Inégalité arithmético-géométrique
Modèle:Ébauche Modèle:Voir homonymes

En mathématiques, l'inégalité arithmético-géométrique (IAG) établit un lien entre la moyenne arithmétique et la moyenne géométrique. C'est un résultat classique lié à la convexité.
Énoncé
La moyenne géométrique de réels strictement positifs est inférieure à leur moyenne arithmétique :
avec égalité (si et) seulement si .
Démonstrations
Les deux réels (moyenne arithmétique) et (moyenne géométrique) étant strictement positifs, l'inégalité à démontrer équivaut (par croissance stricte du logarithme naturel) à
ou encore (d'après l'équation fonctionnelle du logarithme) à
Cette dernière inégalité n'est autre que l'inégalité de Jensen pour des isobarycentres, appliquée à la fonction logarithme, qui est concave.
Le cas d'égalité provient du fait que cette concavité est stricte.
L'inégalité arithmético-géométrique peut également être démontrée comme corollaire de l'inégalité de Muirhead, appliquée aux suites Modèle:Math et Modèle:Math.
On peut également utiliser les multiplicateurs de Lagrange en étudiant les maximums de la fonction sur l'ensemble .
Preuve de Pólya
George Pólya prouve l'inégalité arithmético-géométrique en utilisant l'inégalité :
On considère ensuite Modèle:Math des nombres réels strictement positifs. On pose ensuite :
On utilise l'inégalité ci-dessus pour les nombres Modèle:Math, ce qui donne :
dont le produit donne :
soit
ce qui permet de conclure. On remarque alors qu'on atteint l'égalité s'il y a égalité dans chacune des inégalités précédentes, donc si les Modèle:Mvar sont tous égaux (à Modèle:Mvar)[1].
Preuve d'Aizer
Horst Aizer donne cette preuve[2] : soit Modèle:Mvar une fonction réelle continue telle qu'il existe Modèle:Math vérifiant
On a alors :
On applique ce résultat à Modèle:Math :
On en déduit
soit
donc Modèle:Math. Considérer Modèle:Math ou Modèle:Mvar permet de conclure.
Preuve de Schlömilch
Oskar Schlömilch donne une preuve élémentaire[3]. On considère l'identité :
qu'on peut obtenir en dérivant l'expression Modèle:Sfrac de deux façons différentes. Le membre de gauche est positif pour Modèle:Mvar positif. On a donc, pour Modèle:Mvar positif :
avec égalité en Modèle:Math. La substitution donne
avec égalité si et seulement si Modèle:Math. On retrouve alors une inégalité arithmético-géométrique pondérée. On finit par récurrence sur Modèle:Mvar pour conclure.
Preuve matricielle
Fergus Gaines donne une preuve[4] reposant sur une inégalité de Schur[5] qui stipule que, pour une matrice carrée Modèle:Mvar de valeurs propres Modèle:Math :
avec égalité si et seulement si Modèle:Mvar est normale.
Appliquée à la matrice
et en remarquant que Modèle:Math, les valeurs propres de Modèle:Mvar sont L'inégalité de Schur donne directement l'inégalité arithmético-géométrique, avec égalité si et seulement si Modèle:Math, c'est-à-dire lorsque les Modèle:Mvar sont tous égaux.
Généralisations
Pondération
L'inégalité arithmético-géométrique se généralise aux moyennes pondérées arithmétique et géométrique : Modèle:Énoncé En effet, en supposant sans perte de généralité qu'aucun n'est nul et en notant (strictement positifs et de somme ), l'inégalité équivaut Modèle:Supra à
- ,
qui n'est autre que l'inégalité de Jensen générale pour la fonction (concave) logarithme, et le cas d'égalité provient de la stricte concavité.
Inégalité de Maclaurin
On peut également généraliser l'inégalité arithmético-géométrique en remarquant que la moyenne arithmétique correspond à la première fonction symétrique élémentaire, et la moyenne géométrique à la dernière. L'inégalité arithmético-géométrique se réécrit :
Et on peut généraliser :
soit
Ce sont les inégalités de Maclaurin.
Majoration de l'écart
Il existe une majoration de l'écart entre les deux moyennes[6]:
- ,
qui est une égalité pour : .
Cette inégalité est une conséquence de l'inégalité de convexité de Vasile Cîrtoaje[7]:
pour une fonction convexe, en prenant et .
Références
Voir aussi
Articles connexes
Lien externe
- René Adad, Moyennes arithmétique et géométrique.