Vague de froid de l'hiver 1956 en Europe et au Maghreb

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L'hiver 1956 fut un hiver marqué par une vague de froid et des records de températures négatives dans l'hémisphère Nord (et encadré par deux hivers également marqués par des records de froid dans l'hémisphère Sud)[1], tout particulièrement en Europe occidentale. Il est caractérisé par des chutes de neige importantes et des records de froid dans de nombreuses régions, notamment en France métropolitaine. On estime le nombre de morts à environ Modèle:Unité à travers l'Europe[2].

L'arrivée du froid

Conditions générales en Europe

Le Modèle:Date, un très puissant anticyclone (Modèle:Unité hPa) s'était installé au sud du Groenland, et un autre (Modèle:Unité) était présent en Sibérie ; au même moment, une dépression prononcée (moins de Modèle:Unité) était présente en Norvège, et une autre plus faible (Modèle:Unité) sur la Méditerranée orientale. Il en résulta un important apport d'air arctique sur l'Europe, d'abord du Nord et de l'Est, puis de plus en plus vers le sud et l'ouest[3]Modèle:,[1].

La vague de froid avait commencé le Modèle:Date sur la Pologne et le nord de l'Allemagne, l'anticyclone étant à Modèle:Unité sur la Suède[4]. En France, la vague de froid arriva le Modèle:Date dans les régions du Nord-Est (Alsace, Ardennes) où l'on a relevé jusqu'à Modèle:Unité (alors que pendant ce temps, une température de Modèle:Unité était enregistrée à Moscou[5]).

Arrivée du froid en France

La fête de la Chandeleur a lieu le 2 février, mois le plus court et pour lequel un dicton populaire dit que « À la Chandeleur, l'hiver se meurt ou prend vigueur »[6]Modèle:,[7]Modèle:,[8]. Ce dicton fut vérifié de manière éclatante le Modèle:Date- : une chute extrêmement brutale des températures se produisit sur toute la France après un mois de janvier exceptionnellement doux.

L'arrivée du froid le jour de la Chandeleur a beaucoup de traits communs avec l'arrivée du froid le jour de l'Épiphanie qui marqua le début du Grand hiver de 1709. Un front froid de retour balaya la France qui fut le prélude d'une vague de froid destinée à durer[9]. Le mauvais temps fut initié par une advection d'air arctique continental provenant de l'Europe de l'Est[10]. Cette masse d'air arctique buta sur les Alpes et engendra la formation d'une dépression dynamique sur le golfe de Gênes, conséquence du théorème de conservation du tourbillon potentiel[Note 1]Modèle:,[Note 2].

Les froids furent vifs, les températures minimales du Modèle:Date- furent à Paris Modèle:Unité, à Lyon Modèle:Unité et même à Marseille Modèle:Unité[12]. La température minimale à Nice ce jour-là ne fut que Modèle:Unité[13]. Cette relative « douceur » explique les chutes de neige abondantes sur la Côte d'Azur.

Arrivée du froid sur le sud-est de la France

À Lyon, le froid commença à s'installer le Modèle:1er février où la température minimale fut de Modèle:Unité et le maxima seulement Modèle:Unité[14]Modèle:,[15]. Ce Modèle:Date-, un faible flux de nord-ouest balayait la Provence et des températures fraîches de l'ordre de Modèle:Unité étaient présentes sur le Centre-Var (région de Brignoles)[16]. À Saint-Raphaël, la température minimale fut de Modèle:Unité[17].

Le Modèle:Date- au matin, le radiosondage de Nîmes montre qu'à bas niveau (jusqu'à Modèle:Unité), une masse d'air arctique avait envahi la région, une couche isotherme se situait entre Modèle:Unité et Modèle:Unité. Au-dessus, de l'air polaire résiduel restait jusqu'à la tropopause qui s'était abaissée à Modèle:Unité[16]. Le réchauffement de l'air stratosphérique était de Modèle:Unité. Cette configuration est un cas d'école pour du très mauvais temps sur la mer Méditerranée. En effet, une masse puissante d'air arctique eut envahi la France; elle se bloqua sur les Alpes. D'après le théorème de conservation du tourbillon potentiel, il se forma une dépression dynamique sur le golfe de Gênes[Note 3]Modèle:,[18]Modèle:,[20]Modèle:,[21]. Par conséquent ce jour-là, un mistral violent (de direction nord ouest) soufflait sur Marseille[Note 4] alors qu'il tombait Modèle:Unité de neige à Vence[11].

Ainsi Guillaume Séchet[24] raconte : Modèle:Citation[Note 5]. À l'aéroport de Marignane, aucunes précipitations ne se produisirent, tandis qu'au centre ville de Marseille, des chutes légères de neige se produisirent[27]. À Toulon, le ciel était dégagé jusqu'à 5 h 50 et brutalement des cirrus apparurent dans le ciel suivis d'un nimbus[Note 6]. Des chutes de neige modérées se produisirent et il tomba Modèle:Unité de neige. Celles-ci cessèrent à 09:30[28]. La mer à Modèle:Unité se mit à « fumer » et un brouillard d'advection se forma[28]. Le vent était de secteur ouest-nord-ouest de Modèle:Unité à Modèle:Unité. La température minimale fut de Modèle:Unité à 4 h 55. Donc, lorsque le temps se couvrit et la neige se mit à tomber, la température remonta.

À Saint-Raphaël, la température minimale fut de Modèle:Unité et de très faibles chutes de neige se produisirent entre 4 h 45 et 7 h 15. Le total cumulé fut de seulement Modèle:Unité[17].

En Provence orientale, les chutes de neige furent plus abondantes sur la Côte, comme mentionné supra, il tomba Modèle:Unité de neige à Vence, Modèle:Unité de neige à Antibes[11]. À Nice, il tomba Modèle:Unité de neige épaisse[Note 7]Modèle:,[30]. Par contre à Peïra-Cava à Modèle:Unité d'altitude au pied du Massif du Mercantour dans le Comté de Nice, il ne tomba que Modèle:Unité de neige. Les chutes de neige furent aussi très faibles sur la Riviera où il ne tomba que Modèle:Unité de neige à Monaco et Menton[11].

À Lyon, la température minimale chuta à Modèle:Unité le Modèle:Date-. Le maximum fut seulement Modèle:Unité ce jour-là[14]Modèle:,[15]. Le temps commença alors à se « radoucir » vu que le lendemain, le minimum ne fut que de Modèle:Unité et le maximum de Modèle:Unité[14]Modèle:,[15].

L'installation du froid sur l'Europe

Fichier:Bundesarchiv Bild 183-36053-0001, Meißen, Elbe, Winter.jpg
L'Elbe charriant des glaçons le 4 février.
Fichier:HMS Uppland Covered in Ice.jpg
Le destroyer suédois Modèle:Lien couvert de glace.

En Suède

La Suède fut isolée du reste du monde par la Baltique qui encercla le pays d’une épaisse ceinture de glace.

En Allemagne

Même situation dans le port de Hambourg, où des cargos durent patienter plusieurs semaines avant de pouvoir repartir.

Dans le sud, le Danube était entré en crue en Modèle:Date-, et n'était pas encore descendu : le gel se déclara sur Modèle:Unité d'épaisseur dans les rues des villes riveraines[31].

La côte hollandaise fut également gelée, et cinq passagers d’un bateau de pêche restèrent prisonniers des glaces pendant quatre jours.

En Suisse

La température moyenne du mois fut de -7.8 degrés à Genève, de -9 degrés à Bâle et de -8.9 degrés à Zürich, soit de 10 à 12 degrés sous les normes. À Bâle, le minimum absolu fut atteint le Modèle:Date- et fut de Modèle:Unité[32]. Le Modèle:Date- encore, le minimum absolu du mois à Zurich fut atteint, il fut de Modèle:Unité[33]. À Genève, la température s'abaissa à Modèle:Unité le Modèle:Date-[Note 8]Modèle:,[35] (du jamais vu depuis le Modèle:Date-, où le thermomètre avait atteint les -23.3 degrés). Plus exceptionnel encore, la température maximale ne dépassa pas les Modèle:Unité degrés le Modèle:Date-, le minimum ce jour « ne fut que de » Modèle:Unité[Note 9]Modèle:,[35].

Ceci eut pour conséquence le gel complet du petit lac.

En France

Dès le Modèle:Date-, toute la France subit la vague de froid : il faisait Modèle:Unité à Paris et la Seine fut entièrement gelée[37]. Au sud, les températures furent moins basses, toutefois d'importantes chutes de neige se produisirent : Modèle:Unité de neige à Antibes, par exemple[24]. Il y eut des congères de 1 à Modèle:Unité de haut à Saint-Tropez[38]. On estima le nombre de morts dus au froid en France à 150[39]. Cependant Guillaume Séchet et Emmanuel Le Roy Ladurie affirment que cette vague de froid aurait fait Modèle:Num morts en France[24]Modèle:,[40].

Toutes les régions françaises furent concernées, avec environ 95 % des fleuves et rivière pris par l'embâcle :

On releva des températures extrêmement basses : Modèle:Colonnes

Ce mois de février fut en France le mois le plus froid du Modèle:S-[24].

En France du sud-est

Le sud-est de la France fut touché par 3 vagues de froid successives qui eurent lieu les 1 et Modèle:Date-, du 10 au Modèle:Date- et finalement du 19 au Modèle:Date-. L'acmé de la vague de froid se produisit le Modèle:Date-. La vague de froid se termina vers le Modèle:Date- où une ligne d'orages violents de neige frappa la région. Ces orages eurent parfois un caractère tornadique. Des chutes de neige résiduelles se produisirent encore le Modèle:Date- et le temps printanier revint le Modèle:Date-. Ainsi, la glace resta au sol pendant 20 jours à la villa Thuret à Antibes[45]. Le minimum minimorum dans le département du Var fut atteint à Pourrières avec Modèle:Unité[46] qui est très proche du mimum minimorum du Puy voire de Zurich !

État de l'atmosphère

Lors de la Modèle:2e vague de froid, à Nîmes, la couche d'air arctique s'étendait du sol jusqu'à Modèle:Unité et la différence de température était de Modèle:Unité à Modèle:Unité, une couche frontale active d'épaisseur de Modèle:Unité se trouvait au-dessus. Jusqu'à Modèle:Unité il y avait une couche d'air « polaire » de retour plus chaude qui était presque saturée dans toute la hauteur. On était donc en présence de « Mistral noir » surmonté d'un nimbostratus épais qui engendra des neiges abondantes sur la région de Saint-Raphaël[47]Modèle:,[48]. Les chutes de neige correspondaient à un refroidissement et non à un redoux comme il est habituel[20]. Les chutes de neige frappèrent le littoral de la Côte d'Azur, épargnèrent les montagnes au nord, et la Provence à l'ouest, où soufflait un mistral violent[20]. Le nimbostratus précité devait probablement contenir des cellules convectives car le gradient de température Tz devint plus élevé au-dessus de la mer tiède (sa température était de l'ordre de Modèle:Unité)[20]. Ce phénomène démontre les limites du modèle norvégien des fronts[49].

Lors de la Modèle:3e vague de froid, la couche d'air arctique s'étendait du sol jusqu'à Modèle:Unité. Une zone de transition s'étendait jusqu'à Modèle:Unité. Jusqu'à Modèle:Unité il y avait une couche d'air « polaire » de retour plus chaude. Le Modèle:Date-, la dépression du golfe de Gascogne se déplaça vers l'est dans le golfe du Lion. D'après la loi de Buys-Ballot, le vent au sol devient alors de secteur sud-est. La masse d'air arctique fut donc rejetée à l'arrière de la dépression vers l'ouest. En conséquence l'air « polaire » de retour qui était chaud et humide descendit jusqu'au sol et donc créa une instabilité de l'atmosphère. Un front chaud de retour se forma : il se déplaça de l'est vers l'ouest. Cela fut la fin de la vague de froid dans la région[47].

Les relevés de température de la Côte d'Azur pour le mois de Modèle:Date- sont donnés dans l'article de Dugelay[50]. On note que Modèle:Date- fut particulièrement clément à Menton où le minimum minimorum ne fut que de Modèle:Unité le Modèle:Date-.

Conditions au jour le jour

La vague de froid du Modèle:Date- fut brève. La situation s'améliora dans la région lyonnaise avec des gelées moins fortes[14]. Le dégel s'amorça en Provence.

Un front neigeux rétrograde se déplaçant lentement frappa la Côte d'Azur à partir du Modèle:Date-. Il commença à neiger le Modèle:Date- à 19:00 à Menton, à 22:00 au Cap Ferrat et à 01:00 à Nice le lendemain. Après liquéfaction, les précipitations s'élevèrent à Modèle:Unité à Monaco, Modèle:Unité au Cap Ferrat et seulement Modèle:Unité à Antibes[48]. Il frappa Saint-Raphaël un peu plus tard (cf infra).

À Lyon, le Modèle:Date- la température s'effondra à Modèle:Unité[15]. À Genève, le Modèle:Date-, une bise violente s'établit avec des températures glaciales (voir supra). Concomitamment dans la nuit du 9 au Modèle:Date-, une tempête de mistral se déchaîna avec des pointes de Modèle:Unité à Marignane[38]. Des journées frigides eurent lieu à Marseille du 10 au Modèle:Date- avec le minimum de Modèle:Unité atteint le Modèle:Date- à l'aéroport[Note 10]. À Toulon le temps fut d'abord très nuageux à nuageux jusqu'au Modèle:Date-. Puis le temps devint ensoleillé jusqu'au Modèle:Date- avec des vents modérés de secteur ouest à est. Soudain tôt le matin à 03:30 le Modèle:Date- à Toulon, une redite du Modèle:Date- se produisit. Le ciel se couvrit par stratocumulus et fractostratus. Un orage se produisit au loin vers le sud-est à 05:05. La température était glaciale et le minimum de Modèle:Unité fut atteint à 07:15. Le vent était modéré de secteur ouest à ouest-nord-ouest de Modèle:Unité à Modèle:Unité[53]. De faibles chutes de neige intermittentes se produisirent le Modèle:Date-. Il ne tomba que Modèle:Unité de neige à Toulon.

À Saint-Raphaël, il neigea abondamment les 10 et Modèle:Date-. Il tomba respectivement Modèle:Unité et Modèle:Unité[17]. Il tomba Modèle:Unité de neige à Sainte-Maxime et Modèle:Unité au Cap Camarat. Il tomba jusqu'à Modèle:Unité de neige localement[38]. Le minimum de température fut atteint le Modèle:Date- avec Modèle:Unité[50]Modèle:,[16].

Au Luc, les minima de température restèrent au-dessous de Modèle:Unité du 10 au Modèle:Date-. Le record fut atteint le Modèle:Date- où il fit Modèle:Unité[50]Modèle:,[54]. Une chute de neige abondante se produisit le Modèle:Date- de Modèle:Unité et le Modèle:Date- après-midi, il tomba Modèle:Unité supplémentaires[54].

Dans les Alpes maritimes les chutes de neige furent très irrégulières. À Monaco, il tomba Modèle:Unité de neige, à Peïra-Cava, il tomba Modèle:Unité de neige alors qu'à Saint-Martin-Vésubie, au pied du Massif du Mercantour, il ne tomba que Modèle:Unité[Note 11]. Il ne tomba que Modèle:Unité de neige à Breil-sur-Roya[11]. Le minimum de température à Cannes fut atteint le Modèle:Date- et fut de Modèle:Tmp et de même le Modèle:Date- à Nice et il fut de Modèle:Tmp. Pour Menton le minimum fut atteint le Modèle:Date- (Modèle:Tmp).

On remarque donc qu'en règle générale, le jour le plus froid sur la côte méditerranéenne fut le Modèle:Date-.

Une dépression sur la mer du Nord formée le Modèle:Date- engendra une perturbation neigeuse qui balaya la France le Modèle:Date-[38]. Le Modèle:Date-, une chute de neige appréciable se produisit sur Lyon alors pendant que le reste du mois les précipitations ont été faibles sur la région lyonnaise[56] ; il ne tomba que Modèle:Unité de neige sur Lyon ce jour-là[15]. Le front froid se bloqua sur les Alpes et ainsi, une tempête de mistral se déclencha le Modèle:Date- qui balaya la neige poudreuse tombée auparavant[57]. Ainsi, À Saint-Tropez, il se forma des congères de 1 à Modèle:Unité de haut qui bloquèrent la ville[38]. En même temps, le ciel se dégagea rapidement et devint clair et lumineux vers Saint-Tropez[38]. Cependant, à Nice, il tomba encore un peu de neige (Modèle:Unité) le Modèle:Date-[58]. Ce jour-là, les cartes météorologiques montraient à la surface une dépression étirée sur le sud de l'Italie ; et à Modèle:Unité un creux barométrique de Modèle:Unité dans la région de Salzbourg avec un anticyclone sur le nord du Massif central[59].

À Lyon, le record de froid fut atteint le Modèle:Date- où il fit Modèle:Unité[56]Modèle:,[60]Modèle:,[15].

Plus tard, les hautes pressions continentales s'affaiblirent et il se forma une dépression centrée sur l'Afrique du Nord[38] le Modèle:Date-. D'après la loi de Buys-Ballot, un flux d'est-sud-est se forma en Provence qui entraîna un redoux relatif : il fit Modèle:Unité à Toulon[38].

La dernière salve de mauvais temps arriva par le nord de l'Italie le Modèle:Date-. Dans le sud-est de la France, le temps était brumeux mais ensoleillé et dans la nuit qui suivit, il neigea à nouveau et il tomba Modèle:Unité de neige à Saint-Raphaël. Cependant, la température minimale à Toulon le Modèle:Date- ne fut que de Modèle:Unité[53]. Il neigea encore au Luc et à Saint-Raphaël où il tomba encore Modèle:Unité de neige supplémentaires[54]Modèle:,[17] le Modèle:Date-. Il tomba Modèle:Unité de neige à Cannes, Modèle:Unité à Menton. Il tomba Modèle:Unité de neige à Peïra-Cava tandis que juste en dessous, il ne tomba que Modèle:Unité à Lantosque. Il tomba Modèle:Unité à Saint-Auban, et Modèle:Unité à Bouyon[61].

Une dépression se forma sur la Bretagne le Modèle:Date- qui glissa vers le golfe de Gascogne. Elle se glissa vers l'est à travers le seuil de Naurouze vers le golfe du Lion. D'après la loi de Buys-Ballot, un flux tempétueux d'est-sud-est s'établit. Un flux rétrograde se forma qui frappa d'est en ouest. Une ligne d'orages de neige se forma. Un vent violent d'est de Modèle:Unité se leva à 03:55 à Saint-Raphaël juste avant un orage qui frappa la ville de 04:00 à 06:20[17]. Il frappa ensuite Toulon le Modèle:Date- à partir de 11:00[38]. En certains points, la profondeur de la couche neigeuse atteignait Modèle:Unité. Les pointes de vent furent de Modèle:Unité. Il se produisit localement des phénomènes assimilables à une tornade qui arrachèrent les toits et brisèrent les poteaux et arbres[Note 12]Modèle:,[63].

Le temps revint progressivement à la normale. Le Modèle:Date-, il fit Modèle:Unité à Toulon alors qu'il gelait encore à l'intérieur. Le temps devint ensoleillé à Toulon le Modèle:Date- où il fit Modèle:Unité et jusqu'à Modèle:Unité le Modèle:Date-.

En Italie

En Italie, dès le Modèle:Date, il faisait Modèle:Unité dans la vallée du Pô. La neige tomba pendant cent heures consécutives sur certaines régions, des centaines de villages avaient été isolés, et des chômeurs affamés manifestèrent dans le sud (la couche de neige avait atteint Modèle:Unité près de Naples, et la température était descendue jusqu'à Modèle:Unité à Palerme)[1].

En Espagne

Dans les Pyrénées espagnoles, au pied du Cylindre du Marboré, au bord du Lac glacé du Marboré, une température de Modèle:Unité fut enregistrée[3]. Dans les Îles Baléares, des températures négatives ont été mesurées : Modèle:Unité à Palma de Majorque, Modèle:Unité à l'aéroport et Modèle:Unité au monastère de Lluc[64].

Au Portugal

La vague de froid atteignit le Portugal du 3 au Modèle:Date- ; puis, dans les nuits du 11 et du Modèle:Date-, les températures les plus faibles ont été observées : jusqu'à Modèle:Unité à Penhas da Saúde ; l'ensemble du territoire continental portugais était alors plongé dans des températures inférieures à zéro, à l'exception du Cap Carvoeiro et de Sagres (le point le plus méridional du pays)[65].

En Afrique du Nord

Cette vague sibérienne exceptionnelle s’étendit jusqu’à l’Afrique du Nord. Oran et Philippeville furent recouverts d'une épaisse couche de neige, des minima inférieurs à Modèle:Unité ont été enregistrés en bord de mer à Tanger, au Maroc[3].

Dégâts sur la végétation

Dans la période précédant la vague de froid, les conditions avaient été extrêmement clémentes avec de très nombreuses pluies. Dans le sud de la France, la végétation avait commencé à redémarrer et donc la sève avait commencé à monter. Il existe un dicton qui dit

  • «Il vaut mieux voir un voleur dans son grenier; Qu'un laboureur en chemise en janvier »[66].

Comme les températures avaient été très douces durant ces les mois de décembre et janvier précédents, ce dicton fut vérifié car cette douceur fut suivie d'une grosse vague de froid qui fit des dégâts substantiels sur la végétation. En effet, la végétation dans le sud-est avait commencé à redémarrer[45]. Les dégâts furent aggravés par la concomitance de chutes de neige substantielles, de violent mistral et froids vifs[61].

Gel des oliviers

Fichier:Daluis village.jpg
Le village de Daluis avec quelques oliviers abandonnés en contrebas qui sont un reliquat du gel de 1956.

Le domaine de culture de l'olivier recula significativement car les oliviers qui avaient le plus souffert étaient à la limite supérieure de leur domaine de culture. Ainsi, à Mas-Cabardès dans la Montagne Noire, les oliviers étaient autrefois cultivés et il y avait Modèle:Unité sur le territoire de la paroisse avant la Révolution. Ces oliviers périrent tous lors du grand hiver de 1709, ils furent replantés et gelèrent à nouveau en 1956 et ne furent pas replantés[67]Modèle:,[68]. Les champs d'oliviers ont été remplacés par des bois de chênes verts[69].

Sur la Côte d'Azur, les oliviers ne furent pas touchés sur la bande littorale allant de Menton à Cannes, dans l'arrière pays immédiat où Dugelay affirme que les gelées n'eussent été que de Modèle:Unité à Modèle:Unité[70], les oliviers n'eurent que quelques feuilles roussies[Note 13].

Dans le département des Alpes-Maritimes, les oliviers furent aussi touchés. Cependant, seulement 2,5 % des oliviers périrent. Plus de 50 % des oliviers survécurent sans gros dommages, environ 20 % des oliviers durent subir une taille plus ou moins sévère et d'autres oliviers (8 %) repartirent à partir du pied après coupure à la base de l'arbre (recépage)[71].

Dans le Comté de Nice, les oliviers étaient cultivés jusqu'à Modèle:Unité d'altitude en adret. Ces oliveraies furent sévèrement touchées et la culture de l'olivier régressa. Ainsi, il y avait des oliviers cultivés à Daluis (Modèle:Unité d'altitude assez au nord), à La Croix-sur-Roudoule (Modèle:Unité d'altitude), à Rimplas (Modèle:Unité d'altitude) etc. Ces oliviers furent sévèrement touchés[71]. Cependant dans le basses vallées du Comté de Nice, les oliviers ne furent que peu touchés comme à L'Escarène, Sospel ou Breil[71].

En Provence orientale, les températures étaient de l'ordre de Modèle:Unité et les oliveraies de Saint-Cézaire et Cabris furent durement touchées[71]. En se déplaçant vers l'ouest dans le département du Var, les dégâts furent nettement plus sévères à cause des températures atteignant Modèle:Unité comme à Pourrières, et certains oliviers ayant déjà subi une montée de sève furent intégralement gelés et eurent l'écorce de leur tronc éclaté laissant le bois à nu. Jean-Marc guillon écrivit que[72] : « Les oliviers éclatent sous l'effet du gel, car la sève a commencé à monter. La plupart - soit aux alentours de cinq millions dans la région - devront être coupés. Beaucoup seront abandonnés. ». En fait comme énoncé supra, le département des Alpes-Maritimes a été dans l'ensemble épargné.

Le mois de mars fut relativement frais et pluvieux[73] ce qui aida grandement la végétation à repartir. Ainsi, certains oliviers qui avaient perdu leur feuillage, reformèrent des bourgeons vers les mois de mai-juin et repartirent d'eux-mêmes[71].

Gel des amandiers

Dans les vergers du Midi, ce fut l'hécatombe pour les amandiers, qui n'ont pas été replantés ensuite. La plupart des propriétaires ont replanté autre chose, car l'amandier était une culture secondaire, sensible aux maladies et à faible rendement. Une des conséquences, encore aujourd'hui, c'est que la frangipane à base d'amandes françaises a quasiment disparu[74].

Gel des agrumes

Les citronniers dans la région de Menton ne furent pas touchés[75]. Les orangers et mandariniers n'ont pas été touchés dans la région de Menton jusqu'à Modèle:Unité d'altitude, et les feuilles ne gelèrent qu'au-dessus de cette limite[76]. À Nice et à Cannes, de nombreux arbres (orangers et citronniers) périrent ou furent fortement endommagés et certains purent repartir par recépage du pied[76]. Au Bar-sur-Loup les orangers jadis utilisés par l'industrie de la parfumerie de Grasse avaient particulièrement souffert. Guillaume Séchet affirma que « Certaines plantations seront d’ailleurs anéanties Modèle:Souligner[Note 14], comme les orangers de la vallée du Loup, près de Grasse[79]. »

Les chênes verts

Comme les chênes verts sont autochtones en Provence, ceux-ci ont très peu souffert du gel nonobstant des températures de Modèle:Unité à Modèle:Unité. Les cas de troncs éclatés par le gel furent très rares et même si les feuilles avaient roussi et étaient tombées, de nouveaux bourgeons se formèrent et les arbres repartirent normalement. Seuls quelques arbres malades moururent[80].

Les pins d'Alep

Les pins d'Alep ont nettement plus souffert que les chênes verts. Même dans la Riviera où il n'a pratiquement pas gelé, les arbres ont été durement touchés par le vent en bordure de mer du Cap Martin au Cap d'Antibes[81]. Dans les basses vallées du Comté de Nice, les aiguilles furent roussies sans avoir le degré de gravité du gel dans le département du Var[81]. En limite septentrionale de l'aire du pin d'Alep les dégâts ont été particulièrement sévères. Par exemple, à Salernes ou au Beausset, la moitié des arbres ont été tués[82]. En particulier ces pins n'avaient pas pu bénéficier du mois de mars humide pour récupérer[81].

Voir aussi

Modèle:Autres projets

Articles connexes

Notes et références

Notes

Modèle:Références

Références

Modèle:Références

Bibliographie

Modèle:Portail

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