Nombre de Delannoy

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En mathématiques, et notamment en combinatoire, les nombres de Delannoy dénombrent les chemins joignant deux points d'un réseau carré, en pas horizontaux, verticaux, et aussi diagonaux. Ils sont ainsi nommés en l'honneur de l'officier français, mathématicien amateur et aussi historien Henri Auguste Delannoy[1]. Ce dernier a présenté ce problème comme recherche de dénombrement de chemins parcourus par la reine dans un échiquier[2].

Les D(3)=63 chemins de Delannoy joignant (0,0) à (3,3).

Définitions et valeurs particulières

Première définition combinatoire

Le nombre de Delannoy D(n,m) est le nombre de chemins de 2 joignant le point (0,0) au point (n,m) en utilisant des pas élémentaires de direction nord (ajout de (0,1)), nord-est (ajout de (1,1)), et est (ajout de (1,0)).

Notons que D(n,m)(n+mn), le coefficient binomial ne comptant que les chemins prenant des directions est et nord.

D(n,m) est aussi le nombre de chemins de × joignant le point (0,0) au point (n+m,nm) en utilisant des pas élémentaires de direction nord-est (ajout de (1,1)), sud-est (ajout de (1,1)), et des pas doubles de direction est (ajout de (2,0)).

Les D(2,2)=13 points entiers dans le carré d'équation |x|+|y|2.

Deuxième définition combinatoire

D(n,m) est le nombre de points du réseau m situés à une distance d'au plus n pas de l'origine[3], autrement dit, le nombre de points à coordonnées entières de l'hyperoctaèdre plein {(x1,x2,...,xm)m/|x1|+|x2|+...+|xm|n}. On a donc ici un exemple de généralisation en dimensions supérieures du concept de nombre figuré (tel qu'étudié notamment par Pythagore et Pascal), les nombres de Delannoy correspondant en l'occurrence à des "nombres hyperoctaédriques centrés"[4].

Définitions combinatoires des nombres de Delannoy « centraux »

Tout comme les nombres de Catalan, de Motzkin, de Fibonacci, etc., les nombres de Delannoy apparaissent dans de nombreux problèmes. On trouvera notamment dans l'article de Sulanke[5] 29 définitions combinatoires différentes des nombres de Delannoy « centraux » D(n,n). Cette ubiquité s'explique en partie par des définitions récursives assez naturelles, et donc promptes à apparaître dans diverses situations.

Définition récursive 1

Par la première définition, on obtient la définition récursive :

D(0,m)=1 pour m0

et, pour n,m1 :

D(n,m)=D(n1,m)+D(n1,m1)+D(n,m1), ce qui permet d'obtenir la ligne n de proche en proche, connaissant la ligne n1.

Définition récursive 2

Par la deuxième définition, ou en conséquence de la précédente, on obtient la définition récursive[6] :

D(0,m)=1 pour m0

et, pour n,m1 :

D(n,m)=(2k=0m1D(n1,k))+D(n1,m)

ce qui permet d'obtenir la ligne n connaissant la ligne n1.

Premières valeurs

n\m 0 1 2 3 4 5 6 7 8
0 1 1 1 1 1 1 1 1 1
1 1 3 5 7 9 11 13 15 17
2 1 5 13 25 41 61 85 113 145
3 1 7 25 63 129 231 377 575 833
4 1 9 41 129 321 681 1289 2241 3649
5 1 11 61 231 681 1683 3653 7183 13073
6 1 13 85 377 1289 3653 8989 19825 40081
7 1 15 113 575 2241 7183 19825 48639 108545
8 1 17 145 833 3649 13073 40081 108545 265729
9 1 19 181 1159 5641 22363 75517 224143 598417
Voir la Modèle:OEIS.
La diagonale du tableau donne les nombres de Delannoy centraux D(n)=D(n,n), dénombrant les chemins de (0,0) à (n,n) ; les premières valeurs en sont :
1, 3, 13, 63, 321, 1683, 8989, 48639, 265729, ... ; voir la Modèle:OEIS.

Triangle de Delannoy

Comme pour le triangle de Pascal, on peut aussi disposer les nombres de Delannoy en triangle. La ligne n du triangle est constituée des nombres (nk)D=D(k,nk) pour 0kn, vérifiant (nk)D=(n1k1)D+(n1k)D+(n2k1)Dpour 0<k<n ; chaque terme est la somme de trois termes : les deux termes situés juste au-dessus de lui et un troisième situé deux-lignes au-dessus (par exemple 25=13+7+5, comme illustré en couleur dans la figure suivante).

            1
          1   1
        1   3   1
      1   5   5   1
    1   7  13   7   1
  1   9  25  25   9   1
1  11  41  63  41  11   1

Propriétés du triangle de Delannoy

  • Symétrie :

D(n,m)=D(m,n)

  • Formules par lignes du tableau ou diagonales du triangle :

D(n,1)=2n+1

D(n,2)=2n(n+1)+1=n2+(n+1)2 (nombres carrés centrés, Modèle:OEIS)

D(n,3)=13(2n+1)(2n2+2n+3) (nombres octaédriques centrés, Modèle:OEIS)

D(n,4)=(2n4+4n3+10n2+8n+3)/3 (nombres 4-hyperoctaédriques centrés, Modèle:OEIS)[4]

D(n,5)=115(2n+1)(2n4+4n3+18n2+16n+15) (nombres 5-hyperoctaédriques centrés, Modèle:OEIS)[4]

D(n,6)=145(2n2+2n+5)(2n4+4n3+26n2+24n+9) (nombres 6-hyperoctaédriques centrés, Modèle:OEIS)[4]

Pour m fixé, D(n,m) est un polynôme en n de degré m et de coefficient dominant 2mm!.

  • Formules closes :
D(n,m)=k=0min(n,m)(n+mkk,mk,nk)=k=0min(n,m)(nk)(n+mkn)=k=0min(n,m)2k(nk)(mk)=k=012k+1(kn)(km)=2F1(n,m;(n+m);1)(n+mn)

2F1(a,b;c;d) est une fonction hypergéométrique.

Justification de la première formule : la liste des pas successifs d'un chemin possédant k pas diagonaux possède forcément nk pas horizontaux et mk pas verticaux. Le dénombrement de ces listes est donc donné par le coefficient multinomial (n+mkk,mk,nk).

n,m0D(n,m)xnym=11xyxy[7]
n0D(n,m)xn=(1+x)m(1x)m+1[6]
  • Sommes de diagonales montantes du tableau (i.e., sommes des lignes du triangle) :

k=0nD(nk,k)=k=0n(nk)D=Pn+1(Pn) est la suite de Pell

Plus généralement les polynômes Dn(x)=k=0nD(nk,k)xk=k=0n(nk)Dxk vérifient la relation de récurrence Dn(x)=(1+x)Dn1(x)+xDn2(x).

  • Sommes de diagonales "super-montantes" du tableau (i.e., sommes des diagonales montantes du triangle) :

k=0n2D(n2k,k)=k=0n2(nkk)D=Tn+1(Tn) est la suite de Tribonacci (d'où le nom de triangle de Tribonacci donné au triangle de Delannoy dans[8]),

formule à mettre en parallèle avec celle concernant le triangle de Pascal : k=0n2(nkk)=Fn

  • Les nombres de Delannoy sont reliés au nombre ln2 ; les valeurs de la ligne n de leur tableau interviennent en effet dans la formule d'accélération de convergence suivante (voir Modèle:OEIS2C) :
ln2=(11/2+1/3+(1)n+1n)+(1)nm=1(1)m+1mD(n,m1)D(n,m).
Pour n=1, on obtient par exemple :
ln2=1+m=1(1)mm(4m21)
et pour n=3 :
ln2=112+1311×1×7+12×7×2513×25×63+14×63×129

Propriétés des nombres de Delannoy centraux

nD(n)=3(2n1)D(n1)(n1)D(n2).
  • Expression polynomiale :
D(n)=Pn(3)

Pn est le polynôme de Legendre[9] d'ordre n.

n0D(n)xn=(16x+x2)1/2
  • Formule close :
D(n)=k=0n(nk)(n+kk)
  • Évaluation asymptotique :
D(n)=cαnn(1+O(n1))

α=3+225,828 et c=(4π(324))1/20,5727.

Pages connexes

  • Nombres de Motzkin dénombrant les chemins reliant le point (0,0) au point (n,0), constitués de pas élémentaires nord-est (ajout de (1,1)), sud-est (ajout de (1,1)) ou est (ajout de (1,0)) et restant au-dessus de l'axe horizontal.
  • Nombres de Narayana
  • Nombres hyperoctaédriques (non centrés), ayant même relation de récurrence que les nombres de Delannoy
  • Triangle de Rascal (dont la formule de récurrence fait intervenir les mêmes termes que pour le triangle de Delannoy)

Notes et références

Notes

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Références

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Lien externe

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