Théorème de Napoléon

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ABC est un triangle quelconque et A', B', C' sont les centres des triangles équilatéraux construits extérieurement sur les côtés de ABC. Alors A'B'C' est un triangle équilatéral, nommé triangle de Napoléon[1] extérieur.

Le théorème de Napoléon est un théorème de géométrie portant sur des triangles équilatéraux construits à partir d'un triangle quelconque.

Bien qu'il soit traditionnellement attribué à Napoléon Bonaparte (d'où le nom du théorème), il n'y a pas de preuve tangible qu'il soit effectivement l'auteur du théorème. L'énoncé apparaît en effet en Modèle:Date dans la revue Modèle:Lien[2]Modèle:,[3]Modèle:,[4]Modèle:,[5], soit quatre ans après la mort de l'empereur. Le nom de Napoléon attribué à ce théorème apparaît pour la première fois en 1911 dans un ouvrage mathématique italien ; l'auteur y affirme que le problème a été posé par Napoléon à Lagrange sans autre précision[6]Modèle:,[7]Modèle:,[8] ; il est possible qu'il s'agisse d'une confusion avec le problème de Napoléon, pour lequel on dispose de témoignages assez fiables[9].

Énoncé

Modèle:Théorème

Remarques :

  • Par « extérieur », il faut par exemple entendre qu'avec les notations de notre figure et un repère orienté, les triangles ABC et ABZ sont de sens opposés (ici ABC est dans le sens trigonométrique et ABZ dans le sens anti-trigonométrique), idem pour les deux autres. Dans le cas « intérieur », ils seraient de même sens.
  • Pour un triangle équilatéral, par « centre » il faut comprendre centre de gravité c'est-à-dire isobarycentre, intersection des trois médianes, confondu avec l'orthocentre ou les centres des cercles inscrit et circonscrit.

Démonstration

Dessin du triangle équilatéral final obtenu à partir des trois premiers triangles équilatéraux.
Figure du théorème de Napoléon.

Les triangles MCL et ACX sont semblables, avec un rapport de Modèle:Racine. En effet, CA/CM = Modèle:Racine = CX/CL et les angles MĈL et AĈX sont égaux. Ou dans un langage plus moderne : par la similitude directe (composée d'une homothétie et d'une rotation) de centre C, d'angle ±30 degrés (dans le sens approprié) et de rapport Modèle:Racine, les points M et L deviennent respectivement les points A et X.

D'où il résulte que la longueur du segment AX est égale à Modèle:Racine fois celle de ML.

En appliquant le même raisonnement aux triangles NBL et ABX, on montre que la longueur de AX est aussi égale à Modèle:Racine fois celle de NL. Ainsi, ML et NL ont même longueur.

On démontre de même – par comparaison avec BY – que LM et NM ont même longueur.

En conclusion : NL = ML = NM et le triangle MNL est équilatéral.

Avec les nombres complexes

On notera j=ei2π3 (notation usuelle) et on utilisera les notations de la figure.

On munit le plan complexe d'un repère orthonormé direct. Soient a, b, c, l, m et n les affixes respectives des points A, B, C, L, M et N dans ce repère.

Par construction, A est l'image de B par la rotation de centre N et d'angle +2π3, ce qui se traduit par :

(an)=j(bn).

De même :

(bl)=j(cl)et(cm)=j(am).

On en déduit :

(1j)n=ajb,(1j)l=bjcet(1j)m=cja.

Comme, par définition, on a 1j+1+j=0 et j3=1, alors :

(1j)(mn)=(1j)a+jb+c=j2a+j4b+j3c=j2[a+(1+j)bjc]=j2[(bjc)(ajb)]=j2(1j)(ln)

En divisant par Modèle:Math on obtient (mn)=j2(ln)=eiπ3(ln).

Le point M est l'image de L par la rotation de centre N et d'angle +π3 donc NLM est un triangle équilatéral direct.

Remarque : cette démonstration reste valable dans le cas des triangles « intérieurs » en changeant quelques signes.

Lemmes

Modèle:Théorème

Ce lemme peut être facilement démontré en reprenant les notations de la démonstration avec les nombres complexes :

(1j)(n+l+m)=ajb+bjc+cja=(1j)(a+b+c)

d'où l'égalité pour les affixes des barycentres n+l+m3=a+b+c3

Modèle:Théorème

On reprend les notations précédentes, pour le triangle « intérieur » (remarquons au passage que le point N1 est le symétrique du point N par rapport au segment de droite AB) ; on obtient alors :

(1j)n1=bja
(1j)l1=cjb
(1j)m1=ajc

et sachant que l'aire d'un triangle équilatéral de côté a peut être obtenu par : 𝒜=34a2 et que zz=|z|2, calculons la différence :

𝒜=34[(ln)(ln)(l1n1)(l1n1)]=341(1j)(1j){[(ba)j(cb)][(ba)j2(cb)][(cb)j(ba)][(cb)j2(ba)]} car j=j2=143{2j(ba)(cb)(cb)(ba)2j(cb)(ba)+(ba)(cb)}

en développant et en sachant que j2=1j.

Comme 2j=1+i3 il vient :

𝒜=143{i3(ba)(cb)i3(cb)(ba)}=14i{(cb)(ba)(ba)(cb)}

Le résultat précédent est bien l'aire (algébrique) du triangle dont les affixes des sommets sont a, b et c.

Généralisation

Théorème de Napoléon généralisé : les triangles ABC', CA'B, B'CA et B"A"C" sont directement semblables

La propriété se généralise à trois triangles quelconques (ABC'), (B'CA) et (CA'B) construits sur les côtés du triangle (ABC), directement semblables, le triangle formé alors par les centres de gravité des trois triangles est semblable à ceux-ci[10].

Hommage

L'artiste plasticienne Esther Ferrer a réalisé dans les années 1980 une série sur les triangles de Napoléon[11]Modèle:,[12]

Notes et références

Modèle:Références

Voir aussi

Modèle:Autres projets

Articles connexes

Liens externes

Modèle:Portail

  1. Modèle:Lien web
  2. Modèle:Article.
  3. Modèle:Article.
  4. Modèle:Article.
  5. Modèle:Article.
  6. Modèle:Ouvrage. Le théorème apparaît Modèle:P..
  7. Modèle:Harvsp, Modèle:Op. cit. Selon cet auteur, l'identification du théorème par le nom de Napoléon a eu un tel succès au Modèle:S- qu'il est devenu vain désormais de chercher à le désigner autrement.
  8. Selon Modèle:Article, le théorème est mentionné pendant tout le Modèle:S- sans allusion à Napoléon, hormis en Modèle:Date, et cette attribution reste douteuse.
  9. Modèle:Lien web donne plusieurs citations à ce sujet.
  10. Modèle:Ouvrage, Modèle:Page.
  11. Modèle:Lien web.
  12. Modèle:Lien web.