Théorème de réarrangement de Steinitz

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Le théorème de réarrangement de Steinitz est un théorème d'analyse mathématique dû à Ernst Steinitz[1]Modèle:,[2], sur les sommes des permutées d'une série dans ℝModèle:Exp. Il généralise le théorème de réarrangement de Riemann, qui concerne les séries de réels.

Énoncé

Pour une suite fixée Modèle:Math de vecteurs dans [[Topologie d'un espace vectoriel de dimension finie|ℝModèle:Exp muni de n'importe quelle norme]] :

Modèle:Théorème

Remarque : dans tout espace vectoriel normé (et même dans tout groupe topologique abélien), si le premier ensemble n'est pas réduit au singleton {n=0an}, la série n'est pas commutativement convergente mais en dimension infinie, la réciproque est fausse[3].

Liens avec le théorème de réarrangement de Riemann

Un sous-espace affine de ℝ est soit un singleton, soit ℝ tout entier. Le cas m = 1 du théorème de réarrangement de Steinitz contient donc l'essentiel de celui de Riemann.

Un corollaire du théorème de réarrangement de Riemann est qu'une série de réels est absolument convergente si (et seulement si) elle est commutativement convergente. Les formes convergentes sont donc les formes linéaires Modèle:Math telles que les réels Modèle:Math forment une famille sommable. Ceci démontre, dans le théorème ci-dessus, l'inclusion du premier ensemble dans le second, donc l'égalité lorsque le second est un singleton (c'est-à-dire lorsque toutes les formes sont convergentes). Ceci prouve en outre que dans ce cas, tous les réarrangements sont convergents, ce que ne prouve pas le théorème de Steinitz. Mais ce dernier fournit une condition plus subtile : pour que la série de vecteurs soit commutativement convergente, il suffit que les réarrangements qui convergent aient tous même somme.

Cas de la dimension infinie

En 1935, dans le problème 106 du Livre écossais, Stefan Banach posa pour la première fois la question de la structure de l'ensemble des sommes en dimension infinie, conjecturant que c'était encore un sous-espace affine. Il promettait une bouteille de vin pour la réponse. On trouve déjà dans ce livre un contre-exemple, anonyme mais vraisemblablement écrit — d'après une analyse graphologique — par Józef Marcinkiewicz.

Ce n'est qu'en 1989 que furent fournis des exemples de séries dont l'ensemble des sommes n'était même pas le translaté d'un sous-groupe additif de l'espace : dans tout espace de Banach de dimension infinie, il existe des séries dont l'ensemble des sommes contient exactement deux éléments[4]Modèle:,[5]. Il en existe même dont l'ensemble des sommes est un ensemble fini arbitraire de points affinement indépendants[6].

Il existe aussi des séries dont l'ensemble des sommes n'est pas fermé[7].

Le théorème de Dvoretzky-Rogers montre qu'en dimension infinie, l'équivalence entre convergence absolue et convergence commutative disparaît, elle aussi.

Cependant, la conclusion du théorème de Steinitz — l'ensemble des sommes est un sous-espace affine de direction Modèle:Math[8] — est vraie en dimension infinie, sous des hypothèses supplémentaires variées sur l'espace ou sur la série :

Notes et références

Modèle:Traduction/Référence Modèle:Références

Bibliographie

Modèle:Article

Modèle:Portail

  1. Modèle:Article, vol. 144, 1914, p. 1-40 et vol. 146, 1915, p. 1-52.
  2. Modèle:Ouvrage.
  3. Modèle:Refinc.
  4. Modèle:Article.
  5. Modèle:Article.
  6. Modèle:Article, Modèle:Arxiv2.
  7. Modèle:Article.
  8. Ici, Modèle:Math est défini comme ci-dessus, mais dans le dual topologique.
  9. En dimension finie, toute série convergente vérifie cette hypothèse car — théorème de Dvoretzky-Hanani — dans ℝModèle:Exp, une série est parfaitement divergente (si et) seulement si son terme général ne tend pas vers 0, or cette propriété est invariante par réarrangement. Le théorème de Steinitz est donc un cas particulier de celui de Pecherskii.
  10. Modèle:Article.
  11. Modèle:Harvsp.
  12. Modèle:Article. Pour un espace de Fréchet, la validité de la conclusion du théorème de Steinitz est même une caractérisation de la nucléarité : Modèle:Article.