K-théorie de Milnor
La K-théorie de Milnor, théorie mathématique introduite par John Milnor[1], fait partie des premières tentatives pour définir les groupes de K-théorie algébrique d'ordre supérieur.
Définition
Le calcul du KModèle:Ind d'un corps F a conduit Milnor à la définition ad hoc suivante des K-groupes d'indices supérieurs par
donc comme le quotient (gradué) de l'algèbre tensorielle du groupe abélien [[Groupe des unités|FModèle:Exp]] par l'idéal bilatère engendré par les a ⊗ (1 – a) pour a ≠ 0, 1.
Le produit tensoriel sur T*F induit un produit KModèle:ExpModèle:Ind × KModèle:ExpModèle:Ind → KModèle:ExpModèle:Ind qui fait de KModèle:Exp(F) un anneau gradué qui est commutatif (au sens gradué)[2].
Exemples
Pour n = 0, 1 ou 2, ces K-groupes de corps coïncident avec ceux de Quillen, mais pour n ≥ 3, ils sont en général différents.
KModèle:ExpModèle:Ind([[Corps fini|FModèle:Ind]]) = 0 pour n ≥ 2 (alors que le K-groupe de Quillen KModèle:Ind(FModèle:Ind), pour i ≥ 1, est cyclique d'ordre qModèle:Exp – 1).
KModèle:ExpModèle:Ind(ℂ) est un groupe divisible non dénombrable sans torsion.
KModèle:ExpModèle:Ind(ℝ) est la somme directe d'un sous-groupe cyclique d'ordre 2 et d'un sous-groupe divisible non dénombrable sans torsion.
KModèle:ExpModèle:Ind([[Nombre p-adique|ℚModèle:Ind]]) est la somme directe du groupe multiplicatif de FModèle:Ind et d'un sous-groupe divisible non dénombrable sans torsion.
KModèle:ExpModèle:Ind(ℚ) est la somme directe d'un sous-groupe cyclique d'ordre 2 et de sous-groupes cycliques d'ordre p – 1, pour tout nombre premier p impair.
Liens avec d'autres théories
La K-théorie de Milnor joue un rôle essentiel en théorie des corps de classes Modèle:Lien, remplaçant KModèle:ExpModèle:Ind utilisé en théorie des corps de classes de dimension 1.
La K-théorie de Milnor modulo 2, notée kModèle:Ind(F), est liée à la cohomologie étale (ou de Galois) du corps F par la conjecture de Milnor, démontrée par Vladimir Voïevodski. L'énoncé analogue modulo un nombre premier impair est la Modèle:Lien, démontrée par Voevodsky et Rost.
On définit le « symbole » {aModèle:Ind, … , aModèle:Ind} comme l'image de aModèle:Ind⊗ … ⊗ aModèle:Ind dans KModèle:ExpModèle:Ind(F) : si n = 2, c'est un symbole de Steinberg[3].
On définit pour tout n un morphisme[3] de kModèle:Ind(F) dans le groupe de Witt de F, en associant à ce symbole la Modèle:Lien de dimension 2Modèle:Exp
Vu comme à valeurs dans IModèle:Exp/IModèle:Exp, ce morphisme est surjectif car les formes de Pfister engendrent additivement IModèle:Exp[4]. La conjecture de Milnor s'interprète comme l'injectivité de ce morphisme[3].
Références
Modèle:Traduction/Référence Modèle:Références
- ↑ Modèle:Article.
- ↑ Modèle:Ouvrage.
- ↑ 3,0 3,1 et 3,2 Modèle:Ouvrage.
- ↑ Modèle:Harvsp.