Intégrale de Wallis

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John Wallis, par Godfrey Kneller.

En mathématiques, et plus précisément en analyse, une intégrale de Wallis est une intégrale faisant intervenir une puissance entière de la fonction sinus. Les intégrales de Wallis ont été introduites par John Wallis, notamment pour développer le [[Pi|nombre Modèle:Math]] en un produit infini de rationnels : le produit de Wallis.

Définition, premières propriétés

Les intégrales de Wallis sont les termes de la suite réelle (Wn)n définie par :

Wn=0π2sinnxdx

ou de façon équivalente (par le changement de variable x=π2t) :

Wn=0π2cosnxdx.

Les premiers termes de cette suite sont :

W0 W1 W2 W3 W4 W5 W6 W7 W8
π2 1 π4 23 3π16 815 5π32 1635 35π256

Puisque pour x[0;π2], on a 0sin(x)1, la suite (Wn) est (strictement) positive et décroissante[1] ; on en déduit, d’après le théorème de convergence dominée, que sa limite est nulle ; ce résultat est également conséquence de l'équivalent qui sera obtenu plus loin.

Relation de récurrence, calcul des intégrales de Wallis

Une intégration par parties permet d'établir la relation de récurrence[1] :

Wn+2=n+1n+2Wn.

De cette relation et des valeurs de W0 et W1, on tire une expression des termes de la suite, selon la parité de leur rang :

W2p=π2k=1p2k12k=π2(2p)!(2pp!)2=π2(2pp)4petW2p+1=k=1p2k2k+1=(2pp!)2(2p+1)!=12p+14p(2pp)

Autre relation pour le calcul des intégrales de Wallis

Les intégrales de Wallis peuvent s'exprimer grâce aux intégrales eulériennes :

  1. L'intégrale d'Euler de première espèce aussi appelée fonction bêta :
    B(x,y)=20π2sin(u)2x1cos(u)2y1du
  2. L'intégrale d'Euler de seconde espèce aussi appelée fonction gamma :
    Γ(z)=0tz1etdt.

Sachant que B(x,y)=Γ(x)Γ(y)Γ(x+y) et Γ(12)=π, on peut écrire les intégrales de Wallis sous la forme suivante :

Wn=12B(n+12,12)=π2Γ(n2+12)Γ(n2+1).

Un équivalent de la suite des intégrales de Wallis

De la formule de récurrence précédente, on déduit l'encadrement : n+1n+2=Wn+2Wn<Wn+1Wn<1 , d'où l'équivalence[1] :

Wn+1Wn.

Puis, en étudiant WnWn+1, on établit l'équivalent suivant[1] :

Wnπ2n.

Série génératrice

La série génératrice des termes pairs est p=0W2px2p=π211x2.

La série génératrice des termes impairs est[2] p=0W2p+1x2p+1=arcsinx1x2.

Applications

Établissement de la formule de Stirling

On suppose connue l'existence d'une constante C telle que[3] :

n!Cn(ne)n.

En remplaçant les factorielles dans l'expression ci-dessus des intégrales de Wallis, on en déduit un nouvel équivalent :

W2p=π2(2p)!(2pp!)2π2C2p(2pe)2p(2pCp(pe)p)2=πC2p.

En le confrontant à l'équivalent de Wn obtenu précédemment, on en déduit que

C=limpπW2p2p=2π.

On a ainsi établi la formule de Stirling :

n!2πn(ne)n.

Calcul de l'intégrale de Gauss

On peut aisément utiliser les intégrales de Wallis pour calculer l'intégrale de Gauss.

On utilise pour cela l'encadrement suivant[4], issu de la construction de la fonction exponentielle par la méthode d'Euler : pour tout entier n>0 et tout réel u]n,n[,

(1+u/n)neu(1u/n)n.

Posant alors u=x2, on obtient :

0n(1x2/n)ndx0nex2dx0n(1+x2/n)ndx.

Or les intégrales d'encadrement sont liées aux intégrales de Wallis. Pour celle de gauche, il suffit de poser x=nsint (t variant de 0 à Modèle:Sfrac). Quant à celle de droite, on peut poser x=ntant (t variant de 0 à Modèle:Sfrac) puis majorer par l'intégrale de 0 à Modèle:Sfrac. On obtient ainsi :

nW2n+10nex2dxnW2n2.

Par le théorème des gendarmes, on déduit alors de l'équivalent de Wn ci-dessus que

0+ex2dx=π/2.

Remarque : il existe bien d'autres méthodes de calcul de l'intégrale de Gauss, dont une méthode bien plus directe.

Calcul de Modèle:Math

Modèle:Article détaillé Puisque W2pW2p+1 Modèle:Supra,

limpW2p+1W2p/π2=π2.

Or d'après le calcul ci-dessus des intégrales de Wallis :

W2p+1W2p/π2=k=1p2k2k+1k=1p2k12k=k=1p4k24k21.

On en déduit pour la constante Modèle:Sfrac l'expression (appelée produit de Wallis) :

k=14k24k21=π2.

Notes et références

Modèle:Références

Voir aussi

Modèle:Autres projets

Article connexe

Calcul du volume de l'hypersphère

Lien externe

John Wallis, sur le site L'univers de π.

Modèle:Portail

  1. 1,0 1,1 1,2 et 1,3 Pour le détail des calculs, voir par exemple le lien en bas de cette page vers Wikiversité.
  2. Modèle:Lien web, Annexe 2.
  3. Modèle:Note autre projet
  4. Modèle:Note autre projet