Fonction maximale de Hardy-Littlewood
En mathématiques et plus particulièrement en analyse, la fonction maximale de Hardy-Littlewood est un opérateur qui associe à toute fonction localement intégrable Modèle:Mvar en tout point Modèle:Mvar sur ℝModèle:Exp comme étant la borne supérieure des valeurs moyennes de Modèle:Math sur les boules centrées en Modèle:Mvar. La notion de fonction maximale est intervenue pour la première fois dans un article publié en 1930 par Godfrey Harold Hardy et John Edensor Littlewood[1].
Formulation
À toute fonction localement intégrable on peut associer la fonction maximale de Hardy-Littlewood définie par
où Modèle:Math désigne la boule de ℝModèle:Exp centrée en Modèle:Mvar et de rayon Modèle:Math et Modèle:Math désigne la mesure de Lebesgue sur ℝModèle:Exp.
Propriétés
- La fonction maximale de Hardy-Littlewood associée à toute fonction localement intégrable est semi-continue inférieurement.
- Cette fonction Modèle:Mvar n'est jamais intégrable, sauf si Modèle:Math. Il existe même Modèle:Mvar intégrable telle que Modèle:Mvar ne soit pas localement intégrable[2].
Inégalité maximale de Hardy-Littlewood
- Pour toute application intégrable Modèle:Mvar sur ℝModèle:Exp et tout réel c > 0, on aModèle:Retrait(donc Modèle:Mvar est finie presque partout).
- Pour toute fonction réelle croissante Modèle:Mvar sur un intervalle réel Modèle:Math on a, de façon analogueModèle:RefsouModèle:Retrait
- Pour toute fonction réelle croissante continue Modèle:Mvar sur Modèle:Math,Modèle:Retrait
- Première inégalité.
Quitte à passer ensuite à la limite quand d → cModèle:Exp, il suffit de montrer queModèle:Retraitet pour cela, par régularité intérieure, de montrer que pour tout compact Modèle:Mvar inclus dans Modèle:Math,Modèle:RetraitPour tout point Modèle:Mvar de Modèle:Mvar, il existe un rayon Modèle:Math tel queModèle:RetraitPar compacité, Modèle:Mvar est recouvert par un nombre fini de telles boules et l'on peut, d'après le lemme de recouvrement de Vitali dans le cas fini, choisir parmi elles des boules disjointes telles queModèle:RetraitOn a alors :car les boules sont disjointes. - Deuxième inégalité.
En procédant comme pour la première, il suffit de montrer que pour tout Modèle:Math et tout compact Modèle:Mvar inclus dans Modèle:Math,Modèle:RetraitPour tout point Modèle:Mvar de Modèle:Mvar, il existe un réel Modèle:Mvar non nul tel queModèle:RetraitNotons alors, pour Modèle:Math fixé, Modèle:Mvar l'intervalle fermé d'extrémités Modèle:Math et Modèle:Math (choisi ainsi pour qu'il contienne Modèle:Mvar et soit un voisinage de Modèle:Mvar).
Par compacité, Modèle:Mvar est recouvert par une famille finie et l'on peut même, en enlevant des Modèle:Mvar superflus, supposer qu'un point n'appartient jamais à plus de deux d'entre eux (car si trois intervalles ont un point commun, l'un des trois est inclus dans la réunion des deux autres). On a alors :la dernière inégalité étant due à la croissance de Modèle:Mvar et au fait que les Modèle:Mvar se chevauchent au plus par deux. Ainsi, - La troisième inégalité peut se démontrer à l'aide du lemme du soleil levant[3] et se généraliser en utilisant le théorème de recouvrement de Vitali[4].
Applications
Généralisation au cas des mesures de Borel
En gardant les notations précédentes, on peut associer à toute mesure de Borel μ sur ℝModèle:Exp la fonction maximale Modèle:Math définie par :
La propriété de semi-continuité inférieure et, si μ est finie, l'inégalité maximale, sont alors encore vraies et se démontrent de la même manière.