Coefficients calorimétriques et thermoélastiques

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En physique, et plus particulièrement en thermodynamique, les coefficients calorimétriques et thermoélastiques sont des coefficients permettant d'exprimer, pour les premiers, la chaleur absorbée par un système thermodynamique et, pour les seconds, les variations de volume et de pression de ce système. Ces coefficients sont définis pour les corps purs comme pour les mélanges. Les transformations étudiées pour les établir s'effectuent sans changement de composition ni de phase.

Ces coefficients sont liés aux potentiels thermodynamiques, dont ils sont les dérivées secondes. Il est ainsi possible d'établir le signe des capacités thermiques et des coefficients de compressibilité, ainsi que diverses relations, notamment les relations de Clapeyron, relation de Mayer et relation de Reech. Les coefficients calorimétriques sont liés aux variations de l'entropie du système. Les coefficients thermoélastiques permettent d'établir son équation d'état.

Définitions

Notations

Lorsqu'elles existent, les notations recommandées par le [[Quantities, Units and Symbols in Physical Chemistry|Modèle:Lang]] de l'Union internationale de chimie pure et appliquée (IUPAC)[1] sont indiquées entre parenthèses. Par exemple les notations proposées pour le coefficient de dilatation isobare sont signalées (Green Book Modèle:P.56 : α, αV, γ). Ces préconisations sont dans la mesure du possible respectées dans cet article, sauf lorsqu'un autre usage prévaut ; par exemple la compressibilité isotherme est notée χT selon un usage courant dans la littérature[2], alors que le Green Book Modèle:P.56 préconise κT.

Toutes ces définitions supposent des transformations à composition constante, c'est-à-dire l'absence de réaction chimique, d'apport ou d'extraction de matière. Ces transformations ayant lieu à quantité de matière constante n, ceci ne sera pas reporté dans les notations afin d'alléger les expressions mathématiques. Il sera par exemple noté (VT)P plutôt que (VT)P,n. De même, les termes liés aux variations des quantités de matière ne seront pas reportés dans les différentielles : par exemple la différentielle de l'énergie interne dU=PdV+TdS+i=1Nμidni sera simplifiée en dU=PdV+TdS. Ces transformations ont également lieu en l'absence de changement de phase, le corps pur ou le mélange subissant la transformation étant supposé en une seule phase. Enfin, les mélanges sont supposés homogènes.

Coefficients calorimétriques

Dans une transformation réversible, la chaleur Q absorbée par un corps pur ou un mélange de composition constante peut être exprimée à l'aide de six coefficients calorimétriques selon les variables suivies lors de la transformation[3]Modèle:,[4] :

Coefficients calorimétriques :
δQ=TdS=CVdT+ldV
δQ=TdS=CPdT+hdP
δQ=TdS=μdV+λdP

avec :

Capacité thermique isochore : CV=T(ST)V
Elle représente la chaleur absorbée par le corps lors d'une variation de température à volume constant ;
  • l le coefficient de dilatation isotherme (anciennement coefficient de chaleur latente de dilatation isotherme[5]), grandeur intensive exprimée en pascals, Modèle:Unité :
Coefficient de dilatation isotherme : l=T(SV)T
Il représente la chaleur absorbée par le corps lors d'une variation de volume à température constante ;
Capacité thermique isobare : CP=T(ST)P
Elle représente la chaleur absorbée par le corps lors d'une variation de température à pression constante ;
  • h le coefficient de compression isotherme (anciennement coefficient de chaleur latente de compression isotherme[5]), grandeur extensive exprimée en mètres cubes, Modèle:Unité :
Coefficient de compression isotherme : h=T(SP)T
Il représente la chaleur absorbée par le corps lors d'une variation de pression à température constante ;
  • μ un coefficient sans nom attribué (anciennement coefficient de chaleur latente de dilatation isobare[5]), grandeur intensive exprimée en pascals, Modèle:Unité :
μ=T(SV)P
Il représente la chaleur absorbée par le corps lors d'une variation de volume à pression constante ;
  • λ un coefficient sans nom attribué (anciennement coefficient de chaleur latente de compression isochore[5]), grandeur extensive exprimée en mètres cubes, Modèle:Unité :
λ=T(SP)V
Il représente la chaleur absorbée par le corps lors d'une variation de pression à volume constant.

Coefficients thermoélastiques

Les trois coefficients thermoélastiques servent à exprimer la variation de volume ou de pression d'un corps pur ou d'un mélange à composition constante lors d'une transformation réversible[2] :

Coefficients thermoélastiques :
dVV=χTdP+αdT
dPP=1PχTdVV+βdT

avec :

Coefficient de dilatation isobare : α=1V(VT)P
Il représente la variation relative de volume due à une variation de température à pression constante ;
Coefficient de compression isochore : β=1P(PT)V
Il représente la variation relative de pression due à une variation de température à volume constant ;
Coefficient de compressibilité isotherme : χT=1V(VP)T
Il représente la variation relative de volume due à une variation de pression à température constante.

Autres coefficients

Capacités thermiques molaires, molaires partielles et massiques

Les deux capacités thermiques CP et CV sont des grandeurs extensives, elles sont proportionnelles à la quantité de matière n, ou à la masse m, contenue dans le système subissant la transformation.

On définit les capacités molaires, grandeurs intensives exprimées en Modèle:Unité, par (Green Book Modèle:P.56) :

Capacité thermique isochore molaire : C¯V=CVn
Capacité thermique isobare molaire : C¯P=CPn

Ces grandeurs peuvent également être notées respectivement CV,m et CP,m (Green Book Modèle:P.56).

On définit les capacités massiques (ou spécifiques), grandeurs intensives exprimées en Modèle:Unité, par (Green Book Modèle:P.56) :

Capacité thermique isochore massique : cV=CVm
Capacité thermique isobare massique : cP=CPm

Si le système contient N espèces chimiques, chaque espèce i étant représentée par la quantité ni, on peut définir pour chaque espèce des capacités molaires partielles, grandeurs intensives exprimées en Modèle:Unité (Green Book Modèle:P.57) :

Capacité thermique isochore molaire partielle de i : C¯V,i=(CVni)P,T,nji
Capacité thermique isobare molaire partielle de i : C¯P,i=(CPni)P,T,nji

Le théorème d'Euler sur les fonctions homogènes du premier ordre permet d'écrire :

CV=i=1NniC¯V,i
CP=i=1NniC¯P,i

ou, en introduisant n=iNni la quantité totale de matière dans le mélange et xi=ni/n la fraction molaire du corps i dans le mélange :

C¯V=i=1NxiC¯V,i
C¯P=i=1NxiC¯P,i

Coefficient de compressibilité isentropique

Modèle:Article détaillé

On définit le coefficient de compressibilité isentropique[5], noté χS (Green Book Modèle:P.56 : κS), par :

Coefficient de compressibilité isentropique : χS=1V(VP)S

Ce coefficient est une grandeur intensive exprimée en Modèle:Unité. Il représente la variation relative de volume due à une variation de pression à entropie constante.

La différentielle du volume pouvant s'écrire :

dV=(VP)SdP+(VS)PdS

en considérant les définitions de χS et μ on obtient la relation :

dV=VχSdP+TμdS

On peut écrire pour l'entropie :

TdS=μdV+μVχSdP=μdV+λdP

on a donc la relation :

Modèle:Equarefa : λ=μVχS

Coefficient de Laplace

Modèle:Article détaillé

Soit le coefficient de Laplace ou indice adiabatique, noté γ (Green Book Modèle:P.57 : γ, κ) et défini par :

Coefficient de Laplace : γ=CPCV=C¯PC¯V=cPcV

Ce coefficient est une grandeur intensive adimensionnelle. Les capacités thermiques dépendent de la température, de la pression et du volume, ce coefficient n'est donc pas une constante. Cependant, dans le cas des gaz parfaits, les capacités thermiques ne dépendent que de la température, et il peut être admis que ce coefficient est constant sur de courtes plages de température : un gaz parfait pour lequel γ ne dépend pas de la température est appelé gaz de Laplace et répond à la loi de Laplace. Pour des processus isentropiques impliquant de grands changements de température la loi de Laplace n'est pas rigoureuse, il faut alors tenir compte de la variation de γ avec la température.

D'autre part, puisque CPCV0 (voir paragraphes Stabilité thermodynamique, signe des coefficients et Relation de Mayer générale), alors :

γ1

Module d'élasticité isostatique

Modèle:Article détaillé

La différentielle de la pression peut être écrite sous la forme :

dP=KdVV+PβdT

avec K (Green Book Modèle:P.15) le module d'élasticité isostatique :

Module d'élasticité isostatique : K=V(PV)T

Ce coefficient est une grandeur intensive exprimée en pascals, Modèle:Unité.

Le module d'élasticité est l'inverse du coefficient de compressibilité isotherme :

Modèle:Equarefa : K=1χT

Facteur de compressibilité

Modèle:Article détaillé

Le facteur de compressibilité d'un fluide, noté Z (Green Book p. 57), est défini par :

Facteur de compressibilité : Z=PVnRT

avec :

Le facteur de compressibilité est une grandeur intensive adimensionnelle représentant le rapport Z=V/V du volume V d'un fluide réel au volume du gaz parfait correspondant aux mêmes pression, température et composition : V=nRT/P selon la loi des gaz parfaits. Le facteur de compressibilité vaut donc 1 pour un gaz parfait, quelles que soient sa pression, sa température et sa composition.

Le facteur de compressibilité est lié aux coefficients thermoélastiques du fluide réel et du gaz parfait correspondant par les relations[6] :

Variation isobare : (ZT)P=ZT(αα1)
Variation isochore : (ZT)V=ZT(ββ1)
Variation isotherme : (ZP)T=ZP(χTχT1);(ZV)T=ZV(KK1)

avec :

  • α=1/T le coefficient de dilatation isobare du gaz parfait correspondant ;
  • β=1/T le coefficient de compression isochore du gaz parfait correspondant ;
  • χT=1/P le coefficient de compressibilité isotherme du gaz parfait correspondant ;
  • K=P le module d'élasticité isostatique du gaz parfait correspondant.

Relations avec les potentiels thermodynamiques

Relations fondamentales

Les coefficients calorimétriques et thermoélastiques peuvent être exprimés comme des dérivées partielles secondes des potentiels thermodynamiques énergie interne U, enthalpie H, énergie libre F et enthalpie libre G par rapport à leurs variables naturelles volume V, entropie S, pression P et température T : respectivement U=U(V,S), H=H(P,S), F=F(V,T) et G=G(P,T). Ces relations fondamentales sont[7] :

Modèle:Equarefa : CV=T(2FT2)V ; Modèle:Equarefa : CV=T1(2US2)V
Modèle:Equarefa : CP=T(2GT2)P ; Modèle:Equarefa : CP=T1(2HS2)P
Modèle:Equarefa : χT=1V(2GP2)T ; Modèle:Equarefa : χT=1V1(2FV2)T
Modèle:Equarefa : χS=1V(2HP2)S ; Modèle:Equarefa : χS=1V1(2UV2)S
Modèle:Equarefa : β=1P(2FTV) ; Modèle:Equarefa : l=T(2FVT)
Modèle:Equarefa : α=1V(2GTP) ; Modèle:Equarefa : h=T(2GPT)
Modèle:Equarefa : λ=T1(2USV) ; Modèle:Equarefa : lCV=(2UVS)
Modèle:Equarefa : μ=T1(2HSP) ; Modèle:Equarefa : hCP=(2HPS)

Modèle:Boîte déroulante/début

Ces démonstrations utilisent les équations d'état, relations définissant la pression, la température, le volume et l'entropie en tant que dérivées partielles des potentiels thermodynamiques dans leurs variables naturelles.

En substituant S=(FT)V dans la définition de CV=T(ST)V on obtient Modèle:Equarefl.
En substituant (ST)V=1(TS)V et T=(US)V dans la définition de CV=T(ST)V on obtient Modèle:Equarefl.
En substituant S=(GT)P dans la définition de CP=T(ST)P on obtient Modèle:Equarefl.
En substituant (ST)P=1(TS)P et T=(HS)P dans la définition de CP=T(ST)P on obtient Modèle:Equarefl.
En substituant V=(GP)T dans la définition de χT=1V(VP)T on obtient Modèle:Equarefl.
En substituant (VP)T=1(PV)T et P=(FV)T dans la définition de χT=1V(VP)T on obtient Modèle:Equarefl.
En substituant V=(HP)S dans la définition de χS=1V(VP)S on obtient Modèle:Equarefl.
En substituant (VP)S=1(PV)S et P=(UV)S dans la définition de χS=1V(VP)S on obtient Modèle:Equarefl.
En substituant P=(FV)T dans la définition de β=1P(PT)V on obtient Modèle:Equarefl.
En substituant S=(FT)V dans la définition de l=T(SV)T on obtient Modèle:Equarefl.
En substituant V=(GP)T dans la définition de α=1V(VT)P on obtient Modèle:Equarefl.
En substituant S=(GT)P dans la définition de h=T(SP)T on obtient Modèle:Equarefl.
En substituant (SP)V=1(PS)V et P=(UV)S dans la définition de λ=T(SP)V on obtient Modèle:Equarefl.
On a par définition :
TdS=CVdT+ldV
dT=lCVdV+TCVdS
lCV=(TV)S
En substituant T=(US)V on obtient Modèle:Equarefl.
En substituant (SV)P=1(VS)P et V=(HP)S dans la définition de μ=T(SV)P on obtient Modèle:Equarefl.
On a par définition :
TdS=CPdT+hdP
dT=hCPdP+TCPdS
hCP=(TP)S
En substituant T=(HS)P on obtient Modèle:Equarefl.

Modèle:Boîte déroulante/fin

Ces relations fondamentales permettent d'établir, entre autres :

Autres relations avec les potentiels thermodynamiques

Avec l'énergie interne

La différentielle de l'énergie interne U dans ses variables naturelles, si le processus est réversible et si le travail n'est dû qu'aux forces de pression, à composition constante s'écrit :

dU=PdV+TdS

Ni la température ni la pression ne sont des variables naturelles de U=U(V,S).

Coefficient de Joule-Gay-Lussac

En substituant TdS=CVdT+ldV on obtient[8] :

dU=CVdT+(lP)dV

On a la relation[8] :

Capacité thermique isochore : CV=(UT)V

À partir de la différentielle de U on peut écrire :

dT=lPCVdV+1CVdU=(TV)UdV+(TU)VdU

On a, selon la relation Modèle:Equarefl :

lP=(βT1)P

On définit un nouveau coefficient appelé coefficient de Joule-Gay-Lussac :

Coefficient de Joule-Gay-Lussac : μJGL=(TV)U=(βT1)PCV

Dans une détente isoénergétique ce coefficient, qui s'exprime en Modèle:Unité, permet de quantifier le changement de température d'un corps en fonction de son volume. Lorsque μJGL>0 la température augmente lorsque le volume augmente ; lorsque μJGL<0 la température diminue lorsque le volume augmente. Pour les gaz parfaits β=1/T, d'où μJGL=0 : leur température ne varie pas dans ce genre de détente et ces gaz répondent à la première loi de Joule. La plupart des gaz réels se refroidissent dans une détente isoénergétique (μJGL<0), quelle que soit la température initiale. Les exceptions connues sont l'hélium, l'hydrogène et certains gaz rares qui ont des plages de température et de volume dans lesquelles ils se réchauffent dans ce type de détente (μJGL>0)[9].

Paramètre de Grüneisen

En substituant TdS=μdV+λdP on obtient :

dU=(μP)dV+λdP

On a la relation :

λ=(UP)V

Le paramètre de Grüneisen (Green Book Modèle:P.43 : γ, Γ) est défini par[10]Modèle:,[11]Modèle:,[12] :

Paramètre de Grüneisen : Γ=VαKCV=αKρcV

avec ρ la masse volumique et cV la capacité thermique isochore massique. Ce paramètre est une grandeur intensive adimensionnelle, de l'ordre de grandeur de quelques unités à toute température pour la majorité des solides ; il existe quelques cas de valeurs très élevées, positives ou négatives[13].

Les relations Modèle:Equarefl, Modèle:Equarefl et Modèle:Equarefl donnent successivement :

Γ=VαχTCV=VPβCV=VlCVT

Avec Modèle:Equarefl on a[14] :

Γ=Vλ=V(PU)V

Avec la relation :

(TV)S(VS)T(ST)V=(TV)STlCVT=1

on a également[14]Modèle:,[15] :

Γ=VT(TV)S=(lnTlnV)S

À partir de la définition de Γ, la relation Modèle:Equarefl et la relation de Reech permettent d'écrire la relation :

Γ=VαχSCP

par laquelle le coefficient de Grüneisen est déterminé expérimentalement[13].

L'une des formes de la relation de Mayer générale donne, avec la relation Modèle:Equarefl :

CPCV=TVαPβ=TVααχT

En divisant par CV et en introduisant le coefficient de Laplace γ=CP/CV, on obtient[14]Modèle:,[15] :

γ1=TαΓ

Pour un gaz parfait quelconque α=1/T. Par conséquent, pour tout gaz parfait[14] : Γ=γ1.

Avec l'enthalpie

La différentielle de l'enthalpie H dans ses variables naturelles, si le processus est réversible et si le travail n'est dû qu'aux forces de pression, à composition constante s'écrit :

dH=VdP+TdS

Ni la température ni le volume ne sont des variables naturelles de H=H(P,S).

Coefficient de Joule-Thomson

En substituant TdS=CPdT+hdP on obtient[16] :

dH=CPdT+(h+V)dP

On a la relation[16] :

Capacité thermique isobare : CP=(HT)P

À partir de la différentielle de H on peut écrire :

dT=h+VCPdP+1CPdH=(TP)HdP+(TH)PdH

On a, selon la relation Modèle:Equarefl :

h+V=(αT1)V

On définit un nouveau coefficient appelé coefficient de Joule-Thomson (Green Book Modèle:P.57 : μ, μJT)[17] :

Coefficient de Joule-Thomson : μJT=(TP)H=(αT1)VCP

Dans une détente isenthalpique ce coefficient, qui s'exprime en Modèle:Unité, permet de quantifier l'effet Joule-Thomson. Lorsque μJT>0 la température diminue lorsque la pression diminue ; lorsque μJT<0 la température augmente lorsque la pression diminue. Pour les gaz parfaits α=1/T, d'où μJT=0 : leur température ne varie pas dans ce genre de détente et ces gaz répondent à la deuxième loi de Joule[17]. Pour les gaz réels aux hautes températures μJT<0, quelle que soit la pression. Pour des températures plus basses il existe, pour la plupart des gaz réels, des couples pression-température auxquels α=1/T : le coefficient de Joule-Thomson s'y annule et change de signe, aux basses pressions μJT>0, aux hautes pressions μJT<0[17].

Autre relation

En substituant TdS=μdV+λdP on obtient :

dH=(λ+V)dP+μdV

On a la relation :

μ=(HV)P

Avec l'énergie libre

La différentielle de l'énergie libre F dans ses variables naturelles, si le processus est réversible et si le travail n'est dû qu'aux forces de pression, à composition constante s'écrit :

dF=PdVSdT

En substituant dV=VχTdP+VαdT on obtient :

dF=PVχTdP+(PVαS)dT

On a la relation :

Coefficient de compressibilité isotherme : χT=1PV(FP)T

La pression n'est pas une variable naturelle de F=F(V,T).

Avec l'enthalpie libre

La différentielle de l'enthalpie libre G dans ses variables naturelles, si le processus est réversible et si le travail n'est dû qu'aux forces de pression, à composition constante s'écrit :

dG=VdPSdT

En substituant dP=1VχTdV+PβdT on obtient :

dG=1χTdV+(VPβS)dT

On a la relation :

Coefficient de compressibilité isotherme : χT=1(GV)T

Le volume n'est pas une variable naturelle de G=G(P,T).

Autres relations

Stabilité thermodynamique, signe des coefficients

Modèle:Article détaillé

Le deuxième principe de la thermodynamique énonce que l'entropie globale d'un système isolé ne peut que croître. Par conséquent l'entropie est une fonction concave par rapport à ses variables naturelles, qui sont toutes extensives (énergie interne, volume, quantité de matièreModèle:Etc.). Les potentiels thermodynamiques sont, eux, convexes par rapport à leurs variables extensives (entropie, volume, quantité de matièreModèle:Etc.) et concaves par rapport à leurs variables intensives (pression, température absolueModèle:Etc.). Ceci implique, entre autres, que[18] :

(2FT2)V0
(2GT2)P0
(2GP2)T0
(2HP2)S0

et par conséquent, respectivement par Modèle:Equarefl, Modèle:Equarefl, Modèle:Equarefl et Modèle:Equarefl, les relations[18] :

Conditions de stabilité
Modèle:Equarefa : CV0
Modèle:Equarefa : CP0
Modèle:Equarefa : χT0
Modèle:Equarefa : χS0

Une capacité thermique positive correspond aux observations communes : un corps absorbe de la chaleur lorsque sa température augmente et en restitue lorsqu'elle diminue. De même, le volume d'un corps diminue sous l'effet de la pression ; le signe de l'expression χT=1V(VP)T est donc nécessaire pour obtenir une valeur positive. En remplaçant le volume V par la masse volumique ρ=mV, avec m la masse, le coefficient de compressibilité isotherme peut s'écrire[2] :

χT=1ρ(ρP)T

La thermodynamique n'interdit pas que ces coefficients soient négatifs, mais un corps présentant de telles propriétés serait instable considéré seul car il diminuerait l'entropie, en contradiction avec le deuxième principe de la thermodynamique : une telle situation est donc difficilement observable. Cependant des coefficients négatifs peuvent être observés dans un contexte impliquant des phénomènes compensant cette instabilité. En physique stellaire la stabilité des étoiles est expliquée par une capacité thermique négative due à l'attraction gravitationnelle entre ses constituants. Une étoile génère par fusion nucléaire plus d'énergie qu'elle ne peut en rayonner, ce qui, avec une capacité thermique positive, induirait une telle accumulation de chaleur, et donc une telle augmentation de température, que l'étoile serait instable et mourrait rapidement. La capacité thermique négative permet d'accumuler la chaleur tout en maintenant une température stable[19]. D'autre part, des coefficients de compressibilité négatifs ont été observés sur des cristaux composés d'eau et de méthanol et sur le dicyanoaurate de zinc ; ce phénomène appelé auxétisme est expliqué par l'architecture de ces matériaux à l'échelle moléculaire[20]Modèle:,[21]Modèle:,[22].

La stabilité d'un corps impose également des relations telles que[18] :

(2US2)V(2UV2)S(2USV)2
(2GT2)P(2GP2)T(2GTP)2

qui (respectivement à l'aide de Modèle:Equarefl, Modèle:Equarefl, Modèle:Equarefl et Modèle:Equarefl, Modèle:Equarefl, Modèle:Equarefl) se traduisent en termes de coefficients calorimétriques et thermoélastiques par :

Conditions de stabilité
Modèle:Equarefa : λ2TCVVχS
Modèle:Equarefa : CPχTTVα2

Le volume d'un corps augmente généralement sous l'effet d'une augmentation de la température, aussi le coefficient de dilatation isobare α est-il le plus souvent positif. Néanmoins, la relation Modèle:Equarefl n'impose pas le signe de ce coefficient, qui peut donc être négatif pour un corps stable[23]. L'eau liquide en est un exemple entre Modèle:Unité et Modèle:Unité sous Modèle:Unité : une augmentation de la température provoque une contraction du volume, d'où un maximum de densité à Modèle:Unité, constituant une anomalie dilatométrique[24].

Le signe du coefficient de compression isochore β est le plus souvent positif, la pression augmentant le plus souvent avec la température à volume constant.

Relations entre coefficients

En considérant la relation :

(PT)V(TV)P(VP)T=1

après réarrangement, à partir des définitions des coefficients, on a la relation[25] :

Modèle:Equarefa : α=PβχT

Rappelons la relation Modèle:Equarefl :

Modèle:Equarefl : λ=μVχS

En application du théorème de Schwarz, les relations fondamentales Modèle:Equarefl et Modèle:Equarefl donnent[26] :

Modèle:Equarefa : Pβ=lT

les relations fondamentales Modèle:Equarefl et Modèle:Equarefl donnent[26] :

Modèle:Equarefa : Vα=hT

les relations fondamentales Modèle:Equarefl et Modèle:Equarefl donnent[26] :

Modèle:Equarefa : Tλ=lCV

et enfin les relations fondamentales Modèle:Equarefl et Modèle:Equarefl donnent[26] :

Modèle:Equarefa : Tμ=hCP

Relations de Clapeyron

Modèle:Article détaillé

La relation Modèle:Equarefl et la définition de β permettent d'établir la première relation de Clapeyron[8] :

Première relation de Clapeyron : Modèle:Equarefa : l=T(PT)V

La relation Modèle:Equarefl et la définition de α permettent d'établir la deuxième relation de Clapeyron[16] :

Deuxième relation de Clapeyron : Modèle:Equarefa : h=T(VT)P

Ces deux relations, appelées collectivement relations de Clapeyron[26], ne doivent pas être confondues avec la relation de Clapeyron, également appelée formule de Clapeyron, exprimant l'évolution de la pression de changement d'état d'un corps pur en fonction de la température.

Relation de Mayer générale

Modèle:Article détaillé

En considérant pour une transformation quelconque réversible[16] :

δQ=TdS=CVdT+ldV=CPdT+hdP

on obtient :

(CPCV)dT=ldVhdP
dT=lCPCVdVhCPCVdP

Or on peut écrire :

dT=(TV)PdV+(TP)VdP

d'où les relations :

lCPCV=(TV)P
hCPCV=(TP)V

En considérant respectivement les définitions de α et β on obtient :

CPCV=lVα
CPCV=hPβ

En considérant les relations Modèle:Equarefl et Modèle:Equarefl, on obtient dans les deux cas :

CPCV=lhT
CPCV=TVαPβ

En considérant les relations de Clapeyron Modèle:Equarefl et Modèle:Equarefl ou les définitions de α et β on obtient la relation de Mayer générale :

Relation de Mayer générale : CPCV=T(VT)P(PT)V

Avec la relation Modèle:Equarefl on obtient également :

CPCV=TVχT(Pβ)2
CPCV=T(VP)T(PT)V2

Puisqu'un corps (pur ou mélange) ne peut être stable que si χT0 (relation Modèle:Equarefl), cette relation induit que[27] :

Relation entre capacités thermiques : CPCV

Dans le cas d'une phase condensée (liquide ou solide), il peut être considéré que :

  • la phase est quasiment indilatable, son volume varie peu lors d'un changement de température : (VT)P0, soit α0 ;
  • la phase est quasiment incompressible, son volume varie peu lors d'un changement de pression : (VP)T0, soit χT0.

Pour une phase idéalement indilatable (α=0) ou incompressible (χT=0), la relation de Mayer conduit à la relation : CPCV=0[28]. Les bases de données ne donnent pour les liquides et les solides, considérés comme idéalement indilatables et incompressibles, qu'une seule capacité thermique molaire :

Pour un corps idéalement indilatable ou incompressible : C¯P=C¯V

Relation de Reech

Modèle:Article détaillé

En considérant la relation Modèle:Equarefl dans laquelle on introduit les relations Modèle:Equarefl et Modèle:Equarefl, on a :

CVTl=CPThVχS

En substituant les relations Modèle:Equarefl et Modèle:Equarefl, on a :

CVPβ=CPαχS

En considérant la relation Modèle:Equarefl et la définition du coefficient de Laplace on obtient finalement la relation de Reech :

Relation de Reech : γ=CPCV=χTχS

D'autre part, puisque CPCV0, χT0 et χS0 (voir paragraphes Stabilité thermodynamique, signe des coefficients et Relation de Mayer générale), alors la relation de Reech induit que :

Relation entre coefficients de compressibilité : χTχS

Variation isotherme des capacités thermiques

Variation de la capacité thermique isochore

La différentielle de l'énergie interne U en fonction des coefficients calorimétriques et à composition constante s'écrit :

dU=CVdT+(lP)dV

Puisque la différentielle de U est exacte, le théorème de Schwarz permet d'écrire :

(2UVT)=(2UTV)
(CVV)T=((lP)T)V=(lT)V(PT)V

Par la première relation de Clapeyron Modèle:Equarefl on a :

l=T(PT)V
(lT)V=(PT)V+T(2PT2)V

On a la relation[8] :

Variation isotherme de la capacité thermique isochore : (CVV)T=T(2PT2)V=T(PβT)V

Variation de la capacité thermique isobare

La différentielle de l'enthalpie H en fonction des coefficients calorimétriques et à composition constante s'écrit :

dH=CPdT+(h+V)dP

Puisque la différentielle de H est exacte, le théorème de Schwarz permet d'écrire :

(2HPT)=(2HTP)
(CPP)T=((h+V)T)P=(hT)P+(VT)P

Par la deuxième relation de Clapeyron Modèle:Equarefl on a :

h=T(VT)P
(hT)P=(VT)PT(2VT2)P

On a la relation[16] :

Variation isotherme de la capacité thermique isobare : (CPP)T=T(2VT2)P=T(VαT)P

Exemples d'application

Application aux gaz parfaits

Coefficients calorimétriques et thermoélastiques

Un gaz parfait a pour équation d'état :

PV=nRT

avec :

Pour un gaz parfait on a donc :

(VT)P,n=(TnRTP)P,n=nRP

Étant donné la définition du coefficient α :

α=1VnRP

on obtient[29] :

Coefficient de dilatation isobare : α=1T

Étant donné la deuxième relation de Clapeyron Modèle:Equarefl (ou la relation Modèle:Equarefl) :

h=TnRP

on obtient[30] :

Coefficient de compression isotherme : h=V

Pour un gaz parfait on a également :

(PT)V,n=(TnRTV)V,n=nRV

Étant donné la définition du coefficient β :

β=1PnRV

on obtient[29] :

Coefficient de compression isochore : β=1T

Étant donné la première relation de Clapeyron Modèle:Equarefl (ou la relation Modèle:Equarefl) :

l=TnRV

on obtient[30] :

Coefficient de dilatation isotherme : l=P

Pour un gaz parfait on a enfin :

(VP)T,n=(PnRTP)T,n=nRTP2

Étant donné la définition du coefficient χT :

χT=1V(nRTP2)

on obtient[29] :

Coefficient de compressibilité isotherme : χT=1P

Étant donné la relation Modèle:Equarefl, on obtient :

μ=CPTV

Étant donné la relation Modèle:Equarefl, on obtient :

λ=CVTP

Ainsi, pour une transformation réversible à quantité de matière constante, on peut écrire, pour un gaz parfait :

  • avec les coefficients calorimétriques[31] :
dS=CVdTT+PTdV=CVdTT+nRdVV
dS=CPdTTVTdP=CPdTTnRdPP
dS=CPdVV+CVdPP
  • avec les coefficients thermoélastiques :
dPP+dVV=dTT

Lois de Joule

Modèle:Article détaillé

Première loi de Joule, ou loi de Joule et Gay-Lussac

La différentielle de l'énergie interne U en fonction des coefficients calorimétriques s'écrivant :

dU=CVdT+(lP)dV

et puisque pour un gaz parfait :

l=P

on obtient, pour un gaz parfait :

dU=CVdT

soit la première loi de Joule, ou loi de Joule et Gay-Lussac :

Première loi de Joule : Modèle:Citation

On vérifie également que :

(CVV)T,n=T(2PT2)V,n=T(2T2nRTV)V,n=T(TnRV)V,n=0

Pour un gaz parfait CV ne dépend que de la température.

Enfin, puisque β=1T, le coefficient de Joule-Gay-Lussac d'un gaz parfait vaut :

μJGL=(TV)U=(βT1)PCV=0

Dans une détente isoénergétique la température d'un gaz parfait ne change pas.

Deuxième loi de Joule, ou loi de Joule-Thomson

La différentielle de l'enthalpie H en fonction des coefficients calorimétriques s'écrivant :

dH=CPdT+(h+V)dP

et puisque pour un gaz parfait :

h=V

on obtient, pour un gaz parfait :

dH=CPdT

soit la deuxième loi de Joule, ou loi de Joule-Thomson :

Deuxième loi de Joule : Modèle:Citation

On vérifie également que :

(CPP)T,n=T(2VT2)P,n=T(2T2nRTP)P,n=T(TnRP)P,n=0

Pour un gaz parfait CP ne dépend que de la température.

Enfin, puisque α=1T, le coefficient de Joule-Thomson d'un gaz parfait vaut :

μJT=(TP)H=(αT1)VCP=0

Dans une détente isenthalpique la température d'un gaz parfait ne change pas.

Relation de Mayer

Pour un gaz parfait on a la relation de Mayer :

CPCV=TVαPβ=TV1TP1T=PVT

d'où la relation :

Relation de Mayer : CPCV=nR

ou, avec les capacités thermiques molaires :

Relation de Mayer : C¯PC¯V=R

En introduisant le coefficient de Laplace on peut donc écrire :

CV=nRγ1
CP=nγRγ1

Dans le cas d'un gaz parfait monoatomique tel que l'argon et les autres gaz nobles, on a γ=531,67, ce qui conduit à :

CV=n32R
CP=n52R

Dans le cas d'un gaz parfait diatomique tel que le dioxygène ou le diazote, on a γ=75=1,4, ce qui conduit à :

CV=n52R
CP=n72R

Établissement d'une équation d'état

Théorie

Rappelons la définition des coefficients thermoélastiques :

Coefficients thermoélastiques :
dV=VχTdP+VαdT
dP=1VχTdV+PβdT

Il est donc possible, si l'on connait deux des trois coefficients thermoélastiques, d'établir une équation d'état :

  • explicite en volume en fonction de la pression et de la température, V=V(P,T), si l'on connait χT et α, puisque l'on connait les deux dérivées partielles du volume :
(VP)T=VχT
(VT)P=Vα
  • explicite en pression en fonction du volume et de la température, P=P(V,T), si l'on connait χT et β, puisque l'on connait les deux dérivées partielles de la pression :
(PV)T=1VχT
(PT)V=Pβ

Si seuls α et β sont connus, la relation Modèle:Equarefl permet de déterminer χT et de revenir à l'un des deux cas précédents.

La connaissance de α peut être remplacée par celle de h selon la relation Modèle:Equarefl.

La connaissance de β peut être remplacée par celle de l selon la relation Modèle:Equarefl.

La connaissance de χT peut être remplacée par celle de K, qui par définition est son inverse (relation Modèle:Equarefl).

Exemple 1 : équation d'état des gaz parfaits

Modèle:Article détaillé

La température d'un gaz donné ne varie ni dans une détente de Joule-Gay-Lussac, ni dans une détente de Joule-Thomson. Par ailleurs, dans les Conditions normales de température et de pression (CNTP : pression Modèle:Unité et température Modèle:Unité) le volume molaire de ce gaz est de Modèle:Unité.

La première détente est une détente isoénergétique, le coefficient de Joule-Gay-Lussac de ce gaz est donc nul :

μJGL=(TV)U=(βT1)PCV=0

On en déduit que :

β=1P(PT)V=1T

La deuxième détente est une détente isenthalpique, le coefficient de Joule-Thomson de ce gaz est donc nul :

μJT=(TP)H=(αT1)VCP=0

On en déduit que :

α=1V(VT)P=1T

Étant donné la relation Modèle:Equarefl, on a :

χT=1V(VP)T=αPβ=1P

On a donc, avec β et χT :

(PT)V=PT
(PV)T=PV

soit :

dP=PTdTPVdV

Modèle:Boîte déroulante/début

Avec la première équation différentielle, on a :

(PT)V=PT

dont la solution est de la forme :

P=f(V)T

f est une fonction de V seul. On injecte cette solution dans la deuxième équation :

(PV)T=f(V)T=PV

On a donc, en injectant l'expression de P :

f(V)=f(V)V

La solution est de la forme :

f(V)=CV

soit :

P=CTV

avec C une constante.

Modèle:Boîte déroulante/fin

ou, avec α et χT :

(VT)V=VT
(VP)T=VP

soit :

dV=VTdTVPdP

Modèle:Boîte déroulante/début

Avec la première équation différentielle, on a :

(VT)P=VT

dont la solution est de la forme :

V=f(P)T

f est une fonction de P seule. On injecte cette solution dans la deuxième équation :

(VP)T=f(P)T=VP

On a donc, en injectant l'expression de V :

f(P)=f(P)P

La solution est de la forme :

f(P)=CP

soit :

V=CTP

avec C une constante.

Modèle:Boîte déroulante/fin

Quel que soit le système d'équations résolu, on obtient :

PV=CT

avec C une constante. Les seules variables considérées ici sont la pression, la température et le volume, les intégrations ont été faites à quantité de matière n constante. On sait néanmoins que le volume est une grandeur extensive ; par conséquent, à pression et température constantes, doubler par exemple la quantité de matière induit un doublement du volume. Dans l'équation précédente, ceci ne peut être vérifié que si C est une fonction de n : C=C(n)=n, avec constante. La donnée du volume molaire dans les CNTP permet de déduire que =R, la constante universelle des gaz parfaits.

L'équation d'état de ce gaz est donc :

PV=nRT

Il s'agit d'un gaz parfait.

Note : lois de Joule et gaz parfait

Si dans les CNTP le volume molaire avait été différent de Modèle:Unité, alors R. Un gaz dont la température ne varie ni dans une détente de Joule-Gay-Lussac, ni dans une détente de Joule-Thomson, pourrait ne pas être un gaz parfait, mais répondrait néanmoins à une équation d'état de la forme PV=nT avec constante.
En conclusion, si les gaz parfaits suivent les deux lois de Joule, la réciproque n'est pas vraie : un gaz suivant les deux lois de Joule n'est pas nécessairement un gaz parfait.

Exemple 2 : équation d'état simplifiée d'une phase condensée

Les coefficients α et χT d'une phase condensée (liquide ou solide) sont très faibles (phase condensée peu dilatable et peu compressible) et considérés comme constants. On a donc :

(VT)P=Vα
(VP)T=VχT

Modèle:Boîte déroulante/début

Avec la première équation différentielle, on a :

(VT)P=Vα

α étant supposé constant, la solution est de la forme :

V=f(P)exp(αT)

f est une fonction de P seule.

On injecte cette solution dans la deuxième équation :

(VP)T=f(P)exp(αT)=VχT

On a donc, en injectant l'expression de V :

f(P)=f(P)χT

χT étant supposé constant, la solution est de la forme :

f(P)=Cexp(χTP)

soit :

V=Cexp(αTχTP)

avec C une constante.

Modèle:Boîte déroulante/fin

Si on connait le volume V0 sous la pression P0 à la température T0, alors :

V=V0exp[α(TT0)χT(PP0)]

Étant donné que α0 et χT0, en considérant de faibles variations de température autour de T0 et de pression autour de P0, on a par développement limité[32] :

VV0[1+α(TT0)χT(PP0)]

Exemple 3 : équation d'état de Murnaghan

Modèle:Article détaillé

Pour un solide, il est supposé que le volume ne dépend pas de la température (solide indilatable) et que le module de compressibilité isostatique varie linéairement avec la pression. On a donc :

α=1V(VT)V=0
K=1χT=V(PV)T=K0+K0P

D'après la relation Modèle:Equarefl on a :

Pβ=(PT)V=αχT=0

Modèle:Boîte déroulante/début

Avec la deuxième équation différentielle, on a :

(PV)T=K0VK0PV

On pose :

P=f(V)K0K0

f est une fonction de V seul. On injecte cette expression dans l'équation différentielle :

f(V)=K0f(V)V

La solution est de la forme :

f(V)=CVK0

soit :

P=CVK0K0K0

avec C une constante.

Modèle:Boîte déroulante/fin

Soit V0 le volume du solide à pression nulle. On obtient l'équation d'état de Murnaghan[33] :

P=K0K0[(VV0)K01]

Explicitement en volume on a :

V=V0[1+K0K0P]1K0

Si la variation du volume en fonction de la pression est très faible, c'est-à-dire K0K0P0, on a, par développement limité :

VV0[11K0K0K0P]
VV0[11K0P]

Avec α=0, P0=0 et χT=1K0, on retrouve l'équation d'état simplifiée de l'exemple 2.

Formules d'Ehrenfest

Modèle:Article détaillé

Les formules d'Ehrenfest permettent de définir l'évolution de la pression de transition de phase d'un corps pur en fonction de la température pour les transitions d'Modèle:Nobr selon la classification d'Ehrenfest[34]. Pour une transition entre deux phases notées a et b, elles s'écrivent[34] :

Formules d'Ehrenfest :
(dPabdT)=αbαaχTbχTa
(dPabdT)=C¯PbC¯PaTV¯(αbαa)

avec :

  • T la température de transition de phase (en Modèle:Unité) ;
  • Pab la pression de transition de phase à la température T (en Modèle:Unité) ;
  • V¯ le volume molaire commun aux deux phases à l'équilibre à la température T et sous la pression Pab (en Modèle:Unité) ; dans une transition d'Modèle:Nobr le corps pur ne change pas de volume, contrairement à une transition d'Modèle:Nobr comme la vaporisation par exemple ;
  • αa et αb les coefficients de dilatation isobare du corps pur respectivement dans les phases a et b à la température T et sous la pression Pab (en Modèle:Unité) ;
  • χTa et χTb les coefficients de compressibilité isotherme du corps pur respectivement dans les phases a et b à la température T et sous la pression Pab (en Modèle:Unité) ;
  • C¯Pa et C¯Pb les capacités thermiques isobares molaires du corps pur respectivement dans les phases a et b à la température T et sous la pression Pab (en Modèle:Unité).

Ces formules ne sont valables que pour une transition d'Modèle:Nobr selon la classification d'Ehrenfest des transitions de phase, c'est-à-dire, selon la classification actuelle, pour une transition de phase n'impliquant pas une enthalpie de changement d'état[34]. Si tel n'est pas le cas, la transition est d'Modèle:Nobr (changement d'état) et il faut se rapporter à la formule de Clapeyron.

Notes et références

Notes

Bibliographie

Articles

Ouvrages

Liens externes

Articles connexes

Modèle:Portail