Amortissement physique

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Système Masse-Ressort amorti.

En physique, l'amortissement d'un système est une atténuation de ses mouvements par dissipation de l'énergie qui les engendre. Il peut être lié de diverses manières à la vitesse.

  • Le frottement entre deux solides correspond à une dissipation sous la forme de chaleur. Il est régi par la loi de Coulomb selon laquelle la force de frottement ne dépend pas de la vitesse.
  • Lorsque l'interface est lubrifiée l'énergie mécanique est encore transformée en chaleur mais la force de frottement devient proportionnelle à la vitesse selon la loi de la viscosité. On parle alors d'amortissement visqueux bien que cet effet linéaire apparaisse également dans des phénomènes plus ou moins éloignés. C'est l'aspect de la question essentiellement étudié dans cet article.
  • Un solide qui oscille dans un fluide est soumis à un tel amortissement lorsque sa vitesse est suffisamment faible pour que l'écoulement soit laminaire. À plus grande vitesse il apparaît un sillage tourbillonnaire ou turbulent qui dissipe l'énergie de manière purement mécanique. Cela conduit à une force de traînée approximativement proportionnelle au carré de la vitesse.

Explication

Dans tout système réel, une partie de l'énergie totale est dissipée, le plus souvent en chaleur, ce qui crée une force d'amortissement.

En mécanique, celle-ci dépend de la vitesse du corps. Dans de nombreux cas, on peut supposer que le système est linéaire, l'amortissement étant alors proportionnel à la vitesse (voir Système oscillant à un degré de liberté).

En électricité, l'amortissement désigne l'effet résistif d'un circuit RLC.

On définit le coefficient d'amortissement c par :

𝐅=c𝐯.

Exemple : Masse-Ressort-Amortisseur

Étudions un système idéal Masse-Ressort-Amortisseur, avec une masse m fixée (dans le sens où le corps garde la même masse tout au long de l'étude), une constante de raideur k, et un coefficient d'amortissement c :

𝐅𝐫=k𝐱
𝐅𝐚=cd𝐱dt.

La masse est un corps libre. On suppose le repère inertiel, donc le premier vecteur est parallèle au ressort et à l'amortisseur. D'après la conservation de la quantité de mouvement :

𝐅𝐫+𝐅𝐚=md2𝐱dt2
kxcdxdt=md2xdt2.

Équation différentielle ordinaire

Système masse ressort amortisseur
Système masse ressort amortisseur

C'est une équation différentielle ordinaire du second ordre. Elle est linéaire, homogène et à coefficients constants :

md2xdt2+cdxdt+kx=0.

Afin de simplifier l'équation, nous définissons deux paramètres :

Ainsi, l'équation différentielle devient :

d2xdt2+2ζω0dxdt+ω02x=0.

On résout le polynôme caractéristique : ω2+2ζω0ω+ω02=0, d'où :

ω=ω0(ζ±ζ21).

Régime transitoire du système

Le comportement du système dépend de la pulsation naturelle, et du taux d'amortissement. En particulier, il dépend fortement de la nature de ω.

Régime pseudo-périodique

Pour ζ<1, les racines ω sont complexes et conjuguées. La solution est la somme de deux exponentielles complexes :

x(t)=Aeω1t+Beω2t
x(t)=Aeω0(ζj1ζ2)t+Beω0(ζ+j1ζ2)t.

En posant ωd=ω01ζ2 on obtient :

x(t)=eω0ζt(Aejωdt+Bejωdt).

On peut réécrire la solution sous une forme trigonométrique :

x(t)=eω0ζt(A(cos(ωdt)+jsin(ωdt))+B(cos(ωdt)jsin(ωdt)))=eω0ζt((A+B)cos(ωdt)+j(AB)sin(ωdt))=eω0ζt(Ccos(ωdt)+Dsin(ωdt))=etτ[Ccos(ωdt)+Dsin(ωdt)],

τ=2mc est la constante de temps du système, et ωd=ω01ζ2 est la pseudo-pulsation propre du système.

On remarque qu'elle est toujours strictement inférieure à la pulsation naturelle.

On détermine la plupart du temps les constantes A et B grâce aux conditions initiales x0 et x0˙ :

dxdt=etτ[(ωdDCτ)cos(ωdt)(ωdC+Dτ)sin(ωdt)].

On résout le système d'équations linéaires :

{C=x0D=1ωd(x0˙+x0τ).

On obtient la solution homogène générale :

x(t)=etτ[x0cos(ωdt)+Dsin(ωdt)]

Régime apériodique critique

Dans le cas particulier où ζ=1, la racine ω est réelle et double. La solution est le produit d'un polynôme d'ordre 1 et d'une exponentielle réelle :

x(t)=(A+Bt)eω0t.

Comme ω0 est réelle, elle traduit non plus une pulsation mais une constante de temps, donc on note τ=1ω0=mk

x(t)=(A+Bt)etτ.

On détermine la plupart du temps les constantes A et B grâce aux conditions initiales x0 et x0˙ :

dxdt=(BAτBtτ)etτ.

On résout le système d'équations linéaires :

{A=x0B=x0˙+x0τ.

On obtient la solution homogène générale :

x(t)=(x0+Bt)etτ.

Le régime critique est souvent très difficile à réaliser.

Régime apériodique

Modèle:Article détaillé Dans le cas où ζ>1, les racines ω sont réelles et distinctes. La solution est la somme de deux exponentielles réelles :

x(t)=Aeω1t+Beω2t.

Comme ω1 et ω2 sont réelles, elle traduisent non plus une pulsation mais une constante de temps, donc on note

τ1=1ω1=1ω0(ζζ21) et
τ2=1ω2=1ω0(ζ+ζ21).
x(t)=Aetτ1+Betτ2.

On détermine la plupart du temps les constantes A et B grâce aux conditions initiales x0 et x0˙ :

dxdt=Aτ1etτ1Bτ2etτ2.

On résout le système d'équations linéaires :

{A=τ1τ2τ1τ2(x0˙+x0τ2)B=τ1τ2τ2τ1(x0˙+x0τ1).

Lexique

Modèle:Article détaillé

  • Facteur d'amortissement ou facteur de perte (Modèle:Lang), η, d'une matière viscoélastique (nombre sans dimension). Il dépend de la température et de la fréquence de la vibration excitatrice. Il peut être mesuré par analyse mécanique dynamique (AMD ou DM(T)A).
  • Coefficient d'amortissement : expression en kilogrammes par seconde. On observe qu'il existe un ensemble de forces extérieures au corps, qui sont proportionnelles à la vitesse du corps. On désigne par coefficient d'amortissement le rapport entre ces forces-là et la vitesse.
  • Constante de raideur : expression en newtons par mètre. On observe qu'il existe un ensemble de forces extérieures au corps, qui sont proportionnelles au déplacement du corps. On désigne par constante de raideur le rapport entre ces forces-là et le déplacement.
  • Constante de temps : expression en secondes. Généralement, on note la puissance d'une exponentielle négative faisant uniquement intervenir le temps comme le rapport entre celui-ci et un coefficient, homogène lui aussi à un temps, qui prend le nom de constante de temps. Elle traduit une échelle le temps pour l'équilibre du phénomène modélisé.
  • Pseudo-pulsation propre : expression en radians par seconde. Il s'agit de la pulsation du régime pseudo-périodique, liée à la fréquence du phénomène amortie.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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