Heptadécagone
Un heptadécagone est un polygone à 17 sommets, donc 17 côtés et 119 diagonales.
La somme des angles internes d'un heptadécagone non croisé vaut Modèle:Unité, soit Modèle:Unité
Dans l'heptadécagone régulier convexe, chaque angle interne vaut donc Modèle:Unité, soit environ 158,82°.
Heptadécagones réguliers
Un heptadécagone régulier est un heptadécagone dont les 17 côtés ont la même longueur et dont les angles internes ont même mesure. Il y en a huit : sept étoilés (les heptadécagrammes notés {17/k} pour k de 2 à 8) et un convexe (noté {17}). C'est de ce dernier qu'il s'agit lorsqu'on parle de « l'heptadécagone régulier ».
- Les sept heptadécagones réguliers étoilés
-
{17/2}
-
{17/3}
-
{17/4}
-
{17/5}
-
{17/6}
-
{17/7}
-
{17/8}
Construction à la règle et au compas
Modèle:Voir aussi L'annonce de la construction à la règle et au compas de l'heptadécagone régulier a été faite par Carl Friedrich Gauss en 1796, et seulement dans un court article, Neue Entdeckungen, paru au numéro 66, du Modèle:Date-, de l'Intelligenzblatt der Allgemeinen Literatur-Zeitung de Iéna. Il fallut attendre cinq ans encore, avec la publication de ses Disquisitiones arithmeticae, pour découvrir la substance de cette construction (à l'article « Modèle:Lang », en fin d'ouvrage).
Le sinus et le cosinus de l'angle sont respectivement égaux à :
- ;
- .
Par définition, le problème de la construction de l'heptadécagone régulier revient à chercher les racines complexes du polynôme
On note Modèle:Math, puis on pose Modèle:Math, et Modèle:Math, pour k entre 1 et 16, qui sont donc les racines recherchées. On va construire des sommes de ces racines à partir de périodes qui forment les racines de polynômes du second degré[1]. On considère le tableau suivant, qui donne la valeur de, pour m entre 0 et 15, de 3Modèle:Exp modulo 17 :
| 0 | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | |
| 1 | 3 | 9 | 10 | 13 | 5 | 15 | 11 | 16 | 14 | 8 | 7 | 4 | 12 | 2 | 6 |
On utilise la congruence modulo 3 car ce nombre est une racine primitive de 17.
On pose donc les sommes :
Par les propriétés de symétrie, on peut observer que :
On peut remarquer, par les identités trigonométriques usuelles, que :
Ainsi, XModèle:Ind et XModèle:Ind sont les deux racines de Modèle:Math, et une étude rapide de signe montre que XModèle:Ind est la racine positive, et Modèle:Math.
De même, on peut montrer que YModèle:Ind et YModèle:Ind sont les deux racines de Modèle:Math, avec Modèle:Math, et que YModèle:Ind et YModèle:Ind sont les deux racines de Modèle:Math, avec Modèle:Math.
Enfin, on peut vérifier que Modèle:Math et Modèle:Math sont les deux racines de Modèle:Math, avec Modèle:Math.
Il suffit dès lors de résoudre les équations du second degré et de ne retenir que les racines adéquates pour obtenir le résultat voulu. Modèle:Démonstration/fin
On peut déduire des calculs précédents une construction de l'heptadécagone régulier à partir d'un cercle donné de centre O[2]:
- poser A et B sur le cercle tel que
- construire I tel que OI = Modèle:SfracOB
- construire E sur [OA] tel que
- construire F sur (OA) tel que
- construire le cercle de diamètre AF, il coupe [OB] en K
- le cercle de centre E et de rayon EK coupe (OA) en NModèle:Ind et NModèle:Ind, avec NModèle:Ind sur [OA]
- on construit PModèle:Ind et PModèle:Ind, les projetés de NModèle:Ind et NModèle:Ind sur le cercle d'origine. Ces deux points sont deux sommets de l'heptadécagone, car et