Décomposition de Schur

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Modèle:Ébauche

En algèbre linéaire, une décomposition de Schur (nommée après le mathématicien Issai Schur) d'une matrice carrée complexe M est une décomposition de la forme

Modèle:Formule

U est une matrice unitaire (U*U = I) et A une matrice triangulaire supérieure.

Démonstration

On peut écrire la décomposition de Schur en termes d'applications linéaires : Modèle:Énoncé


Dans le cas où v est l'application nulle, l'énoncé est directement vérifié, on peut donc se contenter de traiter le cas où v est différente de l'application nulle. On démontre par récurrence forte sur la dimension n1 de E le résultat énoncé. L'initialisation est triviale, pour l'hérédité on considère deux cas différents :

Si la matrice Mv associée à v dans une base quelconque est diagonalisable, alors on peut choisir fn+1 un vecteur propre normé de Mv. On pose F=Vect(fn+1) et on considère l'application linéaire v~=πFv|FπF est le projecteur orthogonal sur F et v|F la restriction de v à F. Comme v~ est un endomorphisme de l'espace vectoriel F qui est de dimension n, l'hypothèse de récurrence assure l'existence d'une base orthonormée (f1,...,fn) de F dans laquelle la matrice Mv~ associée à v~ est triangulaire supérieure. Il est alors clair que (f1,...,fn,fn+1) forme une base orthonormée dans laquelle la matrice Mv associée à v est triangulaire supérieure.

Si la matrice Mv associée à v dans une base quelconque n'est pas diagonalisable on a l'inégalité 0<rang(v)<n+1. On pose alors F=ker(v)C et on considère l'application linéaire v~=πFv|FπF est le projecteur orthogonal sur F et v|F la restriction de v à F. Comme 1dim(F)=rang(v)<n+1 on peut utiliser l'hypothèse de récurrence qui assure l'existence d'une base orthonormée (f1,...,fdim(F)) de F dans laquelle la matrice Mv~ associée à v~ est triangulaire supérieure. On complète cette base en une base orthonormée (f1,...,fdim(F),fdim(F)+1,...,fn+1) de E. Comme Vect(fdim(F)+1,...,fn+1)=ker(v), il est clair que la matrice Mv associée à v est triangulaire supérieure dans cette même base. Cela termine la récurrence.

Propriétés

Il existe une telle décomposition (non unique en général) pour toute matrice carrée complexe M[1]Modèle:,[2].

A étant semblable à M, elle a les mêmes valeurs propres. Et A étant triangulaire, les valeurs propres se trouvent sur sa diagonale.

Puisque A = U*MU, si M est normale (M*M = MM*) alors A aussi donc (comme elle est de plus triangulaire) elle est diagonale[3]. En particulier, si M est hermitienne (M* = M) alors A est diagonale réelle.

Cas réel

Si une matrice réelle M est trigonalisable, elle possède une décomposition de la même forme avec de plus U et A réelles, autrement dit

Modèle:Formule

avec P orthogonale et A réelle et triangulaire supérieure.

Si M n'est pas trigonalisable, elle a « presque » une décomposition de cette forme (avec P orthogonale et A réelle) mais où A est seulement triangulaire par blocs, avec des blocs diagonaux de polynôme caractéristique irréductible, donc d’ordre 1 ou 2.

Notes et références

Modèle:Traduction/Référence Modèle:Références

Modèle:Palette Modèle:Portail