Méthacrylate de méthyle
Modèle:Infobox Chimie Le méthacrylate de méthyle (Modèle:Abréviation) est un composé chimique de formule Modèle:Fchim. C'est l'ester d'acide méthacrylique Modèle:Fchim et de méthanol Modèle:Fchim. Il se présente sous la forme d'un liquide inflammable incolore et très volatil à l'odeur caractéristique peu soluble dans l'eau dont les vapeurs forment des mélanges explosifs avec l'air. Il tend à polymériser, surtout s'il contient des impuretés. Cette polymérisation peut être amorcée de manière ciblée, par exemple en ajoutant des peroxydes. La température croît brutalement par effet Trommsdorff et la pression doit être maîtrisée. L'enthalpie de polymérisation est de Modèle:Unité ou Modèle:Unité[1].
Le méthacrylate de méthyle est le monomère du polyméthacrylate de méthyle (Modèle:Abréviation), homopolymère dont la production constitue l'essentiel de son utilisation[2] ; il intervient également dans la production de copolymères tels que le méthacrylate de méthyle-butadiène-styrène (MBS), utilisé pour modifier les propriétés du PVC.
Production
Compte tenu des volumes de méthacrylate de méthyle produits dans le monde, de nombreuses méthodes ont été développées pour sa production à partir de précurseurs à deux ou quatre atomes de carbone[2]Modèle:,[3]. Deux voies de synthèse sont principalement utilisées.
Par la cyanhydrine d'acétone
La cyanhydrine d'acétone Modèle:Fchim, souvent notée ACH, est obtenue par condensation d'acétone Modèle:Fchim et de cyanure d'hydrogène HCN. Elle est hydrolysée en présence d'acide sulfurique Modèle:Fchim pour former un organosulfate de méthacrylamide Modèle:Fchim[4]. La méthanolyse de cet ester donne du bisulfate d'ammonium Modèle:Fchim et du méthacrylate de méthyle. Cette voie de synthèse produit finalement des quantités importantes de sulfate d'ammonium Modèle:Fchim comme sous-produit.
- [[Acétone|Modèle:Fchim]] + HCN ⟶ [[Cyanhydrine d'acétone|Modèle:Fchim]] ;
- [[Cyanhydrine d'acétone|Modèle:Fchim]] + [[Acide sulfurique|Modèle:Fchim]] ⟶ Modèle:Fchim.
L'ester est en fait produit initialement sous forme d'adduit Modèle:Fchim avec l'acide sulfurique, qui est ensuite clivé par craquage, puis méthanolysée :
- Modèle:Fchim + [[Méthanol|Modèle:Fchim]] ⟶ Modèle:Fchim + [[Bisulfate d'ammonium|Modèle:Fchim]].
Ce mode de synthèse a fait l'objet de nombreuses optimisations[5].
Par le propanoate de méthyle
Le propanoate de méthyle Modèle:Fchim est obtenu par carboalcoxylation d'éthylène Modèle:Fchim[6] :
- [[Éthylène|Modèle:Fchim]] + CO + [[Méthanol|Modèle:Fchim]] ⟶ [[Propanoate de méthyle|Modèle:Fchim]].
La synthèse du propanoate de méthyle est réalisée dans un réacteur à réservoir agité en continu à une température et une pression modérées en utilisant un agencement d'agitation et de mélange gaz-liquide spécifiques. Dans un deuxième groupe de réactions, le propanoate de méthyle est condensé avec le formaldéhyde HCHO en une seule étape de réaction hétérogène pour former le méthacrylate de méthyle :
- [[Propanoate de méthyle|Modèle:Fchim]] + HCHO ⟶ Modèle:Fchim + [[Eau|Modèle:Fchim]].
La réaction du propanoate de méthyle avec le formaldéhyde est réalisée sur un lit fixe de catalyseur en oxyde de césium Modèle:Fchim sur silice Modèle:Fchim, qui permet d'obtenir une bonne sélectivité du méthacrylate de méthyle à partir du propanoate de méthyle. Il se forme des résidus de composés plus lourds et peu volatils qui empoisonnent le catalyseur, résidus qui sont facilement nettoyés afin de permettre la régénération du catalyseur et la restauration de la production. Le méthacrylate de méthyle est séparé de l'eau, du propanoate de méthyle du formaldéhyde par une première distillation, tandis que l'eau et le propanoate de méthyle sont recyclés par déshydratation du formaldéhyde. Le méthacrylate de méthyle est purifié à plus de 99,9 % par distillation sous vide.
Autres voies de synthèse
Par le propanal
L'éthylène Modèle:Fchim est d'abord hydroformylé pour donner du propanal Modèle:Fchim, qui est ensuite condensé avec du formaldéhyde HCHO pour produire de la méthacroléine Modèle:Fchim. La condensation est catalysée par une amine secondaire. L'oxydation à l'air de la méthacroléine en acide méthacrylique Modèle:Fchim complète la synthèse de l'acide[5] :
- [[Propanal|Modèle:Fchim]] + HCHO ⟶ [[Méthacroléine|Modèle:Fchim]] + [[Eau|Modèle:Fchim]] ;
- [[Méthacroléine|Modèle:Fchim]] + 1⁄2 [[Dioxygène|Modèle:Fchim]] ⟶ [[Acide méthacrylique|Modèle:Fchim]].
À partir de l'acide isobutyrique
L'acide isobutyrique Modèle:Fchim est obtenu par hydrocarboxylation du propylène Modèle:Fchim en présence de fluorure d'hydrogène comme catalyseur :
- [[Propylène|Modèle:Fchim]] + CO + [[Eau|Modèle:Fchim]] ⟶ [[Acide isobutyrique|Modèle:Fchim]].
La déshydrogénation oxydante de l'acide isobutyrique donne l'acide méthacrylique Modèle:Fchim selon une réaction catalysée par des oxydes métalliques[5] :
- [[Acide isobutyrique|Modèle:Fchim]] + 1⁄2 [[Dioxygène|Modèle:Fchim]] ⟶ [[Acide méthacrylique|Modèle:Fchim]] + [[Eau|Modèle:Fchim]].
Par le méthylacétylène
Le propyne Modèle:Fchim, ou méthylacétylène, est converti en méthacrylate de méthyle par la chimie de Reppe en une étape avec un rendement de 99 % à l'aide d'un catalyseur dérivé d'acétate de palladium(II) Modèle:Fchim, ligands phosphine Modèle:Fchim et acides de Brønsted[5] :
- [[Propyne|Modèle:Fchim]] + CO + [[Méthanol|Modèle:Fchim]] ⟶ Modèle:Fchim.
Par l'isobutylène
Les réactions par oxydation directe consistent en une oxydation en deux étapes d'isobutylène Modèle:Fchim ou d'[[Alcool tert-butylique|alcool Modèle:Nobr]] Modèle:Fchim avec de l'air pour produire de l'acide méthacrylique Modèle:Fchim et une estérification par le méthanol Modèle:Fchim pour produire le méthacrylate de méthyle[5] :
- [[Isobutylène|Modèle:Fchim]] + [[Dioxygène|Modèle:Fchim]] ⟶ [[Méthacroléine|Modèle:Fchim]] + [[Eau|Modèle:Fchim]] ;
- [[Méthacroléine|Modèle:Fchim]] + 1⁄2 [[Dioxygène|Modèle:Fchim]] ⟶ [[Acide méthacrylique|Modèle:Fchim]] ;
- [[Acide méthacrylique|Modèle:Fchim]] + [[Méthanol|Modèle:Fchim]] ⟶ Modèle:Fchim + [[Eau|Modèle:Fchim]].
Par le méthacrylonitrile
Le méthacrylonitrile Modèle:Fchim peut être produit par ammoxydation à partir d'isobutylène Modèle:Fchim :
- [[Isobutylène|Modèle:Fchim]] + [[Ammoniac|Modèle:Fchim]] + 3⁄2 [[Dioxygène|Modèle:Fchim]] ⟶ [[Méthacrylonitrile|Modèle:Fchim]] + 3 [[Eau|Modèle:Fchim]].
Cette étape est analogue à la voie industrielle vers l'acrylonitrile Modèle:Fchim, un composé apparenté. Le méthacrylonitrile peut être hydraté en méthacrylamide Modèle:Fchim par l'acide sulfurique Modèle:Fchim :
- [[Méthacrylonitrile|Modèle:Fchim]] + [[Acide sulfurique|Modèle:Fchim]] + [[Eau|Modèle:Fchim]] ⟶ [[Méthacrylamide|Modèle:Fchim]]·[[Acide sulfurique|Modèle:Fchim]] ;
- [[Méthacrylamide|Modèle:Fchim]]·[[Acide sulfurique|Modèle:Fchim]] + [[Méthanol|Modèle:Fchim]] ⟶ Modèle:Fchim + [[Bisulfate d'ammonium|Modèle:Fchim]].
Mitsubishi Gas Chemicals a proposé d'hydrater le méthacrylonitrile en méthacrylamide sans utiliser d'acide sulfurique puis de l'estérifier par du formiate de méthyle Modèle:Fchim pour obtenir le méthacrylate de méthyle[5] :
- [[Méthacrylonitrile|Modèle:Fchim]] + [[Eau|Modèle:Fchim]] ⟶ [[Méthacrylamide|Modèle:Fchim]] ;
- [[Méthacrylamide|Modèle:Fchim]] + [[Formiate de méthyle|Modèle:Fchim]] ⟶ Modèle:Fchim + [[Formamide|Modèle:Fchim]] ;
- [[Formamide|Modèle:Fchim]] ⟶ [[Ammoniac|Modèle:Fchim]] + CO.
Estérification de la méthacroléine
Asahi Chemical a développé un procédé reposant sur l'estérification oxydante directe de la méthacroléine Modèle:Fchim, qui ne produit pas de sous-produits tels que le bisulfate d'ammonium Modèle:Fchim. La matière première est l'[[Alcool tert-butylique|alcool Modèle:Nobr]], comme dans la méthode par oxydation directe. Dans la première étape, la méthacroléine est produite de la même manière que dans le processus d'oxydation directe par oxydation catalytique en phase gazeuse et est simultanément oxydée et estérifiée dans du méthanol liquide pour obtenir directement le méthacrylate de méthyle[5] :
- [[Méthacroléine|Modèle:Fchim]] + [[Méthanol|Modèle:Fchim]] + 1⁄2 [[Dioxygène|Modèle:Fchim]] ⟶ Modèle:Fchim + [[Eau|Modèle:Fchim]].
Utilisations
L'application principale du méthacrylate de méthyle, qui représente environ 75 % du volume produit, est la fabrication de plastiques acryliques en polyméthacrylate de méthyle (Modèle:Abréviation). Le méthacrylate de méthyle est également utilisé pour la production du copolymère méthacrylate de méthyle-butadiène-styrène (MBS), utilisé comme modificateur du [[Polychlorure de vinyle|Modèle:Abréviation]]. Il est également utilisé dans les prothèses totales de la hanche ainsi que dans les prothèses du genou pour fixer les inserts osseux dans l'os, ce qui réduit significativement les douleurs post-opératoires mais a une durée de vie qui n'excède généralement pas Modèle:Nobr, ce qui fait qu'on en réserve l'usage plutôt pour les personnes âgées, les patients plus jeunes étant traités sans PMMA pour allonger la durée de vie des prothèses[7].
Le méthacrylate de méthyle est une matière première pour la fabrication d'autres méthacrylates. C'est par exemple le cas du méthacrylate d'éthyle Modèle:Fchim (Modèle:Abréviation), du méthacrylate de butyle Modèle:Fchim (Modèle:Abréviation) et du méthacrylate de 2-éthylhexyle Modèle:Fchim (Modèle:Abréviation). L'acide méthacrylique Modèle:Fchim (Modèle:Abréviation) est utilisé comme intermédiaire ainsi que dans la fabrication de polymères de revêtements, de produits construction et d'applications textiles.
Notes et références
Liens externes
- Chemical data on Chemicalland
- US Environmental Protection Agency, 1994 data
- Intox Cheminfo data
- SRI Consulting PEP report
- Methacrylate Producers Association (MPA)
- National Pollutant Inventory - Methyl methacrylate fact sheet
- Basic Acrylic Monomer Manufacturers (BAMM)
Liens en français
- ↑ Modèle:De Berufsgenossenschaft Rohstoffe und chemische Industrie, Polyreaktionen und polymerisationsfähige Systeme, brochure Modèle:Nobr, édition de mai 2015, Modèle:P.. Modèle:ISBN
- ↑ 2,0 et 2,1 Modèle:Article
- ↑ Modèle:Article
- ↑ Modèle:Article
- ↑ 5,0 5,1 5,2 5,3 5,4 5,5 et 5,6 Modèle:Article
- ↑ Modèle:En Scott D. Barnicki, « Chapter 10. Synthetic Organic Chemicals », James A. Kent, Handbook of Industrial Chemistry and Biotechnology, Modèle:12e, 2012, Springer, New York. Modèle:ISBN
- ↑ Modèle:En Margareta Nordin, Basic Biomechanics of the Musculoskeletal System, Lippincott Williams & Wilkins, New York, 2001, Modèle:P.. Modèle:ISBN