Équation de Sylvester

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En mathématiques, dans le domaine de la théorie du contrôle, une équation de Sylvester est une équation matricielle de la forme[1] :

AX+XB=C.

Les matrices A, B et C sont données ; le problème est de déterminer les matrices X qui satisfont cette équation. Les matrices sont supposées à coefficients complexes. Les matrices sont de tailles appropriées, par exemple elles sont toutes des matrices carrées de même taille, ou plus généralement, A et B sont des matrices carrées de taille n et m respectivement, et X et C sont à n lignes et m colonnes.

Une équation de Sylvester a une solution unique en X si et seulement si A et B n'ont pas de valeur propre commune. Plus généralement, l'équation AX+XB=C a été considérée comme une équation d'opérateurs bornés dans un espace de Banach (éventuellement de dimension infinie). Dans ce cas, la condition d'unicité d'une solution en X est quasiment la même : il existe une solution unique en X exactement lorsque les spectres de A et de B sont disjoints[2].

Existence et unicité des solutions

En utilisant le produit de Kronecker et l'opérateur de Modèle:Lien vec, on peut réécrire l'équation de Sylvester sous la forme

(ImA+BTIn)vecX=vecC,

A est de taille (n,n), B est de taille (m,m), X de taille (n,m) et Ik est la matrice d'identité de taille k. Sous cette forme, l'équation peut être vue comme un système linéaire de taille mn×mn[3].

Modèle:Théorème

Modèle:Démonstration

La non-singularité de p(B) dans la partie (i) de la preuve ci-dessus peut également être démontrée par l' identité de Bézout pour des polynômes premiers entre eux. Soit en effet q le polynôme caractéristique de B . Comme A et B n'ont pas de valeur propre commune, p et q sont premiers entre eux. Il existe donc des polynômes f et g tel que p(z)f(z)+q(z)g(z)1 . Par le théorème de Cayley-Hamilton, q(B)=0 . Ainsi p(B)f(B)=I, ce qui implique que p(B) est non singulier.

Le théorème reste vrai pour les matrices réelles sous réserve de considérer leurs valeurs propres complexes. La preuve de la partie directe est toujours valable ; pour la réciproque, on note que Re(uv*) et Im(uv*) satisfont l'équation homogène AX+XB=0, et ils ne peuvent pas être nuls simultanément.

La règle de suppression de Roth

Étant donné deux matrices carrées complexes A et B de taille n et m, et une matrice C de taille (n,m), on peut se demander quand les deux matrices carrées suivantes

: [AC0B] et [A00B]

de taille n+m sont semblables. La réponse est que ces deux matrices sont semblables exactement lorsqu'il existe une matrice X telle que AXXB=C, en d'autres termes, si X est une solution d'une équation de Sylvester. Cette observation est appelée la règle de suppression de Roth [4].

On vérifie facilement une direction : Si AXXB=C alors

[InX0Im][AC0B][InX0Im]=[A00B].

La règle de suppression de Roth ne se généralise pas aux opérateurs bornés de dimension infinie sur un espace de Banach[5].

Résolutions numériques

Un algorithme classique de résolution numérique de l'équation de Sylvester est l'algorithme de Bartels-Stewart, qui consiste à transformer A et B en forme de Schur par un algorithme QR, puis en résolvant le système triangulaire résultant par substitution. Cet algorithme, dont le coût de calcul est en 𝒪(n3) opérations arithmétiques, est utilisé, entre autres, par le logiciel LAPACK et la fonction lyap dans GNU Octave[6]. Elle est proche de la fonction sylvester dans cet ensemble[7]Modèle:,[8]. Dans certaines applications spécifiques de traitement d'image , la solution de l'équation de Sylvester dérivée a une forme close[9].

Articles connexes

Notes

Modèle:Traduction/référence Modèle:Références

Références

Liens externes

Modèle:Portail

  1. On voit aussi l'écriture équivalente AXXB=C.
  2. Modèle:Harvsp.
  3. Cependant, cette réécriture de n'est pas conseillée car la solution numérique coûteuse en temps peut être mal conditionnée.
  4. Modèle:Article.
  5. Modèle:Harvsp.
  6. Modèle:Lien web
  7. Modèle:Lien web
  8. La commande syl est obsolète depuis la version GNU Octave Version 4.0.
  9. Modèle:Article.