Étendue géométrique

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Modèle:Infobox Grandeur physique

L'étendue géométrique et l'étendue optique sont deux grandeurs, utilisées en radiométrie et en photométrie, qui caractérisent la part du rayonnement lumineux émis par une source étendue qui atteint un récepteur. Leur unité dans le système international est le mètre carré-stéradian (mModèle:Exp·sr).

Le faisceau est l'ensemble des rayons reliant l'un quelconque des points de la surface émettrice à l'un quelconque des points de la surface réceptrice. L'étendue géométrique peut être vue comme la grandeur géométrique caractérisant la taille de ce canal, ou de ce tube, de transfert. Elle peut aussi bien être définie du point de vue du récepteur que de la source. L'étendue géométrique permet de relier deux grandeurs photométriques ou radiométriques, d'une part le flux lumineux Φv et la luminance lumineuse Lv, et d'autre part le flux énergétique Φe et la luminance énergétique Le.

L'étendue optique, quant à elle, permet de prendre en compte les variations de l'indice de réfraction du milieu au cours de la propagation : cette dernière influence la dispersion des rayons lumineux. La conservation de l'étendue d'un faisceau au travers d'un système optique exprime la conservation de la puissance lumineuse de ce faisceau, et donc l'absence de perte dans le système. La notion est reliée à celle d'invariant de Lagrange-Helmholtz, également constant dans un système optique parfait. C'est un concept fondamental en optique non imageante.

Définitions

Fichier:Notation Etendue geometrique.svg
Notations utilisées.

Étendue géométrique élémentaire

Considérons une source lumineuse Σ et un récepteur S, tous deux étendus, c'est-à-dire constitués d'un ensemble de points, séparés par un milieu parfaitement transparent. Pour étudier la transmission de la lumière entre ces deux surfaces il faut étudier la contribution de chaque point de Σ à l'éclairement de chaque point de S. On fait appel au calcul infinitésimal, ainsi l'étendue géométrique d'un élément de surface dΣ vers un élément de surface dS s'exprime[1]Modèle:,[2] :

d2G=dΣcosαΣdΩΣ=dΣcosαΣdScosαSd2.

  • dΣ et dS sont deux éléments de surface suffisamment petits pour qu'on puisse les assimiler à des portions de plan, appartenant respectivement à Σ et S et reliés par un faisceau lumineux élémentaire.
  • nΣ et nS sont respectivement les vecteurs normaux unitaires des éléments de surface dΣ et dS.
  • αΣ et αS sont les angles entre la direction de propagation et vecteur normal correspondant, respectivement nΣ et nS.
  • dΩΣ est l'angle solide sous lequel l'élément de surface dS est vu depuis l'élément de surface dΣ, par définition : dΩΣ=dScosαS/d2.
  • d la distance des deux surfaces élémentaires dΣ et dS.

Il est intéressant d'observer la propriété suivante : l'étendue géométrique de dΣ vers dS est égale à l'étendue géométrique de dS vers dΣ. En effet, le canal qui relie les deux surfaces est le même.

Étendue géométrique intégrale

L'étendue géométrique, parfois qualifiée de totale, globale ou intégrale, qui relie les surfaces Σ et S est l'intégrale double sur dΣ et dS de l'étendue élémentaire, sur les parties des deux surfaces Σ et S qui sont visibles de l'une à l'autre. L'étendue du système dans son ensemble est donc :

G=ΣSd2G.

Ici encore, l'étendue géométrique du faisceau qui relie Σ et S est la même suivant que l'on considère le faisceau élémentaire au départ ou à l'arrivée.

Étendue optique élémentaire

Tout au long de la propagation du faisceau lumineux l'étendue géométrique peut changer : une ou plusieurs réflexions ou réfractions peuvent le dévier et modifier sa géométrie. L'étendue optique permet de prendre en compte les variations de l'indice de réfraction. Son expression est[3] :

d2O=n2d2G.

L'étendue optique élémentaire est un invariant optique : n2d2G se conserve dans les réflexions et les réfractions.

Modèle:Démonstration/début

Fichier:Etendue optique conservation.gif
Notations utilisées.

La loi de Snell-Descartes permet d'établir :

n1sinθ1=n2sinθ2,

puis en prenant la différentielle,

n1cosθ1dθ1=n2cosθ2dθ2.

Pour une variation d'angle d'incidence dθ1, l'angle réfracté varie de dθ2. En multipliant les deux relations précédentes, il vient

n12cosθ1(sinθ1dθ1dϕ)=n22cosθ2(sinθ2dθ2dϕ),

où le tout a aussi été multiplié par dϕ car l'angle ϕ ne change pas lors de la réfraction, les deux rayons restent dans le même plan. On reconnait, entre parenthèses, l’expression de l'angle solide, aussi l'expression devient :

n12 cosθ1 dΩ1=n22 cosθ2 dΩ2.

Enfin, on multiplie par dS :

n12 dS cosθ1 dΩ1=n22 dS cosθ2 dΩ2,

c'est-à-dire

n12 dG1=n22 dG2dO1=dO2.

Ceci montre que l'étendue optique de la lumière réfracté en dS se conserve. On pourrait obtenir le même résultat dans le cas de la réflexion avec n1=n2 et θ1=θ2. Modèle:Démonstration/fin

Étendue optique intégrale

L'étendue du système dans son ensemble est donc :

O=ΣSd2O=n2G.

On peut montrer que l'étendue optique n2G se conserve s'il est soumis à des phénomènes de réfraction et de réflexion[4]. Elle est donc également conservée lorsque les rayons traversent un système optique parfait. Cette conservation peut se démontrer de différentes manières, à partir de l'optique hamiltonienne ou via la seconde loi de la thermodynamique[5]. En revanche, l'étendue n'est pas conservée lorsque les rayons sont diffusés, ce qui conduit à augmenter l'angle solide du faisceau lumineux. Dans un système réel, l'étendue peut donc rester constante ou augmenter, mais ne peut pas diminuer. C'est une conséquence directe de l'augmentation de l'entropie du système, qui ne peut être compensée qu'en disposant d'une information a priori permettant de reconstituer un front d'onde cohérent, par conjugaison de phase.

Cohérence d'un faisceau lumineux

On prouve qu'un faisceau monochromatique de longueur d'onde λ est cohérent sur une étendue géométrique proche de λ2[6].

Facteur de forme

Modèle:Article détaillé Dans le cas usuel d'un rayonnement dans l'air, où n=1, l'étendue géométrique du faisceau lumineux élémentaire peut se mettre sous la forme :

d2G=πdΣ(cosθΣcosθSπd2dS).

Le terme mis entre parenthèses est le facteur de forme élémentaire du transfert de dΣ vers dS.

Voir aussi

Liens externes

Références

Modèle:Références

Modèle:Portail