Gaz de photons

De testwiki
Aller à la navigation Aller à la recherche

Le « gaz de photons » est le nom donné à une collection de photons dont on souhaite étudier les propriétés globales comme pour un gaz constitué de molécules.

Propriétés du photon

Le photon en tant que particule élémentaire

Le photon est un boson de masse nulle, de spin égal à 1 pour lequel la composante Sz = 0 est interdite : il n'y a pas de composante longitudinale du champ électromagnétique. Les deux composantes transverses permises correspondent aux deux états de polarisation possibles.

Le photon est caractérisé par[1]

son énergie e=hν
sa quantité de mouvement[N 1] 𝐩=pΩ
son état de polarisation SZ=±h2π

h constante de Planck
ν fréquence
Ω vecteur unitaire de propagation

En relativité restreinte le photon est décrit par un quadrivecteur énergie-quantité de mouvement

𝐪=(ec,𝐩)

de pseudo-norme nulle du fait de la masse nulle du photon

qαqα=(ec)2p2=0

p étant une quantité positive on en déduit que

p=ec

Propriété thermodynamique élémentaire

Dans le domaine d'énergie auquel on s'intéresse il n'y a pas d'interaction photon-photon. Il faut en effet atteindre le domaine des rayons γ pour que cet effet apparaisse.

En l'absence d'interaction photon-photon la variation du nombre de photons est due à l'interaction avec la matière, en volume pour un gaz ou avec les parois limitant le domaine. Prenons l'exemple d'un gaz de photons de volume V en équilibre dans une enceinte (thermostat) à température T. On sait que l'équilibre thermodynamique d'un système est obtenu lorsque son énergie libre F(V,T,N) est minimale, N étant le nombre moyen de photons dans le volume. Alors on peut écrire

μ=FN|V,T=0

Cette dérivée définit le potentiel chimique μ qui est donc nul pour le gaz de photons[2].

On peut également énoncer cette propriété en remarquant que le système précédent, hors d'équilibre, est tel que le nombre de photons peut varier à énergie constante sans apport d'énergie externe, simplement par échange rayonnement-paroi.

Corrélativement on peut en conclure qu'un tel système ne nécessite que deux fonctions d'état pour sa description : V et T.

Ensemble de photons

Si on analyse[1]Modèle:,[2] la variation spatio-temporelle du champ électromagnétique par une transformation de Fourier, celui-ci apparaît comme la superposition d'ondes planes monochromatiques. Le champ électrique par exemple sera donné par

𝐄(𝐱,t)=𝐄(𝐤,ν)ej(𝐤𝐱2πνt)

𝐱 est la position et  𝐤  le vecteur d'onde tel que

k=2πνc=2πehc.

Les modes propres du champ électromagnétique dans une boîte de dimension L sont définis par l'annulation du champ de l'onde à chaque extrémité du domaine

ki=2πniL,ni*

Chaque mode possède donc l'énergie

ei=hc2πki=hcniL=hνi

Dans une boîte de dimension raisonnable ces modes sont très serrés compte tenu de la valeur de hc, ce qui justifie le passage au continu effectué plus loin.

Dans l'espace des vecteurs d'onde chaque mode occupe un volume

ΔkxΔkyΔkz=12(2πL)3=4π3V

Le facteur 1/2 étant lié à la dégénérescence qui fait que l'on peut mettre deux photons dans la boîte de volume V.

Dans cet espace le nombre de modes propres dont l'extrémité de k est dans la couronne sphérique de volume  4πk2dk  est

4πk2dkΔkxΔkyΔkz=Vπ2k2dk=8πVc3ν2dν

D'où le nombre d'oscillateurs par unité de volume et de fréquence (ou densité de modes)

ρν=8πν2c3

Le nombre de photons par unité de volume et de fréquence est égal au nombre d'oscillateurs multiplié par le nombre de photons dans chaque mode ou nombre d'occupation moyen

fν=ρνnν

À ce stade nν est inconnu.

Propagation

Le nombre de photons de fréquence comprise entre ν et ν+dν traversant une surface élémentaire dS pendant le temps dt dans l'angle solide dΩ autour de la direction de propagation normale à l'élément de surface vaut

dNν=fν(𝐱,t,Ω)cdtdSdνdΩ

Leur énergie est

dEν=hνdNν[0.6em]=chνfν(𝐱,t,Ω)dtdSdνdΩ[0.6em]=Lν(𝐱,t,Ω)dtdSdνdΩ

Lν=chνfν est par définition la luminance. Cette quantité n'est pas un invariant relativiste mais  c22hν3Lν  l'est puisque cette quantité n'est autre que le nombre d'occupation nν.

La luminance obéit dans le cas hors équilibre thermodynamique à une relation cinétique analogue à l'équation de Boltzmann et qui est la base du transfert radiatif.

Propriétés thermodynamiques

Entropie du milieu hors équilibre

L'entropie d'un gaz de photons se propageant dans une direction donnée est définie par la relation suivante [3]Modèle:,[4]

Sν=kBρν4π[(nν+1)log(nν+1)nνlognν]

Cette relation est utilisée pour l'approximation de l'équation du transfert radiatif (méthode MN).

Équilibre thermodynamique

Dans le cas de l'équilibre thermodynamique le nombre d'occupation pour chaque état est donné par la statistique de Bose-Einstein avec potentiel chimique nul. Celle-ci correspond au maximum de l'entropie définie ci-dessus

nνeq=1ehνkBT1

À partir de là on peut écrire les relations spectrales

- Luminance d'équilibre isotrope (loi de Planck) Lν(0)=2hν3c2nνeq
- Énergie volumique spectrale Eν=4πcLν(0)

Par intégration sur le tout le spectre et sur la sphère unité on obtient les quantités suivantes

- Énergie par unité de volume (corps noir) E=aT4
- Nombre de photons par unité de volume N=0ρνnνeqdν=30aζ(3)π4kBT3
- Pression (tenseur isotrope) 𝐏=E3𝐈𝐝=aT43𝐈𝐝
- Entropie par unité de volume S=4E3T=4aT33

a=8π5kB415c3h3=4σc σ étant la constante de Stefan-Boltzmann
ζ(3)=1.202056... ζ étant la fonction zêta de Riemann
𝐈𝐝 est le tenseur identité

Détente adiabatique

En introduisant l'énergie U=EV la détente adiabatique du gaz de photons à l'équilibre thermodynamique s'écrit[5]Modèle:,[6] :

dU=(UT)VdT+(UV)TdV=4aT3VdT+aT4dV

Par ailleurs le premier principe de la thermodynamique indique que :

dU=pdV=aT43dV

En comparant les expressions ci-dessus il vient :

dVV=3dTTVT3=Cste

Pour un volume sphérique de rayon R la transformation adiabatique s'écrira donc RT=Cste. Cette expression conduit à l'explication du fond diffus cosmologique.

L'énergie totale Modèle:Mvar vaut donc :

U=CsteaT

Modèle:Mvar décroissant dans la détente, l'énergie totale du système décroît, ceci étant lié au travail des forces de pression.

Condensation

Comme pour un boson massique il est possible de produire un condensat de Bose-Einstein dans une micro-cavité optique[7]. Il faut cependant noter que dans les conditions expérimentales les photons sont confinés dans un milieu (presque) parfaitement réfléchissant qui conserve leur nombre et se comportent comme des particules massives avec potentiel chimique non nul.

Voir aussi

Notes

Modèle:Références

Références

Modèle:Portail
Erreur de référence : Des balises <ref> existent pour un groupe nommé « N », mais aucune balise <references group="N"/> correspondante n’a été trouvée