Pseudo-vecteur (mathématiques)

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Modèle:Sources secondaires Modèle:Autre4

Dans un espace vectoriel de Modèle:Nobr, un pseudo-vecteur est un objet mathématique qui peut être représenté par une forme bilinéaire alternée ou par un tenseur antisymétrique d'Modèle:Nobr ou, dans une base donnée, par une matrice antisymétrique. Il porte aussi le nom de bivecteur car il peut s'écrire comme le produit extérieur de deux formes linéaires. Si l'espace est euclidien et orienté, on lui fait correspondre un vecteur de l'espace appelé vecteur dual. On peut généraliser cela à toute dimension supérieure à 3.

Par exemple, la vitesse d'un point quelconque d'un solide en rotation dans l'espace est déterminée à l'aide d'un tenseur antisymétrique c'est-à-dire un pseudo-vecteur. Cependant, il est plus pratique d'utiliser son vecteur dual car celui-ci indique (entre autres) la direction de l'axe de rotation.

Notations

Les notions évoquées ci-dessus (et détaillées ci-dessous) s'organisent suivant le schéma suivant : Modèle:Centrer

On désigne par E un espace vectoriel de dimension n3. Afin de distinguer le produit extérieur et le produit vectoriel, on utilisera de façon exclusive la notation Modèle:Nobr pour le produit extérieur (notation universelle donc incontournable) et la notation Modèle:Nobr pour le produit vectoriel (notation extrêmement répandue, même si elle n'est pas encore utilisée partout et en particulier en France).

Espace dual

Modèle:Article détaillé

On note E* l'espace dual de E c'est-à-dire l'espace vectoriel des formes linéaires sur E ; ses éléments sont appelés des covecteurs. Cet espace vectoriel est aussi de Modèle:Nobr

Base duale

On note ei la forme linéaire définie par ei(ej)=1 si i=j et ei(ej)=0 si ij c'est-à-dire ei(ej)=δjiδji est le tenseur de Kronecker. La base B*=(e1,,en) de l'espace dual E* est appelée base duale[1] de B. Tout changement de base dans E induit automatiquement le changement de sa base duale.

La position des indices dans la base B* n'est qu'une convention d'écriture parmi d'autres pour distinguer les vecteurs des deux bases. On aurait pu écrire B*=(e1*,,en*) ou B*=(ε1,,εn) par exemple. La convention choisie est celle qui est adaptée à l'écriture tensorielle et à la convention de sommation d'Einstein que l'on utilisera systématiquement.

Covariance et contravariance

En cohérence avec la dénomination tensorielle, un vecteur est un tenseur de type (1,0) et est dit contravariant ; de même un covecteur est un tenseur de type (0,1) et est dit covariant. C'est une définition intrinsèque (qui ne fait pas appel aux bases) et, comme toute définition, elle ne nécessite aucune justification[2].

  • La base B, constituée de vecteurs contravariants, est dite contravariante. Soit u un vecteur ; ses coordonnées ui dans la base contravariante B sont définies par u=uiei et sont appelées les coordonnées contravariantes de u. Dans ui, l'indice i est dite en position contravariante (position haute) car il se réfère à des coordonnées contravariantes. On vérifie que ui=ei(u).
  • La base B*, constituée de vecteurs covariants, est dite covariante. Soit u un covecteur ; ses coordonnées ui dans la base covariante B* sont définies par u=uiei et sont appelées les coordonnées covariantes de u. Dans ui, l'indice i est dite en position covariante (position basse) car il se réfère à des coordonnées covariantes. On vérifie que ui=u(ei).

Remarque : La position covariante ou contravariante d'un indice ne concerne que les coordonnées. En effet le vecteur ei est contravariant bien que l'indice i soit en position basse. De même le covecteur ei est covariant bien que l'indice soit en position haute. Cela est simplement dû à la position des indices dans la convention d'Einstein.

Cas euclidien

Isomorphismes musicaux

Dans le cas où E est un espace vectoriel euclidien, à tout vecteur uE on fait correspondre la forme linéaire uE* définie par xux (où Modèle:Nobr est le produit scalaire). L'application linéaire uu est un isomorphisme de E sur E*. On note son isomorphisme réciproque[3] et on définit sur E* un produit scalaire (que l'on note encore «  »), appelé produit scalaire dual[4], par (u,v)uv. Muni de ce produit scalaire, E* est un espace vectoriel euclidien et ces isomorphismes sont des isométries qui permettent d'identifier les espaces euclidiens E et E*. Dans ce cas, quand on parle d'un vecteur (sans préciser davantage) on parle indifféremment d'un élément de E ou d'un élément de E* ; on ne fait donc plus la distinction entre vecteurs et covecteurs.

Comme les formes linéaires ei sont identifiées à des vecteurs de E, on a ei(ej)=eiej=δji. Par exemple en Modèle:Nobr on a e3e1=e3e2=0 et e3e3=1. Par conséquent e3=e'3/e'32e'3 est le projeté orthogonal de e3 sur la droite orthogonale au plan engendré par les vecteurs e1 et e2.

On ne fait plus la distinction entre vecteur et covecteur c'est-à-dire que l'on ne fait plus la distinction entre vecteur contravariant et vecteur covariant. Par contre, comme la base B* est aussi une base de E, les coordonnées d'un vecteur peuvent être calculées aussi bien dans la base B que dans la base B*. Il faut donc toujours faire la distinction entre coordonnées covariantes et coordonnées contravariantes[5].

  • Dans la base B on a u=uiei et ses coordonnées contravariantes vérifient ui=eiu.
  • Dans la base B* on a u=uiei et ses coordonnées covariantes vérifient ui=eiu.

Tenseur métrique

Le produit scalaire défini sur E est un cas particulier de métrique[6]. Son tenseur associé est un tenseur covariantModèle:Sfn appelé tenseur métrique. De même le produit scalaire dual, définit sur E*, est la métrique duale. Son tenseur associé est un tenseur contravariant appelé tenseur métrique dual.

On note gij les coordonnées dans la base B du tenseur métrique et gij les coordonnées dans la base B* du tenseur métrique dual. Par définition des produits scalaires, on a les relations gij=eiej et gij=eiej. Ces tenseurs sont symétriques et on vérifie que ei=gijej, ei=gijej et gijgjk=δik. De plus, pour tout vecteur u on a ui=gijuj et ui=gijuj. Ces formules montrent que la matrice [gij] est la matrice de changement de base de B vers B* et que sa matrice inverse est [gij].

Si uE et vE alors uv=uieivjej=gijuivj=ujvj=uivi. Il est très inhabituel d'utiliser de cette manière les coordonnées issues de deux bases différentes, mais B et B* ne sont pas indépendantes.

Par la suite il n'y a pas d'inconvénient à supposer que l'espace vectoriel est euclidien, le contexte permettant de savoir si la notion est utile ou non.

Algèbre extérieure

Modèle:Article détaillé

Formes extérieures

Soit E un espace vectoriel. Pour 2pn on note Ap(E) l'espace vectoriel des p-formes alternées définies sur E. On complète ces notations en posant A0(E)=, A1(E)=E* et Ap(E)={0} pour p>n. La dimension de l'espace vectoriel Ap(E) est (np) avec la convention (np)=0 si p>n. Les espaces vectoriels Ap(E) et Anp(E) ont donc la même dimension.

On note A(E) la somme directe de ces espaces vectoriels, c'est-à-dire Modèle:Centrer Les éléments de A(E) sont appelés des formes extérieures et ceux de Ap(E) des p-formes extérieures ou des p-vecteurs.

Produit extérieur

Le produit extérieur des covecteurs u et v est noté uv et est défini pour tout xE et tout yE par Modèle:Centrer C'est une forme bilinéaire car elle est linéaire en x et linéaire en y. Elle est de plus alternée car uv(x,x)=0 pour tout xE et donc antisymétrique, c'est-à-dire que uv(y,x)=uv(x,y)

On peut définir le produit extérieur sur A(E). Comme la définition formelle du produit extérieur est assez complexeModèle:Sfn, on se contentera d'en donner ses principales propriétés.

  • le produit extérieur est une application bilinéaire de A(E)×A(E) dans A(E)
  • si αAp(E) et βAq(E) alors αβAp+q(E)
  • si αAp(E) et βAq(E) alors βα=(1)pqαβ
  • le produit extérieur est associatif c'est-à-dire que α(βγ)=(αβ)γ que l'on note alors plus simplement αβγ

Muni de cette loi, A(E) est une algèbre extérieure.

Pseudo-vecteur

Les éléments de A2(E) sont appelés des bivecteurs. D'autre part An1(E) est, tout comme E, de Modèle:Nobr. Les éléments de An1(E) sont pour cela appelés des pseudo-vecteurs. Le préfixe pseudo signale seulement que ces vecteurs, bien qu'appartenant à un espace vectoriel de même dimension que E, ne sont pas des éléments de E. Dans le cas n=3, les pseudo-vecteurs sont donc des bivecteurs ; cette coïncidence n'a lieu que pour n=3.

Soit u et v deux covecteurs. Comme uA1(E) et vA1(E) alors uvA2(E). Avec le vocabulaire ci-dessus, uv est donc un bivecteur. Dans le cas n=3 c'est aussi un pseudo-vecteur et tout pseudo-vecteur peut s'écrire comme le produit extérieur de deux covecteurs.

Bases des p-vecteurs

Étant donnée B=(e1,,en) une base de E, on a défini la base duale B* qui est donc la base canonique de A1(E)=E* associée à B. Pour p>1, on peut aussi définir une base de Ap(E) de façon naturelle (canonique) ; cependant, on ne peut définir aucun ordre naturel sur cette base.

Soit 1<pn. Pour tout p-uplet ordonné I=(i1,,ip) vérifiant 1i1<<ipn on pose eI=ei1ip=ei1eip. Puisque eiA1(E) alors eIAp(E). Par exemple, e5e1e2=e1e2e5=e125 et e5e2e1=e1e2e5=e125. L'ensemble des p-vecteurs eII est un p-uplet ordonné est une base de Ap(E) notée {eI}|I|=p. C'est la base covariante associée à la base B et tout changement de base dans E induit automatiquement un changement de base dans Ap(E). Par abus de langage, les coordonnées d'un p-vecteur α dans cette base sont appelées les coordonnées covariantes de α dans B (il est clair que c'est un abus de langage car αE).

Pour n=3, la base covariante de A2(E) est {e12,e13,e23}. Tout bivecteur αA2(E) peut s'écrire (de manière unique) sous la forme α=αijeij ce qui donne Modèle:Centrer car on doit sommer sur l'ensemble des couples (i,j) possibles vérifiant i<j (convention d'Einstein généralisée).

Dans le cas où E est un espace euclidien, les vecteurs ei sont identifiés à des covecteurs. De la même manière, on peut alors poser eI=ei1ip=ei1eip. La base constituée de ces p-vecteurs, notée {eI}|I|=p, est la base contravariante associée à B. Par abus de langage, les coordonnées d'un p-vecteur α dans cette base sont appelées les coordonnées contravariantes de α dans B.

Pour n=3, la base contravariante de A2(E) est {e12,e13,e23}. Tout bivecteur αA2(E) peut s'écrire (de manière unique) sous la forme α=αijeij ce qui donne Modèle:Centrer

Remarque : Il existe un isomorphisme canonique (c'est-à-dire indépendant des bases) entre les bivecteurs et les tenseurs antisymétrique d'Modèle:Nobr. En général on distingue ces tenseurs suivant qu'ils sont covariants, contravariants ou mixtes. Dans le cas d'un espace euclidien, ces distinctions sont sans objet car on identifie E et E*. Cependant, même dans ce cas, il faut toujours faire la distinction entre les coordonnées contravariantes et covariantes car cela revient à indiquer dans quelle base (B ou B*) les coordonnées sont calculées[5].

Espace orienté

Modèle:Article détaillé

Définition

L'espace vectoriel An(E) est, tout comme A0(E)=, de Modèle:Nobr. Ses éléments sont pour cela appelés des pseudo-scalaires. Là encore, le préfixe pseudo signale simplement que les éléments de An(E) ne sont pas des éléments de .

Une forme volume sur E est un élément non nul de An(E). Comme cet espace est de Modèle:Nobr, la relation d’équivalence définie sur An(E){0} par Modèle:Centrer

permet de définir deux classes d’équivalence appelées orientations de E. L'espace vectoriel E muni de l'orientation X est noté EX et appelé espace vectoriel orienté[7]. Même si le plus souvent, en l'absence d'ambiguïté, on note encore E l'espace vectoriel orienté, il est mathématiquement important de distinguer l'espace vectoriel E de l'espace vectoriel orienté EX .

Bases directes

Soit B une base de EX et ωX une forme volume. On dit que B est directe (ou orientée positivement) si ω(B)>0 et indirecte (ou rétrograde ou orientée négativement) si ω(B)<0. Cela est indépendant de ωX.

On peut remarquer que la définition mathématique ci-dessus de l'orientation est intrinsèque. Elle ne fait pas intervenir les bases qui, de ce point de vue, sont des éléments étrangers à la notion. Il existe cependant une propriété concernant les bases qui sert parfois de définition alternative. Soit B une base de E (espace non orienté). L'ensemble des formes volumes ω telles que ω(B)>0 est une orientation. Cette orientation est appelée « orientation définie par B ». Si on la note X alors (par définition) B est une base directe de l'espace orienté EX.

En physique, on peut ainsi définir une orientation telle que les bases directes soient des bases orientées à droite[8]. Pour cela on choisit une base orientée à droite (par la règle de la main droite, par exemple). D'après ce qui précède, cela détermine une orientation pour laquelle la base est directe. Cette orientation est identique à celle déterminée par le tire-bouchon de Maxwell.

Modèle:Proposition

Tenseur de Levi-Civita

Dans le cas d'un espace euclidien, on dit que ωAn(E) est un vecteur unitaire si et seulement s'il existe une base orthonormale de E notée B telle que |ω(B)|=1. Les propriétés du déterminant montrent alors que cette égalité est vérifiée pour toute base orthonormale. Il n'existe que deux vecteurs unitaires, chacun appartenant à une orientation. Soit η un vecteur unitaire ; l'ensemble des formes volumes ω telles que ω η est une orientation et on note Eη l'espace vectoriel euclidien orienté par cette orientation. Cette définition de η coïncide avec celle du tenseur de Levi-Civita qui peut donc aussi être appelé forme volume unité ou unité pseudo-scalaire.

Le tenseur de Levi-Civita permet de définir une bijection (canonique au signe près) appelée loi étoile de Hodge qui met en dualité les espaces vectoriels Ap(E) et Anp(E). Ces espaces sont dits duaux l'un de l'autre, le contexte permettant de ne pas confondre avec l'espace dual E*.

Soit (x1,,xn) n vecteurs de Eη. L'expression η(x1,,xn) est parfois notée [x1,,xn] et porte alors le nom de produit mixte. En Modèle:Nobr on a, d'après la définition du produit vectoriel, la relation Modèle:Centrer Cette formule est à l'origine de l'appellation « produit mixte ». Les propriétés d'antisymétrie de η donnent des relations analogues par permutation circulaire sur les indices.

Si les vecteurs sont coplanaires le résultat est nul. Sinon sa valeur absolue est égale au volume du parallélépipède construit sur ces trois vecteurs. Cela explique a posteriori le nom de « forme volume » donnée aux éléments de An(E).

Espace euclidien orienté en Modèle:Nobr

Exemple

Vecteur instantané de rotation

Soit 𝒮 un solide mobile indéformable et B=(e1,e2,e3) une base quelconque[9] de E liée à 𝒮. Les vecteurs ei dépendent du temps mais les coordonnées du tenseur métrique dans cette base restent constantes. On note B*=(e1,e2,e3) sa base duale. Comme ddt(eiej)=ddt(gij)=0 alors deidtej+eidejdt=0. On note αij=deidtej. D'où αij+αji=0 et deidt=αijej car les αij sont les coordonnées covariantes de deidt dans la base B*.

Si r est un vecteur lié à 𝒮 alors r=riei où les ri ne dépendent pas du temps. D'où v=drdt=rideidt=riαijej. Finalement Modèle:Centrer Il existe une forme bilinéaire alternée unique notée α telle que α(ei,ej)=αij (puisque les αij sont les coordonnées d'un tenseur, α ne dépend pas de la base B). Par conséquent αA2(E), c'est-à-dire que α est un bivecteur et aussi un pseudo-vecteur puisque la dimension de E est égale à 3.

D'un point de vue théorique, le pseudo-vecteur α est l'outil adapté au problème mais il présente un double inconvénient. Tout d'abord, on ne travaille pas avec les objets eux-mêmes mais avec leurs coordonnées. Ensuite, il n'est pas facile de visualiser l'action d'un tel tenseur sur un schéma.

Le vecteur vitesse angulaire décrit la vitesse de rotation et l'axe de rotation instantanée. La direction du vecteur vitesse angulaire est celle de l'axe de rotation ; dans ce cas (sens antihoraire) le vecteur pointe vers le haut.

On cherche un outil ne présentant pas ces inconvénients ; pour cela on a besoin que l'espace soit orienté (on n'en avait pas besoin jusque là). Le dual de Hodge de α est un vecteur et on pose ω=α (où est la loi étoile de Hodge). Les coordonnées de ω dans la base B sont ωk=12ηijkαijη est le tenseur de Levi-Civita. On obtient αij=ηijkωk et vj=αijri=ηijkωkri=(ω×r)j. D'où Modèle:Centrer

L'avantage est immédiat. On travaille avec un vecteur, qui est un objet plus simple qu'un tenseur (ici un bivecteur) et la formule n'utilise pas les coordonnées. Mais il faut être conscient que l'on a introduit artificiellement l'orientation de l'espace dans un problème qui, au départ, n'en dépend pas. Une première fois pour définir le vecteur ω, une seconde fois pour l'utiliser à l'aide du produit vectoriel. Le vecteur dual ω peut donc être considéré comme un simple intermédiaire de calcul qui a l'avantage de pouvoir être représenté graphiquement mais qui possède l'inconvénient de mal supporter les transformations, contrairement au pseudo-vecteur α (voir ci-dessous).

Éléments correspondants

On reprend les notations précédentes. Soit h une isométrie de E indépendante du temps. Pour chaque élément défini sur 𝒮 on note avec un « ' » l'élément correspondant sur 𝒮=h(𝒮). Le plus souvent les éléments se correspondent à l'aide de l'isométrie, mais pas toujours.

On a r=h(r). Si B=(e1,e2,e3) alors B=(e'1,e'2,e'3) est la base image de B car e'i=h(ei). De même B*'=(e'1,e'2,e'3) est la base image de B* car e'i=h(ei). On a aussi v=h(v) et α=h(α). Mais pour ω on a ω=h(ω) si h est directe et ω=h(ω) si h est indirecte.

Modèle:Démonstration Si l'isométrie est indirecte, le correspondant du vecteur dual ω est l'opposé de son image. En physique, on retrouve cette correspondance avec les vecteurs axiaux.

Cas général

Dualité vecteur / pseudo-vecteur

En Modèle:Nobr, les espaces vectoriels A2(E) et A1(E)=E*=E sont duaux c'est-à-dire que chaque pseudo-vecteur est associé par la loi étoile de Hodge à un vecteur et réciproquement. Si α est un pseudo-vecteur, on note α son vecteur dual. De même si u et un vecteur on note u son bivecteur dual. Les relations tensorielles entre les coordonnées sont Modèle:Centrerη est le tenseur de Levi-Civita. On a donc (u)=u et (α)=α.

En Modèle:Nobr, tout pseudo-vecteur peut s'écrire comme le produit extérieur de deux vecteurs. Le cas général se réduit donc à ce qui pourrait passer pour un cas particulier. Avec α=uv on obtient Modèle:Centrer c'est-à-dire que le produit vectoriel est le vecteur dual du produit extérieur[10].

Modèle:Démonstration

Transformation isométrique

Soit h une isométrie de E. On note det(h) son déterminant. On a det(h)=±1 suivant que l'isométrie est directe ou indirecte.

  • Pour le produit extérieur : h(uv)=huhvModèle:Sfn
  • Pour le produit vectoriel : h(u×v)=det(h) hu×hv

Modèle:Démonstration

En rouge, est représenté le produit vectoriel des deux vecteurs en noir. Sous une inversion d'espace chaque vecteur est changé en son opposé. En gris sont représentés les opposés des vecteurs en noir ; leur produit vectoriel est aussi égal au vecteur en rouge et non égal à son opposé.

On a donc le schéma suivant :

Modèle:Centrer

Lorsque l'on transforme un bivecteur et son vecteur dual par une isométrie indirecte, le dual de l'image et l'image du dual sont des vecteurs opposés. Ce schéma ne fait que mettre en évidence la correspondance entre les deux vecteurs duaux ; il ne modifie pas l'image de u×v qui est toujours h(u×v) et non h(u)×h(v).

En particulier si h est l'inversion de l'espace[11], alors det(h)=1 et l'opposé du produit n'est pas le produit des opposés. Cette relation n'a rien d'extraordinaire[12] et ne reflète pas un caractère "spécial" du produit vectoriel. Elle est, par exemple, vérifiée dans les réels : 3×5=15 mais (3)×(5)15.

Représentation matricielle

Modèle:Article détaillé Dans l'espace vectoriel des matrices carrées (n,n), on peut définir deux produits.

  • le premier, noté " * " ou (le plus souvent) par une absence de signe, correspond au produit matriciel usuel : X*Y ou XY
  • le second, noté [ , ], est le crochet de Lie : [X,Y]=XYYX

Il est à remarquer que le sous-espace vectoriel des matrices antisymétriques n'est pas stable pour le produit usuel mais qu'il est stable pour le crochet de Lie. C'est-à-dire que si X et Y sont antisymétriques alors [X,Y] est aussi antisymétrique.

Soit E un espace euclidien et B=(e1,e2,e3) une base orthonormale directe de E. Comme B*=B, on ne fait plus la distinction entre covariant et contravariant et la position des indices n'a plus aucune importance. On note (e23,e13,e12) la base canonique de A2(E), c'est-à-dire de l'espace vectoriel des pseudo-vecteurs (ou bien ici des bivecteurs). Par rapport à leurs bases respectives, un pseudo-vecteur et son vecteur dual peuvent être représentés par des matrices : une matrice (3,1) pour le vecteur et une matrice (3,3) antisymétrique pour le pseudo-vecteur.

Par rapport à leurs bases respectives, un pseudo-vecteur et son vecteur dual ont presque[13] les mêmes coordonnées et les matrices se correspondent de façon simple. Par exemple si x=x1e1+x2e2+x3e3 alors x=x1e23x2e13+x3e12 et donc x23=x1,x13=x2,x12=x3. Les matrices correspondantes sont donc
[x]=[x1x2x3] et [x]=[0x3x2x30x1x2x10]
Pour des raisons pratiques (cf les formules ci-dessous) on considère aussi la matrice transposée Qx=[x]T=[x] appelée la représentation antisymétrique de x. Ces deux représentations sont utilisées ; par exemple, elles sont présentes comme sous-matrices du tenseur de Maxwell selon la signature de la métrique.

On peut vérifier que

  • [u×v]=Qu [v] : matrice * vecteur colonne = vecteur colonne
  • [uv]=[ [u],[v] ]=[Qu,Qv] : [matrice antisymétrique, matrice antisymétrique] = matrice antisymétrique
  • exp(Qu)=I+(sinu)Quu+(1cosu)(Quu)2 (cf. Exponentielle d'une matrice). C'est donc une matrice de rotation. Plus précisément, l'axe de rotation est de direction u et l'angle de rotation (en radians) est égal à u.

Remarque : Si la base n'est pas orthonormale ou même seulement indirecte, alors les coordonnées ne sont plus les mêmes et la correspondance ci-dessus n'est plus valable. Par exemple, rien de changé dans l'expression du produit extérieur (pseudo-vecteur) mais pour le produit vectoriel (vecteur dual) l'expression n'est plus aussi simple. La représentation matricielle n'a alors plus aucun intérêt.

Généralisation

Modèle:Article détaillé Ce qui précède peut se généraliser aux Variétés différentiables. On parle alors de champ : champ de vecteurs, champ de covecteurs, champ de bivecteurs, etc.

Si (x1,,xn) est un système de coordonnées locales, alors la base associée des champs de vecteurs est (1,,n)k=/xk et la base duale (celle des covecteurs) est (dx1,,dxn). On retrouve la position des indices.

La dérivée extérieure 𝐝 joue un rôle essentiel dans ce contexte. Exemple en Modèle:Nobr : si 𝑨 est un champ de covecteurs alors 𝑭=𝐝𝑨 est un champ de pseudo-vecteurs et 𝑩=𝑭 est son champ de vecteurs duaux. Les relations correspondantes utilisant les coordonnées sont Fij=iAjjAi et Bk=12ηijkFij.

De même, l'intégration des champs de p-vecteurs (qui portent alors le nom de p-formes différentielles) est un outil puissant ayant de nombreuses applications aussi bien en mathématiques qu'en physique (voir les articles détaillés).


Notes et références

Modèle:Références

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes

Modèle:Palette Modèle:Portail

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  2. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte : aucun texte n’a été fourni pour les références nommées justification
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  5. 5,0 et 5,1 Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte : aucun texte n’a été fourni pour les références nommées orthonormale
  6. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte : aucun texte n’a été fourni pour les références nommées métrique
  7. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte : aucun texte n’a été fourni pour les références nommées EVO
  8. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte : aucun texte n’a été fourni pour les références nommées physique
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