Équation de Tsiolkovski

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L'équation de Tsiolkovski est l'équation fondamentale de l'astronautique, reliant l'accroissement de vitesse au cours d'une phase de propulsion d'un astronef doté d'un moteur à réaction au rapport de sa masse initiale à sa masse finale.

On la doit à Constantin Tsiolkovski et, indépendamment, à Hermann Oberth.

Histoire

L'équation de TsiolkovskiModèle:Note est considérée comme l'équation fondamentale de l'astronautiqueModèle:Sfn. Son éponyme est Constantin Tsiolkovski (Modèle:Date--Modèle:Date-), qui l'a déduite puis publiée en Modèle:Date-Modèle:SfnModèle:,Modèle:SfnModèle:,Modèle:Sfn.

Bien que cette équation soit souvent attribuée au grand penseur autodidacte Tsiolkovski, une forme de l'équation figure déjà dans un traité du mathématicien britannique Modèle:Lien (Modèle:Fl.Modèle:C.Modèle:Date--Modèle:Date-) paru en Modèle:Date[1]Modèle:,Modèle:SfnModèle:,Modèle:SfnModèle:,Modèle:Sfn puis dans un article du général-major belge Casimir-Érasme Coquilhat (Modèle:Date--Modèle:Date-) paru en Modèle:Date[2]Modèle:,[3] Modèle:SfnModèle:,Modèle:SfnModèle:,Modèle:Sfn.

L'expérience de la barque, de Tsiolkovski

Expérience de la barque, de Tsiolkovski.

Afin de faire comprendre le principe de la propulsion à réaction, Constantin Tsiolkovski a proposé une fameuse expérience « de la barque ». Une personne se trouve démunie d'avirons dans une barque à l'écart de la rive. Elle veut rejoindre cette rive. Elle remarque que la barque est chargée d'une certaine quantité de pierres et a l'idée de lancer, une à une et le plus vivement possible, ces pierres dans la direction opposée à la rive. Effectivement, à la quantité de mouvement des pierres jetées dans un sens correspond une quantité de mouvement égale pour la barque dans l'autre sens.

Énoncé

L'équation de Tsiolkovski s'écrit :

Δv=vfvi=velnmimf, vectoriellement, ou Δv=velnmimf, numériquement

où :

  • Δv est la variation de vitesse de l'astronef entre la fin et le début de la phase propulsée considérée ;
  • ve est la vitesse d'éjection des gazModèle:Note ;
  • mi est la masse totale de l'astronef au début de la phase propulsée (indice i pour initial) ;
  • mf est la masse totale de l'astronef à l'issue de la phase propulsée (indice f pour final), exprimée dans la même unité que mi ;
  • ln est la fonction logarithme népérien.

Établissement

Démonstration

Cette équation est établie en intégrant l'équation de conservation de la quantité de mouvement entre le début et la fin de la phase propulsée sous les hypothèses suivantes :

  • l'étude du mouvement est faite dans un référentiel d'inertie ;
  • l'astronef n'est soumis qu'à la force de poussée fournie par ses moteurs, aucune autre action extérieure (gravité, efforts aérodynamiques) n'est prise en compte (voir à la fin de l'article pour la prise en compte de la gravité) ;
  • la vitesse d'éjection des gaz est constante.

À un instant donné, lorsque le vaisseau de masse m se déplaçant à la vitesse v éjecte une petite quantité d'ergol à la vitesse ve, on note dm sa variation de masseModèle:Note et dv sa variation de vitesse. La variation de quantité de mouvement du système isolé (vaisseau + ergol éjecté) est nécessairement nulle, il vient donc :

mdv+(dm)ve=0.

Pour obtenir la variation de vitesse Δv de l'astronef quand sa masse passe de mi à mf, on peut intégrer cette petite variation de vitesse :

Δv=v=vivfdv=m=mimfvemdm=vemimfdmm=velnmfmi=velnmimf.

Puisque mi>mf, ln(mi/mf)>0, la variation de vitesse du vaisseau a donc comme prévu la même direction que la projection des ergols et en sens opposé.

Commentaires

Il est souvent dit que pour trouver cette équation, il faut que le débit massique d'ergol soit constant pendant la phase de propulsion, mais ce n'est pas obligatoire, même si cela simplifie le travail d'intégration dans un premier temps.Modèle:Refnec

L'équation est valable aussi bien lors d'une phase d'accélération (la poussée est dans la direction de la vitesse, Δv est positif : c'est un accroissement de vitesse) que de décélération (la poussée est de direction opposée à la vitesse, Δv est négatif : c'est une réduction de vitesse).

La différence entre la masse initiale mi et la masse finale mf correspond à la masse que la fusée a éjectée durant sa propulsion ; on l'appelle masse d'appuiModèle:Refnec (« d'appui » parce que c'est la masse sur laquelle la fusée s'est appuyée pour se propulser).

Pour les fusées thermo-chimiques (Ariane, Soyouz, navetteModèle:Etc.), la masse d'appui est la masse des ergols (poudre, ou dioxygène et dihydrogène), laquelle est également source d'énergie chimique : c'est donc la masse d'appui elle-même qui contient l'énergie qui servira à sa propre éjection. Ce n'est plus le cas pour les moteurs ioniques (qui représentent sans doute l'avenir de la conquête spatiale). Ceux-ci sont régis tout pareillement par l'équation de Tsiolkovski, mais leur masse d'appui est constituée d'un gaz neutre (du xénon) ; c'est la très forte vitesse d'éjection de cette masse d'appui qui rend ces moteurs très économes en masse d'appui (il leur faut cependant une source d'énergie pour réaliser l'éjection). À ce titre, le fonctionnement des moteurs ioniques est comparable à celui des fusées à eau, dans lesquelles l'eau n'est utilisée que pour sa masse (l'énergie résidant dans l'air comprimé).

Dans le cas où la phase propulsée est réalisée au moyen de plusieurs étages fonctionnant successivement, la même équation de Tsiolkovski peut être utilisée pour le vol de chaque étage. On peut ainsi montrer l'intérêt de telles fusées à plusieurs étages. Voir l'exemple dans la section suivante.

Malgré l'apparente simplicité de cette équation et des hypothèses qui la sous-tendent, elle constitue une approximation utile au calcul des manœuvres de changement d'orbite, ces manœuvres étant qualifiées d'impulsionnelles, c’est-à-dire effectuées en un temps suffisamment bref pour que les hypothèses de l'équation de Tsiolkovski restent approximativement valables.

Temps nécessaire

Si le vaisseau utilise un débit massique d'ergol constant q on peut écrire :

Δt=Δmq.

Or l'équation de Tsiolkovski peut s'écrire :

Δvve=lnmimiΔm.

C'est-à-dire, en changeant de signe et en passant à l'exponentielle :

miΔmmi=eΔv/ve.

On en tire l'expression de Δm qu'on reporte dans celle de Δt :

Δt=miq(1eΔv/ve).

Exemple

L'exemple qui suit a pour objet de montrer l'intérêt des fusées à plusieurs étages.

Soit une fusée à deux étages ayant les caractéristiques suivantes :

  • la masse d'ergols embarqués par chaque étage (premier étage : Modèle:Unité ; deuxième étage : Modèle:Unité) représente 10 fois sa masse à vide ;
  • la vitesse d'éjection des gaz est de Modèle:Unité ;

et supposons qu'elle emporte une charge utile de Modèle:Unité. Résumons ces données dans un tableau :

Étage Masse d'ergols
(t)
Masse à vide
(t)
Masse totale
(t)
Vitesse d'éjection des gaz
(m/s)
Premier étage me1=100 mv1=10 mt1=110 ve=4000
Deuxième étage me2=20 mv2=2 mt2=22 ve=4000
Charge utile mcu=2
Total fusée me=120 mv=12 mt=134


On peut alors mener les calculs d'incréments de vitesse, comme suit, en employant deux fois l'équation de Tsiolkovski, aux étapes 3 et 6 :

Étape de calcul Formule Masse
(t)
Vitesse
(m/s)
1 Masse à l'allumage du premier étage mi1=mt 134
2 Masse à l'extinction du premier étage mf1=mi1me1 34
3 Incrément de vitesse du premier étage Δv1=velnmi1mf1 5486
4 Masse à l'allumage du second étage mi2=mf1mv1 24
5 Masse à l'extinction du second étage mf2=mi2me2 4
6 Incrément de vitesse du deuxième étage Δv2=velnmi2mf2 7167
7 Vitesse finale Δv=Δv1+Δv2 12653


Par comparaison, une fusée comportant un seul étage avec la même quantité totale d'ergols (Modèle:Unité) et la même masse à vide totale (Modèle:Unité) imprimerait à une charge utile de même masse (Modèle:Unité) une vitesse environ 30 % inférieure :

Étape de calcul Formule Masse
(t)
Vitesse
(m/s)
1 Masse à l'allumage de l'étage (unique) mi=mt 134
2 Masse à l'extinction de l'étage mf=mime=mv+mcu 14
3 Vitesse finale Δv=velnmimf 9034

Pertes par pesanteur

Modèle:Section à sourcer Les calculs ont été effectués dans l'hypothèse d'une absence de pesanteur (manœuvres en orbite). Lorsque cette gravité agit, un terme simple doit être ajouté à l'équation de Tsiolkovski. Celle-ci devient :

Δv=velnmimf+(2gΔh), vectoriellement, ou Δv= velnmimf(2gΔh), si l'on projette l'équation radialement,

g étant l'accélération locale de la pesanteur et Δh la différence entre l'altitude de satellisation et celle du point de départ de la fusée. On fait l'hypothèse que g est constant pendant la propulsion (alors que g diminue très légèrement avec l'altitude).

Notes et références

Notes

Modèle:Références

Références

Modèle:Références

Voir aussi

Articles connexes

Publications originales

Bibliographie

Modèle:Légende plume

Modèle:Portail

  1. Voir une mise en application de cette formule dans Journal des sciences militaires des armées de terre et de mer, tome II, 1826, [1]
  2. Mémoires de la Société royale des sciences de Liège, deuxième série, tome V, p. 315, [2].
  3. voir le lien ESA : [3]