Signature d'une permutation

De testwiki
Version datée du 13 novembre 2024 à 22:33 par imported>Zandr4 (Annulation de la modification de ISSAY-sigma (d) (1, k) aussi)
(diff) ← Version précédente | Version actuelle (diff) | Version suivante → (diff)
Aller à la navigation Aller à la recherche

Modèle:Voir homonymes En mathématiques, une permutation de support fini est dite paire si elle présente un nombre pair d'inversions, impaire sinon. La signature d'une permutation vaut 1 si celle-ci est paire, –1 si elle est impaire.

L'application signature, du groupe symétrique 𝔖n dans le groupe ({–1, 1}, ×), est un morphisme, c'est-à-dire qu'elle vérifie une propriété analogue à la règle des signes.

Toute permutation se décompose en un produit de transpositions. Une transposition étant impaire, il vient de cette règle des signes que la parité du nombre de transpositions d'une telle décomposition coïncide avec la parité de la permutation (et ne dépend donc pas de la décomposition choisie).

Tout morphisme de 𝔖n dans un groupe abélien se factorise par le morphisme signature.

La signature intervient notamment en algèbre linéaire, dans la formule de Leibniz qui est une façon de définir le déterminant d'une matrice carrée.

Définition de la signature

Nous définissons dans cet article la parité d'une permutation par le comptage de ses Modèle:Lien.

Définition
Soient i < j deux entiers compris entre 1 et n. On dit que la paire {i, j} est en inversion pour Modèle:Mvar si Modèle:Math.

Une permutation est dite paire si elle présente un nombre pair d'inversions, impaire sinon. La signature d'une permutation paire est 1 ; celle d'une permutation impaire est –1.

Autrement dit, la signature d'une permutation Modèle:Mvar, notée dans la suite de cet article Modèle:Math, vérifie si l'on note Modèle:Math la fonction signe :

ε(σ)=1i<jnsgn(σ(j)σ(i)).
Exemples
  1. Considérons la permutationModèle:Retraitqui fixe 1 et 4 et envoie 2 sur 3, 3 sur 5 et 5 sur 2.
    Compter le nombre d'inversions revient à compter le nombre de désordres dans la seconde ligne. On en dénombre quatre : 3 est avant 2, 5 avant 4, 5 avant 2, et 4 avant 2. Cela signifie que les paires formées de leurs antécédents sont, selon la définition, des inversions, soit les paires {2,5}, {3,4}, {3,5}, {4,5}.
    Puisqu'il y en a quatre, Modèle:Mvar est paire et Modèle:Math.
  2. Considérons le k-cycleModèle:Retraitqui envoie 1 sur 2, 2 sur 3, … , k – 1 sur k, k sur 1 et qui fixe tous les autres entiers.
    Ses paires en inversion sont {i, k}, pour i < k.
    Il y en a k – 1 donc Modèle:Math, et Modèle:Mvar est paire si et seulement si k est impair.

Une formule pour la signature

Une permutation σ𝔖n a pour signature :

ε(σ)=1i<jnσ(j)σ(i)ji={i,j}𝒫σ(j)σ(i)ji,

𝒫={{i,j}1in et 1jn et ij} désigne l'ensemble des paires d'entiers distincts compris entre Modèle:Math et Modèle:Mvar (par définition d'une paire, {i,j}={j,i}).

Modèle:Démonstration

Signature d'un produit

Les permutations vérifient une règle des signes pour le produit :

  • le produit de deux permutations paires est pair ;
  • le produit de deux permutations impaires est pair ;
  • le produit d'une permutation paire et d'une impaire est impair.

En utilisant la signature, cela se résume par la formule :

ε(σ1σ2)=ε(σ1)ε(σ2).

Modèle:Démonstration

En termes algébriques : la signature est un morphisme du groupe symétrique 𝔖n dans le groupe à deux éléments ({–1, 1}, ×).

En particulier, toute permutation conjuguée de σ a même signature que σ (car ε(ρσρ1)=ε(ρ)ε(σ)ε(ρ)1=ε(σ)).

Une transposition est impaire

Modèle:Énoncé

D'après la dernière propriété ci-dessus et le fait que deux cycles de même longueur sont conjugués, il suffit de le vérifier pour un seul cycle par longueur, ce qui a été fait dans l'exemple 2 ci-dessus.

Calcul d'une signature

D'après les deux sections précédentes et la décomposition en produit de transpositions, il vient que toute permutation σ est soit paire, soit impaire, avec :

  • σ est paire (autrement dit : ε(σ)=+1) si et seulement si elle est décomposable en un nombre pair de transpositions ;
  • σ est impaire (autrement dit : ε(σ)=1) si et seulement si elle est décomposable en un nombre impair de transpositions.

Cela permet de déterminer la parité (ou la signature) d'une permutation plus efficacement que par un simple comptage des inversions ; en effet, pour une permutation de 𝔖n, une telle décomposition demande au plus Modèle:Math opérations, contre [[Paire#Autres propriétés|Modèle:Math]] si l'on applique directement la définition Modèle:Supra.

Exemples

Cette dernière observation permet de calculer la signature d'une permutation décomposée en cycles. La signature d'une permutation σ de 𝔖n vaut (1)nm=(1)p, où Modèle:Math est le nombre de cycles de la décomposition (en comptant les points fixes comme cycles de longueur 1) dans σ et Modèle:Math le nombre de cycles de longueur paire dans cette même décomposition.

Morphisme

𝔖1 étant le groupe trivial, supposons n2.

D'après la formule pour un produit et l'imparité des transpositions, la signature est alors un morphisme surjectif de 𝔖n dans ({–1, 1}, ×), et son noyau est le groupe alterné 𝔄n des permutations paires.

Ce sous-groupe 𝔄n étant le groupe dérivé de 𝔖n, la signature est donc une réalisation du morphisme canonique de 𝔖n dans son abélianisé, le groupe quotient 𝔖n/𝔄n({1,1},×). Cela signifie que tout morphisme f de 𝔖n dans un groupe abélien se factorise par ε, ou encore : si l'image de f n'est pas le groupe trivial alors c'est un groupe d'ordre 2 et f coïncide, via l'unique isomorphisme entre ce groupe et ({–1, 1}, ×), avec ε.

Modèle:Démonstration

Voir aussi

Modèle:Autres projets

Modèle:Portail

ru:Перестановка#Связанные определения