Théorie du premier gradient

De testwiki
Version datée du 14 janvier 2025 à 11:29 par imported>WitnessHistorian (growthexperiments-addlink-summary-summary:3|0|0)
(diff) ← Version précédente | Version actuelle (diff) | Version suivante → (diff)
Aller à la navigation Aller à la recherche

Modèle:Ébauche Modèle:À sourcer La théorie du premier gradient est une théorie permettant de modéliser la puissance des efforts intérieurs dans un milieu continu en supposant qu'elle s'exprime à l'aide d'une densité de puissance qui est une forme linéaire du premier gradient du champ de déplacement du solide. Cette théorie est très répandue et permet de modéliser de façon très satisfaisante une grande part des phénomènes étudiés en mécanique des milieux continus. Elle connaît cependant quelques limites que des théories comme celle du second gradient cherchent à pallier.

Contexte d'utilisation

La théorie du premier gradient s'utilise en mécanique des milieux continus dans le but de modéliser les efforts intérieurs d'un milieu. On la présente généralement comme inscrite dans la démarche de modélisation que constitue le principe des puissances virtuelles.

Les fondements de cette théorie sont donc le principe des puissances virtuelles et l'hypothèse que la puissance des efforts intérieurs peut s'exprimer comme l'intégrale d'une densité massique ou volumique de puissance dans le domaine, densité qui peut s'exprimer comme une forme linéaire du gradient de champ de déplacement.

Démarches d'obtention

La théorie du premier gradient peut être obtenue de différentes manières. L'approche mathématique consiste en l'application du principe des puissances virtuelles avec une hypothèse sur la modélisation de la puissance des efforts intérieurs. Cette approche est assez générale, et permet d'exhiber des opérateurs, tels que le tenseur des contraintes de Cauchy, permettant de représenter les efforts intérieurs.

On peut aussi obtenir cette théorie, en partant d'une approche plus physique, qui est la modélisation du milieu à l'échelle microscopique, qui permet de reconnaître dans l'expression de la densité de puissance un gradient discrétisé. En repassant à l'échelle mesoscopique, on obtient donc un gradient.

Démarche mathématique

Problème de référence

Problème mécanique type.

On considère ici un milieu continu occupant à chaque instant t le domaine Ωt de frontière Ωt. Sur une partie de la frontière 1Ωt, on a une condition de Dirichlet, c'est-à-dire de déplacement imposé. Sur une partie 2Ωt on a une condition de type Neumann, c'est-à-dire d'effort surfacique imposé T_. Le milieu est soumis à la densité d'effort volumique f_.

Les champs virtuels considérés sont les champs v_ suffisamment réguliers, c'est-à-dire à énergie finie.

Hypothèse fondamentale

Pour appliquer le principe des puissances virtuelles, on a besoin de se donner une description pour 𝒫i, la puissance des efforts intérieurs du système Ωt considéré dans le champ de vitesse virtuel v. Dans la théorie du premier gradient on fait l'hypothèse suivante concernant la puissance des efforts intérieurs :

  1. Il existe une densité pi de puissance des efforts intérieurs, telle que la puissance intérieure de tout sous-système ωt 𝒫i soit l'intégrale de pi sur domaine ωt.
  2. La densité pi est une fonction linéaire de v et de ses dérivées spatiales d'ordre 1.

Conséquences

Ces hypothèses ont pour conséquences d'une part que la puissance des efforts intérieur dans un milieu continu peut s'écrire à l'aide d'un opérateur tensoriel d'ordre 2 symétrique, noté σ__ et appelé tenseur des contraintes de Cauchy, et d'autre part les équations locales usuelles d'équilibre des milieux continus à savoir :

{div_σ__+f_ργ_=0 dans Ωtσ__n_=T_ sur Ωt

Démonstration

On peut montrer que la partie liée aux dérivées d'ordre 0 de v est nulle (voir gradient d'ordre 0 ici). On recherche donc pi sous la forme :

pi=t__:__v_

t__ est un tenseur d'ordre 2, et __ est l'opérateur gradient tensoriel et : désigne le produit doublement contracté.

On décide de décomposer t__ et __v_ en partie symétrique et antisymétrique comme suit :

t__=σ__+α__

__v_=D__+Ω__

On rappelle que le produit doublement contracté d'un tenseur symétrique avec un tenseur antisymétrique est nul.

On peut alors écrire pi=σ__:D__α__:Ω__

Soit v_=v0_+Ω0_x_ un champ de vitesse rigidifiant (avec v0_ et Ω0_ uniformes), on a alors : D__=0__ et Ω__=(0Ω03Ω02Ω030Ω01Ω02Ω010)

En utilisant la nullité de la puissance virtuelle des efforts intérieure pour un mouvement rigidifiant, on obtient la relation suivante :

Ω__:ωtα__dωt=0,Ω0,ωtΩt

On a donc nécessairement α__=0__

On vient donc de montrer que suivant les hypothèses du premier gradient, la puissance des efforts intérieurs peut s'écrire :

Ωtσ__:D__=Ωtσ__:__v_

Arrivé à ce stade, on peut écrire l'autre volet du PPV :

𝒫i+𝒫e=𝒫a

En utilisant les expressions naturelles pour les puissances des efforts extérieurs et la puissance d'accélération, et en appliquant le théorème de la divergence sur l'expression de la puissance des efforts intérieurs, on obtient :

ωt(div_σ__+f_ργ_)v_dωt+ωt(T_σ__n_)v_dS=0,v_,ωt

Ce qui n'est autre que la formulation faible du système d'équation suivant : {div_σ__+f_ργ_=0 dans Ωtσ__n_=T_ sur Ωt

Démarche physique

Contribution d’une liaison à la puissance des efforts intérieurs.

Pour cette approche, nous allons modéliser la contribution dPi d’une liaison entre deux molécules à la puissance des efforts intérieurs. On considère une liaison entre deux molécules, i et j, centrée au point x_. On note Fij_ l'effort de i sur j, et vi_ la vitesse virtuelle de la particule i. On pose Rij_=xj_xi_

Le principe des actions réciproques permet d’écrire que Fij_=Fji_

La puissance élémentaire est donnée par :

dPi=Fij_vj_+Fji_vi_=Fij_(vj_vi_)

Or, comme on a choisi ici une échelle microscopique, il est raisonnable de relier les vitesses vk_ à la vitesse v_(x_) à l’aide d’un développement limité :

vj_=v_(x_)+12__v_Rij_+o(Rij_)

vi_=v_(x_)12__v_Rij_+o(Rij_)

Ceci nous permet d’écrire que :

dPi=Fij_(__v_Rij_)=Fij_Rij_:__v_=t__:__v_

Cette expression permet d’écrire la participation à la puissance des efforts intérieurs d’une liaison ; or, en un point, il peut y avoir plusieurs molécules reliées. De plus on n'a aucune information a priori sur Fij_ ce qui ne permet pas d’obtenir beaucoup d’information sur l’opérateur t__.

Arrivé à ce stade, on retombe sur les raisonnements développés dans l’approche mathématique. L’approche physique ne sert qu’à donner une justification à l’existence de la densité de puissance des efforts intérieurs.

Notes et références

Modèle:Références

Annexes

Bibliographie

Modèle:Portail