Anneau de Cohen-Macaulay

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En algèbre commutative, un anneau de Cohen-Macaulay est un anneau noethérien qui n'est pas nécessairement régulier, mais dont la profondeur est égale à sa dimension de Krull. Une singularité de Cohen-Macaulay est une singularité dont l'anneau local est un anneau de Cohen-Macaulay. Les anneaux portent le nom d'Irvin Cohen et Francis Macaulay.

Dans la hiérarchie des anneaux, on a les inclusions suivantes :

Anneau universellement caténaire anneau de Cohen-Macaulay anneau de Gorenstein anneau d'intersection complète anneau local régulier.

Définitions

Suite régulière

Soit M un module sur un anneau R ; un élément aR est dit régulier si ax=0 pour un xM implique x=0 .

Une suite (a1,,an) d'éléments R est appelée suite M- régulière si les conditions suivantes sont remplies :

  • M(a1,,an)M ;
  • Pour i<m l'image de ai+1 dans M/(a1,,ai)M n'est pas un diviseur de zéro.

Profondeur d'un module

Soit M un module sur un anneau R ; la profondeur prof(M) de M est la longueur maximale d'une suite M-régulière d'éléments de R .

Dimension d'un module

La dimension dim(M) d'un module M sur un anneau R est la dimension de Krull de R/Ann(M), où Ann(M) est l'annulateur de M.

Pour un module M de type fini sur un anneau noethérien, on a :

dim(M)=max{dim(R/p)|pAss(M)}=max{dim(R/p)|pSupp(M)}

Ass(M) désigne l'ensemble des à idéaux premiers associés à M, et Supp(M) le support du module.

Pour un module de type fini M sur un anneau local noethérien R on a l'inégalité :

prof(Mm)min{dim(R/p)|pAss(M)}dim(M).

Cohen-Macaulay

Un module de type fini M sur un anneau noethérien R est appelé un module de Cohen-Macaulay si pour tous les idéaux maximaux m de R on a :

prof(Mm)=dim(Mm).

R est un anneau de Cohen-Macaulay si R en tant que module, est un module de Cohen-Macaulay[1].

Exemples d'anneaux de Cohen-Macaulay

  • La localisation d'un anneau de Cohen-Macaulay.
  • Un anneau noethérien de dimension 0 ou, de manière équivalente, un anneau artinien.
  • Un anneau noethérien de dimension 1 réduit.
  • Un anneau noethérien de dimension 2 normal.
  • Un anneau noethérien régulier, comme les entiers , ou l'anneau des polynômes K[x1,,xn] sur un corps K, ou un anneau de séries formelles K[[x1,,xn]]
  • Un anneau de Gorenstein.
  • L'anneau des invariants RG, où R est un anneau de Cohen-Macaulay sur un corps de caractéristique 0 et G est un groupe fini ou plus généralement un groupe algébrique linéaire dont la composante identité est un groupe réductif. C'est le Modèle:Lien.
  • Un anneau de Cohen-Macaulay est un anneau caténaire.
  • Un anneau déterminant (« determinantal ring » en anglais). Soit R le quotient d'un anneau local régulier S par l'idéal I engendré par les mineurs de taille r×r des matrices p×q à éléments dans S. Si la codimension (ou hauteur) de I est égale à la codimension (pr+1)(qr+1), alors R est appelé un anneau déterminant. Dans ce cas, R est un anneau de Cohen-Macaulay[2] De même, les anneaux de coordonnées des variétés déterminantes sont des anneaux de Cohen-Macaulay.
  • Anneaux de polynômes :
  1. L'anneau K[x]/(x2) est de dimension 0 et donc est de Cohen–Macaulay, mais il n'est pas réduit et donc n'est pas régulier.
  2. Le sous-anneau K[t2,t3] de l'anneau de polynômes K[t], ou sa localisation ou sa complétion en t=0, est un domaine de dimension 1 qui est Gorenstein et donc Cohen–Macaulay, mais il n'est pas régulier. Cet anneau peut auss être vu comme l'anneau des coordonnées de la courbe cubique y2=x3 sur K.
  3. Le sous-anneau K[t3,t4,t5] de l'anneau des polynômes K[t], ou sa localisation ou complétion en t=0, est un domaine de dimension 1 qui est Cohen–Macaulay mais n'est pas Gorenstein.
  • Les singularités rationnelles sur un corps de caractéristique zéro sont des singularités de Cohen-Macaulay.
  • Les variétés toriques sur n'importe quel corps sont des variétés de Cohen-Macaulay[3]. Le programme du modèle minimal fait un usage important des variétés avec des singularités de type klt (pour Kawamata log terminal) ; en caractéristique zéro, ce sont des singularités rationnelles et donc des singularités de Cohen-Macaulay[4]. Un analogue des singularités rationnelles en caractéristique positive est la notion de 'F-singularité rationnelle ; là encore, de telles singularités sont des singularités de Cohen-Macaulay[5].
  • Soit X une variété projective de dimension n1 sur un corps, et soit L un faisceau sur X. L'anneau de section de L
R=j0H0(X,Lj)
est Cohen-Macaulay si et seulement si le groupe de cohomologie Hi(X,Lj) est nul pour tout 1in1 et tous les entiers j[6]. Il s'ensuit, par exemple, que le cône affine SpecR sur une variété abélienne X est Cohen-Macaulay lorsque X est de dimension 1, mais pas lorsque X a une dimension d'au moins 2 (car H1(X,O) n'est pas nul).

Exemples géométriques

  • Soit K un corps ; la variété algébrique composée de l'axe des X et de l'axe des Y, est décrite par l'anneau de coordonnées K[x,y]/(xy). Le point d'intersection est décrit par l'anneau
R=(K[x,y]/(xy))(x,y)
C'est une singularité parce que R est unidimensionnel, mais l'idéal maximum de R ne peut être engendré que par deux éléments. D'un autre côté, R est un anneau de Cohen-Macaulay (et même de Gorenstein), puisque l'idéal maximal ne contient pas que des diviseurs de zéro.
  • Une singularité plus compliquée est dans l'anneau
K[x,y]/(x2,xy)
L'anneau local associé à la singularité
(K[x,y]/(x2,xy))(x,y)
n'est pas un anneau de Cohen-Macaulay. Il est unidimensionnel, mais l’idéal maximal n’est constitué que de diviseurs de zéro, il n’y a donc pas de suite régulière.

Bibliographie

Notes et références

Modèle:Traduction/Référence Modèle:Références Modèle:Portail