Thalès
Modèle:Semi-protection longue Modèle:En-tête label Modèle:Voir homonymes Modèle:Infobox Philosophe Modèle:Article audio
Modèle:Terme défini, appelé communément Modèle:Terme défini (en grec ancien : Modèle:Grec ancien / Modèle:Langue), est un philosophe et savant grec, né à Milet vers 625-620 Modèle:Av JC et mort vers 548-545 Modèle:Av JC dans cette même ville[1]Modèle:,[2]Modèle:,[3].
C'est l'un des Sept sages de la Grèce antique et le fondateur présumé de l'école milésienne. Philosophe de la nature, il passe pour avoir effectué un séjour en Égypte, où il aurait été initié aux sciences égyptienne et babylonienne. On lui attribue de nombreux exploits, comme le calcul de la hauteur de la grande pyramide de Khéops ou la prédiction d'une éclipse, ainsi que le théorème de Thalès. Il fut l'auteur de nombreuses recherches mathématiques, notamment en géométrie.
Personnage légendaire, qui semble n'avoir rien écrit, sa méthode d'analyse du réel en fait l'une des figures majeures du raisonnement scientifique. Il sut s'écarter des discours explicatifs délivrés par la mythologie pour privilégier une approche caractérisée par l'observation et la démonstration.
Biographie
Thalès de Milet est considéré comme le premier philosophe de la nature (Modèle:Grec ancien), scientifique et mathématicien grec. Il est d'abord commerçant et ingénieur[4] mais aussi homme politique. Son père est Examyes, sa mère Cléobuline[5]. Selon Hérodote[6], les ancêtres de Thalès étaient originaires de Phénicie.
Origine et dates

Il est difficile de situer le personnage dans le temps, même en tenant compte de la date de l'éclipse solaire qu'il est supposé avoir prédite, vraisemblablement vers 585 av. J.-C.[5]. Hérodote explique dans quelles circonstances eut lieu cette éclipse : Modèle:Citation bloc
Diogène Laërce, citant Apollodoros, a rapporté quant à lui qu'il serait né pendant la Modèle:35e (vers 640 Modèle:Av JC) et mort à 78 ans (vers 562 Modèle:Av JC) ; il cite aussi Sosicrate qui le fait vivre 90 ans, c'est-à-dire jusqu'au début de la Modèle:58e (vers 550)[notes 1]. La vie de Thalès a manifestement été idéalisée, et ce que nous connaissons de ce penseur, comme pour les autres présocratiques, nous renseigne surtout sur le type commun du sage en Grèce. Rapportant les dires d'Hérodote, Diogène raconte que Thalès serait le fils d'Examios, un marchand, et de Cléobuline, tous deux d'origine phénicienne (même s'il est plus que probable qu'il ait bien été un Grec[7]) : Modèle:Citation bloc
Une légende raconte en effet qu'il descend de la famille des Thélides, des rois mythiques de Phénicie de la lignée d'Agénor et de Cadmos. Plusieurs autres sources affirment pourtant qu'il était peut-être d'origine béotienne ou phénicienne et probablement contemporain de Solon et de Crésus et qu'il se serait installé à Milet en compagnie de son ami Neileôs. Il n'est donc pas sûr que Thalès soit Milésien, quoiqu'une tradition courante fasse de lui un descendant d'une famille aisée de Milet. Cependant, il faut insister sur le fait que les sources les plus fiables et complètes proviennent de Diogène Laërce et d'Hérodote. Il semble que Thalès ait commencé sa vie comme simple commerçant puis qu'il se soit orienté vers une carrière politique et économique, après un séjour en Égypte[8]. Selon ce que rapporte Diogène Laërce[9], Platon serait peut-être né à Égine, dans la maison de Phidiadas Modèle:Incise.
Séjour en Égypte
Aétius et Proclos, ainsi que d'autres auteurs antiques, rapportent que Thalès, alors jeune, a fait un séjour en Égypte, puis qu'il s'est installé par la suite à Milet[10]. Cette ville entretenait d'ailleurs des relations étroites avec la colonie de Naucratis, en Égypte, ce qui corrobore cette thèse. Selon Jean-Paul Dumont, si Thalès n'eut pas de maître, c'est en Égypte qu'il put acquérir ses connaissances, grâce à l'enseignement des prêtres[11]. L'étude des textes évoquant cette période laisse entendre que Thalès s'y rendit alors très jeune, et qu'il y passa par conséquent son enfance[12].
Il y aurait rapporté la science de la géométrie et, en effet, nombre de ses réalisations et exploits (notamment sa théorie sur les crues du Nil) s'insèrent dans le cadre de ce pays.
Il fréquenta, selon Michel Soutif, la bibliothèque et l'observatoire fondés par Teglath-Phalasar III qui régna sur l'Assyrie de 744 à 723[13].
Toutefois, il est possible que le séjour égyptien ait été ajouté à sa légende, du fait qu'il était l'un des Sept Sages, comme Solon[14]. Pour D. R. Dicks, le séjour en Égypte serait un mythe, ainsi que les attributions de découvertes en mathématiques à Thalès par des biographes qui vécurent des siècles après sa mort[15].
Carrière politique
Doué d'une Modèle:Citation hors du commun, Thalès a aussi été un homme d'État rapporte Hérodote[16]. En ce qui concerne sa carrière politique, Diogène Laërce dit : Modèle:Citation Thalès le scientifique ne doit donc pas occulter un autre Thalès, habile en affaires et prompt à dénigrer ses propres découvertes et sa fortune acquise. Il connut en effet d'abord sa renommée comme conseiller militaire et comme ingénieur. Durant la guerre entre les Perses et les Lydiens, il aurait détourné le cours du fleuve Halys pour faire passer l'armée de Crésus selon Hérodote, légende qui semble très vraisemblable[16] : Modèle:Citation bloc
Il apparaît alors comme le conseiller de l'alliance entre Lydiens et Ioniens, contre le royaume mède. Cette réputation, après la chute de Crésus, lui permit de convaincre les cités-États (ou Modèle:Langue) d'Ionie de se regrouper en fédération pan-ionienne, selon Hérodote[8] : Modèle:Citation bloc
Cependant, il semble que Thalès ait décidé de traiter séparément avec Cyrus, peut-être pour des raisons commerciales[8].
Activités scientifiques
Grâce à son séjour en Égypte, Thalès put mettre en œuvre ses connaissances en mathématiques, particulièrement en géométrie, domaines dans lesquels il fit quelques découvertes fondamentales[notes 2], comme déterminer qu'un cercle est partagé en deux parties égales par tout diamètre ou que les angles à la base d'un triangle isocèle sont égaux Modèle:Infra. Ses découvertes astronomiques permirent d'aider à la navigation en haute mer en repérant certaines étoiles ou en déterminant les éphémérides Modèle:Infra. Il est probable que Thalès ait consigné ses découvertes par écrit afin d'en diffuser l'utilité, même s'il ne demeure à ce jour aucun texte de sa main[17].
Selon Proclos, dans ses Commentaires sur le premier livre des éléments d’Euclide (65, 3), Thalès usait d’approches variées, Modèle:Citation. Modèle:Citation note John Burnet[18].
Jean Voilquin, dans son ouvrage sur les présocratiques, crédite Thalès d'avoir cherché à Modèle:Citation des phénomènes Modèle:Citation, et il est en cela Modèle:Citation[19].
Mort et modèle de sagesse

Passionné de gymnastique, Thalès passe pour avoir été retrouvé dans les gradins, mort par déshydratation lors d'une compétition à laquelle il assistait, selon Diogène Laërce : Modèle:Citation. Ce dernier aurait écrit une épigramme à ce propos, rapportée au premier livre de son ouvrage Épigrammes (Modèle:Langue) :
Selon Apollodore, sa mort survint lors de la chute de Sardes[5], lors des Modèle:58e Olympiades, à l'âge de 78 ans ou, 90 ans selon Sosicrate, rapporte Diogène Laërce[notes 3]. Selon Diogène Laërce une épitaphe inscrite sur la tombe de Thalès rappelle qu'il fut un grand homme : Modèle:Citation bloc
Le portrait de Thalès relève d’une catégorie cultuelle, celle du Sage. Il est en effet le premier du genre et apparaît dans toutes les listes de sages connues notamment chez Apulée (Florides, 18) ou chez Platon (Protagoras, 343 a)[20]. Sa renommée se fonde essentiellement sur certaines anecdotes comme l’épisode du puits rapporté par Platon (et repris par Jean de La Fontaine dans ses Fables, dans la Modèle:13e, intitulée L’Astrologue qui se laisse tomber dans un puits au Livre Modèle:Romain) : Modèle:Citation bloc
Thalès est devenu pour les Grecs un Modèle:Citation, à tel point qu'un personnage du théâtre d'Aristophane, dans sa pièce Les Oiseaux, dit, en parlant de l'urbaniste Méton d'Athènes, qu'il pourrait être Modèle:Citation. Platon quant à lui le compare à Anacharsis dans sa République[16]. Selon la tradition, c'est Anaximène qui a continué les travaux de Thalès[21].
Diogène Laërce raconte que Thalès fut nommé, après sa mort, « Sage » par l'archonte d'Athènes Damasias l'un des « Sept sages »[22]. Selon Karin Mackowiak, Modèle:Citation[23]. Par la suite, Aristote (Métaphysique, I, 3, 983 b) en fait un connaisseur des lois du monde et Modèle:Citation[20].
Théories
Cosmologie
L'eau, principe supérieur

La philosophie de la nature de Thalès, connue surtout grâce à Aristote[24] Modèle:Incise fait de l'eau le principe matériel (Modèle:Grec ancien : Modèle:Langue) explicatif de l'univers, d'où procèdent les autres éléments : air, feu et terre. Accordant une vitalité à cette matière unique et universelle, il estime que l'eau est le principe de toutes choses. Ainsi, l’air, le feu et la terre ne sont que différentes formes prises par l’eau : la terre de l’eau condensée, l’air de l’eau raréfiée et le feu nourri par l’air ; tout se résout en eau. Aristote résume ainsi la pensée de Thalès et la prépondérance donnée à l'eau au sein de celle-ci[25] : Modèle:Citation bloc
La raison de ce choix pour l'eau provient semble-t-il de l'importance de celle-ci dans la croissance et la nutrition des choses vivantes, de son rôle central dans le quotidien des Milésiens et des observations qu'on prétend qu'il a faites en Égypte quant à l'importance du Nil et des autres fleuves qui faisaient l'objet de cultes[26]. Cependant, l'originalité de Thalès est de faire de cette explication mythologique un principe de connaissance physique mais aussi métaphysique ; en effet, l'unité de l'élément eau est aussi l'unité du monde comme le résume le doxographe Aetius : Modèle:Citation. L'eau comme principe universel d'explication n'est présent que dans la pensée de Thalès ; Modèle:Citation, si bien qu'il s'agit certainement d'une conception rapportée des pays à l'Est de la Grèce[27].
Entreprise de rationalisation

La thèse de Thalès est une innovation d'importance car elle suppose l'affirmation de vérités, non à partir de quelques objets singuliers, comme c'était le cas avant lui pour les Égyptiens ou les Babyloniens, mais pour une infinité d'objets contenus dans le monde et pour le monde lui-même. Il énonce donc des vérités concernant une classe entière d'êtres. Ainsi, selon l'helléniste allemand Eduard Zeller, au Modèle:XIXe siècle, l'apport majeur de Thalès est d'avoir généralisé et conceptualisé ses observations, d'être parvenu au concept de l'« Un » sans se perdre dans l'accumulation d'observations disparates Modèle:Référence nécessaire. On attribue parfois à Thalès une conception de l'univers assez séduisante : celui-ci serait un genre de bulle d'air hémisphérique formée par la concavité du ciel et la surface plane de la Terre, qui flotte elle-même sur l'eau. Le mouvement de la Terre sur l'eau expliquerait les tremblements de terre rapporte Sénèque[27]Modèle:,[notes 4]. Thalès Modèle:Citation Nietzsche, dans La naissance de la philosophie à l'époque de la tragédie grecque, a dit qu'à travers l'eau, Thalès a su discerner l'unité de l'être[28], c'est-à-dire un principe explicatif rationnel.
Toutefois, la thèse de Thalès n'étant connue que par l'intermédiaire d'Aristote et des péripatéticiens, le risque d'une déformation est non négligeable. Il est possible que Thalès n'ait pas pensé que tout était explicable par l'eau mais qu'il en fasse seulement l'élément originel[21]. Il a su utiliser une analogie, le concept d'« Modèle:Langue », pour expliquer l'essence de chaque être. Ce discours pré-scientifique a permis une rationalisation du monde. Thalès est, selon Leopoldo Iribarren, Modèle:Citation. L’affirmation de Thalès Modèle:Citation[29]. Au sein de l'histoire de la philosophie, Thalès reste donc Modèle:Citation[30].
Influence égyptienne et phénicienne
Theodor Gomperz énumère les influences possibles de la philosophie de Thalès. L'eau comme élément primitif dans sa cosmogonie est d'origine incertaine, peut-être phénicienne et égyptienne. La conception d'une terre flottante, comme un disque de bois reposant sur l'eau évoluant dans un univers rempli de matière primordiale, c'est-à-dire envisagé comme une masse liquide, s'accorde en effet, dans une certaine mesure, avec l'idée égyptienne de l'eau primordiale (« Noun »), surface divisée en deux masses séparées, selon Paul Tannery[32]. Selon Théophile Obenga, la conception de l'eau chez Thalès est en effet très proche de celle du Noun des Égyptiens, Modèle:Citation[28].
Les anciens Babyloniens admettaient également l'idée d'un océan supérieur et d'un océan inférieur, montre Fritz Hommel[33]. Il existe aussi selon Gomperz des similitudes avec le livre de la Genèse (I, 7). La concordance entre la doctrine fondamentale de Thalès et celle de la secte judéo-chrétienne des Sampséens reste cependant à préciser selon lui[34]. La tendance actuelle est de considérer Thalès comme un simple intermédiaire entre étrangers et Grecs ; cette tendance a pourtant contre elle la façon dont la meilleure autorité, Eudème, parle des travaux géométriques de Thalès et du rapport dans lequel ils se trouvent avec la mathématique égyptienne conclut Theodor Gomperz[35].
Animisme et religion
Selon Diogène Laërce, Chérilos de Samos a soutenu que Thalès de Milet avait le premier proclamé l’immortalité de l’âme. Diogène rapporte également que Thalès pensait que toute chose avait une âme et que cette âme participait de tout l'univers, en conséquence de quoi il considérait que toutes les choses étaient remplies de dieux (c'est l'hylozoïsme). Cette dernière proposition lui permit de dire que l'âme est immortelle. L'assertion concernant la participation de l'âme au cosmos proviendrait de l'observation des propriétés magnétiques de certaines pierres et de l'ambre. Toutefois, il est possible qu'Hippias, puis Aristote, aient mal compris cette théorie. Aristote aurait notamment généralisé la thèse de Thalès au point de faire de l'âme la seule force motrice. Thalès semble, avec cette théorie, puiser aux sources de la pensée primitive pré-verbale[36]. En cela, il affirme l'unité de la matière[37].
Mathématiques
Thalès est la première personnalité des mathématiques ayant laissé la trace de son nom dans l'Histoire[38]. Il a formulé plusieurs propriétés géométriques qu'il tenait peut-être des Égyptiens et dont les premières traces de démonstration connues sont bien ultérieures[notes 5] mais, ce faisant, il pose les premiers jalons du raisonnement sur des figures idéales.

Théorème de Thalès
Deux théorèmes de géométrie très différents ont été appelés « théorème de Thalès » dans l'enseignement, à partir de la toute fin du Modèle:S-[39].
- Dans certains pays, à commencer par l'Allemagne, mais pas ou peu en France[39], le « théorème de Thalès » porte sur l'angle inscrit dans un demi-cercle : si un triangle est inscrit dans un cercle avec un côté du triangle pour diamètre du cercle, alors ce triangle est rectangle d'hypoténuse ce diamètre[40]Modèle:,[41]. L'attribution à Thalès est tardive, elle repose sur un auteur du Modèle:Sap-, Diogène Laërce, qui évoque également une autre paternité : Modèle:Citation bloc Quoi qu'il en soit, pour une majorité d'historiens, la pratique des mathématiques de l'époque ne permettait pas à Thalès de fournir une démonstration logique comparable à celle que l'on trouve en Grèce deux ou trois siècles plus tard. Ses énoncés mathématiques et ceux de l'école Ionienne devaient plutôt relever de l'intuition empirique[42].

- En France et dans d'autres pays (comme l'Italie), le « théorème de Thalès » désigne un autre théorème, sur les rapports de longueurs dans un triangle coupé par une droite parallèle à l'un des côtés, ou une généralisation de ce résultat[39]. Le théorème, formulé dans un triangle quelconque, apparait effectivement, trois siècles après Thalès, dans le Livre Modèle:VI (proposition 2) des Éléments d'Euclide. Sa démonstration repose alors sur la proportionnalité d'aires de triangles de même hauteur.
Ces deux dénominations apparaissent à une époque, la fin du Modèle:S- et le début du Modèle:S-, où l'enseignement secondaire se développe. Toutes deux semblent avoir un sens plus didactique qu'historique : il s'agit d'abord de mettre en valeur un théorème considéré comme important à un certain niveau d'enseignement. Des traditions différentes de l'enseignement de la géométrie, en particulier entre la France et l'Allemagne, expliquent ces choix divergents[39].
La seconde dénomination renvoie à la mesure de la hauteur des pyramides d'Égypte par la mesure de leur ombre. Elle est rapportée par Pline l'Ancien, Plutarque et Diogène Laërce[43]. Pour Pline et pour Diogène Laërce, Thalès attend que son ombre soit égale à sa taille pour mesurer l'ombre de la pyramide[43]. Il en déduit alors de manière empirique donc, et non théorique, qu'il doit en être de même pour la pyramide[44]. Diogène Laërce écrit au Modèle:S mais cite sa source, Hieronymus de Rhodes un disciple d'Aristote, qui est probablement également celle de Pline[43].

Plutarque donne une version romancée dans Le Banquet des Sept Sages (147a) qui, elle, fait bien intervenir des rapports de proportionnalité[45] :
Modèle:Citation bloc
Pour Robert Baccou[46], Modèle:Citation[47]. Cependant Maurice Caveing fait remarquer qu'« il est peu vraisemblable que le souverain d'un pays qui, plus de 1000 ans avant Thalès, connaissait le calcul du seq'd, ait ignoré comment mesurer la hauteur des pyramides »[43].
La version de Diogène Laërce et de Pline (celle où l'ombre de Thalès égale sa hauteur), qui est la plus simple mathématiquement, est donc très certainement celle d'origine[45]. La mesure de l'ombre pose tout de même une difficulté, d'une part l'ombre du sommet de la pyramide doit être à l'extérieur de la base de la pyramide, d'autre part la mesure doit partir du centre de la pyramide[48]. Elle peut être résolue facilement quand l'alignement du Soleil et du sommet de la pyramide est parallèle avec un côté de la base, ce qui, sachant aussi que l'ombre doit égaler la hauteur, arrive deux fois par an. Au moment où l'ombre d'un bâton égale sa hauteur, il suffit alors d'ajouter la longueur de l'ombre au sol avec la moitié de la longueur du côté de la pyramide pour obtenir la hauteur du bâtiment[48]Modèle:,[49].
Denis Guedj, développe et agrémente cette légende dans Le Théorème du Perroquet[50].
Autres propriétés
D'autres propriétés géométriques sont attribuées à Thalès par Proclus notamment, commentateur d'Euclide, dans son Commentaire sur le premier livre d'Euclide[41] :
- un cercle est partagé en deux parties égales par tout diamètre ;
- les angles à la base d'un triangle isocèle sont égaux ;
- les angles opposés par le sommet sont égaux lorsque deux droites se coupent ;
- deux triangles sont égaux s'ils ont deux angles et le côté compris égaux.
Astronomie

Découvertes
Thalès est considéré comme l'un des fondateurs de l’astronomie : il décrivit notamment la Petite Ourse et conseilla aux marins de s’en servir pour se guider, calcula la durée de l’année et des intervalles des solstices aux équinoxes, évalua le diamètre apparent du Soleil et les grandeurs relatives de cet astre et la Lune, sans doute en s'aidant d'un instrument tel qu'un gnomon ou un bâton vertical lui permettant de mesurer la portée de l'ombre du soleil[51]. L'intérêt de Thalès de Milet pour l'astronomie le poussa à faire de nombreuses observations sur les constellations. Il aurait été le premier à noter le voyage du soleil entre les deux tropiques. Il établit aussi que certaines étoiles n'étaient pas toutes fixes par rapport aux autres. On dit même qu'il parvint à en répertorier les éphémérides. Il fut aussi le premier à constater que l'année ne comptait pas 365 jours, mais 365 et un quart. On lui attribue aussi des observations des Hyades et le calcul de la position des Pléiades (calcul d'ailleurs correct depuis le sol égyptien, mais pas depuis la Grèce)[17]. Selon Diogène, Thalès aurait également calculé l'inclinaison du zodiaque, or il est impossible à cette époque de réaliser une telle avancée[51]. Thalès savait aussi tirer profit de ses observations astronomiques. Aristote raconte que Thalès, prévoyant une abondante récolte d'olives, aurait monopolisé les pressoirs pour spéculer sur leurs services ; il voulait ainsi montrer que le sage est capable de faire fortune mais qu'il ne s'en préoccupe pas, préférant la contemplation, la recherche scientifique et la vie honnête[notes 6].
L'éclipse du 28 mai 585 av. JC
On rapporte qu'il prédit l'éclipse solaire du Modèle:Date Modèle:An av. J.-C. qui survint lors d'un combat entre les Mèdes et les Lydiens, la bataille de l'Éclipse[52]. Mais cette prédiction, rapportée par Hérodote (I, 74) et aussi par Pline l'Ancien (L'Histoire naturelle, Liv. II, Chap. IX), relève très certainement de la légende[53]. Elle a été probablement permise par de nombreuses observations empiriques et non par une théorie réelle des éclipses[54]. En effet, à cette époque, la prédiction des éclipses lunaires était relativement connue puisqu'elles se répètent sur un cycle de dix-huit ans (c'est le saros). Une éclipse lunaire est également visible de toute la partie de la Terre orientée vers la Lune. Il en va cependant autrement pour les prédictions des éclipses solaires qui ne sont visibles que pendant quelques minutes sur une portion réduite du globe terrestre. Il semble que Thalès n'avait pas les connaissances requises pour faire de telles prévisions. Cela demande non seulement des moyens géométriques puissants mais aussi des calculs trigonométriques complexes, ainsi que des tables très élaborées, construites à partir d'éphémérides anciennes. Tous ces moyens ne seront mis à la disposition des astronomes que par Hipparque (190 à 120 av. J.-C.) grâce à sa théorie des épicycles. Les Babyloniens possédaient, certes, des éphémérides remontant au moins au Modèle:S-, mais les autres éléments leur manquaient[55], même s'il est possible d'envisager le fait que Thalès connaissait les observations babyloniennes[56].
Physique

Thalès a également réalisé des constatations physiques ; il est même considéré comme le premier « physicien[5] ».
On lui doit notamment la première connaissance de l'électricité, grâce à deux expériences. Il remarqua d'abord que l'ambre avait la propriété d'attirer les matériaux légers comme le tissu. Le mot « électricité » (Modèle:Grec ancien, Modèle:Langue en grec ancien) est par ailleurs donné en référence à l'ambre jaune. Une autre expérience réalisée en Magnésie, vers -600, lui permet de mettre en évidence les propriétés d'aimantation de l'oxyde de fer[57].
Thalès et l'école de Milet

Le fondateur
Thalès passe pour avoir fondé, de retour à Milet, l'école milésienne, qui fait partie de l'école ionienne. Milet était alors la plus puissante cité maritime d'Asie Mineure, dans la région de la Carie, et ce depuis le Modèle:S- avant notre ère[58]. Selon Jacques Brunschwig (Modèle:Refinc, 1995), l'école de Milet a innové en matière de représentation mentale car elle fait primer la perception visuelle à distance dans l'édification de la connaissance. Modèle:Citation résume Jacques Brunschwig, qui explique que la perception donne ensuite naissance à la pratique (Modèle:Grec ancien : Modèle:Langue) puis au théorique (Modèle:Grec ancien : Modèle:Langue), processus cognitif que les philosophes de l'école de Milet, dont Thalès, appliquent au questionnement portant sur l'univers[59]. Aétius s'arrête sur cette tendance de Thalès à naturaliser les phénomènes naturels : Modèle:Citation (Opinions, II, XIII, I).
Thalès est le promoteur d'une Modèle:Citation. Selon Karin Mackowiak, il se distingue fondamentalement par sa méthode fondée sur l’acte de « Modèle:Langue » (Modèle:Grec ancien). C’est en effet Modèle:Citation. Le Milésien utilisait en effet l'écriture sur deux plans : pour le traçage des figures, principal instrument de démonstration en géométrie comme en astronomie, et dans sa maîtrise d’une certaine forme de calcul. Modèle:Citation[60].
Thalès et la pensée milésienne
Thalès est représentatif de la philosophie de l'école de Milet. Sa théorie de la nature (Modèle:Grec ancien : Modèle:Langue), comme ne procédant pas d'une cause exogène (divine par exemple) mais interne, inhérente au vivant, est un trait commun à toutes les figures qui composent cette école. Cette conception, la première de la biologie, est proprement physiologiste[61]. Les membres de l'école ionienne sont ainsi nommés les « physiologues ». Anaximandre et Anaximène sont considérés comme ses successeurs (même si le type de lien qui unit Anaximandre à Thalès varie selon le doxographe : il est son « successeur et élève » pour Simplicios de Cilicie, son « auditeur » pour Hippolyte ou encore son « compagnon » pour Plutarque, note Leopoldo Iribarren[30]). Thalès semble cependant n'avoir rien écrit. On sait cependant que, au sein de cette école, il aurait prononcé les célèbres maximes : « Connais-toi toi-même »[62] et « Ne te porte jamais caution »Modèle:Référence souhaitée.
L'école de Milet réalise par ailleurs deux grandes avancées fondatrices : d'une part, elle inaugure la distinction entre le naturel et le surnaturel. De façon plus exacte, ils ne chassent pas le divin de la connaissance du monde, mais la mythologie, en cherchant des causes naturelles aux phénomènes. Ce changement d'attitude fait succéder l'explication naturaliste à l'explication divine classique. D'autre part, les Milésiens mettent en place la discussion des arguments défendus. Admettre la discussion scientifique est une nécessité de l'avancée scientifique et une qualité de la rationalité. Pour cette école, toutes les choses peuvent s'expliquer par la dilatation ou la condensation d'un germe primordial, que ce germe soit l'eau (pour Thalès), le feu (Héraclite d'Éphèse), l'air (Anaximène, Diogène d'Apollonie) ou un principe indéterminé comme l'apeiron (Modèle:Grec ancien (Anaximandre). L'idée de matière a ainsi peu à peu été sondée et, de là, les Milésiens lui ont reconnu un principe d'intelligence. Thalès le premier voit dans les mouvements rapides de l'onde une intelligence de la nature[63].
Influence et perception

La pensée milésienne, et en particulier celle de Thalès, a influencé la philosophie de Platon et celle d'Aristote. Pour Bernard Vitrac, comme avec Aristophane, les deux hommes vont faire de Thalès la figure emblématique du philosophe, en lui faisant jouer une fonction au sein de leurs systèmes, d'ailleurs opposés. Dans le Théétète, Thalès est montré comme un philosophe astronome étranger aux affaires de sa cité ; il serait mort en observant le ciel, à la suite d'une chute dans un puits. Au contraire, Aristote s'arrête sur son ingéniosité financière qui lui ont procuré Modèle:Citation[64]. Ce dernier, Aristote, dans sa Métaphysique (A, 3) voit en Thalès Modèle:Citation[29]. Pour Jaap Mansfeld, Thalès est le point de départ d'une volonté de donner un sens téléologique à la nature, volonté qui constitue les racines fondatrices de la philosophie péripatéticienne[65]. Thalès a également influencé la politique d'Aristote, qui s'est fondé sur l'école milésienne pour dépasser la pensée politique des Modèle:S2-[66].
Notes et références
Notes
Références
Annexes
Bibliographie
Sources historiographiques
- Modèle:HérEnq (I, 74-75 et 170 ; II, 20 et 109)
- Platon, Théétète (174 a) et Protagoras (343 a)
- Aristote, Politique (I, XI, 1259 a 6 [8] - [13]), Métaphysique (A, III, 983 b 6), Du ciel (II, XIII, 294 a, 28), De l'âme (I, V, 411 a 7 et I, II, 405 a 19) et Scolie à Platon, La République (X, 600 a)
- Callimaque de Cyrène, Iambes (fr. 94)
- Modèle:CléStr (I, 65)
- Tatien le Syrien, Discours aux Grecs (41)
- Eusèbe de Césarée, Chronographie, Contre Julien
- Cicéron, Modèle:CicDiv (I, 49, 111, 112), Modèle:CicNat (I, X, 25)
- Modèle:SénQN (III, 13 et 14, IV, 2, 22 ; VI, 6, 1)
- Plutarque de Chéronée, Modèle:PluVie, Solon (2 ; 12), Isis et Osiris (34), Le Banquet des Sept Sages (2), Pourquoi la prophétesse Pythie ne rend plus les oracles en vers ? (18, 402, E)
- Hippolyte de Rome, Réfutation de toutes les hérésies (I, 1)
- Modèle:DioVie (I, 22-40)
- Modèle:PliHN (II, 53, XVIII, 213, XXXVI, 82)
- Proclus, Commentaire sur le premier livre d'Euclide (65, 3)
- Flavius Josèphe, Contre Apion (I, 2)
- Aetius, Opinions (I, III, I)
- Modèle:Souda
- Jamblique, Vie pythagorique (12)
- Simplicios de Cilicie, Commentaire sur la Physique d'Aristote (23, 21 et 458, 23)
- Apulée, Florides (18)
- Julien, Discours (III, 162, 2)
- Galien, Sur les humeurs d'Hippocrate (I, I)
- Ausone, Le Jeu des Sept Sages
Fragments et témoignages
- Giorgio Colli, Sagesse grecque : Épiménide, Phérécyde, Thalès, Anaximandre, Tome 2, Éclat éds, 1992 Modèle:ISBN
- Jean-Paul Dumont, Les Présocratiques, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1988 Modèle:ISBN
Études
Monographies
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- ↑ Modèle:Ouvrage.
- ↑ 20,0 et 20,1 Modèle:Harvsp.
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- Astronome de la Grèce antique
- Mathématicien de la Grèce antique
- Philosophe prédémocrite
- Philosophe présocratique
- Philosophe du VIe siècle av. J.-C.
- Philosophe des mathématiques
- Sept sages
- Mononyme antique
- Astronome du VIIe siècle av. J.-C.
- Astronome du VIe siècle av. J.-C.
- Mathématicien du VIe siècle av. J.-C.
- Personnage cité dans la Divine Comédie (Enfer)
- Date de naissance incertaine (VIIe siècle av. J.-C.)
- Date de décès incertaine (VIe siècle av. J.-C.)
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