Variété finslérienne

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En mathématiques, et en particulier en géométrie la notion de longueur d'un arc joue un rôle important. Il est fortement lié à la notion de tangente et de vitesse d'une courbe. Une variété finslérienne (ou variété de Finsler) est une variété différentielle admettant sur ses espaces tangents une norme faible permettant de mesurer la longueur des arcs.

Définition et exemples élémentaires

Une variété finslérienne Ckest la donnée d'une variété différentielle lisse M et en chaque point m de M d'une fonction F(m,) à valeurs réelles sur l'espace tangent TmM, telle qu'en tout point m de la variété M, F(m,) est une norme faible, c'est-à-dire qu'elle satisfait les propriétés suivantes :

  1. (Positivité) Elle est positive, i.e., vTmM,F(m,v)0;
  2. (Séparation) Elle est définie au sens où vTmM,F(m,v)=0v=0;
  3. (Homogénéité positive) Pour tout nombre réel positif t, et pour tout vecteur v de TmM, F(m,tv)=tF(m,v);
  4. (Inégalité triangulaire) Pour tout couple de vecteurs v et w de TmM, F(m,v+w)F(m,v)+F(m,w),

Pour tout champs de vecteurs Xde M la fonction mFm(Xm) est de classe Ck.

La fonction F est appelée métrique de Finsler, et on dit que la variété est munie d'une structure finslérienne. Si la norme faible est une norme, c'est-à-dire si pour tout vecteur v de TmM, F(m,v)=F(m,v), on dit que la métrique est réversible.

Remarques

Une définition restrictive consiste à remplacer l'inégalité triangulaire par la convexité quadratique de

F

, c'est-à-dire à exiger que le hessien de

F2

soit défini positif. Par hessien on entend la forme bilinéaire suivante :

gm,v(V,W)=122st[F2(m,v+sV+tW)]|s,t=0v,V,WTmM

.

Une autre manière de parler de la convexité quadratique revient à dire que le sous ensemble convexe

BF(m)={vTmMF(m,V)1}

, appelé boule unité de

F

au point

m

, admet en chaque point de son bord un ellipsoïde osculateur à l'ordre deux. Il revient au même de dire que la courbure de Gauss du bord de

BF(m)

est strictement positive en tout point. Il est entendu que dans ce cas la fonction

F

doit être suffisamment régulière pour que lesdits objets existent. On appelle tenseur fondamental le tenseur

g

dans ce cas.

Exemples

  • Un espace vectoriel muni d'une norme faible. Si la norme est quadratiquement convexe on parle de norme de Minkowski.
  • Une variété riemannienne, qui correspond au cas où F2 est une forme quadratique définie positive en tout point de la variété. Dans ce cas, (TmM,F(m,)) est un espace euclidien pour tout point m de M et le tenseur fondamental est égal à la forme bilinéaire symétrique définie positive associée à la forme quadratique F2.
  • Les métriques de Randers, qui sont construites à partir d'une métrique riemannienne en la perturbant par une 1-forme. Plus précisément, si (M,g)est une variété riemannienne et α est une forme différentielle de degré un sur la variété, dont la norme est strictement plus petite que 1 (c'est-à-dire si αm(v)<gm(v,v) pour tout vTmM et tout mM), on peut définir la métrique de Finsler suivante F(m,v)=gm(v,v)αm(v). Dans ce cas, la boule unité est encore un ellipsoïde, mais il n'est plus centré en l'origine.
  • Les géométries de Hilbert[1]. Elles sont définies à l'intérieur d'un sous-ensemble convexe ouvert et borné d'un espace euclidien comme suit. Soit Ω un tel ensemble convexe de l'espace euclidien (n,||.||). On considère un point pΩ et un vecteur vn (dans ce cas l'espace tangent est identifié à n). La droite passant par le point p et dirigée par le vecteur v intersecte le bord de l'ensemble convexe en deux points a et b (ce qui est également une caractérisation des ensembles convexes). On pose alorsF(p,v)=||v||12(1||pa||+1||pb||)

Longueur d'une courbe, géodésiques

Si (M,F) est une variété finslérienne, on peut définir la longueur d'une courbe γ:[a,b]M qui est C1 par morceaux à l'aide de la formule suivanteL(γ)=abF(γ(t),γ˙(t))dt.Les géodésiques sont les courbes qui minimisent la longueur entre les points de leurs images.

Remarques

L'homogénéité positive de la métrique de Finsler implique que la longueur d'une courbe reste invariante par reparamétrisation croissante. Attention au fait que si la métrique n'est pas réversible le sens de parcours influe sur sa longueur.

Lorsque la métrique est suffisamment lisse le calcul des variations nous permet de faire apparaître une équation d'Euler-Lagrange qui est doit être satisfaite par les géodésiques. C'est le cas pour une métrique de Finsler quadratiquement convexe par exemple.

Courbure drapeau des métriques quadratiquement convexes

Soit V un champ de vecteur sur un ouvert O de la variété finslérienne (M,F), dont la métrique est quadratiquement convexe.

On peut alors définir sur O une métrique riemannienne gVpar l'égalité gmV=gm,V(m).

Considérons un segment géodésique γ et supposons que Vγ soit un champ de vecteur qui étend localement, sur un ouvert O contenant γ, le champ des vitesses γ˙. On peut ainsi considérer la métrique gVγ sur O.

Propriété

La longueur de γ pour la métrique riemannienne gVγ est égale à sa longueur pour la métrique de Finsler F. En particulier elle ne dépend pas du champ Vγ [2].

La courbe γ est aussi une géodésique pour la métrique riemannienne gVγ.

Définition de la courbure drapeau

La courbure drapeau d'une variété finslérienne est une fonction dépendant d'un point mM, d'un plan vectoriel σTmM et d'un vecteur v non nul du plan σ. C'est la courbure sectionnelle Kg(σ) d'une métrique riemannienne de la forme g=gVγ, où γ est la géodésique partant de m à vitesse initiale v.

Notes et références

Modèle:Références

Annexes

Bibliographie


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