Propriété virtuelle
En mathématiques, plus précisément en algèbre générale et dans l'étude des groupes, l'adverbe virtuellement est utilisé pour indiquer qu'une propriété est valide à indice fini près pour un groupe. Formellement, étant donné une propriété P, un groupe G est dit virtuellement P s'il existe un sous-groupe H de G tel que H a la propriété P et H est d'indice fini dans G. Par exemple, tout groupe fini est virtuellement trivial.
En topologie, une propriété virtuelle est une propriété valide à revêtement fini près. Un exemple célèbre d'une propriété virtuelle des variétés est la démonstration de la Modèle:Lien en 2012 par Ian Agol qui lui a valu en 2016 l'attribution du Modèle:Lang.
Terminologie
Des exemples de propriétés souvent étudiées virtuellement sont le fait d'être abélien, nilpotent, résoluble ou libre. Par exemple : un théorème de Bieberbach affirme qu'un groupe cristallographique est virtuellement abélien, l'Modèle:Lien donne une caractérisation des groupes linéaires virtuellement résolubles, et le théorème de Gromov sur les groupes à croissance polynomiale affirme que les groupes de type fini avec un Modèle:Lien polynomial sont exactement les groupes virtuellement nilpotents de type fini.
La même terminologie peut aussi être employée lorsque G est un groupe donné et P est la propriété « être isomorphe à G » : on dit d'un groupe virtuellement isomorphe à H qu'il est virtuellement H.
Par la correspondance entre revêtements et sous-groupes du groupe fondamental, cet usage peut aussi être transporté aux variétés ; ainsi, on dit qu'une variété est virtuellement P si elle possède un revêtement fini avec la propriété P.
Exemples
Virtuellement abélien
Tout groupe diédral généralisé est virtuellement abélien, puisque c'est un produit semi-direct N⋊H d'un groupe abélien N par un groupe fini H.
Virtuellement nilpotent
Tout groupe virtuellement abélien est virtuellement nilpotent, puisque tout groupe abélien est nilpotent.
Virtuellement libre
- Tout groupe virtuellement « cyclique » (à prendre dans toute cette page au sens : monogène) est virtuellement ou donc virtuellement libre.
- Tout produit libre de deux groupes finis est virtuellement libre[1]. (Par exemple, le groupe modulaire ou le groupe diédral infini .)
- Il résulte du théorème de Stallings sur les bouts d'un groupe que tout groupe sans torsion virtuellement libre est libre.
Virtuellement cyclique
- Tout groupe virtuellement cyclique, c'est-à-dire admettant un sous-groupe cyclique H d'indice fini, admet un sous-groupe normal cyclique d'indice fini : le cœur de H.
- Un groupe est donc virtuellement cyclique si et seulement s'il est fini ou admet un sous-groupe normal d'indice fini isomorphe à .
- Par ailleurs, G est virtuellement cyclique si et seulement s'il a un sous-groupe normal fini N tel que le quotient G/N soit isomorphe à ou [2]Modèle:,[3]Modèle:,[4].
Virtuellement polycyclique
Tout sous-groupe d'un Modèle:Lien est polycyclique, puisque[5] tout sous-groupe d'un groupe cyclique est cyclique.
Par conséquent (en utilisant le cœur comme ci-dessus), tout groupe virtuellement polycyclique admet un sous-groupe normal polycyclique d'indice fini.
Autre exemples
- Le groupe libre à 2 générateurs est virtuellement pour tout ; c'est une conséquence du théorème de Nielsen-Schreier et de la formule de Schreier.
- Théorème d'Agol : toute 3-variété Modèle:Lien compacte, orientable, irréductible est virtuellement une Modèle:Lien. Elle possède également les propriétés virtuelles plus fortes suivantes : son premier nombre de Betti est virtuellement non nul, et elle est virtuellement un tore d'homéomorphisme d'une surface.
Notes et références
Modèle:Traduction/Référence Modèle:Références
Voir aussi
Bibliographie
Lien externe
- ↑ Pour une démonstration, voir par exemple Modèle:Note autre projet
- ↑ Modèle:Ouvrage, lemme 11.4.
- ↑ Modèle:Ouvrage, Modèle:Lang 3.
- ↑ Modèle:Planetmath.
- ↑ Modèle:Harvsp, Modèle:Lang 2 et Modèle:Lien web.