Suite à discrépance faible

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En mathématiques, une suite à discrépance faible est une suite ayant la propriété que pour tout entier N, la sous-suite Modèle:Math a une discrépance basse.

Dans les faits, la discrépance d'une suite est faible si la proportion des points de la suite sur un ensemble B est proche de la valeur de la mesure de B, ce qui est le cas en moyenne (mais pas pour des échantillons particuliers) pour une suite équidistribuée. Plusieurs définitions de la discrépance existent selon la forme de B (hypersphères, hypercubes, etc.) et la méthode de calcul de la discrépance sur B.

Les suites à discrépance faible sont appelées quasi aléatoires ou sous-aléatoires, en raison de leur utilisation pour remplacer les tirages de la loi uniforme continue. Le préfixe « quasi » précise ainsi que les valeurs d'une suite à discrépance faible ne sont pas aléatoires ou pseudo-aléatoires, mais ont des propriétés proches de tels tirages, permettant ainsi leur usage intéressant dans la méthode de quasi-Monte-Carlo.

Définitions

Discrépance

La discrépance ou discrépance extrême[1] d'un ensemble Modèle:Math est définie (en utilisant les notations de Niederreiter) par

DN(P)=supBJ|A(B;P)Nλs(B)|

avec

  • Modèle:Math est la mesure de Lebesgue de dimension s,
  • A(B; P) est le nombre de points de P appartenant à B,
  • J est l'ensemble des pavés de dimension s, de la forme
i=1s[ai,bi[={𝐱s:aixi<bi}

avec 0ai<bi1.

Discrépance à l'origine et discrépance isotrope

La discrépance à l'origine Modèle:Math est définie de façon similaire, mis à part que la borne inférieure des pavés de J est fixée à 0 :

DN*(P)=supBJ*|A(B;P)Nλs(B)|

avec J* l'ensemble des pavés de dimension s, de la forme

i=1s[0,ui[

Modèle:Math est dans l'intervalle semi-ouvert [0, 1[.

On définit également la discrépance isotrope Modèle:Math :

JN(P)=supC𝒞*|A(C;P)Nλs(C)|

avec 𝒞* la famille des sous-ensembles convexes du cube unité fermé de dimension s.

On a les résultats suivants

0DN*DNJN1,
DN*DN2sDN*,
DNJN4s(DN)1s.

Propriétés

L'inégalité de Koksma-Hlawka

On note Īs le cube unitaire de dimension s,

I¯s=[0,1]×...×[0,1].

Soit f une fonction à variation bornée de variation de Hardy-Krause V(f) finie sur Īs. Alors pour tout x1, ..., xN dans Is = [0, 1[ × ... × [0, 1[

|1Ni=1Nf(xi)I¯sf(u)du|V(f)DN*(x1,,xN).

L'inégalité de Koksma-Hlawka est consistante dans le sens où pour tout ensemble de points x1,...,xN dans Is et tout Modèle:Math, il existe une fonction f à variation bornée telle que V(f)=1 et

|1Ni=1Nf(xi)I¯sf(u)du|>DN*(x1,,xN)ϵ.

Ainsi, la qualité du calcul de l'intégrale ne dépend que de la discrépance Modèle:Math.

L'inégalité d'Erdös-Turán-Koksma

Modèle:Article détaillé

Le calcul de la discrépance de grands ensembles est souvent compliquée, mais l'inégalité d'Erdös-Turán-Koksma donne une majoration de la valeur.

Modèle:Énoncé

Conjectures sur la minoration des valeurs de la discrépance

Conjecture 1. Il existe une constante cs dépendant uniquement de la dimension s, telle que

DN*(x1,,xN)cs(lnN)s1N

pour tout ensemble fini de points {x1,...,xN}.

Conjecture 2. Il existe une constante c's dépendant uniquement de la dimension s, telle que

DN*(x1,,xN)c's(lnN)sN

pour au moins un sous-ensemble fini de valeurs de la suite x1, x2, x3....

Ces conjectures sont équivalentes. Si elles ont été prouvées pour s ≤ 2 par Wolfgang Schmidt, la question des dimensions supérieures est encore ouverte.

Minorations connues

Soit s = 1. Alors

DN*(x1,,xN)12N

pour tout N et toute suite de valeurs {x1, ..., xN}.

Soit s = 2. Wolfgang Schmidt a prouvé que pour tout ensemble fini de points {x1, ..., xN}, on a

DN*(x1,,xN)ClogNN

avec

C=maxa3116a2aloga=0,023335

Pour les dimensions s > 1, K. F. Roth a prouvé que

DN*(x1,,xN)124s1((s1)log2)s12logs12NN

pour tout ensemble fini de points {x1, ..., xN}.

Construction de suites à discrépance faible

On ne donne ici que des exemples de tirages à discrépance faible pour les dimensions supérieures à 1.

On sait construire des suites telles que

DN*(x1,,xN)C(lnN)sN.

où la constante C dépend de la suite. Par la conjecture 2, ces suites sont supposées avoir le meilleur ordre de convergence possible.

À partir de nombres aléatoires

Des suites de nombres sous-aléatoires peuvent être générées à partir d'un tirage aléatoire en imposant une corrélation négative entre les nombres du tirage. Par exemple, on peut se donner un tirage aléatoire rModèle:Ind sur [0;0,5[ et construire des nombres sous-aléatoires sModèle:Ind réparties de façon uniforme sur [0,1[ par :

  • si=ri si i impair et si=0.5+ri si i pair
  • si=si1+0.5+ri(mod1).

Par récurrence additive

Une méthode classique de génération de nombres pseudo-aléatoires est donné par[2] :

ri=ari1+c(modm).

En fixant a et c à 1, on obtient un générateur simple :

ri=ri1+1(modm).

Suites de Sobol

La variante Antonov–Saleev de la suite de Sobol génère des nombres entre 0 et 1 comme fractions binaires de longueur w, pour un ensemble w fractions binaires spéciales, Vi,i=1,2,,w sont appelés nombres de direction. Les bits du code de Gray de i, G(i), sont utilisés pour choisir des nombres de direction. Obtenir les valeurs de la suite de Sobol sModèle:Ind demande le ou exclusif de la valeur binaire du code de Gray de i avec le nombre de direction approprié. Le nombre de dimension a un impact sur le choix de VModèle:Ind.

Suites de van der Corput

Modèle:Article détaillé Soit

n=k=0L1dk(n)bk

la décomposition de l'entier positif n ≥ 1 en base b, avec donc 0 ≤ dk(n) < b. On pose

gb(n)=k=0L1dk(n)bk1.

Alors il existe une constante C dépendant uniquement de b telle que (gb(n))n ≥ 1 vérifie

DN*(gb(1),,gb(N))ClogNN.

Suite de Halton

Les 256 points de la suite de Halton (2,3)

La suite de Halton généralise la suite de van der Corput pour les dimensions supérieures à 1. Soit s la dimension du problème et b1, ..., bs des nombres premiers entre eux supérieurs à 1. Alors

x(n)=(gb1(n),,gbs(n)).

Il existe une constante C dépendant uniquement de b1, ..., bs, telle que {x(n)}n≥1 vérifie

DN*(x(1),,x(N))C(logN)sN.

Dans la pratique, on utilise les s premiers nombres premiers pour b1, ..., bs.

Suite de Hammersley

Ensemble 2D de la suite de Hammersley de taille 256

Soit b1,...,bs-1 des nombres premiers entre eux supérieurs à 1. Pour s et N donnés, la suite de Hammersley de taille N est donnée par

x(n)=(gb1(n),,gbs1(n),nN)

Elle vérifie

DN*(x(1),,x(N))C(logN)s1N

C est une constante ne dépendant que de b1, ..., bs−1.

Références

Modèle:Traduction/Référence Modèle:Références

Bibliographie

Théorie

Simulations numériques

Liens externes

Modèle:Portail

  1. Discrepancy en anglais, voir par exemple Modèle:Harv et Modèle:Harv, pour une référence de la traduction.
  2. Modèle:En Donald E. Knuth, The Art of Computer Programming, vol. 2, chap. 3.