
d'hydrogène dans le cœur
C 48,89
Modèle:Nb
mol/L
at/cmModèle:3
[Note 19]
F 64,52
Modèle:Nb
mol/L
at/cmModèle:3
[Note 19]
Nombre total de moles
d'oxygène dans le cœur
C Modèle:Nb sans dim Calcul 2 \times U + H / 2
F Modèle:Nb sans dim Calcul Quasiment autant d'atomes d'oxygène que d'hydrogène dans le cœur
Rapport de modération
molaire (ou atomique)
C Rm 4,338 sans dim Calcul [Note 19]Modèle:,[Note 4]
F Rm 5,637 sans dim Calcul
Rapport de modération
volumique
C 1,970 sans dim Calcul = Volume eau / Volume UOModèle:Ind - Valeur cohérente avec la référence[Référence 2]
F 1,936 sans dim Calcul [Note 20]
Rapport de modération
massique
C 0,1447 sans dim Calcul = Masse eau / Masse UO2
F 0,1881 sans dim Calcul
Nombre de moles
de zirconium dans le cœur
C Modèle:Nb sans dim [Note 21]
F Modèle:Nb sans dim
Concentration
du zirconium dans le cœur
C Modèle:Nb at/cmModèle:3 [Note 21]
F Modèle:Nb at/cmModèle:3
Rapport des concentrations
du zirconium/uranium dans le cœur
C 0,6522 sans dim [Note 21]
F 0,6552 sans dim


Les 4 facteurs - Variation avec l'enrichissement
Grandeur physique État
réacteur
Notation Valeur Unité Source Commentaire
Coefficient multiplicatif infini k chaud k 1,287 sans dim Calcul Cœur neuf, sans poison, aux conditions nominales d'arrêt chaud - Puissance nulle. pour em=2,283% et Rm=4,338
froid k 1,304 sans dim Calcul
Facteur de reproduction η chaud η 1,777 sans dim Calcul Cœur neuf, sans poisons, aux conditions nominales de fonctionnement à chaud, à puissance nulle.
froid η 1,777 sans dim Calcul La valeur de η à puissance nulle ne dépend pas des conditions de température
Valeur asymptotique de η
à 100 % d'enrichissement
2,073 sans dim Calcul Évaluation théorique donnant l'allure de la variation de η avec en
Facteur d'utilisation thermique f à chaud f 0,9216 sans dim
froid f 0,9021 sans dim L'augmentation de Rm fait diminuer f à froid
Valeur asymptotique de f
à 100 % d'enrichissement
≈0,998 sans dim Calcul Calcul théorique "de tendance" destiné à illustrer le sens de variation du facteur f
Facteur anti-trappe p chaud p 0,7572 sans dim Calcul En cours de consolidation
froid p 0,7902 sans dim Calcul
Facteur de fissions rapides chaud ε 1,039 sans dim
froid ε 1,028 sans dim
Dérivée: ken×1k C kk×en 9,239 %/% La valeur à chaud est seule donnée. L'effet de température sur ken n' a pas d'importance pratique.
Dérivée: ηen×1η C ηη×en 6,322 %/% Pour l'enrichissement nominal de 2,283 % en masse et 2,312 % en noyaux
Dérivée: fen×1f C ff×en 2,896 %/%
Dérivée: pen×1p C pp×en 0,1486 %/% p est faiblement croissant avec en
Dérivée: εen×1ε C εε×en -0,1272 %/% ε est légèrement décroissant avec en
Dérivée: ε×pen×1ε×p C 0,037 44 %/% Le produit p×ε est très faiblement croissant avec en. Sa variation peut être négligée devant celle du produit f×η
Valeur en réactivité de 1 % d'enrichissement massique C Modèle:Nb pcm Variation centrée géométriquement autour du point 2,433 % soit de 1,984 à 2,984 % en masse et de 2,009 à 3,021 % en noyaux. Cette valeur dépend fortement de l'enrichissement au point central.


Variation des facteurs avec la modération
Grandeur physique État
réacteur
Notation Valeur Unité Source Commentaire
Dérivée: kRm C kRm 0,033 44 sans dim Calcul
F kRm 0,012 62 sans dim Calcul Malgré ses imperfections, le modèle simplifié rend compte de la stabilité du cœur
Dérivée: RmTm à chaud RmTm -0,011 13 sans dim Calcul [Note 22]
F RmTm Modèle:Nb sans dim Calcul
Dérivée:
kTm
C kTm Modèle:Nb sans dim Calcul Avec l'enrichissement retenu le cœur est stable en eau claire à toute température
F kTm Modèle:Nb sans dim Calcul La stabilité du cœur à froid, avec des marges faibles, est décrite par le modèle simplifié.


Grandeurs fonctionnelles principales
Grandeur physique État
réacteur
Notation Valeur Unité Source Commentaire
[Note 4]Reprise "froid/chaud" de réactivité du cœur Δρ 1348 pcm Le modèle simplifié rend grossièrement compte de la reprise de réactivité en eau claire - Valeur cependant sous estimée par rapport au constat en exploitation des réacteurs.
Coefficient de température modérateur à chaud ρTm -28,91 pcm/°C L'eau primaire est supposée exempte d'acide borique, son utilisation fait baisser le coefficient de température modérateur en valeur absolue. À basse température et en eau borée le coefficient peut devenir positif
à froid ε -0,66 pcm/°C Pour des températures inférieures à Modèle:Tmp et dès lors que l'intégrale reste modérée (< 100 pcm), on peut admettre un coefficient de température légèrement positif


Formules et coefficients de détermination des 4 facteurs - Sections efficaces
Grandeur physique État
réacteur
Notation Valeur Unité Source Commentaire
Nombre de neutrons émis par fission thermique ν ν 2,425 sans dim Fission nucléaire [Référence 2]Modèle:,[Référence 3]
Terme 5 5 2,082 sans dim Calcul u5=(ν×σf5σu5σu8)
Les valeurs à froid et à chaud sont égales
Terme 𝒮u8/u5 𝒮u8/u5 Modèle:Nb sans dim Calcul 𝒮u8/u5=(σu8+2σoσu5σu8)
Les valeurs à froid et à chaud sont égales
Facteur f
Terme 𝒮h/u
𝒮h/u Modèle:Nb sans dim Calcul 𝒮h/u=(σh+σo/2σu5σu8) Invariant avec la température
Facteur f
Terme 𝒮z/h
à chaud 𝒮z/h 0,3641 sans dim Calcul 𝒮z/h=(σz×0661σh×σo/2)
à froid 𝒮z/h 0,3626 sans dim Calcul Faible variation du fait de la variation de la quantité de zirconium présente dans le flux neutronique entre les situations cœur chaud/cœur froid
Facteur anti-trappe
Terme Z
Z Modèle:Nb sans dim En cours de consolidation
Facteur anti-trappe
Exposant x
x 0,667 sans dim En cours de consolidation
Facteur anti-trappe
Exposant y
y 0,522 sans dim
Facteur ε
Relation donnant α
sans dim α=0,137×e0,0546×Rm
Il pourra être recherché un terme fonction de l'enrichissement du cœur dans la formule donnant α
Facteur ε
Terme α
C α 0,1081 sans dim α=(ε1)×p×f(1p)
F α 0,1007 sans dim
Section efficace microscopique
de fission thermique
de l'uranium 235
C σf5 419,3 barn Fission nucléaire 1 barn = Modèle:Nb
à froid σf5 582,6 barn [Référence 4]
Section efficace microscopique
de capture de l'uranium 235
à chaud σu5 490,4 barn On entend par absorption le total fission + capture par l'uranium 235
F σu5 681,4 barn Les sections efficaces varient comme l'inverse de la racine carrée de la température absolue du corps considéré
Section efficace microscopique
de capture d'un neutron thermique
par le zirconium
à chaud σz 0,1324 barn HBCP [Référence 5]
à froid σz 0,1840 barn HBCP La température à laquelle sont données les sections efficaces est dans la littérature technique est de Modèle:Tmp
Section efficace microscopique
de capture d'un neutron thermique
par l'hydrogène
à chaud σh 0,2393 barn HBCP La section efficace est la section pondérée protium/deutérium. Cette valeur a un grand impact sur le résultat de la modélisation
à froid σh 0,3326 barn HBCP
Section efficace microscopique
de capture d'un neutron thermique
par l'uranium 238
à chaud σ8 1,933 barn
à froid σ8 2,685 barn
Section efficace microscopique
de capture d'un neutron thermique
par l'oxygène
σo Modèle:Nb barn
cmModèle:2
Valeur "forfaitaire" sans grande importance sur le résultat[Note 23]

Notes

Modèle:Références

Références

Modèle:Références Modèle:Références

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

Liens externes

Modèle:Portail
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