Inégalité de Nesbitt

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Modèle:Homon

Énoncé

L'inégalité de Nesbitt est un cas particulier de l'inégalité de Shapiro pour trois réels ; elle donne un minorant d'une expression rationnelle de ces réels. Elle s'énonce ainsi [1] :

Modèle:Théorème

Démonstrations

Première démonstration : par l'inégalité de réarrangement

On suppose, sans perte de généralité, que abc. On a alors :

1a+b  1a+c  1b+c.

En appliquant deux fois l'inégalité de réarrangement, il vient :

ca+b+ba+c+ab+caa+b+ca+c+bb+c,

et

ca+b+ba+c+ab+cba+b+aa+c+cb+c.

En ajoutant ces deux inégalités, on obtient :

2(ca+b+ba+c+ab+c)a+ba+b+a+ca+c+b+cb+c,

c'est-à-dire

2(ca+b+ba+c+ab+c)3,

dont on déduit l'inégalité de Nesbitt.

Deuxième démonstration : par l'inégalité arithmético-harmonique

Par l'inégalité arithmético-harmonique portant sur a+b,b+c,c+a,

(a+b)+(a+c)+(b+c)331a+b+1a+c+1b+c.

Après simplification,

((a+b)+(a+c)+(b+c))(1a+b+1a+c+1b+c)9,

dont on obtient

2a+b+cb+c+2a+b+ca+c+2a+b+ca+b9

après développement et rassemblement par dénominateur. D'où le résultat.

Troisième démonstration : par l'inégalité de Cauchy–Schwarz

En appliquant l'inégalité de Cauchy–Schwarz aux vecteurs (a+b,b+c,c+a),(1a+b,1b+c,1c+a), il vient

((b+c)+(a+c)+(a+b))(1b+c+1a+c+1a+b)9,

forme qui est similaire à celle de la preuve précédente.

Quatrième démonstration : par l'inégalité arithmético-géométrique

Appliquons d'abord une transformation de Ravi : posons x=a+b,y=b+c,z=c+a. Appliquons l'inégalité arithmético-géométrique aux six nombres x2z,z2x,y2z,z2y,x2y,y2x pour obtenir

(x2z+z2x)+(y2z+z2y)+(x2y+y2x)6x2zz2xy2zz2yx2yy2x6=xyz.

Après division par xyz/6, on obtient

x+zy+y+zx+x+yz6.

Exprimons à présent x,y,z en fonction de a,b,c :

2a+b+cb+c+a+b+2ca+b+a+2b+cc+a6
2ab+c+2ca+b+2ba+c+36

qui, après simplification, donne le résultat.

Cinquième démonstration : par le lemme de Titu

Le lemme de Titu, conséquence directe de l'inégalité de Cauchy–Schwarz, indique que pour toutes familles de n réels (xk) et de réels positifs (ak), k=1nxk2ak(k=1nxk)2k=1nak. Utilisons ce lemme pour n=3 avec les familles (a,b,c) et (a(b+c),b(c+a),c(a+b)) :

a2a(b+c)+b2b(c+a)+c2c(a+b)(a+b+c)2a(b+c)+b(c+a)+c(a+b)

Après développement

a2a(b+c)+b2b(c+a)+c2c(a+b)a2+b2+c2+2(ab+bc+ca)2(ab+bc+ca),

ce qui donne

ab+c+bc+a+ca+ba2+b2+c22(ab+bc+ca)+1.

Or, l'inégalité de réarrangement donne a2+b2+c2ab+bc+ca, ce qui prouve que le quotient de droite est inférieur ou égal à 12. Finalement,

ab+c+bc+a+ca+b32.

Sixième démonstration : utilisation de l'homogénéité

Puisque la partie gauche de l'inégalité est homogène, nous pouvons supposer a+b+c=1. En posant x=a+b, y=b+c, et z=c+a. Il suffit de montrer 1xx+1yy+1zz32, c'est-à-dire, 1x+1y+1z9/2. Une simple application du lemme de Titu fournit le résultat.

Septième démonstration : par l'inégalité de Jensen

Nous supposons ici aussi a+b+c=1. On recherche alors le minimum de

a1a+b1b+c1c.

Or la fonction f définie par f(x)=x1x est convexe sur ]0,1[, donc d'après l'inégalité de Jensen :

12=f(13)=f(a+b+c3)13(f(a)+f(b)+f(c))=13(a1a+b1b+c1c),

d’où l'inégalité voulue.

Huitième démonstration : par l'inégalité de Muirhead

L'inégalité équivaut à 2(a3+b3+c3)a2b+b2a+b2c+c2b+c2a+ac2.

Avec les notations introduites dans la page sur l'inégalité de Muirhead, cela équivaut à [3,0,0][2,1,0], ce qui s'obtient par le théorème de Muirhead car (3,0,0) majorise (2,1,0)[1].

Neuvième démonstration

L'inégalité équivaut à 2(a3+b3+c3)a2bb2ab2cc2bc2aac20,

or le premier membre peut se mettre sous la forme (a+b)(ab)2+(b+c)(bc)2+(c+a)(ca)2,

ce qui prouve l'inégalité, et montre de plus que le cas d'égalité est a=b=c[1].

Références

Modèle:Références

Voir aussi

Bibliographie

Modèle:Traduction/Référence

  • Modèle:Ouvrage, Exercice 5.6, page 84.
  • Modèle:En A. M. Nesbitt - Problem 15114, Educational Times, numéro 2, pages 37-38, 1903.

Modèle:Portail