Rayonnement continu de freinage

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Le rayonnement continu de freinage ou bremsstrahlung (prononcé en allemand Modèle:MSAPI Modèle:Prononciation, de Modèle:Lang « freiner » et Modèle:Lang « rayonnement », c.-à-d. « rayonnement de freinage » ou « rayonnement de décélération ») est un rayonnement électromagnétique à spectre large créé par le ralentissement de charges électriques. On parle aussi de rayonnement blanc.

Création d'un rayonnement par freinage d'un électron dans le champ électrique d'un noyau atomique.

Lorsqu'une cible solide est bombardée par un faisceau d'électrons, ceux-ci sont freinés et déviés par le champ électrique des noyaux de la cible. Or, comme le décrivent les équations de Maxwell, toute charge dont la vitesse varie, en valeur absolue ou en direction, rayonne. Comme l'énergie liée à la décélération des électrons est quantifiée suivant des valeurs fortement rapprochées (comme le prévoit la fonction de distribution de translation associée), cela crée un flux de photons dont le spectre en énergie est quasiment continu.

Applications

Ce procédé est notamment utilisé pour produire des rayons X, dans les générateurs de rayons X et les synchrotrons. Ces deux sources ne donnent pas le même type de spectre. En effet, le rayonnement synchrotron est purement continu, contrairement à celui d'un tube à rayons X, qui comporte quelques raies spectrales, dû à des transitions électroniques.

Forme du spectre

L'énergie maximale des photons est l'énergie cinétique initiale E0 des électrons. Le spectre en énergie s'arrête donc à cette valeur E0. Si l'on trace le spectre en longueur d'onde (représentation la plus fréquente), on a un spectre qui commence à λ0 qui vaut

λ0=hcE0

ou encore

λ0=hceU

et dont l'énergie est maximale pour λmax qui vaut

λmax=32λ0

Bremsstrahlung thermique

Le spectre de puissance du Bremsstrahlung décroît rapidement de l'infini (lorsque ω=0) à zéro (lorsque ω). Ce tracé est valide pour le cas quantique Te>27,2Z2 eV et la constante K = 3,17.

Dans un plasma, les électrons libres produisent constamment un Bremsstrahlung lorsqu'ils entrent en collision avec des ions. Dans un plasma uniforme contenant des électrons thermiques[note 1], la densité spectrale de puissance[note 2] du Bremsstrahlung émis se calcule à partir de l'équation différentielle[1] :

dPBrdω=423π[nere3]2[mec2kBTe]1/2[mec2re3]ZeffE1(wm),

ne est la densité des électrons, re est le rayon classique de l'électron, me est la masse de l'électron, kB est la constante de Boltzmann et c est la vitesse de la lumière dans le vide. Les deux premiers facteurs entre crochets à la droite de l'égalité sont sans dimension. L'état de la charge « efficace » d'un ion, Zeff, est une moyenne de la charge de tous les ions :

Zeff=ZZ2nZne ,

nZ est le nombre de densité des ions portant une charge de Z. La fonction E1 est une exponentielle intégrale. La fonction wm se calcule selon :

wm=ω2me2km2kBTe

avec km le nombre d'onde maximum ou de coupure. km=K/λB quand kBTe>27,2Z2eV (pour une seule espèce d'ions ; 27,2 eV est le double de l'énergie d'ionisation de l'hydrogène) où K est un nombre pur et λB=/(mekBTe)1/2 est la longueur d'onde de De Broglie. Sinon, km1/lclc est la distance classique de Coulomb selon la trajectoire la plus proche.

dPBr/dω est infini à ω=0 et décroît rapidement selon ω. Dans certains cas précis, il est possible de calculer analytiquement la primitive de l'équation différentielle.

Pour le cas km=K/λB, nous avons

wm=12K2[ωkBTe]2 .

Dans ce cas, la densité de puissance, intégrée sur toutes les fréquences, est finie et vaut

PBr=83[nere3]2[kBTemec2]1/2[mec3re4]ZeffαK .

La constante de structure fine α apparaît dû à la nature quantique de λB. En pratique, une version couramment utilisée de cette formule est[2] :

PBr[W/m3]=[ne7.69×1018m3]2Te[eV]1/2Zeff .

Cette formule est proche de la valeur théorique si K=3,17 ; la valeur K=3 est suggérée par Ichimaru[1].

Pour des températures très élevées, il faut apporter des corrections relativistesModèle:Laquelle en ajoutant des termes d'ordre kBTe/mec2[3].

Si le plasma est optiquement mince, la radiation du Bremsstrahlung quitte le plasma, emportant une partie de son énergie. Cet effet est appelé « refroidissement par Bremsstrahlung ».

Description par la mécanique quantique

La description entière à l'aide de la mécanique quantique a été exécutée pour la première fois par Bethe et Heitler[4]. Ils supposaient une onde plane pour des électrons qui sont diffusés par le noyau atomique, et ont déduit une section efficace qui lie la géométrie entière de ce phénomène à la fréquence du photon émis. La section efficace, qui montre une symétrie de la mécanique quantique à la création de paires, est:

d4σ=Z2αfine32(2π)2|pf||pi|dωωdΩidΩfdΦ|q|4××[pf2sin2Θf(Efc|pf|cosΘf)2(4Ei2c2q2)+pi2sin2Θi(Eic|pi|cosΘi)2(4Ef2c2q2)+22ω2pi2sin2Θi+pf2sin2Θf(Efc|pf|cosΘf)(Eic|pi|cosΘi)2|pi||pf|sinΘisinΘfcosΦ(Efc|pf|cosΘf)(Eic|pi|cosΘi)(2Ei2+2Ef2c2q2)].

Où, Z est le numéro atomique, αfine1/137 la constante de structure fine, la constante de Planck réduite et c la vitesse de la lumière. L'énergie cinétique Ekin,i/f de l'électron dans l'état initial et final est liée à son énergie totale Ei,f et sa quantité de mouvement pi,f par la formule :

Ei,f=Ekin,i/f+mec2=me2c4+pi,f2c2,

me est la masse de l'électron. La conservation de l'énergie donne

Ef=Eiω,

ω est l'énergie cinétique du photon. Les directions du photon émis et de l'électron diffusé sont donnés par

Θi=(pi,k),Θf=(pf,k),Φ=Angle entre les ondes planes (pi,k) et (pf,k),

k est la quantité de mouvement du photon.

Les différentielles sont données par

dΩi=sinΘi dΘi,dΩf=sinΘf dΘf.

La valeur absolue du photon virtuel entre le noyau atomique et l'électron est

q2=|pi|2|pf|2(cω)2+2|pi|cωcosΘi2|pf|cωcosΘf+2|pi||pf|(cosΘfcosΘi+sinΘfsinΘicosΦ).

La validité est donnée par l'approximation de Born

vZc137

où cette relation est vraie pour la vélocité v du électron dans l'état initial et final.

Pour les applications pratiques (par exemple des codes de Monte Carlo) il peut être intéressant de se concentrer sur la relation entre la fréquence du photon émis et l'angle entre ce photon et l'électron entré. Köhn et Ebert [5] ont intégré la section efficace de Bethe et Heitler sur Φ et Θf et ont obtenu:

d2σ(Ei,ω,Θi)dωdΩi=j=16Ij

avec

I1=2πAΔ22+4pi2pf2sin2Θiln(Δ22+4pi2pf2sin2ΘiΔ22+4pi2pf2sin2Θi(Δ1+Δ2)+Δ1Δ2Δ224pi2pf2sin2ΘiΔ22+4pi2pf2sin2Θi(Δ1Δ2)+Δ1Δ2)×[1+cΔ2pf(EicpicosΘi)pi2c2sin2Θi(EicpicosΘi)222ω2pfΔ2c(EicpicosΘi)(Δ22+4pi2pf2sin2Θi)],I2=2πAcpf(EicpicosΘi)ln(Ef+pfcEfpfc),I3=2πA(Δ2Ef+Δ1pfc)2+4m2c4pi2pf2sin2Θi×ln(((Ef+pfc)(4pi2pf2sin2Θi(Efpfc)+(Δ1+Δ2)((Δ2Ef+Δ1pfc)(Δ2Ef+Δ1pfc)2+4m2c4pi2pf2sin2Θi)))((Efpfc)(4pi2pf2sin2Θi(Efpfc)+(Δ1Δ2)((Δ2Ef+Δ1pfc)(Δ2Ef+Δ1pfc)2+4m2c4pi2pf2sin2Θi)))1)×[(Δ22+4pi2pf2sin2Θi)(Ef3+Efpf2c2)+pfc(2(Δ124pi2pf2sin2Θi)Efpfc+Δ1Δ2(3Ef2+pf2c2))(Δ2Ef+Δ1pfc)2+4m2c4pi2pf2sin2Θic(Δ2Ef+Δ1pfc)pf(EicpicosΘi)4Ei2pf2(2(Δ2Ef+Δ1pfc)24m2c4pi2pf2sin2Θi)(Δ1Ef+Δ2pfc)((Δ2Ef+Δ1pfc)2+4m2c4pi2pf2sin2Θi)2+8pi2pf2m2c4sin2Θi(Ei2+Ef2)22ω2pi2sin2Θipfc(Δ2Ef+Δ1pfc)+22ω2pfm2c3(Δ2Ef+Δ1pfc)(EicpicosΘi)((Δ2Ef+Δ1pfc)2+4m2c4pi2pf2sin2Θi)],I4=4πApfc(Δ2Ef+Δ1pfc)(Δ2Ef+Δ1pfc)2+4m2c4pi2pf2sin2Θi16πEi2pf2A(Δ2Ef+Δ1pfc)2((Δ2Ef+Δ1pfc)2+4m2c4pi2pf2sin2Θi)2,I5=4πA(Δ22+Δ124pi2pf2sin2Θi)((Δ2Ef+Δ1pfc)2+4m2c4pi2pf2sin2Θi)×[2ω2pf2EicpicosΘi×Ef[2Δ22(Δ22Δ12)+8pi2pf2sin2Θi(Δ22+Δ12)]+pfc[2Δ1Δ2(Δ22Δ12)+16Δ1Δ2pi2pf2sin2Θi]Δ22+4pi2pf2sin2Θi+22ω2pi2sin2Θi(2Δ1Δ2pfc+2Δ22Ef+8pi2pf2sin2ΘiEf)EicpicosΘi+2Ei2pf2{2(Δ22Δ12)(Δ2Ef+Δ1pfc)2+8pi2pf2sin2Θi[(Δ12+Δ22)(Ef2+pf2c2)+4Δ1Δ2Efpfc]}((Δ2Ef+Δ1pfc)2+4m2c4pi2pf2sin2Θi)+8pi2pf2sin2Θi(Ei2+Ef2)(Δ2pfc+Δ1Ef)EicpicosΘi],I6=16πEf2pi2sin2ΘiA(EicpicosΘi)2(Δ22+Δ124pi2pf2sin2Θi),

et

A=Z2αfine3(2π)2|pf||pi|2ωΔ1=pi2pf2(cω)2+2cω|pi|cosΘi,Δ2=2cω|pf|+2|pi||pf|cosΘi.

Une double intégration différentielle de la section efficace montre, par exemple, que des électrons dont l'énergie cinétique est plus grande que l'énergie au repos (Modèle:Unité), émettent des photons en majorité dans la direction située devant eux alors que des électrons de plus petite énergie émettent des photons de façon isotrope (c.-à-d., de façon égale dans toutes les directions).

Notes et références

Notes
  1. L'énergie des électrons suit une distribution de Maxwell-Boltzmann à une température Te.
  2. C'est une puissance par intervalle de fréquence angulaire par volume, intégrée sur l'angle solide en entier.
Références
  1. 1,0 et 1,1 Modèle:En S. Ichimaru, Basic Principles of Plasmas Physics: A Statistical Approach, Modèle:P..
  2. Modèle:En NRL Plasma Formulary, 2006 Revision, Modèle:P..
  3. Modèle:En Modèle:Lien brisé
  4. Modèle:Article
  5. Koehn, C., Ebert, U., Angular distribution of Bremsstrahlung photons and of positrons for calculations of terrestrial gamma-ray flashes and positron beams, Atmos. Res. (2013), https://dx.doi.org/10.1016/j.atmosres.2013.03.012

Voir aussi

Articles connexes

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