Inégalité arithmético-géométrique

De testwiki
Aller à la navigation Aller à la recherche

Modèle:Ébauche Modèle:Voir homonymes

Preuve sans mots de l'inégalité arithmético-géométrique en deux dimensions : PR est un diamètre d'un cercle de centre O ; son rayon AO a donc pour longueur la moyenne arithmétique de a et b. Par le théorème de la moyenne géométrique, on trouve aussi que la hauteur GQ a pour longueur la moyenne géométrique de a et b. On a donc bien pour tous Modèle:Nowrap Modèle:Nowrap

En mathématiques, l'inégalité arithmético-géométrique (IAG) établit un lien entre la moyenne arithmétique et la moyenne géométrique. C'est un résultat classique lié à la convexité.

Énoncé

La moyenne géométrique de n réels strictement positifs x1,,xn est inférieure à leur moyenne arithmétique :

x1xnnx1++xnn,

avec égalité (si et) seulement si x1=x2==xn.

Démonstrations

Les deux réels x1++xnn (moyenne arithmétique) et x1xnn=(x1xn)1/n (moyenne géométrique) étant strictement positifs, l'inégalité à démontrer équivaut (par croissance stricte du logarithme naturel) à

ln((x1xn)1/n)lnx1++xnn,

ou encore (d'après l'équation fonctionnelle du logarithme) à

lnx1++lnxnnlnx1++xnn.

Cette dernière inégalité n'est autre que l'inégalité de Jensen pour des isobarycentres, appliquée à la fonction logarithme, qui est concave.

Le cas d'égalité provient du fait que cette concavité est stricte.

L'inégalité arithmético-géométrique peut également être démontrée comme corollaire de l'inégalité de Muirhead, appliquée aux suites Modèle:Math et Modèle:Math.

On peut également utiliser les multiplicateurs de Lagrange en étudiant les maximums de la fonction (x1,,xn)x1x2xn sur l'ensemble {(x1,,xn)(+)n:x1+x2++xn=1}.

Preuve de Pólya

George Pólya prouve l'inégalité arithmético-géométrique en utilisant l'inégalité :

xexpx1+x.

On considère ensuite Modèle:Math des nombres réels strictement positifs. On pose ensuite :

A=1nk=1nak, G=(k=1nak)1n.

On utilise l'inégalité ci-dessus pour les nombres Modèle:Math, ce qui donne :

akAexp(akA1)

dont le produit donne :

k=1nakAnexp(1Ak=1nakn)

soit

GnAnexp(nn)=1,

ce qui permet de conclure. On remarque alors qu'on atteint l'égalité s'il y a égalité dans chacune des inégalités précédentes, donc si les Modèle:Mvar sont tous égaux (à Modèle:Mvar)[1].

Preuve d'Aizer

Horst Aizer donne cette preuve[2] : soit Modèle:Mvar une fonction réelle continue telle qu'il existe Modèle:Math vérifiant

x>x0, f(x)>f(x0) et x<x0, f(x)<f(x0).

On a alors :

x0xf(t)dtx0xf(x0)dt=(xx0)f(x0).

On applique ce résultat à Modèle:Math :

x0xdttxx0x0.

On en déduit

1ni=1nx0aidtt1ni=1naix0x0.

soit

lni=1nai1nx01nx0i=1nai1

donc Modèle:Math. Considérer Modèle:Math ou Modèle:Mvar permet de conclure.

Preuve de Schlömilch

Oskar Schlömilch donne une preuve élémentaire[3]. On considère l'identité :

(1z)2(1+2z+3z2+...+nzn1)=1(n+1)zn+nzn+1.

qu'on peut obtenir en dérivant l'expression Modèle:Sfrac de deux façons différentes. Le membre de gauche est positif pour Modèle:Mvar positif. On a donc, pour Modèle:Mvar positif :

1+nzn+1(n+1)zn

avec égalité en Modèle:Math. La substitution zn+1=x/y donne

nx+y(n+1)(xny)1n+1

avec égalité si et seulement si Modèle:Math. On retrouve alors une inégalité arithmético-géométrique pondérée. On finit par récurrence sur Modèle:Mvar pour conclure.

Preuve matricielle

Fergus Gaines donne une preuve[4] reposant sur une inégalité de Schur[5] qui stipule que, pour une matrice carrée Modèle:Mvar de valeurs propres Modèle:Math :

k=1n|λk|2i,j=1n|ai,j|2,

avec égalité si et seulement si Modèle:Mvar est normale.

Appliquée à la matrice

M=(0a10000a20000an1an000)

et en remarquant que Modèle:Math, les valeurs propres de Modèle:Mvar sont λk=e2ikπn(a1a2...an)12n. L'inégalité de Schur donne directement l'inégalité arithmético-géométrique, avec égalité si et seulement si Modèle:Math, c'est-à-dire lorsque les Modèle:Mvar sont tous égaux.

Généralisations

Pondération

L'inégalité arithmético-géométrique se généralise aux moyennes pondérées arithmétique et géométrique : Modèle:Énoncé En effet, en supposant sans perte de généralité qu'aucun xk n'est nul et en notant tk:=αk/α (strictement positifs et de somme 1), l'inégalité équivaut Modèle:Supra à

t1lnx1++tnlnxnln(t1x1++tnxn),

qui n'est autre que l'inégalité de Jensen générale pour la fonction (concave) logarithme, et le cas d'égalité provient de la stricte concavité.

Inégalité de Maclaurin

On peut également généraliser l'inégalité arithmético-géométrique en remarquant que la moyenne arithmétique correspond à la première fonction symétrique élémentaire, et la moyenne géométrique à la dernière. L'inégalité arithmético-géométrique se réécrit :

σn(nn)nσ1(n1)1

Et on peut généraliser :

σn(nn)nσn1(nn1)n1σ1(n1)1

soit

x1xnnx1xn1++x2xnnn1x1x2++xn1xn(n2)x1++xnn

Ce sont les inégalités de Maclaurin.

Majoration de l'écart

Il existe une majoration de l'écart entre les deux moyennes[6]:

0x1++xnnx1xnn1n1i<jn(xixj)2 ,

qui est une égalité pour n=2 : x+y2xy=12(xy)2.

Cette inégalité est une conséquence de l'inégalité de convexité de Vasile Cîrtoaje[7]:

(n2)i=1nf(ai)+nf(1ni=1nai)21i<jnf(ai+aj2)

pour une fonction f convexe, en prenant f=exp et ai=lnxi.

Références

Modèle:Références

Voir aussi

Articles connexes

Modèle:Colonnes

Lien externe

Bibliographie

Modèle:Palette Modèle:Portail