Théorème de Moivre-Laplace

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Une planche de Galton illustre le fait que la loi binomiale tende vers la loi normale.

En théorie des probabilités, selon le théorème de Moivre-Laplace, si la variable Xn suit une loi binomiale d'ordre n et de paramètre p]0,1[, alors la variable

Zn=Xnnpnp(1p)

converge en loi vers une loi normale centrée et réduite 𝒩(0,1).

Abraham de Moivre fut le premier à établir ce théorème en 1733 dans le cas particulier : p=12 ; et Laplace a pu le généraliser en 1812 pour toute valeur de p comprise entre 0 et 1. Il s'agit d'un cas particulier du théorème central limite.

Démonstration

La démonstration repose sur l'identification de la loi limite par l'étude des fonctions caractéristiques des variables binomiales.

Modèle:Démonstration

Application

Autrement dit, si Xn suit une loi binomiale de paramètres n et p et si Φ est la fonction de répartition de 𝒩(0,1) alors, pour tout réel t, on a :

limnP(Xnnpnpqt)=Φ(t)

ce qui signifie que, pour n assez grand,

P(Xnnpnpqt)Φ(t)

ce qui donne, en posant t=xnpnpq, l'approximation suivante pour la probabilité d'avoir au plus x succès :

P(Xnx)Φ(xnpnp(1p))

Cette approximation est bonne en général pour np(1p)10.

Pratiquement, il faut cependant faire attention au fait que les variables Xn sont discrètes. Graphiquement, cela se traduit par le fait que les extrémités des bâtons du diagramme de la loi binomiale Xn(n,p) sont proches de la courbe de densité de la loi normale 𝒩(np,npq). On peut obtenir une valeur approchée de P(Xn=x) par le calcul de la surface sous la courbe de densité comprise entre les droites d'abscisse x12 et x+12.

P(Xn=x)P(x12npnpqNx+12npnpq)
P(Xnx)P(Nx+12npnpq)

On appelle cette procédure la « correction de continuité ».

Exemple

On considère la suite de variables Xn(50,0,3) ; on a alors np=15 ; nq=35

D'après les tables, la valeur exacte pour P(Xn=10)=0,038619.

La formule d'approximation avec une loi 𝒩(np,npq)=𝒩(15,10,5) donne le résultat :

P(9,51510,5N10,51510,5)

soit

P(1,7N1,39)=P(1,39N1,7)=0,95540,9177=0,0377

L'erreur d'approximation est faible.

Pour P(Xn10)=0,0789, l'approximation usuelle fournit

P(N1,39)=P(N1,39)=1P(N1,39)=0,0823

Sans correction de la continuité de l'approximation, on aurait :

P(N101510,5)=P(N1,54)=1P(N1,54)=0,0618

Cette dernière valeur est assez imprécise.

Voir aussi

Bibliographie

  • Denis Lantier, Didier Trotoux, « La Loi des grands nombres : le théorème de De Moivre-Laplace », dans Contribution à une approche historique de l'enseignement des mathématiques : actes de la Modèle:6e d'été interdisciplinaire sur l'histoire des mathématiques, Besançon, Presses universitaires de Franche-Comté/université de Franche-Comté, Modèle:Coll., 1995, 490Modèle:Nb p. Modèle:ISBN, Modèle:P. Modèle:Lire en ligne Modèle:Pdf.

Articles connexes

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