Équation de Schröder-van Laar

De testwiki
Aller à la navigation Aller à la recherche
Fichier:Diag phase eau sel.png
Figure 1 - Diagramme de phase eau-chlorure de sodium. La courbe (liquidus) séparant le domaine du liquide des deux domaines liquide + solide peut être représentée à l'aide de l'équation de Schröder-van Laar.

En chimie physique, l'équation de Schröder-van Laar représente l'évolution de la composition d'un mélange liquide binaire (composé de deux espèces chimiques) en fonction de la température lorsque seul l'un des deux corps se solidifie (les deux corps ne sont pas miscibles en phase solide). En d'autres termes, elle représente la courbe de congélation du mélange liquide ou la courbe de solubilité du solide dans le liquide.

Cette équation est aussi appelée équation de Schröder-Le Chatelier[1]Modèle:,[2], ou encore équation de Schröder-van Laar-Le Chatelier. Elle a été proposée indépendamment par Le Chatelier en 1885[3]Modèle:,[4], Schröder en 1893[5] et van Laar en 1903[6]Modèle:,[7]. Elle décrit le liquidus d'un diagramme de phase liquide-solide lorsque les deux solides purs sont totalement non miscibles et permet de déterminer la température et la composition de l'eutectique. Elle a pour cas limite la loi de la cryométrie lorsque la quantité en phase liquide du corps qui ne se solidifie pas est négligeable devant celle du corps qui se solidifie.

Cette équation peut être étendue au cas des solides miscibles et au cas des solutions non idéales. Elle permet alors de représenter également le solidus du diagramme de phase liquide-solide.

Énoncé

Solides non miscibles

Soit un mélange binaire, constitué des deux espèces chimiques A et B, liquide sous la pression P constante. On suppose que les corps A et B ne sont pas miscibles en phase solide, c'est-à-dire que seul l'un des deux corps se solidifie lors d'un refroidissement du liquide, l'autre restant en phase liquide. On suppose ici que le corps A se solidifie progressivement lors de l'opération de refroidissement.

L'équation de Schröder-van Laar lie la composition du liquide à la température de l'équilibre liquide-solide A ; elle s'écrit :

Équation de Schröder-van Laar

lnxA=ΔfusHARTfus,A[1Tfus,AT]ΔfusCP,AR[1Tfus,AT+ln(Tfus,AT)]

avec :

Les capacités thermiques du liquide et du solide d'un corps pur étant généralement assez proches :

ΔfusCP,A0

l'équation peut être simplifiée en :

Équation de Schröder-van Laar simplifiée

lnxA=ΔfusHARTfus,A[1Tfus,AT]

Solides miscibles

Si les deux solides sont miscibles, les solutions liquide et solide étant idéales, l'équation de Schröder-van Laar peut être étendue sous la forme :

Solutions liquide et solide idéales
ln(xAlxAs)=ΔfusHARTfus,A[1Tfus,AT]ΔfusCP,AR[1Tfus,AT+ln(Tfus,AT)]

avec xAl et xAs les fractions molaires du corps A respectivement dans les phases liquide et solide.

Généralisation

Dans le cas général, c'est-à-dire dans le cas où les solutions solide et liquide ne sont pas idéales, on a :

Cas général
ln(aAlaAs)=ln(xAlγAlxAsγAs)=ΔfusHARTfus,A[1Tfus,AT]ΔfusCP,AR[1Tfus,AT+ln(Tfus,AT)]

avec :

  • aAl et aAs les activités chimiques du corps A à T respectivement dans les phases liquide et solide ;
  • xAl et xAs les fractions molaires du corps A respectivement dans les phases liquide et solide ;
  • γAl et γAs les coefficients d'activité du corps A à T respectivement dans les phases liquide et solide, tels que aAl=xAlγAl et aAs=xAsγAs.

Démonstration

On considère un mélange binaire, constitué des deux corps A et B, à l'équilibre liquide-solide sous une pression P constante à la température T. La démonstration est effectuée dans un premier temps dans le cas général, avec pour seule hypothèse que les propriétés physiques du corps A peuvent être considérées comme constantes entre la température de fusion Tfus,A du corps pur et la température T du mélange. Le raisonnement mené sur le corps A est également valable pour le corps B.

À l'équilibre liquide-solide on a pour le corps A l'égalité des potentiels chimiques :

Modèle:Equarefa μAl=μAs

avec :

  • μAl le potentiel chimique du corps A en phase liquide à T ;
  • μAs le potentiel chimique du corps A en phase solide à T.

Les potentiels chimiques du corps en solution s'écrivent en fonction des potentiels chimiques du corps pur :

Modèle:Equarefa μAl=μAl,*+RTlnaAl
Modèle:Equarefa μAs=μAs,*+RTlnaAs

avec :

On réécrit la relation Modèle:Equarefl :

Modèle:Equarefa μAl,*μAs,*=RTln(aAlaAs)

Étant donné l'identité de l'enthalpie libre molaire et du potentiel chimique d'un corps pur, la relation de Gibbs-Helmholtz donne pour un corps pur quelconque, quelle que soit la phase, liquide ou solide :

Modèle:Equarefa (μ*TT)P=H¯*T2

avec H¯* l'enthalpie molaire du corps pur. En introduisant C¯P* la capacité thermique isobare molaire du corps pur dans la phase considérée, on a :

(H¯*T)P=C¯P*

que l'on intègre entre Tfus, la température de fusion du corps pur sous la pression P, et T :

TfusTdH¯*=TfusTC¯P*(T)dT

En considérant que C¯P* varie peu en fonction de la température on obtient :

H¯*(T)H¯*(Tfus)=C¯P*(Tfus)(TTfus)

On injecte cette relation dans Modèle:Equarefl que l'on intègre entre Tfus et T :

TfusTd(μ*T)=TfusTH¯*(Tfus)+C¯P*(Tfus)(TTfus)T2dT
μ*(T)Tμ*(Tfus)Tfus=[H¯*(Tfus)T+C¯P*(Tfus)lnT+C¯P*(Tfus)TfusT]TfusT=H¯*(Tfus)[1T1Tfus]+C¯P*(Tfus)[1TfusTln(TTfus)]

En introduisant l'entropie molaire S¯* du corps pur dans la phase considérée et en considérant la relation :

μ*(Tfus)=H¯*(Tfus)TfusS¯*(Tfus)

on obtient :

μ*(T)=H¯*(Tfus)TS¯*(Tfus)+TC¯P*(Tfus)[1TfusTln(TTfus)]

que l'on décline pour le corps A pur dans chacune des deux phases :

μAl,*(T)=H¯Al,*(Tfus,A)TS¯Al,*(Tfus,A)+TC¯P,Al,*(Tfus,A)[1Tfus,ATln(TTfus,A)]
μAs,*(T)=H¯As,*(Tfus,A)TS¯As,*(Tfus,A)+TC¯P,As,*(Tfus,A)[1Tfus,ATln(TTfus,A)]

On a ainsi la relation :

Modèle:Equarefa μAl,*(T)μAs,*(T)=[H¯Al,*(Tfus,A)H¯As,*(Tfus,A)]T[S¯Al,*(Tfus,A)S¯As,*(Tfus,A)]+T[C¯P,Al,*(Tfus,A)C¯P,As,*(Tfus,A)][1Tfus,ATln(TTfus,A)]

En introduisant l'enthalpie de fusion ΔfusHA du corps pur A, avec par définition les relations :

ΔfusHA=H¯Al,*(Tfus,A)H¯As,*(Tfus,A)=Tfus,A[S¯Al,*(Tfus,A)S¯As,*(Tfus,A)]

et l'écart des capacités thermiques :

ΔfusCP,A=C¯P,Al,*(Tfus,A)C¯P,As,*(Tfus,A)

on réécrit la relation Modèle:Equarefl :

μAl,*(T)μAs,*(T)=ΔfusHA[1TTfus,A]+TΔfusCP,A[1Tfus,ATln(TTfus,A)]

puis la relation Modèle:Equarefl, pour aboutir à la relation générale[8] :

Cas général
ln(aAlaAs)=ΔfusHARTfus,A[1Tfus,AT]ΔfusCP,AR[1Tfus,ATln(TTfus,A)]

Si le solide et le liquide sont des solutions idéales, alors dans les relations Modèle:Equarefl et Modèle:Equarefl :

aAl=xAl
aAs=xAs

avec xAl et xAs les fractions molaires du corps A respectivement dans les phases liquide et solide. On a ainsi la courbe idéale :

Solutions liquide et solide idéales
ln(xAlxAs)=ΔfusHARTfus,A[1Tfus,AT]ΔfusCP,AR[1Tfus,ATln(TTfus,A)]

Si le solide est constitué du corps A pur, alors xAs=1, on obtient l'équation de Schröder-van Laar :

Équation de Shröder-van Laar
lnxAl=ΔfusHARTfus,A[1Tfus,AT]ΔfusCP,AR[1Tfus,ATln(TTfus,A)]

Applications

Détermination d'un eutectique

Fichier:Strukturalnie Eutektyka brak rozpuszczalnosc w ss.JPG
Figure 2 - Diagramme de phase de deux corps A et B, équilibre liquide-solide présentant un eutectique. Le domaine L est celui du liquide seul, le domaine A+L celui du liquide en équilibre avec le solide A, le domaine L+B celui du liquide en équilibre avec le solide B. Le liquidus est la courbe séparant ces trois domaines. L'eutectique E est le point de rencontre des trois domaines L, A+L et L+B.

On considère un mélange de deux corps A et B à l'équilibre liquide-solide. L'équation de Schröder-van Laar est basée sur l'hypothèse des solides A et B non miscibles. Elle ne peut donc représenter totalement le liquidus du mélange binaire depuis le corps A pur (soit xA=1 et T=Tfus,A) jusqu'au corps B pur (soit xA=0 et T=Tfus,B). Dans le cas de deux solides non miscibles, il existe un point nommé eutectique auquel le liquide est en équilibre avec un solide de même composition (voir figure ci-contre). Pour décrire le liquidus d'un tel système, l'équation de Schröder-van Laar est appliquée :

  • au corps A, entre l'axe représentant ce corps pur et l'eutectique, pour tracer la branche du liquidus entre les domaines L et A+L :
lnxA=ΔfusHARTfus,A[1Tfus,AT]
  • puis au corps B, entre l'eutectique et l'axe représentant ce corps pur, pour tracer la branche du liquidus entre les domaines L et L+B :
lnxB=ΔfusHBRTfus,B[1Tfus,BT]

avec :

  • T la température ;
  • Tfus,A et Tfus,B les températures de fusion respectives du corps A et du corps B ;
  • xA et xB les fractions molaires respectives du corps A et du corps B dans le liquide (avec la contrainte xA+xB=1) ;
  • ΔfusHA et ΔfusHB les enthalpies de fusion respectives du corps A et du corps B respectivement à Tfus,A et Tfus,B.

À l'eutectique il y a simultanément présence de trois phases : le liquide binaire, le corps A pur solide et le corps B pur solide. Les deux branches du liquidus s'y rencontrent. On peut par conséquent écrire pour les équilibres entre le liquide et chacun des deux solides :

ln(1xB)=ΔfusHARTfus,A[1Tfus,ATE]
lnxB=ΔfusHBRTfus,B[1Tfus,BTE]

avec TE la température de l'eutectique. On a ainsi un système de deux équations à deux inconnues : TE et xB.

Exemple[9]
Le chlorure d'argent Modèle:Formule chimique et le chlorure de zinc Modèle:Formule chimique ne sont pas miscibles à l'état solide. Les propriétés de ces deux corps sont données dans le tableau suivant.
Propriétés du Modèle:Formule chimique et du Modèle:Formule chimique
Espèce Température de fusion
Tfus (°C)
Enthalpie de fusion
ΔfusH (kJ/mol)
Masse molaire
M (g/mol)
Modèle:Formule chimique 455 Modèle:Nombre Modèle:Nombre
Modèle:Formule chimique 283 Modèle:Nombre Modèle:Nombre
On obtient pour l'eutectique :
Le diagramme de phases expérimental Modèle:Formule chimique-Modèle:Formule chimique fait apparaître un eutectique à Modèle:Unité (Modèle:Unité) avec une fraction molaire xZnCl2 = 0,465, soit Modèle:Unité en masse[10].

Loi de la cryométrie

Modèle:Article détaillé

On considère toujours que les corps A et B ne sont pas miscibles en phase solide et que la phase liquide est une solution idéale. Si le corps B est négligeable dans le liquide par rapport au corps A, soit en termes de fraction molaire xB0, alors par développement limité :

lnxA=ln(1xB)xB

On réécrit l'équation de Schröder-van Laar simplifiée :

xB=ΔfusHARTfus,AT[Tfus,AT]
Tfus,AT=RTfus,ATΔfusHAxB

Puisque l'on est très proche du corps A pur :

TTfus,A

on obtient finalement la loi de la cryométrie :

Loi de la cryométrie : Tfus,AT=RTfus,A2ΔfusHAxB

Puisque seul le corps A se solidifie, la température T est sa température de fusion en présence du corps B. Le terme de droite de l'égalité précédente étant positif, on a T<Tfus,A : le corps B fait donc baisser proportionnellement à sa fraction molaire en phase liquide la température de fusion du corps A.

D'autre part, la courbe T=f(xB) étant le liquidus du diagramme binaire, on a à l'approche du corps A pur T=df(xB)dxB=RTfus,A2ΔfusHA. La pente du liquidus en xB=0 est donc non nulle, de plus elle est négative ; autrement dit la tangente du liquidus en xB=0 n'est pas horizontale, c'est une droite décroissante. En xB=1 la tangente au liquidus est une droite croissante de pente T=RTfus,B2ΔfusHB. La figure 2 précédente montrant un eutectique est donc fautive, puisque les deux tangentes du liquidus aux intersections des axes xB=0 et xB=1 y sont horizontales. La figure 1 est plus réaliste.

Tracé d'un diagramme de phase idéal

Fichier:Diagramme binaire solution solide unique (vectoriel).svg
Figure 3 - Diagramme binaire liquide-solide dans lequel les deux solides sont totalement miscibles.

On considère un mélange de deux corps A et B à l'équilibre liquide-solide. Les deux solides sont totalement miscibles et les deux solutions liquide et solide sont idéales. Le système, à pression constante, est décrit par les quatre équations :

ln(xAlxAs)=ΔfusHARTfus,A[1Tfus,AT]
ln(xBlxBs)=ΔfusHBRTfus,B[1Tfus,BT]
xAl+xBl=1
xAs+xBs=1

avec :

  • T la température ;
  • Tfus,A et Tfus,B les températures de fusion respectives du corps A et du corps B purs ;
  • xAl et xBl les fractions molaires respectives du corps A et du corps B dans la solution liquide ;
  • xAs et xBs les fractions molaires respectives du corps A et du corps B dans la solution solide ;
  • ΔfusHA et ΔfusHB les enthalpies de fusion respectives du corps A et du corps B purs respectivement à Tfus,A et Tfus,B.

On pose :

KA(T)=xAlxAs=exp(ΔfusHARTfus,A[1Tfus,AT])
KB(T)=xBlxBs=exp(ΔfusHBRTfus,B[1Tfus,BT])

Pour une température T donnée on a :

xAl=KA1KBKAKB
xBl=KB1KAKBKA
xAs=1KBKAKB
xBs=1KAKBKA

Si l'on choisit, arbitrairement, le corps B comme référence, en faisant varier la température T entre Tfus,A et Tfus,B, la courbe T=f(xBl) est le liquidus du diagramme de phase, la courbe T=g(xBs) est le solidus, voir la figure 3.

Exemple[11]
Le cuivre Modèle:Formule chimique et le nickel Modèle:Formule chimique sont miscibles en toute proportion à l'état solide et leur mélange a un comportement idéal. Les propriétés de ces deux corps sont données dans le tableau suivant.
Propriétés du Modèle:Formule chimique et du Modèle:Formule chimique
Espèce Température de fusion
Tfus (K)
Enthalpie de fusion
ΔfusH (kJ/mol)
Modèle:Formule chimique Modèle:Nombre Modèle:Nombre
Modèle:Formule chimique Modèle:Nombre Modèle:Nombre
On obtient pour diverses températures les valeurs présentées dans le tableau suivant.
Valeurs calculées des liquidus et solidus du système Cu-Ni idéal
Température T (K) Modèle:Nombre Modèle:Nombre Modèle:Nombre Modèle:Nombre Modèle:Nombre Modèle:Nombre Modèle:Nombre Modèle:Nombre Modèle:Nombre
Fraction molaire du Ni liquide xNil Modèle:Nombre Modèle:Nombre Modèle:Nombre Modèle:Nombre Modèle:Nombre Modèle:Nombre Modèle:Nombre Modèle:Nombre Modèle:Nombre
Fraction molaire du Ni solide xNis Modèle:Nombre Modèle:Nombre Modèle:Nombre Modèle:Nombre Modèle:Nombre Modèle:Nombre Modèle:Nombre Modèle:Nombre Modèle:Nombre
On peut tracer la figure 4.
Fichier:Diagramme Cu-Ni.jpg
Figure 4 - Diagramme de phase solide-liquide du mélange binaire cuivre-nickel établi par l'équation de Schröder-van Laar.

Point de fusion congruent

Fichier:Au-cu.png
Figure 5 - Diagramme de phase de l'alliage or-cuivre (Au-Cu). Les courbes d'équilibre liquide-solide, entre Modèle:Unité et Modèle:Unité, présentent un point de fusion congruent à Modèle:Unité (Modèle:Unité) pour une composition d'environ 44 % molaire de cuivre. Ce comportement prouve la non idéalité de l'alliage or-cuivre.

L'hypothèse de l'idéalité ne permet pas de représenter les cas de point de fusion congruent. En un point de fusion congruent le liquide et le solide ont la même composition (contrairement au cas de l'eutectique, dans le cas d'un point de fusion congruent les deux solides sont totalement miscibles) :

xAl=xAs
xBl=xBs

soit :

KA1KBKAKB=1KBKAKB
KB1KAKBKA=1KAKBKA

Les seules solutions sont :

  • KA=1, soit T=Tfus,A et xAl=xAs=1, le corps A est pur ;
  • KB=1, soit T=Tfus,B et xBl=xBs=1, le corps B est pur.

Un point de fusion congruent est une preuve de non idéalité des solutions liquide et solide. L'alliage or-cuivre présente un point de fusion congruent et n'est donc pas idéal ; son diagramme de phase (voir figure 5) ne peut donc pas être tracé à l'aide de l'équation de Schröder-van Laar. Pour représenter ce type de comportement, il est nécessaire d'employer la forme générale de l'équation comprenant les activités chimiques.

Notes et références

Notes

Modèle:Références

Bibliographie

Liens externes

Articles connexes

Modèle:Palette Modèle:Portail