Maria Gaetana Agnesi

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Modèle:Voir homonymes Modèle:Infobox Scientifique

Maria Gaetana Agnesi, née à Milan (Italie) le Modèle:Date de naissance et morte le Modèle:Date de décès dans sa ville natale, est une mathématicienne italienne. Elle a écrit un traité d'analyse mathématique renommé pour sa clarté et l'unité de sa méthode. Un ouvrage de philosophie est également paru sous son nom alors qu'elle avait neuf ans ; elle présente un discours, en latin, sur le droit des femmes à l'éducation.

Elle est nommée à l'université de Bologne par le pape Modèle:Nobr[note 1]. Cependant, elle n'y a jamais enseigné. Délaissant la science après la mort de son père, elle a consacré toute la seconde partie de sa vie à Modèle:Citation bilingue.

Biographie

Enfant prodige

Maria Gaetana Agnesi naît le Modèle:Date- à Milan de parents « nobles et riches »[1]. Sa famille s'est enrichie dans l'industrie de la soie ; elle est l'aînée de très nombreux enfants. Sa mère, qu'elle perdra à l'âge de 13 ansModèle:Sfn, s'appelle AnnaModèle:SfnModèle:,[note 2]. Son père, Pietro, dont c'est le premier mariage (il en aura deux autres), est riche ; le talent de deux de ses filles, qu'il met en vitrine, servira à sa promotion socialeModèle:Sfn.

Elle parle déjà le français, appris de sa nourrice, à l’âge de cinq ans. Son père lui donne des précepteurs. Le Modèle:Date- (elle a neuf ans), devant une assemblée qu'on a réunie pour l'entendre, elle présente de mémoire un discours d’une heure, en latin, sur le sujet du droit des femmes à l'éducation[2]Modèle:,Modèle:Sfn ; ce texte est publié la même annéeModèle:Sfn. Modèle:Refnec

En Modèle:Date- on la trouve atteinte d'un mal étrange, qu'on attribue au manque d'exercice ; on lui conseille donc la danse et l'équitation. Modèle:Citation, elle se jette dans les activités, mais devient alors la proie de crises quotidiennes de convulsions. C'est à cette période qu'elle perd sa mère. Elle se rétablit en obéissant à l'injonction de se modérer.

À treize ans, outre l'italien et le français, elle a appris le latin, le grec, l’hébreu, l’espagnol et l’allemand ; ses talents de polyglotte lui valent l’admiration. Elle a quatorze ansModèle:Sfn quand son père décide de tenir salon. Charles de Brosses, durant son voyage en Italie, participe à l'un de ces salons[3]. Elle en est l'attraction avec Maria Teresa et présente régulièrement des exposés sur les sujets philosophiques les plus complexes. C'est à cette époque qu'elle devient une newtonienne convaincueModèle:SfnModèle:,[note 3].

En 1738 (elle a vingt ans), son père réunit un auditoire de nobles, ministres, sénateurs et lettrés pour l'entendre traiter de questions diverses de philosophie et d’histoire naturelle. Le recueil de Modèle:Nobr qui en résulte est publié la même annéeModèle:SfnModèle:,[note 4]. L'année suivante, Frédéric-Christian, fils d'Auguste III de Pologne, en visite à Milan, se fait inviter, au grand plaisir de Pietro Agnesi, pour entendre Maria Gaetana et sa sœur clavecinisteModèle:Sfn.

Pendant tout ce temps, l'aînée s’occupe de l’éducation des plus jeunes membres de sa famille[4].

De vingt à trente ans : la retraite studieuse

La jeune femme veut entrer au couvent, mais y renonce devant la réaction de son père. Toutefois, les apparitions publiques cessent, elle a la permission de se vêtir simplement et d'aller à l'église quand elle le veut : elle entre dans une sorte de retraiteModèle:Sfn et se consacre à la dévotion et aux études. Dans les vérités de la géométrie, avait-elle l'habitude de dire, elle trouvait la pleine satisfaction de son espritModèle:Sfn. Mais elle consulte fréquemment par lettre, y compris à l'étranger et reçoit de nombreuses demandes de consultationModèle:Sfn.

Elle écrit un commentaire, dont le besoin se faisait grandement sentir, sur le Traité analytique des sections coniques[5] du marquis de L'Hôpital, mais elle n'en permet pas la publicationModèle:Sfn.

Avec l'aide du père Modèle:Lien (1697-1759)[6], elle étudie lModèle:'Analyse démontrée (1708)[note 5] de Charles-René Reynaud (1656-1728) ; elle se familiarise sans doute aussi à la même époque avec les travaux d'EulerModèle:Refnec.

Première édition des Modèle:Langue.

Son œuvre principale, les Institutions analytiques, paraît en 1748 ; elle a alors trente ans[4]Modèle:,[note 6].

Institutions analytiques

Les Institutions analytiques sont écrites en italien, « à l'usage de la jeunesse italienne », ce qui indique dans le titre même la volonté d'Agnesi de fournir ce qu'on appellerait aujourd'hui un « manuel scolaire », ou un manuel d'introduction. L'ouvrage est divisé en quatre « livres[note 7] » :

  1. l'analyse des quantités finies (l'algèbre élémentaire) ;
  2. le calcul différentiel (l'analyse des quantités infiniment petites) ;
  3. le calcul intégral ;
  4. la « méthode inverse des tangentes » (les équations différentielles).

Le livre sur le calcul intégral incorpore du contenu inédit sur les polynômes, que Jacopo Riccati (1676–1754) a confié à Agnesi pour publication[7] à la suite de l'échange de plusieurs lettres où celle-ci a pu profiter de son expérience[8]Modèle:,[note 8]Modèle:,[note 9]Modèle:,[9]Modèle:,[note 10].

Dans sa préface au lecteur, Maria Gaetana Agnesi décrit le besoin qu'elle voit d'un manuel d'analyse mathématique :

  • le sujet est important, son étude est même nécessaire : Modèle:Citation étrangère (préface) ;
  • de nombreuses personnes veulent s'en instruire ;
  • les maîtres sont rares ;
  • les ressources imprimées sont éparses, de complexité et de styles inégaux ;
  • le livre du père Reynaud n'est plus à jour, l'analyse étant en plein développement.

On peut ajouter à cela le manque de normalisation (notation de Leibniz et notation de Newton).

Le livre contient aussi une discussion de la courbe cubique, qu'on connaît maintenant sous le nom de courbe d'Agnesi ou sorcière d'Agnesi et exprimée sous la forme y=8a3x2+4a2.

Pour répondre à cette demande et tenir compte des dernières découvertes, Maria Gaetana Agnesi, qui doit présenter un exposé méthodique, uniforme et clair, réarrange l'ordre des matières et apporte par endroits des améliorations de son cru. Dans sa préface, elle ne cache pas l'ampleur de ce travail ; il en résultera toutefois que les personnes désireuses d'aborder le sujet disposeront désormais d'un manuel en langue vernaculaire. Agnesi supervise l'impression du texte (et de ses formules mathématiques), les presses ayant été transportées dans sa maisonModèle:SfnModèle:,[note 11].

Accueil fait aux Institutions

L'accueil fait à l'ouvrage, en France[note 12] et en Allemagne[note 13], est excellent[note 14].

Nomination à l'université de Bologne, le Modèle:Date.

En Italie, le Modèle:DateModèle:Sfn, le pape Benoît XIV[note 15] lui écrit qu’il voit ce que son œuvre peut apporter à la reconnaissance de l’Italie et de l’Académie de Bologne, où elle avait été reçue en 1748Modèle:Sfn. Le pape a lu quelques-uns de ses chapitres sur l'algèbre élémentaire, et la nomme immédiatement lectrice honoraire à l’université de Bologne (qui fait alors partie des États pontificaux). Il demande aussi au sénat de cette ville qu'on lui confère une chaire de mathématiques et, sa nomination faite, l'en informe le Modèle:Date, soulignant que ce sont ses seuls mérites qui lui donnent droit à cette chaire : Modèle:Citation bilingueModèle:Sfn. Parmi les nombreuses personnes qui la félicitent, Laura Bassi, première femme nommée professeur à l'université de BologneModèle:Sfn. Son nom demeurera durant quarante-cinq ans dans les registres de l’université, mais elle n'ira jamais à Bologne.

Traductions

Les livres 2, 3 et 4 paraîtront en français en 1775, traduits par Pierre-Thomas Anthelmy (1730-1783), avec des ajouts de Charles Bossut (1730-1814). À cette occasion, Étienne Mignot de Montigny (1714-1782) lui écrit : Modèle:Citation

John Colson (1680-1760), professeur lucasien de mathématiques de Cambridge, inclut pour sa part dans sa traduction anglaise le livre premier de l'original italien. Cette traduction ne paraîtra qu'après sa mort et celle d'Agnesi[10].

Vie religieuse

Maria Gaetana Agnesi.

En 1752, quatre ans se sont écoulés depuis la parution des Institutions et deux depuis sa nomination à Bologne. C'est cette année-là que son père meurt, laissant la famille endettée par ses dépenses de prestigeModèle:Sfn. Elle se consacre alors au service des pauvres et à l'étude de la théologie (particulièrement de la patristique) :

Modèle:Citation bilingue bloc

Elle décline les demandes de consultation en mathématiques, ce que beaucoup lui reprochentModèle:Sfn, elle n'écrira plus d'ouvrages pour le public et ne mettra pas à jour ses Institutions, malgré les progrès rapides de l'analyse[4]. Sa bibliothèque est vendue et disperséeModèle:SfnModèle:,[note 16]. Un jour toutefois, l'archevêque de Milan, le cardinal Pozzobonelli, la consulte sur un livre posant des questions théologiques délicates[11] ; elle trouve une solution agréée à la fois par l'archevêque et l'auteur du livreModèle:SfnModèle:,Modèle:Sfn.

Elle vit d'abord dans la maison paternelle (on lui en a octroyé le treizième puisque c'est le nombre des enfants qui restent) ; elle y accueille des femmes malades. En 1759, manquant de place, elle loue une maison et sollicite des dons pour ses bonnes œuvres. Elle enseigne le catéchisme tout en conservant ses autres activités. Quelque temps directrice, sans soldeModèle:Sfn, de la section des femmes d'un hospice[note 17], elle va y habiter en 1783. Sa santé exige parfois qu'elle fasse des séjours à la campagne, mais c'est dans cet hospice qu'elle meurt en 1799, à Modèle:Nobr, plus de Modèle:Nobr après la publication de son œuvre majeure.

Sa sœur Maria Teresa (1720–1795), claveciniste et compositrice, a, entre autres, écrit des opéras.

Œuvres

Publications

Manuscrits

En plus d'un commentaire du Traité analytique des sections coniques du marquis de l'Hôpital, Maria Gaetana Agnesi a laissé des manuscrits qu'elle ne destinait pas à la publication, dont une traduction en grec de Modèle:Lang du père Laurent ScupoliModèle:Sfn et Modèle:Lang (ce dernier texte est inclus dans l'ouvrage d'Anzoletti).

Postérité

Histoire des femmes

Le « cas Agnesi[note 18] » apparaît l'année de sa mort. De nombreuses études lui sont consacrées, fondées sur le fait qu'elle était une femme. De sa vie et son œuvre, on a les éléments suivants :

  • le discours prononcé quand elle avait huit ans, mais qu'elle n'a que traduit ;
  • la troisième proposition philosophique de 1738 : Modèle:Citation étrangèreModèle:SfnModèle:,Le livre de Ménage auquel elle fait allusion est Modèle:Lang (Lyon, 1690) ;
  • un raisonnement a fortiori, dans le langage courtisan de sa dédicace à l'impératrice : si une femme peut exercer aussi bien une fonction aussi éminente que celle de votre Majesté, alors tout lui est possible (alors elle peut, entre autres, s'occuper d'analyse mathématique)[12].

Un peu de recul fait apparaître les points suivants, qu'il n'est pas nécessairement facile de concilier tous à la fois :

  • Maria Gaetana Agnesi parle fermement des droits des femmes à l'éducation ; il n'est pas possible de douter qu'il s'agisse de sa propre opinion ;
  • nous avons des signes d'un désaccord entre Maria Gaetana et son père quand, à vingt ans, elle gagne le droit de se vêtir simplement et d'aller à l'église quand elle le veut ;
  • une grande obscurité perdure sur les rapports entre le père et ses deux filles célèbres ; à la mort de son père, Maria Gaetana Agnesi prend acte de sa liberté nouvelle et réoriente complètement sa vie ; Maria Teresa pour sa part montre son irrespect en se mariant au beau milieu de la période de deuilModèle:Sfn ;
  • deux femmes en Italie, au Modèle:XVIIIe siècle, ont été nommées professeurs à l'université (par le même Benoît XIV d'ailleurs), dans le contexte des Lumières catholiques : Laura Bassi (1711-1778), puis Agnesi.
  • elle rencontre Joséphine de Lorraine (1753-1797) et aurait peut-être inspiré à cette dernière l'idée d"écrire des Institutions préliminaires de physique et un ébauche de cours de mathématiques pour son fils, dans la mesure où celle-ci, compte tenu de sa position, ne pouvait se permettre de publier des écrits scientifiques[13].

Éponymie

La courbe d'Agnesi, étudiée avant elle par Pierre de Fermat et, en 1703, par Guido Grandi, porte son nom, en signe de reconnaissance du travail qu'elle lui a consacré[note 19]. Quant au nom de « sorcière d'Agnesi » donné à cette courbe, il est dû à une erreur de traduction. Colson, le traducteur, avait, dans son manuscrit, confondu « Modèle:Lang » et « Modèle:Lang ».

Dans la littérature

Iconographie

Buste à la pinacothèque de Brera.

Notes et références

Notes

Modèle:Références

Références

Modèle:Références

Annexes

Modèle:Autres projets

Bibliographie

Massimo Mazzotti fait une mise en garde : les quelques lignes que les historiens des mathématiques ont consacrées à Agnesi — en raison de son statut de « curiosité » — se fondent sur des faits mal attestés : Modèle:Citation étrangère (Modèle:Langue, Modèle:P.).

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Liens externes

Modèle:Liens

Modèle:Portail


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  1. Modèle:Ouvrage.
  2. 2,0 et 2,1 On lit dans Mazzuchelli qu'elle a composé ce texte. Mais selon Frisi Modèle:P.), c'est son précepteur Gemelli qui l'a écrit. Truesdell et Minonzio considèrent que le travail de Maria Gaetana en a été un de traduction en latin et de mémorisation pour le donner en public.
  3. Modèle:Ouvrage.
  4. 4,0 4,1 et 4,2 Modèle:Article.
  5. Modèle:Ouvrage
  6. Modèle:Ouvrage
  7. Modèle:Chapitre.
  8. Modèle:Chapitre.
  9. Modèle:Chapitre.
  10. Modèle:Chapitre.
  11. Modèle:Ouvrage.
  12. Voir dans les Institutions la deuxième page (numérisation e-rara) de la dédicace dans l'original italien.
  13. Modèle:Ouvrage.
  14. Modèle:Lien web.
  15. Modèle:Lien web.
  16. Modèle:Ouvrage.
  17. Photo, Panoramio.
  18. Photo.
  19. Modèle:Harvsp (numérisation e-rara).
  20. Modèle:Lien web.
  21. Modèle:Lien web.