Différentielle de Kähler
En mathématiques, les différentielles de Kähler fournissent un analogue des formes différentielles aux anneaux et schémas commutatifs arbitraires. La notion a été introduite par Erich Kähler dans les années 1930. Elle fut ensuite adopté en algèbre commutative et en géométrie algébrique, une fois qu'il fallut d'adapter les méthodes du calcul différentiel et de la géométrie complexe aux contextes où de telles méthodes n'existaient pas.
Définition
Soient Modèle:Formule et Modèle:Formule des anneaux commutatifs et Modèle:Formule un morphisme en anneau. Un cas fréquent est Modèle:Formule un corps et Modèle:Formule une algèbre sur Modèle:Formule (comme l'anneau de coordonnées d'une variété affine). Les différentielles de Kähler formalisent le fait que les dérivées de polynômes sont à nouveau des polynômiales. En ce sens, la différenciation est une notion qui peut s’exprimer en termes purement algébriques. On peut définir ces différentielles de manières différentes mais équivalentes.
À l'aide de dérivation
Une dérivation Modèle:Formule-linéaire sur Modèle:Formule est un morphisme de Modèle:Formule-modules satisfaisant la règle de Leibniz (il résulte de cette définition que l'image de Modèle:Formule est dans le noyau de Modèle:Formule[1]). Le module des différentielles de Kähler de relativement à Modèle:Formule est le Modèle:Formule-module pour lequel il existe une dérivation universelle et satisfait la propriété universelle suivante : pour tout Modèle:Formule-module Modèle:Formule, on a un isomorphisme de Modèle:Formule-modules
On décrit Modèle:Formule et Modèle:Formule en prenant un Modèle:Formule-module libre généré par les symboles Modèle:Formule pour chaque Modèle:Formule dans Modèle:Formule, et en imposant les relations
pour tout Modèle:Formule dans Modèle:Formule et tous Modèle:Formule et Modèle:Formule dans Modèle:Formule. La dérivation universelle envoie Modèle:Formule sur Modèle:Formule. Les relations impliquent que la dérivation universelle est un morphisme de Modèle:Formule-modules.
À l'aide de l’idéal d’augmentation
On peut voir les différentielles de Kähler différemment. Soit Modèle:Formule l'idéal du produit tensoriel défini comme le noyau du morphisme
Alors le module des différentielles de Kähler peut être défini de manière équivalente par
et la dérivation universelle est le morphisme Modèle:Formule défini par
Cette construction est équivalente à la précédente car Modèle:Formule s'identifie au noyau de la projection
Ainsi :
Et peut être identifié à Modèle:Formule par l'application induite
Ceci identifie Modèle:Formule avec le Modèle:Formule-module généré par les générateurs formels Modèle:Formule pour Modèle:Formule dans Modèle:Formule, à condition que Modèle:Formule soit un morphisme de Modèle:Formule-modules qui est nul sur Modèle:Formule. Prendre le quotient par Modèle:Formule impose la règle de Leibniz.
Propriétés et exemples
Pour tout anneau commutatif Modèle:Formule, le module des différentielles de Kähler de l'anneau polynomial est un Modèle:Formule -module libre de rang n généré par les différentielles des variables :
Les différentielles de Kähler sont compatibles à l'extension des scalaires, dans le sens où pour une Modèle:Formule-algèbre Modèle:Formule et , il existe un isomorphisme
Par conséquent, les différentielles de Kähler sont compatibles à la localisation : si Modèle:Formule est un ensemble multiplicatif de Modèle:Formule, alors il existe un isomorphisme
Étant donné deux homomorphismes d'anneaux , il existe une suite exacte courte de Modèle:Formule-modules
Si avec Modèle:Formule un idéal, le terme s'annule et la suite peut être prolongée à gauche comme suit :
Une généralisation de ces suites exactes est fournie par le complexe cotangent.
Cette dernière suite et le calcul ci-dessus dans le cas d'un anneau polynomial permettent le calcul des différentielles de Kähler des Modèle:Formule-algèbres de type fini . Par exemple, pour un polynôme en un variable,
Différentielles de Kähler de schémas
Les différentielles de Kähler étant compatibles à la localisation, elles peuvent être construites sur un schéma affine via l'une ou l'autre des deux définitions ci-dessus, et sur un schéma par recollement. Cependant, la deuxième définition a une interprétation géométrique plus claire. Dans cette interprétation, Modèle:Formule représente l'idéal définissant la diagonale dans le produit fibré de Modèle:Formule avec lui-même sur Modèle:Formule. De plus, elle s’étend à un morphisme général des schémas en définissant l'idéal diagonal dans le produit fibré . Le faisceau cotangent , muni de la dérivation défini de manière analogue, est vérifie la propriété universelle sur les -dérivations linéaires de -modules. Si Modèle:Formule est un ouvert affine de Modèle:Formule dont l'image dans Modèle:Formule est contenue dans un ouvert affine Modèle:Formule, alors le faisceau cotangent se restreint à un faisceau sur Modèle:Formule qui est également universel. Il s'agit donc du faisceau associé au module de différentiels de Kähler pour les anneaux sous-jacents à Modèle:Formule et Modèle:Formule.
Les suites exactes courtes se généralisent aux morphismes de schémas. Soient et deux morphismes de schémas, on a la suite exacte de faisceaux sur
Si est un sous-schéma fermé donné par le faisceau d'idéaux , alors et on a la suite exacte :
Le complexe de Rham – Witt est, en termes très grossiers, une amélioration du complexe de Rham pour l'anneau des vecteurs de Witt.
Bibliographie
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- Modèle:Article (letter to Michael Atiyah, October 14, 1963)
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