Hydrogénosulfure de sodium
Modèle:Voir homonymes Modèle:Infobox Chimie L'hydrogénosulfure de sodium est un composé inorganique ionique de formule brute NaHS, c'est-à-dire constitué de cation Na+ et d'anion hydrogénosulfure HS−, base conjuguée de l'acide sulfure d'hydrogène H2S. NaHS est un réactif utilisé en synthèse organique et inorganique, parfois sous forme solide mais le plus souvent sous forme de solution aqueuse. À l'état pur et anhydre, NaHS est incolore et sent le sulfure d'hydrogène, H2S, ceci étant dû à son hydrolyse par l'humidité de l'air en général. Contrairement au sulfure de sodium, Na2S, qui est insoluble dans les solvants organiques, NaHS, étant un sel 1:1, est plus soluble. En synthèse, NaHS peut-être remplacé par la réaction d'H2S avec une amine pour produire un hydrogénosulfure d'ammonium. Ces solutions d'hydrogénosulfures sont aussi sensibles à l'oxygène qui produit leur conversion en polysulfure, visible par l'apparition d'une couleur jaune.
Préparation
La synthèse d'hydrogénosulfure de sodium anhydre en laboratoire habituellement utilisée implique une réaction acido-basique du méthanolate de sodium, NaOMe, avec du sulfure d'hydrogène[1] :
- NaOMe + H2S → NaHS + MeOH.
L'éthanolate de sodium peut être aussi utilisé à la place du méthanolate[2]. Industriellement, l'hydroxyde de sodium, NaOH, est utilisé comme base. La concentration en NaHS peut être dosée par titrage iodométrique, en exploitant la capacité de HS− de réduire I2.
Structure et propriétés
L'hydrogénosulfure de sodium cristallin présente deux transitions de phase. À des températures supérieures à Modèle:Unité (Modèle:Unité), NaHS adopte une structure cubique du type NaCl, ce qui implique que les HS− se comportent comme des anions sphériques en raison de leur rotation rapide conduisant chaque HS− à une occupation égale de huit positions équivalentes. En dessous de Modèle:Unité/2, une structure rhomboédrique apparaît et HS− donne l'image d'une forme discoïde. En dessous de Modèle:Unité/2 (Modèle:Tmp), la structure devient monoclinique. Les hydrogénosulfures de potassium et de rubidium adoptent le même comportement[3].
L'hydrogénosulfure de sodium anhydre se présente sous la forme d'une poudre granulaire, cristalline, blanche, très hygroscopique et qui est très soluble dans l'eau et peu dans l'éthanol. Dissous de l'acide chlorhydrique, NaHS développe un vigoureux dégagement de sulfure d'hydrogène, H2S. Le NaHS anhydre a un point de fusion relativement bas à Modèle:Tmp. Le trihydrate perd ses molécules d'eau de cristallisation à Modèle:Tmp tandis que le dihydrate perd les siennes vers Modèle:Tmp. En fondant, NaHS forme un liquide noir[4].
Utilisation
Des milliers de tonnes de NaHS sont produites annuellement. Il est techniquement utilisé dans certains procédés :
- comme agent de flottation pour l'extraction du cuivre où il est utilisé pour activer différents oxydes minéraux ;
- dans la fabrication du papier en tant que substitut du soufre dans le procédé kraft (élimination de la lignine des copeaux de bois) ;
- dans l'industrie du cuir où il sert à éliminer les poils des peaux[4] ;
- comme produit de précipitation des métaux lourds dans les stations d'épuration ;
- réactif pour la production de rayonne (viscose), du sulfate de sodium, de l'acide thioglycolique, de l'acide thiobenzoïque, de la thiourée et de matières colorantes[4].
Dans une variante de la réaction d'Asinger (réaction multi-composés), de l'hydrogénosulfure de sodium réagit avec un α-haloaldéhyde, (R1,R2,R3)CX-CHO, de l'ammoniac, NH3, et un autre composé carbonylé (aldéhyde ou cétone) pour former des 3-thiazolines[5].
Notes et références
Modèle:Traduction/Référence Modèle:Références
- ↑ R. I. Eibeck, Ralph A. Zingaro, Raymond E. McGlothlin, Sodium Hydrogen Sulfide, Inorg. Synth., 1963, Inorganic Syntheses 7, Modèle:P.. Modèle:DOI. Modèle:ISBN.
- ↑ G. Brauer, Handbook of Preparative Inorganic Chemistry, 1963, Modèle:2eModèle:Éd., Modèle:Vol.1, Academic Press, Modèle:P..
- ↑ F. Haarmann, H. Jacobs, E. Roessler, J. Senker, Dynamics of anions and cations in hydrogensulfides of alkali metals (NaHS, KHS, RbHS): A proton nuclear magnetic resonance study, J. Chem. Phys., 2002, Modèle:Vol.117(3), Modèle:P.. Modèle:DOI.
- ↑ 4,0 4,1 et 4,2 Erreur de référence : Balise
<ref>incorrecte : aucun texte n’a été fourni pour les références nomméesG - ↑ Jürgen Martens, Heribert Offermanns, Paul Scherberich, Facile synthesis of racemic cysteine, Angewandte Chemie International Edition English, 1981, Modèle:Vol.20 (8), Modèle:P.. Modèle:DOI.