Lemme de Hensel

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Modèle:Ébauche En mathématiques, le lemme de Hensel, est un résultat permettant de déduire l'existence d'une racine d'un polynôme à partir de l'existence d'une solution approchée. Il doit son nom au mathématicien du début du Modèle:S- Kurt Hensel. Sa démonstration est analogue à celle de la méthode de Newton.

La notion d'anneau hensélien regroupe les anneaux dans lesquels le lemme de Hensel s'applique. Les exemples les plus usuels sont ℤModèle:Ind (l'anneau des entiers p-adiques, pour p un nombre premier) et k[[t]] (l'anneau des séries formelles sur un corps k) ou plus généralement, les anneaux de valuation discrète complets.

Énoncés

On considère un polynôme P à coefficients dans ℤModèle:Ind (l'anneau des entiers p-adiques, avec p premier).

Lemme de Hensel version 1.

S'il existe α0p tel que Modèle:Retrait alors, il existe αp tel que Modèle:Retrait

Plus généralement, si un anneau noethérien A est complet pour la topologie I-adique pour un certain idéal I et si P est un polynôme à coefficients dans A alors, tout élément αModèle:Ind de A tel que, modulo I, PModèle:Ind) soit nul et [[Polynôme formel#Dérivée formelle|PModèle:'Modèle:Ind)]] soit inversible, se relève de façon unique en une racine de P dans A[1].

La condition P(α0)≢0(modp) est essentielle. Ainsi, l'équation X5=2 n'a pas de solution dans 5 (une telle solution a devrait être congrue à 2 modulo 5 ; posant a=2+5x, on aurait donc 2=(2+5x)5=32+5×16×5x+10×8×(5x)2+, ce qui est absurde, puisque 30 n'est pas divisible par 25), alors qu'elle en a une dans /5, puisque 252 est divisible par 5 ; cela s'explique car P(X) est identiquement nul dans /5.

Lemme de Hensel version 2.

S'il existe α0p tel que, pour un certain entier Modèle:Math, on ait Modèle:Retrait alors, il existe αp tel que Modèle:Retrait

Lemme de Hensel version 3.

Soient K un corps valué non archimédien complet, |∙| une valeur absolue sur K associée à sa valuation, OModèle:Ind son anneau des entiers, Modèle:MathOModèle:Ind[X] et Modèle:Math un élément de OModèle:Ind tel queModèle:RetraitAlors :

Lemme de Hensel version 4.

Tout anneau local complet est hensélien, c'est-à-dire, A désignant cet anneau et k son corps résiduel, que si un polynôme unitaire fA[X] a pour image dans k[X] un produit de deux polynômes Modèle:Surligner et Modèle:Surligner premiers entre eux, alors Modèle:Surligner et Modèle:Surligner se relèvent en deux polynômes de A[X] de produit f.

Ce lemme « de Hensel » a été démontré par Theodor Schönemann en 1846.

Applications

Le lemme de Hensel est applicable à une grande variété de situations.

Famille d'idempotents orthogonaux

Modèle:Énoncé

En effet, les idempotents sont les racines du polynôme P(X) := XModèle:2X, et si P(e) est nul alors P Modèle:' (e) est son propre inverse. Or Modèle:Lien pour la topologie MB-adique, ce qui permet, grâce au lemme de Hensel (version 1 ci-dessus) de relever chaque idempotent de B/MB en un idempotent de B. Enfin, si deux idempotents de B sont orthogonaux modulo MB, alors ils le sont dans l'absolu : leur produit x est nul car (par complétude) 1 – x est inversible, or x(1 – x) = 0.

Factorisation des polynômes à coefficients entiers

Les algorithmes de factorisation de polynômes à coefficients entiers en facteurs irréductibles utilisent d’abord une factorisation dans un corps fini 𝔽p qu’il faut ensuite remonter dans l’anneau /p2k pour un certain k de . Cette remontée se fait grâce à un cas particulier du lemme de Hensel[2], énoncé ci-dessous :

Modèle:Énoncé

Modèle:Démonstration

L'algorithme suivant permet de construire les polynômes Gk,Hk,Uk, et Vk du lemme.

Entrée : p un nombre premier, k un entier, P,G,H,U,V des polynômes avec P=GH[p] et GU+HV=1[p] 
Sortie : G,H,U,V tels que P=GH[p2k] et GU+HV=1[p2k]

Pour i = 1 à k-1
  RPGHp2i
  HH+p2i*Div_Euclide(UR,H)
  GG+p2i*Div_Euclide(VR,G)
  UDiv_Euclide(2UU2G,H)
  VDiv_Euclide(2VV2H,G)
retourne (G,H,U,V)

Notes et références

Modèle:Références Modèle:Portail