Lemme du soleil levant
Le lemme du soleil levant[1] est un lemme d'analyse réelle dû à Frigyes Riesz[2], utilisé dans une preuve du théorème maximal de Hardy-Littlewood. Ce lemme a été un précurseur en dimension 1 du lemme de Calderón-Zygmund[3]. Son nom imagé vient du fait qu'il concerne les points du graphe d'une fonction, vu comme un paysage, qui sont dans l'ombre lorsque ce paysage est éclairé horizontalement par la droite.
Énoncé
Soit g : [a, b] → ℝ une application continue. Un point x de ]a, b[ est dit invisible depuis la droite[1] s'il existe y dans ]x, b] tel que g(y) > g(x). Soient U l'ouvert des points invisibles depuis la droite et (]aModèle:Ind, bModèle:Ind[) la famille (au plus dénombrable) de ses composantes connexes. Alors[4]Modèle:,[5]Modèle:,[6], pour tout n,
- si aModèle:Ind ≠ a, g(aModèle:Ind) = g(bModèle:Ind) ;
- si aModèle:Ind = a, g(aModèle:Ind) ≤ g(bModèle:Ind).
Démonstration
Montrons d'abord que pour tout x ∈ ]aModèle:Ind, bModèle:Ind[, g(bModèle:Ind) ≥ g(x). Considérons pour cela un point t en lequel g atteint son maximum sur [x, b]. Puisque [x, bModèle:Ind[ ⊂ U, t appartient à [bModèle:Ind, b] donc, comme bModèle:Ind ∉ U, Modèle:Nobr A fortiori, g(x) ≤ g(bModèle:Ind).
Par continuité, on en déduit que g(aModèle:Ind) ≤ g(bModèle:Ind).
Si aModèle:Ind ≠ a, on a même g(aModèle:Ind) = g(bModèle:Ind). En effet, comme aModèle:Ind ∉ U, g ≤ g(aModèle:Ind) sur [aModèle:Ind, b], en particulier g(bModèle:Ind) ≤ g(aModèle:Ind).
Application aux fonctions monotones
L'une des approches possibles, pour démontrer la dérivabilité presque partout des fonctions monotones, est de montrer d'abord que pour toute fonction continue croissante Modèle:Math → ℝ, les ensembles
sont de mesure nulle, DModèle:Ind et DModèle:Exp désignant les dérivées de Dini inférieure à gauche et supérieure à droite, qui sont presque partout finies. Il en résulte alors que, presque partout, Modèle:Nobr et (en remplaçant f par x ↦ –f(–x)) DModèle:Expf ≤ DModèle:Indf, d'où la dérivabilité presque partout de f.
Cette négligeabilité des EModèle:Ind peut se démontrer à l'aide du lemme du soleil levant[7].
Modèle:Démonstration/début Pour tout intervalle [c, d] ⊂ [a, b], le lemme, appliqué à la fonction g définie sur [–d, –c] par g(x) = f(–x) + rx, fournit une suite d'intervalles disjoints ]aModèle:Ind, bModèle:Ind[ de [c, d] tels que
- g(–bModèle:Ind) ≤ g(–aModèle:Ind), c'est-à-dire f(bModèle:Ind) – f(aModèle:Ind) ≤ r(bModèle:Ind – aModèle:Ind) ;
- pour tout x de ]c, d[ n'appartenant à aucun de ces intervalles et tout y dans [c, x[, g(–y) ≤ g(–x) c'est-à-dire f(y) – f(x) ≤ r(y – x) < 0, d'où DModèle:Indf(x) ≥ r. Par conséquent, EModèle:Ind ∩ ]c, d[ est inclus dans la réunion de ces intervalles.
Or d'après l'inégalité maximale de Hardy-Littlewood dans le cas continu (qui se déduit elle-même du lemme du soleil levant),
On obtient ainsi :
Il s'ensuit que EModèle:Ind n'a aucun point de densité, c'est-à-dire qu'il est négligeable. Modèle:Démonstration/fin
Notes et références
- ↑ 1,0 et 1,1 Les termes « rising sun lemma » et « invisible from the right » sont utilisés dans Modèle:Ouvrage (Modèle:Google Livres).
- ↑ Modèle:Article
- ↑ Modèle:Article
- ↑ Modèle:Ouvrage
- ↑ Modèle:Ouvrage
- ↑ Modèle:Ouvrage formule la version analogue pour les points invisibles depuis la gauche.
- ↑ Modèle:Harvsp