Propriétés métriques des droites et des plans

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En géométrie euclidienne, c'est-à-dire dans le plan et l'espace muni d'une distance et d'un produit scalaire, les droites et les plans possèdent des propriétés métriques permettant de les caractériser grâce à un point et un vecteur, dit normal. On peut aussi calculer la distance qui les sépare d'un point donné ou bien calculer celle qui sépare deux droites ou deux plans. On peut aussi calculer l'angle formé par deux droites ou deux plans.

Dans cet article, on a muni le plan ou l'espace d'un repère orthonormal dans lequel sont exprimées toutes les coordonnées. Toute droite du plan y possède une équation du type Modèle:MathModèle:Math est différent de (0 , 0) et tout plan de l'espace possède une équation de la forme Modèle:MathModèle:Math est différent de (0, 0, 0).

La droite dans le plan euclidien

Droite, pente et vecteur directeur

Si la droite (D) d'équation Modèle:Math n'est pas parallèle à l'axe des ordonnées y, donc si v n'est pas nul, alors elle possède une équation sous la forme

y=ax+b

avec

a=uv,b=hv

La pente (ou coefficient directeur) d'une droite est le réel Modèle:Mvar.

Si l'on appelle Modèle:Math l'angle entre l'axe des abscisses x et la droite (D), Modèle:Math peut se déduire par :

a=tan(α)α=arctan(a).

Le vecteur d(v,u) est un vecteur directeur de (D), Le vecteur d(1,a) est un autre vecteur directeur.

Vecteur normal à une droite

Soit M(x,y) un point de la droite (D) dont une équation dans un repère orthonormal est donnée par :

(1)ux+vy+h=0

et M0(x0,y0) un point spécifique de (D), on a :

(2)ux0+vy0+h=0

En retranchant (2) à (1) on obtient :

u(xx0)+v(yy0)=0

En notant N, le vecteur de coordonnées Modèle:Math, on exprime (1) comme suit :

NM0M=0

La droite d'équation Modèle:Math est donc orthogonale au vecteur N. Le vecteur N est appelé un vecteur normal à la droite (D).

Si la droite (D) n'est pas parallèle à l'axe y, elle peut être donnée par une équation de type :

y=ax+b

Le vecteur N(a,1) est un vecteur normal à (D).

Droite passant par un point et orthogonale à un vecteur non nul donné

Soit un point M(x,y) et un vecteur N(u,v) non nul. Le point M appartient à la droite (D), passant par M0(x0,y0) et orthogonale à N, si et seulement si :

NM0M=0

La droite D, passant par M0(x0,y0) et orthogonale à N, a donc pour équation :

u(xx0)+v(yy0)=0

Distance algébrique d'un point à une droite

Modèle:Loupe Soit H le point projeté de M(x,y) sur D, qui est donc tel que HM est orthogonal à (D).

La droite perpendiculaire à D et passant par M étant orientée suivant la direction du vecteur N(u,v), on montre que la distance algébrique entre M et (D) est donnée par :

da(H,M)=ux+vy+hu2+v2

En valeur absolue :

HM=|ux+vy+h|u2+v2

Équation normale d'une droite

Dans le repère (O,i,j), notons N(cosφ,sinφ) un vecteur unitaire normal à la droite (D), orienté de O vers (D), la valeur Modèle:Math représente alors l'angle(i,N). On note d'autre part p la distance entre l'origine O du repère et la droite D.

L'équation (1) s'écrit :

xcosφ+ysinφp=0

Modèle:Voir aussi

Angles de deux droites

Soit D et DModèle:' deux droites d'équations

(D):ux+vy+h=0
(D):ux+vy+h=0

L'angle formé par les deux droites est connu par sa tangente :

tan(D,D)=tan(N,N)=uvuvuu+vv

Intersection de deux droites

Soit les droites (D1) et (D2) d'équations cartésiennes respectives :

u1x+v1y+h1=0,u2x+v2y+h2=0

alors :

  • si u2u1=v2v1=h2h1 : les droites sont confondues ;
  • si u2u1=v2v1h2h1 : les droites sont strictement parallèles ;
  • si u2u1v2v1 : les droites sont sécantes et les coordonnées du point d'intersection sont une solution du système formé par (1) et (2).

Faisceau défini par deux droites

Le faisceau est l'ensemble des droites d'équation :

αD1+βD2=0

En posant λ=βα ;

D1+λD2=0.

On a alors trois cas :

  • si DModèle:Ind et DModèle:Ind se coupent en un point unique A, le faisceau D1+λD2=0 est l'ensemble des droites passant par A.
  • si DModèle:Ind et DModèle:Ind sont strictement parallèles, le faisceau D1+λD2=0 est l'ensemble des droites strictement parallèles à DModèle:Ind.

Conditions pour que trois droites distinctes soient concourantes ou parallèles

Les droites d'équations :

D1:u1x+v1y+h1=0,
D2:u2x+v2y+h2=0, et
D3:u3x+v3y+h3=0

sont concourantes ou parallèles si :

|u1v1h1u2v2h2u3v3h3|=0

La droite dans l'espace euclidien

Distance d'un point à une droite quelconque de l'espace

Modèle:Article détaillé

Cas où la droite est définie par l'intersection de deux plans

Dans l'espace, on étudie la droite définie par l'intersection de deux plans d'équations :

(P1):u1x+v1y+w1z+h1=0
(P2):u2x+v2y+w2z+h2=0

Le plan (Q) perpendiculaire à (P1) appartient au faisceau de plans P1+λP2=0.

(Q) sera perpendiculaire à (P1) pour λ=(u12+v12+w12)u1u2+v1v2+w1w2

Soient H1, HQ et H les projections orthogonales du point M respectivement sur (P1), (Q) et (D), on en déduit MH2=MH12+MHQ2.

On calculera MH1 et MHQ comme détaillé plus bas.

Cas où la droite est définie par un point et un vecteur directeur non nul

La distance MH est donnée par

MH=MM0VV

Droites orthogonales à un plan

Le plan étant défini par l'équation Modèle:Math, les droites perpendiculaires au plan sont toutes les droites ayant comme vecteur directeur N(u,v,w). Une droite D passant par le point M0(x0,y0,z0) et perpendiculaire à (P):ux+vy+wz+h=0 a pour équations :

xx0u=yy0v=zz0w

dans le cas où aucun des réels, u, v, w, n'est nul.

Si un seul des réels est nul, par exemple u= 0, le système devient :

x=x0yy0v=zz0w

Si deux réels sont nuls, par exemple u=v=0, le système devient :

x=x0y=y0

Distance entre deux droites quelconques de l'espace

Modèle:Article détaillé Soient la droite (DModèle:Ind) passant par M0(x0,y0,z0) et de direction le vecteur V0(a0,b0,c0) et (DModèle:Ind) la droite passant par M1(x1,y1,z1) et de direction V1(a1,b1,c1)

Si les vecteurs V0 et V1 sont indépendants, le volume du solide construit sur M0M1,V0,V1 est égal à |k|. Ce réel se calcule grâce au produit mixte :

k=(M0M1,V0,V1)

L'aire de la base du solide est donnée par

W tel que W=V0V1

La distance entre les deux droites est alors égale à d=|k|W

Si les vecteurs sont colinéaires alors les deux droites sont parallèles et la distance qui les sépare correspond à la distance qui sépare le point M1 de la droite D0.

Le plan dans l'espace euclidien

Vecteur normal à un plan

Soit M(x,y,z) un point du plan (P) dont l'équation dans un repère orthonormé est donnée par :

(1bis)ux+vy+wz+h=0

Pour M0(x0,y0,z0) un point spécifique de P on obtient :

(2bis)ux0+vy0+wz0+h=0

En retranchant (2bis) à (1bis) on obtient :

u(xx0)+v(yy0)+w(zz0)=0

En notant N, le vecteur de coordonnées (u, v, w), on exprime (1bis) comme suit :

NM0M=0

Le plan P d'équation Modèle:Math est donc orthogonal au vecteur N(u,v,w) et ce vecteur est appelé un vecteur normal au plan P.

Si le coefficient w n'est pas nul, alors le plan ne contient pas de droite parallèle à l'axe z et l'équation du plan peut s'écrire :

z=ax+by+c

avec a = -u/w, b = -v/w et c = -h/w. Le vecteur de composantes (-a, -b, 1) est un vecteur normal au plan.

Plan passant par un point et orthogonal à un vecteur non nul donné

Soit un point M(x,y,z) et un vecteur N(u,v,w) non nul. Le point M appartient au plan P, passant par M0(x0,y0,z0) et orthogonal à N, si et seulement si :

NM0M=0

Le plan P, passant par M0(x0,y0,z0) et orthogonal à N, a donc pour équation :

u(xx0)+v(yy0)+w(zz0)=0

Distance algébrique d'un point à un plan

Modèle:Article détaillé Soit H le projeté de M(x,y,z) sur (P) avec HM orthogonal à (P).

La droite perpendiculaire à (P) et passant par M étant orientée suivant la direction du vecteur N(u,v,w), on montre que la distance algébrique entre M et (P) est donnée par :

da(H,M)=ux+vy+wz+hu2+v2+w2

En valeur absolue :

HM=|ux+vy+wz+h|u2+v2+w2

Angles de deux plans

Soient (P) et (PModèle:') deux plans d'équations

(P):ux+vy+wz+h=0
(P):ux+vy+wz+h=0.

L'angle géométrique (P, PModèle:') est déterminé à l'aide de l'angle des vecteurs normaux (N,N)

cos(P,P)=|cos(N,N)|=|NN|NN=|uu+vv+ww|u2+v2+w2×u'2+v'2+w'2
sin(P,P)=|sin(N,N)|=NNNN=(vwvw)2+(wuuw)2+(uvvu)2u2+v2+w2×u'2+v'2+w'2

Modèle:Loupe

Du point de vue de l'application numérique, la forme avec le cosinus est plus précise lorsque l'angle est proche de Modèle:Math, et la forme avec le sinus est plus précise lorsque l'angle est proche de Modèle:Math.

Cas particulier : angle de plus grande pente

L'angle de plus grande pente est l'angle le plus grand formé entre un plan quelconque et le plan horizontal. De façon imagée on peut définir l'angle de plus grande pente comme l'angle formé entre la trajectoire (rectiligne) d'une bille circulant librement sur ce plan quelconque et le plan horizontal.

Étant donné l'équation d'un plan horizontal :

(P):ux+vy+h=0

L'angle de plus grande pente est donné par :

cos(P,P)=|cos(N,N)|=|uu+vv|u2+v2+w2×u'2+v'2

Plans perpendiculaires

Les plans (P) et (PModèle:') sont perpendiculaires si les vecteurs normaux N et N sont orthogonaux, ce qui implique

uu+vv+ww=0.

Intersection de deux plans

Soit les plans (PModèle:Ind) et (PModèle:Ind) d'équations cartésiennes respectives :

u1x+v1y+w1z+h1=0
u2x+v2y+w2z+h2=0

Alors :

  • si u2u1=v2v1=w2w1=h2h1 : les plans sont confondus ;
  • si u2u1=v2v1=w2w1h2h1 : les plans sont strictement parallèles ;

En dehors des cas précédents, les deux plans sont sécants. Leur droite commune a pour équation les équations des deux plans.

Faisceau de plans

Le faisceau de plans défini par les plans PModèle:Ind et PModèle:Ind est l'ensemble des plans solution de l'équation :

αP1+βP2=0

En posant λ=βα ;

P1+λP2=0 (avec la condition PModèle:Ind = 0 alors λ correspond à l'infini).
  • si (PModèle:Ind) et (PModèle:Ind) se coupent en une droite (D, le faisceau P1+λP2=0 est l'ensemble des plans passant par (D).
  • si (PModèle:Ind) et (PModèle:Ind) sont strictement parallèles, le faisceau P1+λP2=0 est l'ensemble des plans strictement parallèles à (PModèle:Ind).

Condition pour que trois plans aient une droite commune ou soient parallèles

Soit les plans d'équation :

(P1):u1x+v1y+w1z+h1=0
(P2):u2x+v2y+w2z+h2=0
(P3):u3x+v3y+w3z+h3=0

S'il existe Modèle:Math, Modèle:Math, Modèle:Math non tous nuls tels que :

αP1+βP2+γP3=0 pour tous x, y et z

Cette relation exprime que (PModèle:Ind) et (PModèle:Ind) sont les plans de base du faisceau contenant (PModèle:Ind).

Équation de plan et déterminant

Plan défini par un point et deux vecteurs non colinéaires

Soient un point M0(x0,y0,z0) et deux vecteurs V1 et V2 non colinéaires. Un point M(x, y, z) appartient au plan (P) passant par M0(x0,y0,z0) et de directions V1 et V2 si et seulement s'il existe deux réels λ et μ tels que M0M=λV1+μV2. Cette égalité exprime que M0M,V1,V2 sont coplanaires.

Ce qui donne, en représentant le produit mixte de ces trois vecteurs sous la forme d'un déterminant :

det(M0M,V1(a1,b1,c1),V2(a2,b2,c2))=0

Son équation est :

|xx0a1a2yy0b1b2zz0c1c2|=(b1c2c1b2)(xx0)+(c1a2a1c2)(yy0)+(a1b2b1a2)(zz0)=0

que l'on peut écrire sous la forme ux+vy+wz+h=0

Plan défini par deux points et un vecteur

Soient deux points M1(x1,y1,z1),M2(x2,y2,z2) et un vecteur V1(a,b,c) non colinéaire à M1M2.

Le point M appartient au plan passant par M1(x1,y1,z1),M2(x2,y2,z2) et de direction V1(a,b,c) si et seulement si les trois vecteurs :M1M,M1M2,V sont coplanaires, donc :

det(M1M,M1M2,V)=0

Son équation est :

|xx1x2x1ayy1y2y1bzz1z2z1c|=0

Plan défini par trois points non alignés

Soient M1(x1,y1,z1),M2(x2,y2,z2),M3(x3,y3,z3), trois points non alignés.

Par analogie avec ce qui précède, l'équation du plan passant par ces trois points est :

|xx1x2x1x3x2yy1y2y1y3y2zz1z2z1z3z2|=0

Voir aussi

Modèle:Légende plume

Bibliographie

Articles connexes


Modèle:Portail