Vitesse du son

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Un F/A-18 Hornet se déplaçant à une vitesse proche de celle du son lors d'un passage dans une zone de condensation d'air humide.

La vitesse du son, ou célérité du son, est la vitesse de propagation des vibrations dans tous les milieux gazeux, liquides ou solides. Elle peut être déterminée pour des matériaux autres que l'air, dans lesquels le son ne peut être perçu par l'oreille humaine.

Dans un fluide quelconque, quelles que soient les conditions de pression et température, la vitesse du son dépend de la compressibilité isentropique et de la masse volumique du milieu de propagation de l'onde. Dans la plupart des fluides, et notamment dans l'air, elle dépend très peu de la fréquence et de l'amplitude de la vibration.

Pour les gaz sous des pressions proches de la pression atmosphérique, le modèle des gaz parfaits est applicable. La vitesse du son ne dépend alors que de la température. La formule c=20,05T en donne une approximation dans l'air sec en m/s, avec T la température en kelvins. La vitesse du son dans l'air à Modèle:Tmp au niveau de la mer est d'environ Modèle:Unité (soit Modèle:Unité). Dans l'eau, le son se propage plus de quatre fois plus vite, à environ Modèle:Unité (soit Modèle:Unité). Dans le fer doux, la vitesse du son est d'environ Modèle:Unité (soit Modèle:Unité).

Historique

Depuis l'Antiquité, on conçoit que le son se déplace rapidement, mais pas instantanément. Le phénomène de l'écho a nourri les premiers raisonnements : si la propagation du son était instantanée, on ne pourrait distinguer le son initial du son réfléchi sur une paroi ; et si le retard était dû à la paroi, il ne dépendrait pas, comme on le constate, de la distance. On vérifie aussi que cette vitesse ne dépend pas des qualités du son : fort ou faible, grave ou aigu, le retard est toujours le même. Enfin, le phénomène de l'écho fait également penser à la réflexion de la lumière sur un miroir, ou aux ondes à la surface de l'eau frappée par une pierreModèle:SfnModèle:,[1].

Mersenne évalue en 1635 la vitesse du son dans l'air à Modèle:Unité par seconde (soit Modèle:Unité), valeur que cite Gassendi, qui montre que les sons graves et aigus se propagent à la même vitesse[2]Modèle:,Modèle:Sfn, mais estime que le son réfléchi ne se propage pas à la même vitesse, trouvant pour celui-ci Modèle:Unité par seconde (Modèle:Unité). Il n'indique pas son mode opératoire[3]Modèle:,[4]. Durant les Modèle:S2-, les expériences de Halley, de Boyle, de Cassini, de Huygens et autres, basées sur la différence de temps de propagation entre la lumière et le son, produisent des valeurs proches.

Galilée explique le son par des « plissements » de l'air, qui se communiquent de proche en proche sans déplacement d'ensemble, où ses contemporains ne concevaient que la transmission par une particule matérielle se déplaçant à grande vitesse sur toute la trajectoire du son[5]. Newton précise cette notion ; il applique au son, considéré comme mouvement d'une perturbation consistant en une succession de compressions et de détentes de l'air, les principes du calcul infinitésimal pour déterminer, le premier, la vitesse du son à partir des caractéristiques de l'air[6].

À la fin du Modèle:S-, lModèle:'Acoustique de Sauveur explique la vibration de l'air dans les tuyaux des instruments de musique à vent. Comme cette vibration dépend de la vitesse de propagation du son, elle constitue un autre moyen de l'établir. L'accord des tuyaux est bien connu des facteurs d'instruments, les lois de la vibration des cordes et des diapasons, qui peut s'observer à des cadences bien inférieures, fournissent des bases de comparaison, et la méthode des battements un moyen de mesure précis, et le calcul donne les mêmes résultats[7].

On procède à plusieurs expériences au cours du siècle suivant, en tirant des coups de canon la nuit et en mesurant à distance la durée entre la perception de la lumière émise par la flamme à la bouche du canon et la perception du son. Le prestige de Newton est considérable, et l'on ne dispose alors d'aucune autre théorie que la sienne ; néanmoins, les vitesses déduites de ces expériences, qu'on refait à plusieurs reprises, sont toujours supérieures de 16 % environ à celle que l'on obtient avec sa formule[8]Modèle:,[9]Modèle:,[6].

En 1738, l'Académie des sciences française charge Modèle:MM. de Thury, Maraldi et l'abbé de la Caille d'organiser des nouvelles expériences[2]Modèle:,[10]. Ils font leurs opérations sur une ligne de Modèle:Unité (soit Modèle:Unité) qui a pour termes la tour de Montlhéry et la pyramide de Montmartre. Ils concluent que :

  1. Le son parcourt Modèle:Unité (Modèle:Unité) en une seconde de temps, de jour et de nuit, par un temps serein ou par un temps pluvieux ;
  2. S'il fait un vent dont la direction est perpendiculaire à celle du son, celui-ci a la même vitesse qu'il aurait par temps calme ;
  3. Mais si le vent souffle dans la même ligne que parcourt le son, il le retarde ou l'accélère selon sa propre vitesse ;
  4. La vitesse du son est uniforme, c'est-à-dire que dans des temps égaux et pris de suite, il parcourt des espaces semblables ;
  5. L'intensité ou la force du son ne changent rien à sa vitesse.

Cette expérience est rapportée par l'abbé Nollet[11] qui, dans le même ouvrage, démontre que « le son décroît comme le carré de la distance qui augmente »[12].

En 1816, Laplace[13]Modèle:,[14] montre que l'hypothèse de Newton selon laquelle le son est un processus isotherme est erronée, et qu'il s'agit d'un processus adiabatique ; il conclut :

Modèle:Citation

En 1822, Arago et Prony réalisent de nouvelles expériences, sur ordre du Bureau des longitudes. Ils utilisent des coups de canons croisés entre Villejuif et Montlhéry tirés en même temps. De cette manière, les expérimentateurs espèrent limiter les perturbations dues à l'hygrométrie, à la vitesse du vent, à la pression et à la température. De plus, des chronomètres plus précis sont utilisés. Les expériences ont lieu dans les nuits du 21 et Modèle:Date. Ils obtiennent la valeur de Modèle:Unité à une température de Modèle:Tmp. Après correction, la vitesse à Modèle:Tmp est de Modèle:Unité. Cette valeur est compatible avec la formule de Laplace.

Au tournant du Modèle:S-, Young, Laplace et Poisson relient la vitesse du son à l'élasticité du milieu. Pour vérifier ces calculs théoriques, Biot mesure en 1808 la vitesse du son dans les solides ; en 1826, Colladon confirme la valeur prévue pour l'eau à 0,5 % près par des expériences dans le lac Léman[15]Modèle:,[16].

Les publications s'intéressent aussi à des sujets moins techniques. Dès le Modèle:S-, Mersenne pose la question « un boulet pourrait-il atteindre une personne avant qu'il ait entendu le son du canon qui l'a lancé ? »[3]. Les projectiles atteindront une vitesse initiale supersonique à la fin du Modèle:S-. Au milieu du siècle suivant, la question se posera pour l'aviation, avec le franchissement de ce qu'on appelle le mur du son.

Le problème de la détermination de la vitesse du son a été fondamental dans l'établissement des bases de l'acoustique.

Modèle:Refnec

Définition

La vitesse du son peut se définir rigoureusement de deux manières[17] :

Vitesse de groupe
La vitesse de groupe du son est le quotient de la distance que parcourt un ébranlement sonore par le temps nécessaire à son arrivée. Les premières évaluations de la vitesse du son dans l'atmosphère et dans l'eau ont été réalisées à partir du calcul topographique des distances et du chronométrage du délai entre la transmission de la lumière, supposée instantanée, et celle du son.
Vitesse de phase
La vitesse de phase est le quotient de la longueur d'onde par la période de la vibration. Cette définition implique que le son ne comporte qu'une seule fréquence. Ce quotient équivaut au produit de la longueur d'onde par la fréquence, qui est l'inverse de la période, ou encore au quotient de la pulsation (en radians par seconde) par la norme du vecteur d'onde (en radians par mètre), dont l'usage est plus commode dans certains calculs de la physique. Elle se mesure en déterminant la fréquence d'une onde stationnaire dans un tuyau. Dans cet espace, dont la longueur domine les autres dimensions, la vitesse de phase et la longueur déterminent l'onde stationnaire qui constitue la résonance. Cette méthode de mesure, implicite dans le calcul d'un tuyau d'orgue, est la seule praticable quand le milieu ne se trouve pas en grande quantité dans la nature.

Ces deux vitesses ne diffèrent que dans un milieu dispersif, c'est-à-dire dans lequel la vitesse de propagation dépend de la fréquence. Dans l'air, comme dans tout fluide homogène, elles sont pratiquement égales, quels que soient les caractères du son, qu'il soit puissant ou faible, grave ou aigu.

Méthodes de mesure

Mesure d'un temps de propagation

En envoyant depuis un émetteur des impulsions sonores et en les détectant à une certaine distance, on peut mesurer le temps que met l'impulsion à parcourir la distance séparant les deux équipements. Cela revient à mesurer la vitesse de transmission de l'énergie sonore, c'est-à-dire la vitesse de groupe.

Ce procédé simple montre ses limites dès qu'on désire effectuer une mesure précise. L'incertitude de mesure sur chacun des deux termes du quotient se répercute sur le résultat.

Les expériences historiques ont été effectuées en milieu naturel. Dans l'atmosphère, les différences de température et de vitesse du vent entre les couches de l'atmosphère provoquent une réfraction de l'onde sonore[18]. Le son parcourt donc une distance légèrement supérieure à celle entre le point de départ et le point de mesure. Si cette distance est faible, le milieu est à peu près homogène et la déviation est négligeable ; mais il faut savoir mesurer avec précision de courtes durées.

Si on effectue la mesure au moyen d'un guide d'ondes[19], il faut être sûr que la paroi du tuyau acoustique ne participe pas à la propagation, soit en conduisant la vibration plus vite que l'air, soit en réagissant avec lui pour la ralentir.

La mesure dans un milieu solide, sous pression ou à haute température est difficile avec ce procédé.

Mesure de la fréquence et de la longueur d'onde

En mesurant la longueur d'onde du son et en la multipliant par sa fréquence on obtient sa vitesse. Cela correspond à la vitesse de phase. Plusieurs méthodes le permettent.

Modèle:Exemple

Dans un dispositif similaire à un tube de Kundt, un conduit est bouché à l'une de ses extrémités et couplé à un haut-parleur à l'autre. La pression acoustique issue de ce haut-parleur est réfléchie par le côté bouché du tube. Une onde stationnaire s'installe dans le tube si cette réflexion arrive au haut-parleur en phase avec la vibration du haut parleur. On en déduit que l'onde sonore a parcouru un aller-retour en une durée correspondant à un multiple de la période de la vibration. La longueur du tube est donc un multiple de la demi longueur d'onde. On peut s'assurer du nombre de longueurs d'onde dans le tube en déplaçant un microphone dans sa longueur pour détecter les ventres correspondant au maximum d'amplitude et les nœuds correspondant au minimum. En multipliant la longueur d'onde par la fréquence, on obtient la vitesse.

Si le tube est ouvert à l'autre extrémité, la pression acoustique issue du haut-parleur, ne trouvant plus de résistance, se transforme en vitesse acoustique sur l'ouverture. Une onde réfléchie repart en direction de la source. La résonance se produit si la longueur du tube est un multiple du quart de la longueur d'onde.

Cette mesure implique qu'on sache mesurer la fréquence, et que la paroi du tube n'interagisse pas notablement avec l'air.

On peut aussi réaliser des ondes stationnaires dans les liquides. Les ondes agissent sur la lumière de la même façon qu'un réseau optique. Il est donc possible, grâce à un montage optique, d'y mesurer la vitesse du son.

Dans les solides, il est impossible d'utiliser un microphone ; mais des capteurs en surface permettent la détection, et lorsque l'onde revient en phase sur le dispositif excitateur, elle change l'impédance mécanique à l'excitation, ce qui permet d'établir la fréquence de résonance pour un dispositif de la longueur considérée.

Comparaison des méthodes

La différence principale entre ces deux méthodes est le résultat obtenu : d'une part la vitesse de phase et d'autre part la vitesse de groupe. La différence entre ces deux grandeurs n'est cependant visible que lorsque la dispersion du milieu est importante, ce qui est rarement le cas.

Calcul de la vitesse du son dans différents milieux

Principaux paramètres

Une onde sonore est une onde mécanique se propageant dans un milieu matériel qui se comprime et se relâche. En l'absence de tout milieu matériel, il n'y a donc pas de son dans le vide. Lors de la propagation d'un son dans un milieu, les particules de ce milieu ne se déplacent généralement pas à la vitesse de propagation de l'onde mais vibrent autour d'un point de repos. Dans les solides, les ondes transverses étant possibles, il peut même n'y avoir aucun déplacement des particules dans la direction de propagation de l'onde. Il ne faut pas confondre la vitesse du son avec la vitesse acoustique, qui est celle des particules matérielles constituant le milieu de propagation, dans leur très petit déplacement alternatif.

Les principaux facteurs influant sur la valeur de la vitesse du son sont la température, la masse volumique et la constante d'élasticité (ou compressibilité) du milieu de propagation :

Modèle:Énoncé

D'un milieu à l'autre, les deux paramètres changent. Dans l'hélium, dont la compressibilité est à peu près égale à celle de l'air, mais dont la masse volumique est, dans les mêmes conditions de température et de pression, bien plus faible, la vitesse du son est presque trois fois plus grande que dans l'air. Dans un gaz à pression atmosphérique, la vitesse du son est bien plus faible que dans un liquide : bien que la masse volumique du gaz soit bien plus faible, celui-ci est presque infiniment plus compressible que le liquide (qui est souvent considéré incompressible). Par exemple, le son se propage exactement à Modèle:Unité (Modèle:Unité) dans l'eau pure à Modèle:Tmp[20], approximativement à Modèle:Unité (Modèle:Unité) dans l'air à Modèle:Tmp et à environ Modèle:Unité (Modèle:Unité) dans l'eau de mer.

Cette propriété est notamment utilisée pour déterminer la qualité d'un béton, car une propagation plus rapide signifie que le béton contient peu de bulles d'air (la vitesse du son dans le béton est beaucoup plus élevée que dans l'air). La célérité dans l'eau de mer intervient notamment dans les systèmes de repérage des bancs de poissons et des sous-marins[20].

L'hygrométrie influe peu sur la vitesse du son dans l'air.

Vitesse théorique maximale

En 2020 une équipe internationale de physiciens établit que la vitesse théorique maximum du son serait d'environ Modèle:Nb. Cette limite est calculée à partir de constantes physiques[21]Modèle:,[22].

Dans un fluide

Dans un fluide quelconque

Sans onde de cisaillement, la vitesse du son se propage seulement par compression. Si le son n'est pas trop fort (ΔPsonorePambiant), la compression et la détente du fluide peuvent être considérées comme étant isentropiques et la vitesse du son est :

cfluide=(Pρ)S

La racine carrée de la dérivée partielle de la pression P par la masse volumique ρ à entropie S constante.

La célérité du son dans un fluide peut être aussi exprimée en une fonction du coefficient de compressibilité isentropique χS=1V(VP)S selon[2] :

cfluide=1χSρ

Modèle:Démonstration/début Soit un fluide non visqueux, initialement au repos. Les propriétés du milieu en un point M situé à une distance r de la source de perturbation peuvent s'écrire comme la somme d'une valeur moyenne temporelle (uniforme) et d'une composante instationnaire (de faible amplitude). Ainsi :

  • masse volumique : ρ(M,t)=ρ0+ρ(r,t) ;
  • pression : P(M,t)=P0+P(r,t) ;
  • vitesse : composante radiale uniquement, de moyenne temporelle nulle, notée u(r,t).

Les équations de Navier-Stokes relient les variations de ρ, P et u, tandis qu'une équation d'état est nécessaire pour relier ρ à la pression P.

Bilan de masse (équation de continuité)
ρt+div(ρv)=0
Soit : ρt+ρdiv(v)+vgradρ=0
En négligeant le terme convectif vgradρ puisque v0, en assimilant ρ à sa moyenne temporelle ρ0, et en développant le tout en coordonnées sphériques, il vient :
Modèle:Equarefa ρt=ρ0r2(r2u)r
Bilan de quantité de mouvement (équation d'Euler en l'absence de prise en compte de la viscosité)
ρDvDt=gradP
Projetée sur l'axe radial, cette équation s'écrit : ρ(ut+uur)=Pr
En négligeant le terme uur puisque u0 et en assimilant ρ à sa moyenne temporelle ρ0, il vient :
Modèle:Equarefa Prρ0ut
Équation d'état
La masse volumique est reliée à la pression par l'équation d'état du fluide P=f(ρ), dont la dérivée au premier ordre est exprimée par le coefficient de compressibilité isentropique χS=1ρ(ρP)S. On peut donc écrire :
Modèle:Equarefa ρρ0χSP
Expression du champ de pression
En éliminant ρ de l'équation Modèle:Equarefl grâce à l'équation Modèle:Equarefl, on obtient :
Pt=1χS(ur+2ur)
Pr=ρ0ut
La dérivation de la première équation par rapport au temps et de la seconde par rapport à r donne :
2Pt2=1χS(2utr+2rut)
2Pr2=ρ02urt
En éliminant 2utr et ut, on aboutit à :
2Pr2+2rPr=ρ0χS2Pt2
Soit :
ΔP=ρ0χS2Pt2
où le symbole Δ désigne l'opérateur laplacien. Il s'agit de l'équation de propagation d'une onde sphérique de célérité :
Célérité : c=1ρ0χS
La solution générale du champ de pression est de la forme :
Champ de pression : P=P0+1r[f1(trc)+f2(t+rc)]

Modèle:Démonstration/fin

Modèle:Démonstration/début

Dans son Traité de mécanique céleste, Laplace rappelle sa formule publiée en 1816 dans les Annales de Physique et de Chimie[13] :

Modèle:Citation

La vitesse du son fait intervenir la masse volumique ρ et la compressibilité isentropique χS du milieu selon l'hypothèse isentropique de Laplace :

cLaplace=1χSρ

Newton avait basé son modèle sur une hypothèse isotherme du son, ce qui le conduisit à une formule équivalente à :

cNewton=1χTρ

Les compressibilités isentropique χS=1V(VP)S et isotherme χT=1V(VP)T sont liées par la relation de Reech au coefficient de Laplace γ :

γ=cPcV=χTχS

avec :

Ainsi, les expressions des vitesses du son selon Laplace et Newton sont liées par :

cLaplace=1χSρ=χTχS1χTρ=γcNewton
cLaplace=cPcVcNewton

Pour l'air, gaz diatomique, γ1,4, d'où :

cLaplace1,183cNewton
cNewton0,845cLaplace

La formule de Laplace donnant la vitesse du son correcte dans l'air, la formule de Newton donne une valeur d'environ 16 % inférieure à la réalité.

Modèle:Démonstration/fin

Dans un gaz parfait

Formules générales

La vitesse du son dans un gaz parfait est fonction du coefficient de Laplace γ (gamma), de la masse volumique ρ ainsi que de la pression P du gaz et se calcule théoriquement ainsi :

Modèle:Equarefa cgaz parfait=γPρ

avec :

La vitesse du son peut être aussi calculée à l'aide de la constante spécifique du gaz parfait Rs=RM (avec M la masse molaire et R la constante universelle des gaz parfaits) et de T, la température thermodynamique en kelvins (K)[2]Modèle:,[23] :

Modèle:Equarefa cgaz parfait=γRsT

Modèle:Démonstration/début La vitesse du son dans un fluide a pour expression :

c=1χSρ

Le coefficient de compressibilité isentropique est défini par :

χS=1V(VP)S.

Il est relié au coefficient de Laplace γ par la relation de Reech :

γ=χTχS

avec χT=1V(VP)T le coefficient de compressibilité isotherme qui vaut, pour un gaz parfait, χT=1P, puisque selon la loi des gaz parfaits V=nRTP.

La célérité du son dans un gaz parfait vaut donc :

c=1ρχS=γρχT=γPρ

n moles de gaz parfait de masse molaire M ont une masse m=nM et occupent un volume V=nRTP sous la pression P et à la température T. La masse volumique vaut alors ρ=mV=MnV=MPRT. Avec R, la constante universelle des gaz parfaits, on définit la constante spécifique du gaz parfait étudié : Rs=RM. On réécrit en conséquence :

c=γRsT

Modèle:Démonstration/fin

La formule Modèle:Equarefl montre que la célérité du son c dans un gaz parfait est inversement proportionnelle à la racine carrée de la masse volumique ; la formule Modèle:Equarefl montre également qu'elle est indépendante de la pression du gaz et de la fréquence, mais qu'elle est proportionnelle à la racine carrée de la température[20]. L'indépendance de la vitesse du son par rapport à la pression du gaz n'est toutefois vérifiée que pour des pressions voisines de la pression atmosphérique normale (condition d'application de la loi des gaz parfaits).

La constante Rs est une grandeur indépendante de la température. Le coefficient adiabatique γ dépend peu de la température T. Les valeurs du ratio γ sont approximativement égales à :

Formules approchées pour l'air

Pour l'air, composé principalement de dioxygène et de diazote, gaz diatomiques :

Avec l'équation Modèle:Equarefl, on obtient la vitesse théorique du son dans l'air sec assimilé à un gaz parfait en m/s en fonction de la température en kelvins :

Pour l'air sec : selon les auteurs
cair=20,05T[24]Modèle:,[25]
cair=20,06T[26]
cair=20TModèle:SfnModèle:,[27]

La vitesse cair est exprimée en Modèle:Nb, la température T en kelvin (K).

Les différences entre auteurs proviennent principalement de la prise en compte de constituants mineurs de l'air, principalement l'argon et le gaz carbonique, et des incertitudes qui affectent les calculs des constantes. L'air n'étant pas un gaz parfait, ces formules ne donnent qu'un résultat approximatif. Des calculs plus raffinés tiennent compte des interactions entre molécules (viriel) et apportent des correctifs. De ce fait, la pression et la fréquence affectent les dernières décimalesModèle:Sfn.

Au voisinage de la température ambiante, la célérité du son dans l'air peut être approchée par la linéarisation suivante[28] :

cair=331,5+0,607θ (en Modèle:Nb)

θ (thêta) est la température en degrés Celsius (°C) : θ=T273,15. On peut simplifier cette formule en[29] : cair=331+0,6θ.

La vitesse du son dans l'air augmente faiblement avec l'humidité, la différence pouvant atteindre un peu plus d'un mètre par seconde[30]. L'air est un milieu faiblement dispersif, surtout s'il est humide. La vitesse augmente peu avec la fréquence, l'écart ne dépassant guère Modèle:Unité dans le spectre audible[31], mais peut être sensible pour les ultrasons à haute fréquence.

Relation entre vitesse du son et vitesse des molécules de gaz

La masse volumique ρ d'un gaz parfait vaut :

ρ=PMRT

avec :

En remplaçant ρ dans l'équation Modèle:Equarefl, on a par conséquent :

c=γRTM

La vitesse quadratique moyenne v^ des molécules d'un gaz parfait est corrélée à la température selon[32]Modèle:,[33] :

v^=3RTM

On a donc la relation :

c=γ3v^

Dans le cas d'un gaz parfait diatomique comme l'air γ=7/5, on a par conséquent :

c0,683v^

Cette relation montre que dans l'air la vitesse du son est inférieure à la vitesse quadratique moyenne des molécules du gaz au repos. En application, à Modèle:Unité, avec Modèle:Nobr, on obtient :

Dans un gaz de van der Waals

La vitesse du son dans un gaz de van der Waals est fonction de deux variables thermodynamiques indépendantes, classiquement la température T et le volume molaire V¯ :

c=γM(RTV¯2(V¯b)22aV¯)

avec :

Modèle:Démonstration/début La vitesse du son dans un fluide a pour expression :

c=1χSρ

Le coefficient de compressibilité isentropique est défini par : χS=1V(VP)S. Il est relié au coefficient de Laplace γ par la relation de Reech : γ=χTχS, avec χT=1V(VP)T le coefficient de compressibilité isotherme. On réécrit donc :

c=γχTρ

L'équation d'état de van der Waals s'écrit :

P=nRTVnban2V2

avec :

n moles de gaz de masse molaire M ont une masse m=nM et occupent un volume V sous la pression P et à la température T. La masse volumique vaut alors ρ=mV=MnV et le volume molaire V¯=Vn. Le coefficient de compressibilité isotherme vaut alors, pour un gaz de van der Waals :

χT(T,V¯)=(V¯b)2RTV¯(12a(V¯b)2RTV¯3)

On réécrit en conséquence :

c=γMV¯χT=γM(RTV¯2(12a(V¯b)2RTV¯3)(V¯b)2)

en réarrangeant, on trouve :

c=γM(RTV¯2(V¯b)22aV¯)

Modèle:Démonstration/fin

Si l'on définit :

si l'on considère d'autre part que cPcVRs, la relation de Mayer pour les gaz parfaits (ce qui n'est pas rigoureux pour un gaz de van der Waals), avec :

alors on a approximativement :

c(RscV+1)(RsT(1ρb)22aρ)

Fluides diphasiques

Dans le cas d'un fluide diphasique (bulles d'air dans l'eau liquide par exemple), la vitesse du son se trouve fortement modifiée. Le calcul de la vitesse du son est alors assez complexe et dépend notamment des relations qui unissent les deux fluides (par exemple, dans le cas d'un liquide avec des bulles de vapeur, il faudra prendre en compte les changements de phase).

Néanmoins, un résultat général peut être donné. La vitesse du son dans ce mélange est bien inférieure à la plus petite des deux vitesses dans les milieux séparés. Par exemple, pour un mélange eau/vapeur la vitesse du son est autour de Modèle:Unité pour un taux de présence de 0,5. Cela s'explique en considérant la masse volumique moyenne du mélange, qui est comprise entre celle de l'eau et celle de la vapeur, et la compressibilité (ou la constante d'élasticité moyenne) qui est elle aussi comprise entre celle de l'eau et celle de la vapeur. En introduisant les bulles de vapeur dans l'eau, on a tout à la fois diminué la masse volumique moyenne du milieu (cette modification, seule, tend à augmenter la vitesse du son) et augmenté sa compressibilité (cette modification, seule, diminue la vitesse du son). Mais on a beaucoup plus augmenté la constante élastique que diminué la masse volumique. C'est pourquoi on a obtenu une vitesse du son plus faible dans ce mélange que dans l'eau pure.

Dans un solide

Dans un solide, la vitesse des ondes mécaniques est dépendante de la masse volumique ρ et des constantes d'élasticité. Des ondes tant longitudinales que transverses peuvent se propager (Modèle:Nobr et S en sismologie) dont les vitesses sont données par :

cl=E(1ν)ρ(1+ν)(12ν)
ct=E2ρ(1+ν)

où :

Exemples

Dans l'air

En fonction de la température

La table suivante[34] présente l'évolution de quelques propriétés de l'air sec sous une pression d'une atmosphère en fonction de la température, avec :

En italique sont reportées les vitesses calculées au moyen de la formule :

c=331,5+0,607θ
Influence de la température sur l'air
θ en °C c en Modèle:Nb ρ en Modèle:Nb Z en Modèle:Nb
Modèle:Nb 325,4
325,4
1,341 436,5
Modèle:Nb 328,4
328,5
1,316 432,4
0 331,5
331,5
1,293 428,3
+5 334,5
334,5
1,269 424,5
+10 337,5
337,6
1,247 420,7
+15 340,5
340,6
1,225 417,0
+20 343,4
343,6
1,204 413,5
+25 346,3
346,7
1,184 410,0
+30 349,2
349,7
1,164 406,6

En fonction de l'altitude

La table suivante[35] présente l'évolution de quelques propriétés de l'air en fonction de l'altitude en atmosphère ISA, avec :

  • θ la température ;
  • P la pression ;
  • c la vitesse du son ;
  • ρ la masse volumique.
Influence de l'altitude sur l'air
Altitude en m θ en °C P en kPa c en Modèle:Nb ρ en Modèle:Nb
0 15,00 101,33 340,3 1,225
200 13,70 98,95 339,5 1,202
400 12,40 96,61 338,8 1,179
600 11,10 94,32 338,0 1,156
800 9,80 92,08 337,2 1,134
Modèle:Nb 8,50 89,88 336,4 1,112
Modèle:Nb 2,00 79,50 332,5 1,007
Modèle:Nb Modèle:Nb 70,12 328,6 0,909
Modèle:Nb Modèle:Nb 61,66 324,6 0,819
Modèle:Nb Modèle:Nb 47,22 316,5 0,660
Modèle:Nb Modèle:Nb 35,65 308,1 0,526
Modèle:Nb Modèle:Nb 26,50 299,5 0,414
Modèle:Nb Modèle:Nb 19,40 295,1 0,312

Pour différents matériaux

La table suivante donne la vitesse du son dans quelques milieux différents dans les conditions normales de température et de pression.

Exemples
Matériau c en Modèle:Nb
Air 340
Toluène Modèle:Unité[36]
Acétone Modèle:Unité[36]
Xylol Modèle:Unité[36]
Alcool Modèle:Unité[36]
Benzine Modèle:Unité[36]
Pétrole Modèle:Unité[36]
Eau Modèle:Unité[37]
Acide sulfurique Modèle:Unité[36]
Béton Modèle:Unité[37]
Acier Modèle:Unité[38]
Diamant Modèle:Unité[22]

Notes et références

Notes

Modèle:Références

Bibliographie

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Modèle:Liens

Modèle:Portail

  1. Modèle:Ouvrage.
  2. 2,0 2,1 2,2 et 2,3 Modèle:Ouvrage : « Vitesse de groupe » (Modèle:P.), « Vitesse de phase » (Modèle:P.), « Vitesse du son » (Modèle:P.).
  3. 3,0 et 3,1 Modèle:Article.
  4. Modèle:Ouvrage.
  5. Modèle:Article.
  6. 6,0 et 6,1 Modèle:Article.
  7. Modèle:Article.
  8. Modèle:Lien web.
  9. Dans l'article Vitesse du son de l'Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, Modèle:Vol., il est déjà relevé que Modèle:Citation.
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