Albert Girard
Modèle:En-tête label Modèle:Voir homonymes Modèle:Infobox Biographie2 Albert Girard, dit le « Samielois », également appelé Albertus Gerardus Metensis, parfois Albert Gérard, né vraisemblablement le Modèle:Date à Saint-Mihiel[Note 1] et mort à 37 ans, le 8 ou Modèle:Date[Note 2] en Hollande, probablement près de la Haye[Note 3], est un mathématicien barrois francophone ayant mené toute sa carrière aux Pays-Bas.
De son vivant, Albert Girard est connu comme ingénieur. Élève et traducteur des œuvres de Stevin, ami de Golius, de Snell et sans doute de Jacques Aleaume, il s'occupe en tout premier lieu de fortifications et d'ouvrages militaires.
Son importance est tardivement reconnue dans le domaine des mathématiques et son rôle de traducteur et de mécanicien masque longtemps l'originalité de ses travaux personnels dans cette discipline. Pour Henri Bosmans, ses ouvrages sont les plus importants qui ont été écrits entre Viète et Descartes[1].
Son œuvre, qui se situe à la transition des traditions de la Coss, des innovations de l'algèbre spécieuse de François Viète et des préoccupations qui à la même époque animent Pierre de Fermat ou Bachet de Méziriac, touche à des domaines variés et apporte de considérables nouveautés. Son écriture mathématique, héritée de la Coss et en partie de l'algèbre nouvelle, fourmille de nouvelles notations. Plusieurs ont enrichi l'univers des mathématiques, notamment les parenthèses, les crochets, et son indexation des radicaux pour les racines cubiques ou cinquièmes.
Sa contribution va bien au-delà de cet apport et plusieurs propositions qui font date dans l'histoire des mathématiques sont nées sous la plume de Girard. Parmi celles-ci, se trouvent dès 1626 les premières notations de la fonction sin (pour sinus). Il est parmi les premiers à formuler le théorème fondamental de l'algèbre dans le cas de polynômes réels (1629), et le théorème des quatre carrés. Il est l'auteur du premier énoncé connu du théorème des deux carrés, dit « Fermat de Noël » (1625), et d'un des premiers énoncés de la formule de Girard-Waring, d'une définition précise des suites de Fibonacci, etc. En anglais, la formule, qu'il est le premier à publier et qu'il démontre partiellement, donnant l'aire d'un triangle sphérique à l'aide de ses angles se nomme le théorème de Girard ou d'Harriot-Girard.
Biographie
Albert Girard est né à la fin du Modèle:S- à Saint-Mihiel, petite ville de l'actuel département de la Meuse. Cette découverte fait d'Albert Girard un mathématicien français. Rien n'est connu néanmoins avec certitude, ni de ses premières études, ni de la date où sa famille rejoint la Hollande.
Exil en Hollande

Après 1610, le culte réformé est interdit sous le règne d'Henri II de Lorraine (le favori de ce prince est membre de la maison des Guise) et de nombreux protestants lorrains sont contraints à l'exil[2]. Le jeune Albert Girard et sa famille rejoignent alors les Pays-Bas[3]. Exilé, Albert Girard conserve toutefois sa vie durant un attachement à Saint-Mihiel et à Metz, dont il se réclame alternativement dans ses écrits. Il demeure simultanément adepte de la religion réformée, notamment au travers de ses polémiques avec son confrère Honorat de Meynier[Note 4], lorsque ce dernier traite les Huguenots d'hérétiques.
Musicien et mathématicien
En 1613, Girard réside à Amsterdam, dans le quartier de la Halle. Il épouse le Modèle:Date-, Suzanne des Nouettes (également dénommée Suzanne de Noethes (née en 1596), des Monettes, des Mouettes, ou de Nouet)[4] dans l'église wallonne d'Amsterdam. Il est assisté de sa famille et se donne pour joueur de luth. Le Modèle:Date-, il fait baptiser son fils Daniel, le premier d'une longue lignée, dans cette même ville. La même année, Girard se lie à Jacob Golius, avec lequel il correspond dès 1616, échangeant avec lui quelques problèmes mathématiques[5].
En 1617, Girard s'établit à Leyde (probablement y est-il appelé par Golius) ; il s'inscrit par lui-même à l'université de cette ville le Modèle:Date-[6] où il étudie la musique. Il est toujours à Leyde, en juillet 1622[7]. Réfugié protestant, et toujours joueur de luth professionnel[8], il entre pendant ces années-là en relation avec Willebrord Snell, dont il ne cesse par la suite de chanter les louanges. Il y étudie également les mathématiques et donne quelques premiers travaux sur la chaînette qu'il identifie à tort[9] à une parabole[4] ; il prend, sans doute en hommage au Marolois et à sa ville natale, le titre de « Samielois » (les Sammielois sont les habitants de Saint-Mihiel, sur la Meuse, au sud de Verdun[10]). Dans d'autres textes, il se dit Modèle:Langue[11] c'est-à-dire Messin, en latin.
Les fortifications

À l'instar de ses maîtres, Simon Stevin, pour lequel il déborde d'admiration[12], et probablement Jacques Aleaume, Girard est intéressé par les applications militaires des mathématiques, en particulier les fortifications. Il corrige et traduit les œuvres de Simon Stevin et les édite en 1625[13], œuvres auxquelles il ajoute un livre de sa composition traduit des livres V et VI de Diophante. Deux ans plus tard, il traduit en français les œuvres du cartographe hollandais Hendrik Hondius et participe à l'édition abondamment corrigée du Traité sur les fortifications de Samuel Marolois (1627). Ce traité est édité conjointement avec L’Architecture contenant la toscane, dorique, ionique, corinthiaque et composée de Hans Vredeman de Vries, et est publié par Henri Hondius de La Haye en 1606, et réédité en 1617, 1620, etc. Il est dédié par l'éditeur Jan Janssen au prince Henri de Nassau. Le second de ses ouvrages, Fortification ou Architecture militaire tant offensive que defensive a été publié chez Hondius en 1615. Il est divisé en deux parties, l'une concernant les fortifications régulières ou idéales, l'autre les fortifications irrégulières, les plus répandues en Hollande[14].
Une fin prématurée
Girard demeure cependant sans grandes ressources, il affirme dans la dédicace de son Invention nouvelle en l'algèbre[1] : Modèle:Citation bloc
Un siècle plus tard, l'historien des mathématiques Jean-Étienne Montucla tire la morale de cette misère[15] : Modèle:Citation bloc

Parmi ses rencontres, figure Pierre Gassendi, qui sollicite un entretien en Modèle:Date- par l'entremise d'un ami commun, nommé Fresne-Canaye. Afin de mettre en présence le philosophe français et l'ingénieur militaire du Stathouder, Fresne-Canaye leur donne à souper. À cette occasion, le philosophe français remarque[16] :
L'entrevue a lieu alors qu'Albert Girard sert le prince d'Orange Frédéric-Henri de Nassau ; Pierre Gassendi précise qu'elle se tient au camp de Bois-le-Duc[17]. Après le siège de Bois-le-Duc, auquel il assiste avec Henri de Bergaigne, Girard dédie à ce protecteur et ami son Invention nouvelle en l'algèbre[Note 5] (Amsterdam, 1629). Il envisage alors de rédiger un traité d'optique et un traité de musique[18] ; mais ses finances ne le lui permettent pas.
D'après le mathématicien Olry Terquem, Girard succombe sous les étreintes de cette profonde misère[19].
À l'heure de sa mort, le peuple le connaît davantage comme ingénieur militaire du prince Frédéric-Henri d'Orange-Nassau qu'en tant que mathématicien. Il meurt d'ailleurs dans un état voisin de l'indigence, selon Jean-Étienne Montucla[20] et Diederik Johannes Korteweg. Après sa mort, le Modèle:Date-, ses parents l'enterrent dans la « Modèle:Langue » sous le nom de « Monsieur Albert », ingénieur.
L'épouse du « Samielois » continue de publier ses ouvrages, essentiellement ses traductions de Stevin dont sa statique ou pondéraire. Il la laisse avec onze enfants (dont le dernier, posthume)[10]. La préface des œuvres de Stevin, publiée par eux, comporte cette dédicace évoquant leur situation[10] : Modèle:Citation bloc
Travaux
Longtemps Girard ne fut connu qu'à titre d'éditeur et de traducteur des œuvres de Simon Stevin. Le maître avait déjà traduit ses propres œuvres en français, notamment son Arithmétique, son traité sur Les fortifications par écluse et sa Castramétation (c'est-à-dire l'art de former des camps militaires) ; simultanément, le secrétaire du prince Henri, un certain Jean Tuning[Note 6], avait traduit une autre partie de ces ouvrages (vers 1605-1508) sous le titre de Mémoires mathématiques contenant ce en quoy s'est exercé Ie très excellent prince et seigneur Maurice, prince d'Orange etc, écrit premièrement en bas Allemand par Simon Stevin de Bruges. Ces œuvres étaient divisées en cinq volumes : la cosmographie (ou description du Monde, dans laquelle Stevin se montre ouvertement favorable à la théorie de Copernic[21]), la pratique de la géométrie, l'art de peser (ou pondéraire), les perspectives et des mélanges.
Girard les réédite en 1625, puis en 1634, de façon fidèle et bien écrite en distinguant scrupuleusement ce qui tient de sa traduction de ce qui relève de son interprétation[Note 7]. Il affirme notamment[22] : Modèle:Citation bloc
Dans ces commentaires, Girard essaye de simplifier les méthodes ou la doctrine. Mais il va souvent plus loin que Stevin et il apporte en 1629 une contribution personnelle qui dépasse amplement l'œuvre du traducteur[23].
Tant dans ses notations que dans ses résultats, il se montre notamment influencé par la nouvelle façon d'écrire les équations et de concevoir les polynômes initiée par François Viète dès 1591 avec la publication de ce livre fondateur qu'est l'Isagoge in Artem Analycitem ou Isagoge. Peut-être initié à cette nouvelle conception par le successeur de Stevin et élève de Viète Jacques Aleaume, alors professeur de mathématiques de l'Université de Leyde[24], Girard dépasse, là encore, les connaissances qui lui ont été léguées.
Alors que Viète n'admet pas les quantités négatives (ce qui lui vaut quelques fautes dans ses posthumes Equationum recognitione et emendation)[25] ou demeure prisonnier de notations respectant l'homogénéité (pour des raisons géométriques), le Sammielois Girard laisse entrevoir dans ses rares pages d'algèbre quelques-unes des découvertes qui ne seront fixées qu'avec D'Alembert ou Newton.
L'invention en l'algèbre
Son principal ouvrage, l'Invention nouvelle en l'algèbre, est un commentaire de son édition des œuvres de Stevin. Il n'est pas divisé en chapitres mais se compose de trois parties : calcul arithmétique, théorie des équations et mesure des surfaces[1]. La seconde partie, sur la théorie des équations, est la seule originale. Girard s'y attache principalement à décrire les opérations qui permettent de simplifier les termes d'une équation, transformations qu'avaient initiées Viète et Alexander Anderson[26]. Cela fait, il s'attaque à la résolution de l'équation du troisième degré dans le cas de trois racines réelles par transformation de en , dont les solutions sont données par la trisection d'un angle. Il montre comment on peut représenter ces solutions comme trois cordes inscrites dans le cercle et enseigne à les construire géométriquement[27]. Il fournit également une méthode d'approximation de ces mêmes racines par l'utilisation d'une suite définie par récurrence à l'aide de la tangente et du sinus, conseillant de s'arrêter quand les deux termes consécutifs sont sensiblement égaux.
Plus loin, Girard invite son lecteur à définir lui-même la formation du triangle d'extraction (triangle de Pascal), dont il donne les premières lignes (ces coefficients binomiaux étaient déjà connus de Viète ou de Marule). Puis il s'attaque aux équations polynomiales à une inconnue ; ce qui fait de ce livre un des plus importants en algèbre.
Girard conclut enfin son Invention nouvelle en l'algèbre, en résolvant quelques systèmes d'équations à plusieurs inconnues (certaines viennent de Guillaume Gosselin) et termine par un système non linéaire qu'il traite très astucieusement[1]. Écrit sous forme contemporaine, ce système revient à déterminer tels que :
L'algèbre de Girard
Quoique le nombre de publications de Girard soit peu élevé (huit livres) et que son algèbre n'ait pas toujours la richesse de l'algèbre nouvelle de Viète (sauf indication expresse du contraire, les équations de Girard sont numériques et son langage est celui de la Coss, ou de Stevin)[28], Girard occupe une place importante dans l'histoire des mathématiques. Si 49 pages sur 63 de son Invention nouvelle en l'algèbre sont de type cossique[29], Girard connaît les livres de Viète et fait plusieurs emprunts à son analyse spécieuse[28] ; il l'enrichit également, excellant dans l'art de la syncrèse[28]Modèle:,[Note 8] du mathématicien des Parthenay ; il y décèle des erreurs. Enfin, il le généralise, donnant un sens aux quantités négatives et admettant l'emploi des nombres complexes (ou solutions enveloppées)[1].
Il écrit notamment, afin de donner une interprétation aux quantités absurdes, que les géomètres se refusaient généralement à employer[Note 9] : Modèle:Citation bloc

En fait, les notations de Girard sont assez proches de celles de Viète[30] :
- pour la différence absolue : signifiant chez eux ;
- pour le quotient, l'un comme l'autre le note : ;
- pour les notations des inconnues et des paramètres, Girard effectue la même séparation que Viète : les voyelles sont réservées aux inconnues, à l'image des langues sémitiques ;
- comme Viète, il ne met pas systématiquement à 0 le second membre d'une équation ;
- comme Alexander Anderson, le « Samielois » note les puissances dans la lignée de l'Algèbre nouvelle, ;
- comme Viète, il conserve l'homogénéité des coefficients, notant « nombre de première, seconde, troisième, etc. meslé » les factions auxquels Viète prêtait la même dimension (respectivement lineo, plano, solido, plano-plano, etc.)
Toutefois, ces notations divergent sur trois points fondamentaux :
- la notation des racines (l pour « latus » chez Viète, chez Girard) ;
- par ailleurs, Girard n'hésite pas à s'affranchir du « ducere in » cher à Viète, ni à écrire où Viète écrivait ;
- enfin, il innove réellement en développant ses rares calculs algébriques, où il ne fait pas systématiquement mention de leur homogénéité[31].
D'autres progrès dans les notations.

La limite du travail de Girard se fait sentir dans ses ouvrages, où il raisonne souvent en revenant à des exemples numériques, dans le langage de la Coss, encore très en vogue chez les mathématiciens amateurs et dans le large public auquel son livre veut s'adresser. C'est alors l'héritier de Stevin, qu'il traduit. Mais Girard est également un de ces mathématiciens créatifs qui, avec Pierre Hérigone et Girard Desargues bouleversent les notations établies :
Vers 1633, il propose qu'une racine cubique soit notée «» et une racine cinquième « ». Selon Florian Cajori[32], la première personne à adopter la suggestion de Girard est Michel Rolle (vers 1690) et Girard est le premier à écrire un exposant fractionnaire[33].
Girard introduit dans la même année, l'emploi des parenthèses et des crochets, qui est restée[34], et de notations moins heureuses, qui n'ont pas été retenues[35]. Il note par exemple la « haute extrémité » le terme de plus haut degré d'un polynôme, et « triangle d’extraction » le triangle de Pascal, ou encore « ff » pour « » et « § » pour « »[36]
Girard en revendique l'originalité[37] : Modèle:Citation bloc
Ces notations originales ne sont pas sans raison : Girard nomme du nom de « meslés » les puissances de l'inconnue intervenant dans une équation composée (ou meslée) comportant plus que deux termes. Les coefficients d'un polynôme deviennent donc sous sa plume les « nombres de meslés ». De sorte qu'en langage moderne, pour
le nombre du premier meslé est, selon Girard, , celui du second meslé , et ainsi de suite.
Lorsque est un polynôme scindé, c'est-à-dire s'il possède racines notée autant de fois que leur ordre de multiplicité, il s'écrit
Girard nomme alors « factions » les polynômes symétriques élémentaires des racines de ce polynôme, de sorte que la première faction est , la seconde faction et ainsi de suite, jusqu'à la dernière identifiée au produit des racines[38].
Puis, à la suite de Viète qui a déjà donné une partie de ces relations, Girard établit (sur des exemples) les liaisons entre les coefficients et les racines[39] ; plus précisément, il remarque que le nombre du premier meslé est - au signe près - la somme des racines (comptées avec leur multiplicité), le nombre du second meslé la somme des produits de deux racines, de même pour le nombre du troisième meslé, etc. ce qu'on note de façon plus moderne .
Il tourne la difficulté des signes en présentant l'équation polynomiale correspondante sous forme
isolant de part et d'autre de l'égalité les termes d'exposants pairs et impairs. En cette occurrence, ses notations demeurent celles de Stevin.
Pour Girard, les nombres complexes sont des solutions enveloppées[1], des nombres inexplicables ou impossibles... avec lesquels, toutefois, il ne rechigne pas à travailler[40]. Il n'hésite pas à faire remarquer, par exemple[41], l'égalité suivante[Note 10] :
|
|
Il justifie d'ailleurs leur emploi, dans le même passage, non seulement par leur utilité, mais aussi parce que ces solutions, (qui ne sont ni des nombres, ni des quantités, ni des grandeurs) permettent d'unifier le théorème de décomposition pour tous les polynômes : Modèle:Citation bloc
Outre cela, Girard est un des propagateurs des termes « million, billion, et trillion », inventés par Nicolas Chuquet. Il est également un des premiers mathématiciens (concomitamment avec Thomas Fincke (1583 d'après Florian Cajori), Samuel Marolois, William Oughtred (1631 d'après Isaac Asimov)[Note 11] à utiliser les symboles « sin », « cos » et « tan »[42]Modèle:,[43]. Quelques occurrences de la notation « » dans sa mise en forme des travaux du Marolois[44] font de lui le premier mathématicien à employer cette notation fonctionnelle.
Un apport fondamental de Girard
Dans son livre sur L'invention nouvelle en l'algèbre, Girard est réellement le premier mathématicien à énoncer (de façon un peu floue et sans en fournir de preuves)[Note 12] le théorème fondamental de l'algèbre, auquel les historiens des sciences associent le plus souvent le nom de d'Alembert[Note 13]. Ce théorème, qui assure la factorisation de tout polynôme (réel chez Girard) dans le corps des nombres complexes sous la forme d'un produit de binômes, apparaît en 1629[45] sous cette forme : Modèle:Citation bloc
À la suite de quoi, Girard tente d'en donner une « explication ». Pour cela, il part des meslés, et affirme l'existence de solutions abstraites qui vérifie l'identité des meslés et des factions. En fait, il postule davantage l'existence d'un corps de rupture formel que son identification au corps des nombres complexes. Modèle:Citation bloc
Il donne également dans ce même livre quelques identités concernant les polynômes symétriques. Newton retrouvera ces relations par la suite, indépendamment[46]. Elles permettent de calculer, grâce aux formules de Viète, les sommes des puissances de toutes les racines d'un polynôme à l'aide de ses seuls coefficients (voir l'encadré ci-dessus). Elles seront définitivement complétées par Leonhard Euler, Carl Friedrich Gauss et Edward Waring[Note 14].
D'après Bosmans, il est également le premier à énoncer la règle reliant le nombre de variations de signes des coefficients des équations complètes et le nombre de solutions réelles, communément appelé le théorème de Descartes[1].
Trigonométrie sphérique
Les mathématiciens doivent encore à Girard un traité de trigonométrie (édité en 1626), un an après sa première traduction des travaux de Stevin (1625). Le livre fut réédité trois fois, en 1627, et en 1629. Ce sont des raretés de bibliophile. Outre sa préface, qui rend louange à Dieu et adresse quelques reproches à Stevin pour l'imprécision de sa définition des « flèches » (ou sinus verse)[Note 15], Girard attaque le mathématicien Valentin Mennher, arithméticien alors célèbre, puis donne son traité des triangles rectilignes[47]. Dans cette partie, se trouve notamment reproduite le formule de Thomas Fincke, qui, en langage moderne, s'écrit :
où dans un triangle rectangle, désignent les longueurs de deux côtés de l'angle droit et les deux angles qui leur sont opposés. À la suite, se trouvent encore quelques formules de Girard, originales pour l'époque, puis un traité sur les triangles rectangles, ou rectilignes. Mais c'est dans la dernière partie, sur la trigonométrie sphérique, que Girard déploie tous ses talents[48].

D'après l'étude que Michel Chasles consacre à cette partie des œuvres de Girard, le « Samielois » démontre dans ce travail qu'il fait partie du petit nombre de géomètres qui, à l'imitation de Viète, sont à l'instigation des transformations des triangles sphériques. Un an avant Snellius, Girard englobe dans ce traité les quatre triangles formés par les arcs de cercle qui ont pour pôles les trois sommets d'un triangle donné sous le nom collectif de triangle réciproque ; ainsi, il regarde comme réciproques d'un triangle donné, à la fois le triangle de Viète et celui de Snellius[49].
Plus loin, il développe à partir des formules de « prostaphérèse »[Note 16] la résolution d'un problème original : Modèle:Citation bloc
Ce problème conduit à la détermination de , puis , lorsque[50] :
Parallèlement, la formule de Girard donne l'aire d'un triangle sphérique à l'aide de ses angles[51]. Cette découverte, apparemment connue de Regiomontanus, puis de Thomas Harriot vers 1603, n'a pas été publiée par les Anglais et Girard est le premier à l'énoncer publiquement, en 1629 dans son Invention[52], et le premier à la démontrer partiellement. Mais il n'est guère satisfait de sa démonstration, et l'écrit. À cette occasion il pressent la possibilité de raisonner sur des éléments différentiels, affirmant d'un triangle sphérique infinitésimal qu'on peut le confondre avec un triangle plat, celui-ci étant sans « tumeur »[53]. Sa preuve est contestée à la fin du Modèle:XVIIIe siècle par Lagrange[54]. Le même résultat est publié en 1632 par Bonaventura Cavalieri puis peu après par Roberval. Les travaux trigonométriques de Girard influencent néanmoins le mathématicien Jan Stampioen, qui devient quelques années après la mort du « Samielois », le rival de Descartes et le précepteur de Christiaan Huygens. Une preuve définitive de la formule des aires sera donnée au Modèle:S- par Adrien-Marie Legendre (voir ci-dessous)[2] et par Leonhard Euler[55].
Modèle:Boîte déroulante/début Modèle:Article détaillé Une démonstration élémentaire[Note 17] se fait en trois étapes :
- Lorsque la sphère est découpée en 4 secteurs (« fuseaux » ou « lunes » chez Legendre) par deux plans diamétraux, l'aire d'un des secteurs ainsi découpé est proportionnelle à l'angle des deux plans. Elle vaut donc
. - Les trois plans diamétraux qui définissent un triangle sphérique découpent sur la sphère six fuseaux contenant ce triangle ou son symétrique par rapport au centre de la sphère. Ces fuseaux recouvrent la sphère selon huit parties elles-mêmes triangulaires. Deux de ces parties se trouvent à l'intersection de trois fuseaux, le triangle initial et son symétrique, qui ont même aire. Les six autres ne sont obtenues qu'une seule fois. Ainsi, la somme des aires des six fuseaux est celle de la sphère augmentée quatre fois de celle du triangle. Il s'en déduit :
. - Ainsi, après transformation :
Également dans son Invention, Girard généralise son travail et donne une formule analogue pour la mesure de la surface d'un polygone sphérique terminé par des arcs de grands cercles (nommée parfois formule de Gauss)[56]Modèle:,[57].
Explicitement, si , etc. désignent les angles du polygone sphérique (convexe) et n leur nombre, l'aire du polygone est donnée par[58]Modèle:,[Note 18] :
Dans son « Traité de trigonométrie », qui est à la suite d'une table des sinus, tangentes et sécantes, il montre par sa préface qu'il s'était également occupé à restaurer l'analyse géométrique des Anciens, et à rétablir les traités dont les titres ont été transmis par Pappus ; il dit, à ce sujet, qu'après ce petit « Traité de Trigonométrie », qu'il donne comme échantillon, « il mettra au jour quelque chose de plus grand »[49]. La mort l'en a empêché.
Dans la préface à sa traduction des œuvres de Stevin (éditée en 1625), il annonce derechef son intention de restaurer les Porismes d'Euclide[Note 19] mais cet ouvrage, prêt à paraître, n'aura pas vu le jour et s'est perdu.

Dans le chapitre des polygones rectilignes, Girard affirme une fois encore[Note 20]Modèle:,[59] : Modèle:Citation bloc Dans le Traité de l'art pondéraire ou de la statique de Stevin, Girard ajoute de nouveau[Note 21]Modèle:,[59] : Modèle:Citation bloc
Un siècle plus tard, l'historien des sciences Jean-Étienne Montucla doute fortement que Girard ait réellement restauré ces Porismes[20]. Lorsqu'en 1860, le géomètre Michel Chasles tente de restaurer à son tour les Porismes d'Euclide à partir des indications de Pappus, il se montre plus prudent. Il écrit[59] : Modèle:Citation bloc
Après Girard, de nombreux géomètres s'évertuent à reconstituer ces trois livres d'Euclide, notamment Ismaël Boulliau, Carlo Renaldini, Pierre de Fermat, Edmond Halley, Robert Simson, Michel Chasles et Paul Émile Breton (1814-1885)[Note 22].

Vers 1624, Claude-Gaspard Bachet de Méziriac remarque que le produit de deux sommes de deux carrés est une somme de deux carrés. Ce résultat était déjà connu de Viète, avec une interprétation géométrique, dans ses Notae priores. Il était également connu de Diophante (livre III, problème 19).
En 1625, après avoir repris les traductions de Diophante par Bachet (livres V et VI, 1621)[60], Girard fournit une traduction des œuvres de Stevin, dans laquelle il reproduit une conjecture de Bachet : le théorème des quatre carrés[61], qui sera démontré par Lagrange en 1770.
Du même coup, le « Samielois » est le premier à formuler une conjecture correcte donnant une condition nécessaire et suffisante pour qu'un nombre entier soit somme de deux carrés seulement[62].
La formulation moderne habituelle, équivalente à son énoncé, est la suivante :
En 1640, Pierre de Fermat décrit à Marin Mersenne en termes très généraux comment il propose de démontrer ce théorème, qui porte désormais son nom, dans le cas de nombres premiers[63]. Il faut attendre l'article de 1760 de Leonhard Euler[64] pour une première démonstration complète publiée, grâce à un plan qui s'écarte de celui esquissé par Fermat. La formulation moderne est la suivante : Modèle:Théorème
Dickson[65] donne le nom de Girard au théorème selon lequel tout nombre premier de la forme 4n + 1 est somme de deux carrés.
Girard et les fractions continues

Girard est également le premier à donner l'expression générale de la formation des suites de Fibonacci[66] :
Il le fait dans sa traduction des cinquième et sixième livres de Diophante, en marge de l'édition de 1625 des œuvres de Simon Stevin. La veuve de Girard réédite cet énoncé en 1634, dans la publication de son œuvre posthume. Girard ne fournit pas sa méthode et parle de « particularités non encore par cy devant pratiquées »[67].
Ce faisant, il approche de très près la première définition des fractions continues. Il remarque également qu'en divisant un terme de la suite par son précédent, le calcul donne une approximation du nombre d'or. Cette propriété a déjà été énoncée par un anonyme du Modèle:XVIe siècle dans une note manuscrite, à propos de la traduction des Éléments d'Euclide par Luca Pacioli (1509). Elle est confirmée par Kepler vers 1608, dans une de ses lettres. Girard est un des premiers à l'énoncer dans une publication (en 1634), son Invention nouvelle en l'algèbre.
Ses mots exacts sont les suivants[68] : Modèle:Citation bloc Modèle:Article détaillé
Selon Georges Maupin[69], il a sans doute découvert le moyen de construire une suite de rationnels convergeant rapidement vers une racine carrée par la création de fractions continues. Raphaele Bombelli l'avait cependant précédé sur ce domaine en 1572. Sans donner la façon générale de former de telles suites, Girard fournit dans le même livre deux approximations de ce type :
pour Modèle:Racine, il donne : puis , pour Modèle:Racine, il donne : ,
dont il est possible (cf. ci-dessous) de vérifier rapidement l'appartenance aux fractions continues[70]Modèle:,[Note 23] approchant respectivement Modèle:Racine et Modèle:Racine.
Modèle:Boîte déroulante/début D'après l'égalité suivante :
et après justification de la convergence de ce procédé, se déduit l'égalité :
Le même procédé que Girard a remarqué sur les suites de Fibonacci donne une suite de fractions s'approchant de Modèle:Racine, nommément :
Ces fractions sont de la forme où les suites et vérifient :
Parmi elles se trouvent bien et , les deux seules valeurs qu'il indique. Modèle:Boîte déroulante/fin Le même procédé vaut pour Modèle:Racine Modèle:Boîte déroulante/début D'après l'égalité suivante :
et après justification de la convergence de ce procédé, se déduit l'égalité :
Le même procédé que Girard a remarqué sur les suites de Fibonacci donne encore une suite de fractions s'approchant de Modèle:Racine, nommément :
Ces fractions sont toujours de la forme , où et vérifient toutes deux :
Parmi elles se trouve bien , la seule valeur que Girard indique en 1625. Modèle:Boîte déroulante/fin Modèle:Article détaillé
La cosmographie
Dans sa traduction de la cosmographie, publiée à titre posthume en 1634 par sa veuve, Girard demeure fidèle au point de vue héliocentrique de Simon Stevin. Quoiqu'il juge impossible de pouvoir démontrer que le soleil est au centre la sphère des fixes, et qu'il consacre de nombreuses propositions à décrire les mouvements des planètes selon le modèle géocentrique, Girard (comme Stevin) est persuadé que l'hypothèse de Copernic est la plus vraisemblable. Il la nomme « propre », à l'opposé du système de Ptolémée, qu'il qualifie « d'impropre » et donne dans les pages 295-340 des Œuvres Mathematiques de Simon Stevin de Bruges un véritable plaidoyer en faveur des théories de la Terre mobile[71]. Cette affirmation paraît alors que Galilée a été condamné l'année précédente pour son Dialogue sur les deux grands systèmes du monde.
Girard ajoute au texte de Stevin quelques remarques sur les planètes. Il affirme qu'il s'en trouve davantage que les huit planètes connues des anciens, et qu'on en trouvera bien plus grâce à l'invention des « yeux artificiels » que sont les lunettes (ou « lynx »). Pour lui la Voie lactée est un amas d'étoiles, situées fort près les unes des autres. Il cite enfin Aristarque de Samos comme un lointain prédécesseur de Copernic[72].
Œuvres
- 1625 : Commentaires de l'édition des œuvres de Stevin, Arithmétique de Simon Stevin, revue, corrigée et augmentée de plusieurs traittez et annotations, par Albert Girard, sammielois, mathématicien, imprimé à Leyde, chez Jacques Elzevier. Seuls deux livres furent édités par Jacob ou Jacques Elzevier ; ces commentaires sont l'un d'eux Modèle:Lire en ligne.
- 1625 : Modèle:Langue, La Haye, Hendrik Hondius Modèle:Lire en ligne.
- 1626 : Tables des Sinus, tangentes et secantes, avec un traicté succinct de la Trigonométrie tant des triangles plans, que sphéricques, par Albert Girard, sammielois, chez Jacques Elzevier à La Haye Modèle:Lire en ligne. Seconde édition 1634 Modèle:Lire en ligne.
- 1627 : Geometrie contenant la théorie et pratique d’icelle, nécessaire à la fortification. Jadis écrite par Samuel Marolois, mais depuis corrigée, et la plupart du discours changé et rédigé en meilleur état, par Albert Girard, mathématicien, Amsterdam, Jan Janssen.
- 1627 : Fortification, ou architecture militaire, tant offensive que défensive par Samuel Marolois, revue, augmentée et corrigée par Albert Girard, Amsterdam, Jan Janssen Modèle:Lire en ligne. Réimpr. 1651, Modèle:Gallica précédé de L’architecture contenant la Toscane, Dorique, Ionique, Corinthiaque et Composee, faict par Henri Hondius. Avec quelques belles ordonnances d’Architecture mises en perspective par Iean Vredman frison.
- 1628 : Opera mathematica ou œuvres mathématiques..., De nouveau reveuë, augmentée, et corrigée par Albert Girard, Amsterdam], Jan Ianssen, Modèle:Lire en ligne (numérisation e-rara). Réimpr. 1647, Modèle:Lire en ligne.
- 1629 : Invention nouvelle en l'algèbre, chez Jan Janssen Modèle:Lire en ligne. Ce livre, dit Montucla, est « fort remarquable, en ce qu'on y trouve une connaissance des racines négatives plus développée que dans ceux de la plupart des autres analystes »[20]. Un des objets de ce livre est de montrer que, dans les équations qui conduisent au cas irréductible, il y a toujours trois racines.
- = Invention nouvelle en l'Algèbre, tant pour la solution des équations que pour recognoistre le nombre des solutions qu'elles reçoivent avec plusieurs choses qui sont nécessaires à la perfection de cette divine science, Amsterdam, 1629, 70 p. / Reproduction identique par M. Biereus de Haan, Leyde, 1884 et N.A.W.nl [Nieuw Archief voor wiskunde uitgegeven door bet Wiskundig Genootschap], Amsterdam, 1884, 11, 85-152
Œuvres posthumes
- 1634 : Les œuvres mathématiques de Simon Stevin de Bruges, où sont insérés les mémoires mathématiques, auxquels s'est exercé le très haut et très illustre Prince Maurice de Nassau, prince d'Orange, gouverneur des Provinces des Pays-Bas etc., le tout revu, corrigé et augmenté par Albert Girard, sammiélois, mathématicien ; publié à Leyde, chez Elzevier disponible sur diglib, Modèle:Lire en ligne.
Retentissements
Le Modèle:Date-, au lendemain de sa rencontre avec Girard, Pierre Gassendi écrit à Nicolas Fabri de Peiresc qu'il a dîné avec un des ingénieurs du prince Frédéric de Nassau. C'est à ce titre que son siècle le connaît, et l'ignore. Galilée le connaît comme le traducteur de l'Art pondéraire de Stevin. Le père du mathématicien Huygens apprécie ses travaux, et lui décerne dans une lettre à leur ami commun Golius le titre de « Modèle:Langue ». Pour autant, la renommée de Girard n'atteint pas le Toulousain Pierre de Fermat ou très tardivement, et son œuvre demeure confidentielle au Modèle:XVIIe siècle. Mersenne le connaît comme mathématicien flamand, alors qu'il est né en Lorraine et écrit en français[Note 24]. Le philosophe René Descartes Modèle:Incise emprunte sans le citer plusieurs de ses idées à Girard[73]Modèle:,[26]. Blaise Pascal lit Stevin au travers de sa traduction, selon Léon Brunschvicg[74] ; le père Niceron le conseille comme livre portatif[75].
Pierre Bayle le nomme dans son dictionnaire[76] affirmant qu'on peut aisément distinguer ce qui vient de Stevin et ce qui vient du « Samielois ». En 1752, dans une lettre au comte Stanhope, Robert Simson mentionne la règle d'approximation des racines carrées énoncée par Girard en 1629 et son emploi de la suite de leurs fractions continues. Le Comte de Chesterfield encourage Simson à publier cette découverte et, l'année suivante[77], Simson rend hommage à Girard pour sa clairvoyance quant aux suites de Fibonacci et ses approximations de [[Racine carrée de deux|Modèle:Racine]] dans les Philosophical Transactions of the Royal Society, 1754, t. 2.
En 1758, Jean-Étienne Montucla l'évoque comme un géomètre flamand ; et bien qu'il connaisse l'article de Simson, il ne croit pas aux promesses de Girard de restaurer les Porismes d'Euclide[20]Modèle:,[78]. Montucla affirme ironiquement : Modèle:Citation bloc Pour lui, Girard, comme Alexander Anderson, n'est qu'un habile successeur de Viète.
En 1773, Fortuné Barthélemy de Félice, lui consacre un article dans son encyclopédie ou dictionnaire universel raisonné des connaissances humaines. Il l'évoque comme un ingénieux hollandais, s'attaquant aux équations cubiques, et poursuivant les travaux de Viète ou de Cardan[79].

Le « Samielois » est néanmoins remarqué par Charles Hutton (1737-1823), qui, en 1815[80], fait l'exact catalogue de ce que la théorie des équations doit à Girard :
- il est le premier à avoir compris la formation des coefficients des polynômes (Viète l'avait déjà vu dans le cas de polynômes scindés sur les réels positifs) ;
- il est le premier à avoir compris la signification géométrique des racines négatives ;
- il est le premier qui, incluant les racines complexes, comprend qu'il n'y a pas plus de racines que le degré de l'équation ne l'autorise ;
- il est le premier à donner des règles pour sommer les puissances des solutions d'une équation.
À quoi il eut pu ajouter bien d'autres titres de gloire.
En 1837 pourtant, Michel Chasles le mentionne négligemment dans son mémoire sur l'histoire des méthodes en géométrie[81] ; il rend hommage à Girard, au travers d'un théorème singulier issu de sa Trigonométrie stipulant que d'un quadrilatère inscrit dans un cercle, on peut former deux autres quadrilatères inscrits dans le même cercle, ces trois quadrilatères ayant, deux à deux, une même diagonale et pour aire (identique), le produit des trois diagonales, divisé par le double du diamètre du cercle circonscrit[82]. Chasles regrette dans ce même ouvrage la perte éventuelle du manuscrit de Girard contenant sa reconstitution des Porismes d'Euclide et note que les triangles réciproques de Girard contiennent à la fois ceux de Viète et de Snell (il en donne une figure plus complète après 1860 et sa propre reconstitution des Porismes).
Dans la seconde moitié du Modèle:XIXe siècle, Adolphe Quetelet le tient toujours pour hollandais, ou le croit né à Bruges. Il en va de même pour Florian Cajori. Ce dernier distingue cependant Albert Girard des autres propagateurs de l'algèbre spécieuse. En 1870, le généalogiste Vorsterman Van Oijen[83] révèle qu'il n'est pas hollandais. En 1875, Ernest Rousseau, recteur de l'université libre de Bruxelles, confirme ces premiers doutes quant à la nationalité du « Samielois »[84] et le veut d'origine belge. En 1883, l'historien Paul Tannery révèle enfin qu'il vient de Saint-Mihiel[85].
Vers la fin du Modèle:XIXe siècle, la plupart des historiens des mathématiques, quelques mathématiciens, et des historiens du Modèle:S-, notamment Antonio Favaro, Gustave Cohen et Henri Bosmans, approfondissent son étude. Georges Maupin[Note 25] dans ses Opinions et curiosités touchant la mathématique fournit de larges extraits des travaux de Girard dans la seconde partie de son ouvrage consacré à Stevin. Le professeur Maupin y donne également une étude des notations du « Samielois » (Modèle:P.160-173) et de ses apports personnels, en particulier, dans le domaine des fractions continues, de la résolution des équations (Modèle:P.174-218) de la cosmographie, de la musique (Modèle:P.233-278), de la géométrie sphérique (Modèle:Pp.279-287), voire de la statique (Modèle:P.288-322).
À leur suite, Gray Funkhouser (A short account of the history of symmetric functions of roots), George Sarton et René Taton, tracent des monographies reprenant ces découvertes, à la lumière de Stevin ou de Viète. Henri Lebesgue évoque plusieurs fois son travail[86]. Plus récemment, Cornelis de Waard, Michael Sean Mahoney[87], Jean Itard[88], Roshdi Rashed et Jean-Pierre Le Goff[89] ont tenté de réhabiliter sa mémoire. D'autres enfin, à l'image de Stella Baruk, utilisent les interrogations de Girard, voire ses notations, pour faire progresser, en collège, la compréhension des fondements de l'algèbre[90].
Notes et références
Notes
Références
Bibliographie
- Adolphe Quetelet, Histoire des sciences mathématiques et physiques chez les Belges, Modèle:P.166 et seq., Hayez, 1864.
- H. Bosmans, « La théorie des équations dans l'Invention nouvelle en l'algèbre d'Albert Girard », Mathesis 41, 1926, Modèle:P.59-67, 100-109, 145-155.
- H. Bosmans, « La trigonométrie d'Albert Girard », Mathesis, vol. 70, 1926, Modèle:P.337-348, 385-392, 433-439
- H. Bosmans, « Albert Girard et Viète, à propos de la théorie de la syncrèse de ce dernier », Annales de la société scientifique de Bruxelles, 45, 1925, Modèle:P.35-43.
- H. Bosmans, « Girard et Diophante », Mathesis, vol. 40, 1926, suppléments Modèle:P.9.
- Paul Tannery, « Albert Girard de Saint-Mihiel », Bulletin des sciences mathématiques et astronomiques, Modèle:2e, vol. 7, 1883, lire en ligne.
- Gustave Cohen, Écrivains français en Hollande dans la premiere moitié du 17e siecle (1920).
- D. J. Struik, A Source Book in Mathematics, 1200-1800
- Modèle:En David Bierens Haan, Albert Girard, Invention Nouvelle en l'algèbre, Bibliolife, 2009 Modèle:ISBN.
Liens externes
- Modèle:MacTutor (biographie)
- Modèle:En Biographie d'Albert Girard sur le projet Galileo
- Modèle:Lien web
- Georges Maupin, Opinions et curiosités touchant la mathématique (deuxième série), Naud, Paris, 1902 (d'après des ouvrages français des Modèle:XVIe, Modèle:S2-)
- Modèle:Autorité
- Modèle:Dictionnaires
- Modèle:Bases
Modèle:Portail Modèle:Article de qualité
Erreur de référence : Des balises <ref> existent pour un groupe nommé « Note », mais aucune balise <references group="Note"/> correspondante n’a été trouvée
- ↑ 1,0 1,1 1,2 1,3 1,4 1,5 et 1,6 Article du R. P. Henri Bosmans, La théorie des équations dans l'invention nouvelle en l'algèbre de Girard, 1923, Modèle:Lire en ligne.
- ↑ 2,0 et 2,1 Modèle:En David Scott Richeson, Euler's gem: the polyhedron formula and the birth of topology, Princeton University Press, 2008, Modèle:P.91-98 Modèle:Lire en ligne.
- ↑ À propos des recherches du pasteur Henri Dannreuther, Le Mathématicien Albert Girard de Saint-Mihiel, 1595-1633, in Société de l'histoire du protestantisme français (France), Bulletin historique et littéraire, volume 43, année 1894, Modèle:P.335.
- ↑ 4,0 et 4,1 Modèle:Nl Nieuw Nederlandsch Biografisch Woordenboek Modèle:Lire en ligne.
- ↑ D.J.Korteweg, « Descartes et les manuscrits de Snellius d'après quelques documents nouveaux » in Nieuw archief voor wiskunde, volume 1 à 3, 1895 republié chez Weytingh & Brave, 1969 Modèle:P.65.
- ↑ D'après Cornelis de Waard et Richard S. Westfall, Biographie d'Albert Girard, Projet Gallileo, Modèle:Lire en ligne.
- ↑ Girard fait baptiser sa fille Marie en l'église Saint-Pierre : Modèle:Nl Nieuw Nederlandsch Biografisch Woordenboek, Modèle:Lire en ligne.
- ↑ Article de Christian Houzel extrait d'un article de La Recherche, novembre 1995, disponible sur e-doc Mathématiques.
- ↑ Girard partage cette croyance avec Galilée. Il faut attendre Joachim Jung et Huyguens pour que la différence entre les deux courbes soit clairement établie. Voir Modèle:Lien web.
- ↑ 10,0 10,1 et 10,2 Irem de l'université de Rennes, Équations du troisième et du second degré, Viète et Girard, chap. 12, Modèle:Lire en ligne.
- ↑ Gustave Cohen, Écrivains français en Hollande, Modèle:P.341 Modèle:Lire en ligne.
- ↑ Sylvain Van de Weyer, Simon Stevin et M. Dumortier ; lettre à messieurs de l'Academie des sciences, 1845 Modèle:P.100 Modèle:Lire en ligne.
- ↑ Catherine Secrétan, Pim den Boer, De la vie civile, 1590, ENS Editions, 2005 Modèle:ISBN Modèle:P.131 Modèle:Lire en ligne. Le R.P. Henri Bosmans juge que sa traduction conserve une marge d'approximation, quoique très fidèle eu égard aux habitudes de l'époque.
- ↑ Article de Piet Lombaerde, Notice bibliographique, Modèle:Lire en ligne.
- ↑ Ernest Rousseau, Histoire des sciences physiques,mathématiques et naturelles, in Patria Belgica, Modèle:P.172, Modèle:Lire en ligne.
- ↑ C. de Waard, Journal tenu par Isaac Beeckman de 1604 à 1634, Modèle:P.153, Modèle:Lire en ligne. Dans une lettre de Gassendi à Peiresc du 21 juillet 1629, ce dernier précise qu'il s'agit de Mr de Fresne Canaye ; sans doute un parent de l'ambassadeur d'Henri IV.
- ↑ Modèle:En Rienk Vermij, Part II : The challenge to philosophy : The Calvinist Copernicans sur le site Knaw.nl de l'Académie royale de Hollande, Modèle:Lire en ligne.
- ↑ Georges Maupin, Opinions et curiosités touchant la mathématique (deuxième série) d'après les ouvrages français des XVIe, Modèle:S2-, Naud, Paris, 1898 Modèle:P.246-247, Télécharger ici.
- ↑ Georges Maupin, Opinions et curiosités touchant la mathématique (deuxième série) d'après les ouvrages français des XVIe, Modèle:S2-, Naud, Paris, 1898, Modèle:P.173, télécharger ici.
- ↑ 20,0 20,1 20,2 et 20,3 Joseph François Michaud et Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne, vol. 16, chez Madame C. Desplaces, 1856, Modèle:P.521 Modèle:Lire en ligne.
- ↑ R. Pastiels, « Les Émissions lumineuses du Ciel nocturne », Ciel et Terre, vol. 69, Modèle:P.277, Modèle:Lire en ligne.
- ↑ Georges Maupin, Opinions et curiosités touchant la mathématique (deuxième série) d'après les ouvrages français des XVIe, Modèle:S2-, Naud, Paris, 1898, Modèle:P.170, télécharger ici.
- ↑ Modèle:En D. J. Struik, Source Book in Mathematics, 1200-1800, Modèle:P.8 et seq., Modèle:Lire en ligne.
- ↑ Frédéric Ritter, Étude sur la vie du mathématicien François Viète (1540-1603), son temps et son œuvre, t. I, Modèle:Lire en ligne. Elles sont disponibles sous forme de microfilm (87Mi/1) auprès du CARAN.
- ↑ Article du R. P. Henri Bosmans, Le mathématicien belge Simon Stevin, Modèle:P.18, Modèle:Lire en ligne. Bosmans affirme que l'ouvrage publié par Alexander Anderson en 1615 comporte des erreurs de signes.
- ↑ 26,0 et 26,1 Jean-Étienne Montucla, Histoire des mathématiques: dans laquelle on rend compte de leurs progrès, volume 1, 1758, à Paris chez Antoine Jombert, Modèle:P.495, Modèle:Lire en ligne.
- ↑ A.-S. de Montferrier, Dictionnaire des sciences mathématiques, pures et appliquées, Dénain et Delamare, 1835, Modèle:P.47, Modèle:Lire en ligne.
- ↑ 28,0 28,1 et 28,2 R. P. Henri Bosmans, « Albert Girard et Viète ; à propos de la théorie de la « syncrèse » de ce dernier », Annales de la société scientifique de Bruxelles, Modèle:Lire en ligne.
- ↑ Modèle:En Charles Hutton, « Albert Girard », dans Algebra, Mathematical and Philosophical Dictionary, J. Johnson, Londres, 1796, Modèle:P.93 et 100-101, Modèle:Lire en ligne.
- ↑ Florian Cajori, Histoire des notations mathématiques, vol. 1, réimpr. Cosimo, 2007 Modèle:ISBN, Modèle:P.158 et 380 Modèle:Lire en ligne.
- ↑ A. Girard, Invention nouvelle en l'algèbre, Modèle:P.41, Modèle:Lire en ligne.
- ↑ Modèle:En F. Cajori, A History of mathematical notations vol. 1, Cosimo, New York, 2007, Modèle:P.159 et 372 Modèle:ISBN, Modèle:Lire en ligne.
- ↑ Modèle:En F. Cajori, A History of mathematical notations, vol. 1, Cosimo, New York, 2007, Modèle:P.159 Modèle:ISBN Modèle:Lire en ligne.
- ↑ Modèle:En Florian Cajori, A History of mathematical notations, vol. 1, Cosimo, New York, 2007, Modèle:P.160 Modèle:ISBN Modèle:Lire en ligne.
- ↑ Sa nomenclature algébrique est parfois très originale ; voir l'étude sur les notations de Girard disponible ici sur une page de Institut für Theoretische Physik (Karlsruhe Institute of Technology).
- ↑ Catherine Secrétan et Pim den Boer, De la vie civile, 1590, Modèle:P.162 Modèle:Lire en ligne.
- ↑ Dominique Descotes, Blaise Pascal, littérature et géométrie, Presses Univ. Blaise Pascal, 2001, Modèle:P.64 Modèle:ISBN Modèle:Lire en ligne.
- ↑ A. Girard, Invention nouvelle en l'algèbre, Modèle:P.37 Modèle:Lire en ligne.
- ↑ Michel Serfati et Dominique Descotes, Mathématiciens français du Modèle:S-, Presses Univ. Blaise Pascal, 2008, Modèle:P.164 Modèle:ISBN Modèle:Lire en ligne.
- ↑ « enveloppé » est à prendre au sens étymologique, aujourd'hui désuet, proche d'inexplicable ; Descartes, lecteur de Girard, s'oppose à lui sur ces dénominations, ne souhaitant pas d'« inexplicable » dans ses mathématiques, et préfèrera en 1637 appeler ces nombres « imaginaires », cf. René Descartes Règles utiles et claires pour la direction de l'esprit en la recherche de la vérité, traduction du latin par Jean-Luc Marion (avec annotations de celui-ci et de Pierre Costabel), Springer, 1977 Modèle:ISBN, note 28 de Pierre Costabel Modèle:P.354 Modèle:Lire en ligne. Voir également « Histoire des nombres complexes ».
- ↑ A. Girard, Invention nouvelle en algèbre Modèle:P.40, Jassons Blauew, 1629 Modèle:Lire en ligne.
- ↑ Histoire de la trigonométrie sur le site math93.
- ↑ Modèle:De Johannes Tropfke, Geschichte Der Elementar-Mathematik in Systematischer Darstellung, vol. 5 à 6, Modèle:P.135, 308, 325, 330 Modèle:ISBN Modèle:Lire en ligne.
- ↑ Samuel Marolois, Œuvres mathématicques traictant de la géométrie et fortification, réduictes en meilleur ordre, et corrigées d'un nombre infiny de fautes escoulées aux impressions précédentes, 1628, Modèle:P.158 et seq., Modèle:Lire en ligne.
- ↑ A. Girard, Invention nouvelle en l'algèbre, Jansons, 1629, Modèle:P.38, Modèle:Lire en ligne.
- ↑ Modèle:En Albert Girard sur le site Fermat's Last Theorem.blogspot.com
- ↑ R.P. Henri Bosmans, La trigonométrie de Girard sur le site de l'ULB, Modèle:P.337-340, Modèle:Lire en ligne.
- ↑ R.P. Henri Bosmans, La trigonométrie de Girard sur le site de l'ULB, Modèle:P.342 et seq., Modèle:Lire en ligne.
- ↑ 49,0 et 49,1 Michel Chasles, Aperçu historique sur l'origine et le développement des méthodes en géométrie ; particulièrement de celles qui se rapportent à la géométrie moderne, suivi d'un mémoire de géométrie sur deux principes généraux de la science, la dualité et l'homographie, M. Hayez, 1837, Modèle:P.546 Modèle:Lire en ligne.
- ↑ R.P. Henri Bosmans, La trigonométrie de Girard sur le site de l'ULB, Modèle:P.345 et seq., Modèle:Lire en ligne.
- ↑ O. Terquem, Nouveau manuel de géométrie, Librairie encyclopédique de Roret, 1838, Modèle:P.451, Modèle:Lire en ligne.
- ↑ A. Girard, Invention nouvelle en l'algèbre, Jan Jansens Blauew, 1629, Modèle:P.19, Modèle:Google Livres.
- ↑ Georges Maupin, Opinions et curiosités touchant la mathématique (deuxième série) d'après les ouvrages français des XVIe, Modèle:S2-, Naud, Paris, 1898 Modèle:P.170, télécharger ici.
- ↑ Œuvres de Lagrange Pièces diverses non comprises dans le recueil académique publiées chez Gauthier-Villars en 1877, Modèle:P.337.
- ↑ Modèle:En Boris A. Rosenfeld, A History of Non-Euclidean Geometry, Springer, 1988 Modèle:ISBN, Modèle:P.32 Modèle:Lire en ligne.
- ↑ Marie, Maximilien, Histoire des sciences mathématiques et physiques (1883), Gauthier Villars, Paris, Modèle:P.205-206, Modèle:Lire en ligne.
- ↑ Une analyse de la démonstration de ce théorème par Girard est donnée par Modèle:En Boris A. Rosenfeld, A History of Non-Euclidean Geometry, Springer, 1988 Modèle:ISBN, Modèle:P.27, Modèle:Lire en ligne.
- ↑ Henri Lebesgue, « Sur la mesure des grandeurs », L'Enseignement Mathématique, vol. 33, 1934, p. 282, Modèle:Lire en ligne.
- ↑ 59,0 59,1 et 59,2 Michel Chasles, Les trois livres de porismes d'Euclide, Mallet-Bachelier, 1860, Modèle:P.2, Modèle:Lire en ligne.
- ↑ Jean Itard, « À propos d'un livre sur Pierre Fermat », Revue d'histoire des sciences, 1974, vol. 27, n° 4, Modèle:P.338 Modèle:Lire en ligne.
- ↑ Modèle:Dickson1, vol. 2, Modèle:Google Livres.
- ↑ Modèle:En Harold Davenport, Modèle:Langue, Cambridge University Press, 1999 Modèle:ISBN, Modèle:Google Livres.
- ↑ Modèle:En K. R. Chowdhary, Modèle:Langue, PHI Learning Modèle:ISBN, Modèle:Lire en ligne : Modèle:Citation étrangère
- ↑ E421.
- ↑ Modèle:Dickson1, vol. 2, Modèle:Google Livres.
- ↑ Robert Simson, « Une explication d'un passage obscur d'Albert Girard », Modèle:Refinc, 1753, Modèle:N°, Modèle:P.368-376, remarque le premier ce fait.
- ↑ Edouard Lucas, « Recherche sur divers ouvrages de Leonard de Pise » (1877), cité par Robert Halleux, Kepler ou l'étrenne ou la neige sexangulaire, Vrin, 2002 Modèle:ISBN, Modèle:P.98, Modèle:Lire en ligne.
- ↑ Modèle:En John Emery Murdoch et Edith Dudley Sylla, The Cultural Context of Medieval Learning, Springer, 1975, Modèle:P.475 Modèle:ISBN Modèle:Lire en ligne.
- ↑ Georges Maupin, Opinions et curiosités touchant la mathématique (deuxième série) d'après les ouvrages français des XVIe, Modèle:S2- (Albert Girard tire parti des fractions continues), Naud, Paris, 1898, Modèle:P.203-209, télécharger ici.
- ↑ Leonard Eugene Dickson, Diophantine analysis, réedition AMS Bookstore, 1999, Modèle:P.356 Modèle:ISBN.
- ↑ Les œuvres mathématiques de Simon Stevin de Bruges : Ou sont inserées les mémoires mathématiqves, esquelles s'est exercé le Tres-haut & Tres-illustre Prince Maurice de Nassau publié à Leyde chez Elsevier, en 1634 Modèle:Lire en ligne.
- ↑ Georges Maupin, Opinions et curiosités touchant la mathématique (deuxième série) d'après les ouvrages français des XVIe, Modèle:S2-, Naud, Paris, 1898, Modèle:P.268-269, télécharger ici.
- ↑ Émile Jalley, La guerre de la psychanalyse : Hier, aujourd'hui, demain, L’Harmattan, 2008 Modèle:ISBN, Modèle:P.251, Modèle:Lire en ligne.
- ↑ Léon Brunschvicg, Œuvres de Blaise Pascal, publićes suivant l'ordre chronologique, avec documents complémentaires, introductions et notes, Volume 9, Hachette, 1914
- ↑ Jean-François Niceron, La perspective curieuse du révérend P. Niceron minime, divisée en quatre livres ; avec l'optique et la catoptrique du R. P. Mersenne mise en lumière apres la mort de l'auteur, chez la veuve Langlois, dit Chartres, 1652, Modèle:P.104, Modèle:Lire en ligne.
- ↑ Pierre Bayle, Dictionnaire historique et critique, t. XIII, 1820 (Modèle:1re éd. 1730), Modèle:P.493, Modèle:Lire en ligne.
- ↑ Modèle:En William Trail, Account of the Life and Writings of Robert Simson, G. et W. Nicol, 1812, Modèle:P.29, Modèle:Lire en ligne.
- ↑ J.-É. Montucla, Histoire des mathématiques : dans laquelle on rend compte de leurs progrès, vol. 1, 1758, Paris, Antoine Jombert, Modèle:P.xxxii, Modèle:Lire en ligne.
- ↑ Fortunato Bartolomeo De Felice, Dictionnaire universel raisonné des connaissances humaines, mis en ordre par M. de Felice, vol. 21, Yverdon, 1773, Modèle:P.576, Modèle:Lire en ligne.
- ↑ Modèle:En Charles Hutton, A Philosophical and Mathematical Dictionary, 1815, Modèle:P.93, Modèle:Lire en ligne.
- ↑ M. Chasles, Mémoires couronnés par l'Académie royale des sciences et belles-lettres de Bruxelles, vol. 11, 1837, Modèle:P.263, 440 et 546 Modèle:Lire en ligne.
- ↑ M. Chasles, Aperçu historique sur l'origine et le développement des méthodes en géométrie, particulièrement de celles qui se rapportent à la géometrie moderne, suivi d'un mémoire de géométrie sur deux principes généreaux de la science, la dualité et l'homographie, M. Hayez, 1837, Modèle:P.546, 283 et 440 Modèle:Lire en ligne.
- ↑ Antonie Abraham Vorsterman Van Oijen (1845-1912) publie cette thèse dans le Bullettino di bibliografia édité par Baldassare Boncompagni, tome III, Rome, 1870 Modèle:P.360, cité par Edouard Lucas, Recherche sur Leonard de Pise, Modèle:Lire en ligne.
- ↑ Ernest Rousseau, Histoire des sciences physiques,mathématiques et naturelles, in Patria Belgica, Modèle:P.173, Modèle:Lire en ligne.
- ↑ Paul Tannery, « Albert Girard de Saint-Mihiel », Bulletin des sciences mathematiques et astronomiques, Modèle:2e, 7, 1883.
- ↑ Henri Lebesgue, article « Sur la mesure des grandeurs », L'Enseignement Mathématique, vol. 33, 1934, Modèle:Lire en ligne.
- ↑ Modèle:En M. S. Maloney, The early theory of equations ; on their nature and constitution: translations of three treatises by Viete, Girard, and De Beaune, Golden Hind Press, 1986.
- ↑ Théodore Lecomte, « L'histoire des mathématiques dans l'enseignement d'Henri Lebesgue », L'enseignement mathématiques, vol. 2, 1956, Modèle:Lire en ligne, affirme que Henri Lebesgue conseille à Jean Itard de s'y atteler dès 1932.
- ↑ Jean-Pierre Le Goff et Jacky Sip, « L'Invention Nouvelle en l'Algèbre d'Albert Girard (1629) » in Actes du Modèle:XIIe colloque inter-IREM d'Épistémologie et d'Histoire des Mathématiques, Douai, 14-16 mai 1998. Pré-publication de l'IREM de Basse-Normandie.
- ↑ Stella Baruk, Quelles mathématiques pour l'école ?, Odile Jacob, 2004 Modèle:ISBN, Modèle:Lire en ligne.